Salomé Leclerc affirme que dans le spectacle qui s’arrêtera à Alma et Jonquière, cette semaine, le ton est nettement plus rock que sur son nouvel album, intitulé Les choses extérieures.

Salomé Leclerc: entre guitare et percussions

Salomé Leclerc n’a pas chanté au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis la sortie de son troisième album, Les choses extérieures, l’automne dernier. Elle s’accordera ce plaisir le 8 mars à 20 h, dans la nouvelle configuration de la Boîte à Bleuets d’Alma, puis le lendemain à 20 h 30, au Côté-Cour de Jonquière. Les souvenirs liés à la vénérable salle, escale incontournable de toutes ses tournées, lui trottaient dans la tête au moment de s’entretenir avec le représentant du Quotidien.

« C’est l’un des endroits que je préfère parce qu’il y a un public qui écoute, mais qui donne aussi, fait-elle observer. J’aime m’en approcher en quelques occasions, pendant le spectacle, afin de jouer de la guitare électrique. Souvent, je le fais après un morceau très dense. C’est un genre de pause, comme un secret que je partage avec les gens, et des fois, je sens que je peux y aller avec intensité. Ça dépend de la “vibe”. »

La guitare, justement, lui procure un plaisir sans cesse croissant. C’est sur cet instrument que naissent ses compositions et, pendant cette tournée, il confère aux arrangements un ton plus rock que sur le nouvel album. « La guitare parle autant que la voix et quand je veux sortir de ma zone de confort, j’en joue toute seule, dans mon studio. Sur scène, par contre, je dois faire attention parce qu’il y a une chanteuse qui veut prendre sa place », raconte la jeune femme en riant.

Cette fois-ci, elle a monté une formation atypique. En plus de Philippe Brault, qui partage son temps entre la contrebasse et une guitare baryton, son groupe comprend deux percussionnistes. Il y a José Major, un autre vétéran de la tournée précédente, ainsi qu’Audrey-Michèle Simard, qui l’appuie également aux voix.

« Ils tapent sur différents objets, ce qui fait écho aux arrangements conçus pour l’album », indique Salomé Leclerc.

Dans un monde idéal, elle ajouterait des cordes, mais ça relève de l’utopie dans le Québec d’aujourd’hui. En revanche, l’artiste a constaté avec bonheur que les nouveaux arrangements se moulaient harmonieusement aux pièces figurant sur son premier opus, Sous les arbres. Ils magnifient ses incontournables, notamment Partir ensemble, de même que Tourne encore et Ne reviens pas.

Les deux dernières ont donné raison au principe voulant que moins, c’est mieux. « Des fois, c’est en simplifiant qu’on trouve le ton juste », constate Salomé Leclerc. Un traitement similaire a été réservé à l’unique reprise figurant au programme, la chanson Opium de Daniel Bélanger. Pourquoi ce choix ? « Il s’agit d’un clin d’œil. J’aimerais tellement travailler avec lui », confie-t-elle.

Le succès critique de l’album Les choses extérieures, jumelé aux graines semées depuis le début de sa carrière, a permis à la tournée de démarrer sous d’heureux auspices. « Je sens que d’un disque à l’autre, mon public s’élargit. On a de belles salles et à la Bourse Rideau, il y a deux semaines, j’ai fait une vitrine qui a enthousiasmé les diffuseurs. On va ajouter des dates en 2019 et 2020 », se réjouit la chanteuse.

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FIDÈLE AU CD, DE MÊME QU'AU VINYLE

Si jeune soit-elle, Salomé Leclerc croit que le disque a encore de beaux restes. L’idée de sortir une pièce à la fois, voire un EP, n’est guère compatible avec sa vision du métier d’auteure, compositrice et interprète. C’est ainsi qu’au moment de créer son troisième opus, Les choses extérieures, il lui importait de former un ensemble cohérent, différent des enregistrements qui l’ont précédé.

« Je dis toujours que je n’écris pas des chansons. J’écris un album. Je trouve ça important de continuer à en faire parce que ce modèle demeure important à mes yeux. Je suis de la vieille école, en effet. J’ai de la misère à zapper, à faire une “playlist” », note l’auteure de Nos révolutions. Son attachement embrasse également l’objet, qu’il s’agisse du CD ou du 33 tours.

À ce propos, elle affiche un enthousiasme rafraîchissant à l’égard du vinyle. Le nouvel enregistrement, de même que le précédent, 27 fois l’aurore, ont eu droit à ce traitement. On pourrait y voir un effet de mode, ce format étant de plus en plus prisé, en particulier parmi les jeunes. Or, la principale intéressée soutient que ce produit possède des caractéristiques qui en justifient l’existence.

« Mon dernier est tellement beau, autant son apparence que le son, qui possède une vraie richesse. Je trouve qu’il sonne plus chaleureux que le CD, qu’il y a davantage de définition, notamment en ce qui touche les basses. Ce n’est pas une science exacte, par contre. C’est seulement au troisième pressage qu’on a obtenu le résultat recherché », mentionne Salomé Leclerc.

Son engouement pour le 33 tours est tel que l’artiste a une pensée pour ce format lorsqu’elle détermine l’ordre dans lequel les compositions seront entendues. « Comme il faut identifier la pièce qui ouvrira la face B, je dois en tenir compte au moment où j’arrive au milieu de l’album. Ce ne sont pas toutes les chansons qui ont cette faculté », énonce-t-elle.