Six comédiens professionnels incarnent des personnes qui ont vécu à Arvida il y a longtemps. Ils ont effectué leur première sortie publique, mercredi, aux côtés des responsables de ce projet: Marianne Salesse-Côté et Kate Savard. Pour les rencontrer, il suffit de se pointer au centre-ville les mercredis (de 14h30 à 17h), les jeudis (de 10h30 à 13h30), ainsi que les samedis (de 11h à 14h).
Six comédiens professionnels incarnent des personnes qui ont vécu à Arvida il y a longtemps. Ils ont effectué leur première sortie publique, mercredi, aux côtés des responsables de ce projet: Marianne Salesse-Côté et Kate Savard. Pour les rencontrer, il suffit de se pointer au centre-ville les mercredis (de 14h30 à 17h), les jeudis (de 10h30 à 13h30), ainsi que les samedis (de 11h à 14h).

Sept témoins de l’histoire d’Arvida reprennent vie

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
« Vous trouvez ça chaud ? Pour nous, c’est une belle température », a lancé avec entrain le cuviste August Procik, mercredi après-midi. Lui qui gagnait sa vie sur les « pots » de l’aluminerie Alcan n’a pas eu besoin d’insister. Toutes les personnes présentes devant la Bibliothèque municipale d’Arvida, où il effectuait sa première sortie publique, savaient que même le soleil d’août ne saurait rivaliser avec cette section de l’usine.

Incarné par le comédien Robert Maltais, le grand bonhomme est l’un des sept personnages créés en prévision des Rencontres patrimoniales d’Arvida. Cette activité, qui se déroulera les mercredis, jeudis et samedis, au centre-ville, permettra de côtoyer des gens qui ont vraiment existé. Ils partageront des bouts de leur histoire personnelle, intimement imbriquée dans celle de leur communauté.

À ses côtés, il y avait les soeurs Béatrice et Mariette Lemay (Dalhia Genest et Jolianne Duguay), vêtues d’une jolie robe aux couleurs de la région. Ce sont des confections toutes neuves, mais identiques à celles qui ont été portées lors du 25e anniversaire de la ville, célébré en 1952. « Chez Lessard du boulevard Mellon, on pouvait acheter le tissu pour 11,80 $ », note Marianne Salesse-Côté, agence de soutien au sein du Comité pour la reconnaissance du patrimoine d’Arvida.

C’est cet organisme qui chapeaute les Rencontres patrimoniales, de concert avec la Corporation centre-ville d’Arvida (CVA). L’an dernier, une première étape a été franchie avec la création des personnages. Il restait à recruter les comédiens professionnels qui leur prêtent vie, ce qui a été fait récemment. Le groupe comprend Dahlia Genest, Robert Maltais, Marie-Noëlle Lapointe, Félix Olmero-Lavoie, Jolianne Duguay et Maxime St-Pierre, qui signe également la mise en scène.

Le soldat et l’ouvrière

Le militaire Armand St-Amand fait partie des anciens que les gens pourront côtoyer jusqu’à la fin d’août et même au-delà, ainsi que le laisse entendre Kate Savard, directrice générale du CVA. « Moi, je suis chargé de protéger l’usine pendant la guerre », précise le personnage campé par Félix Olmero-Lavoie. À ses côtés, l’ouvrière Paulette Vaillancourt (Marie-Noëlle Lapointe) signale avec vivacité qu’elle répare des bobines de cuivre.

« C’est la seule femme qui exerçait un métier non traditionnel à l’aluminerie, au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Elles étaient plus nombreuses ailleurs, sauf qu’à Arvida, il n’y avait pas la Conscription », fait observer Marianne Salesse-Côté. Elle est tout aussi fière de son arrière-grand-père, Lazare Salesse, père de famille nombreuse et forgeron à l’usine. À défaut de l’avoir connu, la jeune femme le voit évoluer sous les traits de Robert Maltais, qui semble avoir le don d’ubiquité.

Et puis, il y a le grand patron, Arthur Vining David. Coiffé d’un chapeau melon, il n’a pas attendu que les historiens chantent ses louanges. « C’est moi, Arvida. Je suis le fondateur, le directeur et le président d’Alcan, mais avant tout, je suis un visionnaire. J’ai créé cette ville de toutes pièces », a proclamé l’industriel avant de diriger la petite chorale formée par ses concitoyens. Ils ont interprété l’Hymne d’Arvida avant de s’effondrer l’un après l’autre, sans doute à cause de l’émotion.