Voici deux des sept portraits réalisés par Paolo Almario en vue d’une exposition qui sera présentée à Québec. Ils représentent des juges de la Colombie qui ont fait emprisonner son père à la suite d’accusations qu’il estime infondées.

Sept portraits de juges sur fond de déconfiture

Deux portraits trônaient dans l’atelier de Paolo Almario, il y a quelques jours, lors de la visite de l’équipe du Progrès. Le Québécois moyen aurait peu de chances d’identifier les hommes représentés par l’artiste, mais lui ne connaît que trop bien. Ce sont deux des sept juges colombiens qui, sur la foi d’accusations qu’il estime infondées, ont jeté son père en prison.

Deux portraits trônaient dans l’atelier de Paolo Almario, il y a quelques jours, lors de la visite de l’équipe du Progrès. Le Québécois moyen aurait peu de chances d’identifier les hommes représentés par l’artiste, mais lui ne connaît que trop bien. Ce sont deux des sept juges colombiens qui, sur la foi d’accusations qu’il estime infondées, ont jeté son père en prison. 

Pour marquer son opposition à ce jugement, le Saguenéen d’adoption a produit une première série de tableaux qui a été exposée à la galerie L’Oeuvre de l’autre, située sur le campus de l’UQAC. Cinq ans plus tard, ce projet demeure cher à ses yeux, et ce, sans égard au fait que des pressions exercées par des ONG canadiennes, entre autres, ont permis au paternel de recouvrer la liberté.

C’est ainsi que sept nouveaux portraits montrant les mêmes visages à deux faces ont été réalisés dans les derniers mois. Ils ont l’apparence de mosaïques ou de toiles créées par un pointilliste. Quand on les examine de très près, cependant, on remarque l’existence d’un motif, celui d’une marque de confitures populaire en Colombie.

En espagnol, elles sont assimilées à des marmelades, d’où le titre que Paolo Almario a donné à sa prochaine exposition: Marmelade. Elle comportera sept tableaux de grande dimension, lesquels seront installés à la galerie Le Lieu, située à Québec. On pourra les voir à compter de la mi-avril, mais il faudra se hâter pour les apprécier à l’état original, puisque chaque jour, un mécanisme placé derrière les cadres fera tomber les pièces qui les composent, une par une.

Ce sera comme un puzzle qui perdrait ses morceaux graduellement. Des coups donnés de manière aléatoire produiront des trous, plein de trous, jusqu’au moment où la majorité des 4800 pièces formant chacun des tableaux reposeront sur le plancher. C’est là que prendra forme le message lancé par l’artiste, sourire en coin.

«C’est pour dire qu’il faut distribuer la marmelade à tout le monde, au lieu de la concentrer sur un petit nombre d’individus», fait-il observer. Ajoutons que trois des sept magistrats qui avaient approuvé l’arrestation de son père font maintenant face à des accusations de corruption, preuve que la roue de l’Histoire peut tourner rapidement.