Si vous aimez les chansons qui bercent l’oreille, si vous souhaitez prendre un bain de nostalgie, Serge Bergeron vous attend le 13 mai, à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi. Accompagné de quatre musiciens et deux choristes, l’interprète présentera un nouveau spectacle intitulé Je suis un romantique. — photo le quotidien, rocket lavoie

Serge Bergeron lance son spectacle «Je suis un romantique»

Lorsqu’il a pris sa retraite après avoir œuvré dans le monde de l’éducation, Serge Bergeron a souhaité peser sur l’accélérateur, plutôt que de s’assoupir. Lui qui chante depuis son tout jeune âge a ramené cette passion à l’avant-plan. Il s’est mis à produire des albums et le voici qui présente un premier spectacle destiné à partir en tournée. Intitulé Je suis un romantique, celui-ci sera étrenné le 13 mai, à la faveur d’un brunch tenu à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi.

Les convives sont attendus à partir de 10 h, tandis que le volet musical se mettra en branle quelque part entre 11 h 30 et midi (pour réserver, on contacte le réseau Réservatech). C’est à ce moment que le projet auquel sont associés quatre musiciens et deux choristes deviendra enfin réalité. D’une durée de 90 minutes, il épousera les couleurs de la nostalgie, puisque le répertoire couvrira les 50 dernières années.

« Toutes les pièces sont en français, sauf deux. Comme j’ai l’habitude de donner un coup de pouce à de jeunes interprètes, j’ai invité une artiste âgée de 17 ans, Sherley-Ann Simard, à venir chanter Me And Bobby McGee. Elle est de Saint-Ludger-de-Milot et possède une belle voix, un talent naturel », a décrit Serge Bergeron au cours d’une entrevue accordée au journal.

Lui-même explorera le catalogue de Michel Sardou, Charles Aznavour, Pierre Bachelet et Johnny Hallyday, entre autres sommités. Il fera aussi des compositions à lui, de même qu’un pot-pourri où Aline côtoiera Capri, c’est fini, tout en s’autorisant des incursions dans l’univers du country, du rétro et de la musique latine. « On va souvent changer de tonalités, de rythmes et de langues », annonce le Robervalois.

La salle renferme 250 places et quelques jours après la mise en vente des billets (45 $ pour les adultes, 30 $ pour les six à 12 ans, brunch inclus), une soixantaine avaient trouvé preneurs. Ça augure bien pour l’avenir, à commencer par le deuxième rendez-vous prévu pour le 19 août à 13 h 30, dans le cadre du festival Milot en rodéo.

« Je veux faire d’autres festivals, de même que des salles, au cours des deux prochaines années. Des dates vont s’ajouter après la sortie de l’album Moments intimes en septembre, lequel comprend 16 titres. J’ai confiance parce que notre population vieillissante n’entend plus les chansons qu’elle aime à la radio. Je veux lui procurer ce plaisir dans un cadre intimiste », affirme Serge Bergeron.

La filière cubaine

Outre le spectacle Je suis un romantique, les Productions Serge Bergeron pilotent quelques projets ayant pour trait commun de se déployer à Cuba. Le premier a pris la forme d’un album enregistré là-bas, des pièces d’inspiration latine interprétées par la formation Alma Libre. Il devait servir de carte de visite au Québec, en prévision d’une tournée qui ne s’est pas encore matérialisée en raison des refus essuyés auprès d’Immigration Canada.

Nullement découragé par ce revers qu’il espère temporaire, le Jeannois retournera à Cuba à la mi-mai. Cette fois, c’est lui qui chantera aux côtés de la soliste d’Alma Libre, ainsi qu’un groupe de musiciens locaux. Le disque qui résultera de ces efforts aura pour titre Les chansons de ma vie. Il comprendra six classiques du répertoire latin, de même que six compositions originales.

« Mon objectif consiste à jouer à la radio cubaine. Déjà, ils ont diffusé deux pièces où je chante en français, ce qui m’a étonné parce qu’on n’y entend que de l’espagnol, à peu de choses près. J’ai aussi donné quelques spectacles », fait observer Serge Bergeron, dont le rythme des visites tend à s’accentuer. Ces temps-ci, il se déplace cinq ou six fois par année au pays de José Marti.

Un choix déchirant: la chanson ou l'éducation

« Des regrets, j’en ai eu beaucoup. Peut-être que je n’ai pas eu le courage artistique nécessaire pour persister dans la chanson », confie Serge Bergeron. Il venait d’évoquer ses débuts prometteurs à la suite de ses études de chant au Conservatoire de musique de Chicoutimi, l’enregistrement d’un premier album sous la houlette du producteur Gilles Brown, ainsi que la belle aventure du duo Serge et Gina, très populaire dans les années 1980.

Le vinyle en question, baptisé Les amoureux de l’été, avait ouvert aux jeunes interprètes les portes des studios de télévision. Ils ont été accueillis par Yoland Guérard et Fernand Gignac dans les émissions que ceux-ci animaient, par René Simard à R.S.V.P., ainsi que Gilles Latulippe et Suzanne Lapointe aux Démons du midi. Dans ce dernier cas, une entente avait été conclue, prévoyant que les Jeannois chanteraient aux six semaines.

« J’avais trouvé ma place dans ce métier, mais en 1989, j’ai voulu me concentrer sur ma carrière dans le monde de l’éducation. J’ai alors annoncé à Gina que j’arrêtais », raconte celui qui a assumé pendant 11 ans la fonction de directeur général de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets. C’est en cette qualité, d’ailleurs, qu’il a pris sa retraite il y a deux ans.

La passion ne s’est jamais éteinte, comme en témoigne la sortie d’un album autoproduit, Le troubadour de la nuit, dans les années 1990. Le choix effectué plus tôt avait toutefois quelque chose de définitif, en ce sens que la perspective de vivre de son art s’était évaporée. Seuls restent les souvenirs, à la fois doux et amers, du moment où les astres étaient alignés en faveur de Serge et Gina.