Sébastien Pilote et Gilbert Sicotte

Sébastien Pilote défend Gilbert Sicotte

Le reportage de Radio-Canada consacré au comédien Gilbert Sicotte est dénoncé par le cinéaste Sébastien Pilote. Lui qui l’a dirigé dans son premier long métrage, Le vendeur, se demande à quoi rime ce portrait d’un homme qui aurait abusé de son pouvoir et effectué du harcèlement psychologique au cours de ses 25 années d’enseignement au Conservatoire d’art dramatique de Montréal.

« J’ai trouvé ce reportage bizarre. On ne fait pas de nuances. On le traite comme un criminel et on mélange tout. C’est comme s’il était un Harvey Weinstein ou un Gilbert Rozon. Il me semble qu’on est en train de glisser. Le fil conducteur est de plus en plus mince », a commenté le Saguenéen jeudi, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Le reportage diffusé mercredi fait état de témoignages livrés par des anciens élèves. Ils expriment leur désarroi à la suite de commentaires blessants, jugés abusifs, qui auraient émané de Gilbert Sicotte. Ces accusations ont entraîné la suspension du professeur, un portrait qui ne cadre pas avec l’expérience vécue par Sébastien Pilote pendant le tournage du Vendeur.

Lui qui ne possédait pas des états de service comparables à ceux du comédien, dont le mandat consistait à incarner un vendeur d’automobiles vivant dans une petite ville du Lac-Saint-Jean, n’a pas subi sa vindicte. Même qu’à un moment donné, c’est Sébastien Pilote qui a imposé son point vue au vétéran, et ce, sans générer de mauvais sang.

« Pour aborder le personnage, Gilbert avait pris un mauvais pli et je l’ai ‘‘cassé’’ en employant la manière douce. En fait, je n’ai eu aucun problème avec lui pendant le tournage ni après. Il a été une soie sur le plateau », rapporte le cinéaste. Signe que leurs relations furent cordiales, les deux hommes sont demeurés en contact, longtemps après la fin de la carrière commerciale du Vendeur. Leur dernière rencontre remonte d’ailleurs à trois semaines.

Revenant sur les accusations portées contre le comédien, le réalisateur invoque sa propre expérience au Conservatoire de musique de Chicoutimi, où il a étudié les percussions. « Il y a toutes sortes d’approches pédagogiques, dont la manière forte et la manière douce, énonce-t-il. Or, dans une école, t’es pas là pour niaiser. Il faut que tu sois solide. »