Le dévoilement du projet qui s’est fait en compagnie de Guillaume Côté aura été l’occasion d’apprécier la performance de plusieurs danseuses de divers niveaux.

Salle Guillaume-Côté: un endroit propice « à la beauté »

C’est en compagnie de sa famille, de représentants et de danseuses de l’école Le Prisme culturel que le danseur professionnel Guillaume Côté a découvert la cure beauté apportée par la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean à la salle portant son nom.

Le local, accessible par le Centre Mario-Tremblay, arbore de nouvelles couleurs et présente quelques clichés représentant des moments clés de la carrière du danseur de 36 ans. Les élèves du programme Danse-études, qui passent de nombreuses heures dans ce local, verront, au mur, l’inspiration du danseur, qui a quitté la région en 1992, afin de poursuivre ses études à l’École nationale de ballet de Toronto.

« Quel honneur vous me faites aujourd’hui! Je n’ai jamais pensé, de toute ma vie, avoir une aussi belle salle de danse qui porte mon nom. Je vais toujours rester un p’tit gars du Lac. Maintenant que je me présente sur les plus grandes scènes du monde, ça me fait chaud au coeur d’avoir un pied-à-terre, ici, à Alma », s’est exclamée la vedette du Ballet national du Canada.

« Dans le monde où l’on vit, c’est tellement important de garder les arts au plus haut des priorités pour l’enseignement des jeunes. Cela amène de la beauté dans notre vie. Tant qu’il y a de la beauté dans notre vie, je pense qu’on est capable d’être heureux. C’est tellement important dans le monde. Il y a tellement de choses qui polluent nos vies. Il n’y a rien de plus beau pour les étudiants de faire de la danser et de l’art, et de continuer de façon à enrichir leurs esprits », a-t-il ajouté.

Le local, qui existe depuis 2006, n’avait pas subi de rénovations depuis son inauguration. Il est utilisé par les différents programmes et options de danse du pavillon Wilbrod-Dufour. Ainsi, à la suggestion des parents du danseur originaire de Métabetchouan, René Côté et Germaine Tremblay, la salle a été améliorée.

Émotif
D’ailleurs, l’émotion était au rendez-vous alors que le danseur étoile du Ballet national du Canada, lui-même père de deux enfants, a rendu hommage à ses parents.

« Mes parents sont les gens les plus fiers du monde. C’est vraiment incroyable de penser que j’ai des parents aussi généreux. Ils m’ont suivi. En tant que parents, c’est là qu’on voit la beauté. Tes parents t’amènent et te tiennent la main tout au long de ton cheminement, qui est difficile, qui prend beaucoup de coeur, avec beaucoup de hauts et de bas. Mes parents m’ont toujours suivi et me suivent toujours, même si des fois, il y en a des bas. Je dois les remercier du fond du coeur », a-t-il exprimé, avec émotion, devant une quarantaine de personnes.

L’événement aura même été l’occasion de découvrir un court numéro interprété par des danseuses de différents niveaux. La récompense ultime de cette présentation aura été pour plusieurs de rencontrer leur modèle.

Les prochains mois seront très chargés pour le danseur Guillaume Côté, qui se rendra à New York, à Londres et en Russie. Entre-temps, il occupera la fonction de directeur artistique pour le Festival des arts de Saint-Sauveur.

+

UNE TONNE DE PROJETS

Même s’il ne lui reste qu’environ cinq années de danse classique à vivre à titre de danseur, l’avenir est loin d’être tranquille pour l’étoile du Ballet national du Canada, Guillaume Côté. 

Rencontré lors du dévoilement des améliorations apportées à la salle portant son nom à Alma, le principal intéressé avait de nombreux projets à confier au Quotidien. 

Celui qui vient de compléter le spectacle Frame by Frame avec le metteur en scène Robert Lepage ne chômera pas au courant des prochains mois. D’ailleurs, une tournée mondiale est prévue dans 18 mois pour ce même projet. L’alliance créative entre Côté et Lepage serait loin d’être terminée puisque le duo évaluerait, déjà, les possibilités de créer ensemble à nouveau.

Au courant des prochaines semaines, l’artiste accompli mettra son chapeau de directeur artistique pour le Festival des arts de Saint-Sauveur, alors que le travail de dix compagnies y sera présenté. 

Ensuite, New York, Londres et la Russie l’attendent en octobre. Grâce à ce spectacle, ce sera l’occasion, en première partie, de voir en action une grande danseuse russe dans une pièce de Guillaume Côté, alors que la deuxième partie permettra de voir le danseur jeannois en action. 

Loin de la retraite

Celui qui a vécu le summum de sa carrière entre 25 et 35 ans se dirige vers des projets plus contemporains. À 36 ans, la transition vers une autre sphère du domaine de la danse s’opère pour Côté. 

« J’aime le côté producteur et promoteur de la danse. J’adore être directeur de festival. Cela me donne la chance de découvrir d’autres danses. C’est aussi l’occasion pour moi de promouvoir les danses qui, selon moi, doivent être découvertes. J’adore monter de nouveaux spectacles. J’aime le multimédia et mixer les disciplines », explique celui qui est d’avis que nous devons cesser de limiter les choses.

Pour Guillaume Côté, tout est possible, tant que cela est fait avec une sensibilité artistique. 

Une relève ouverte d’esprit

Guillaume Côté n’est pas le seul à regarder le ballet sous un autre angle. La relève change également. « Pour la première fois dans l’histoire du Ballet national du Canada, l’an dernier, il y avait plus de garçons que de filles aux auditions. Autrefois, il y avait des préjugés attachés au ballet, une fermeture d’esprit. Maintenant, les jeunes sont ouverts à tout. On est dans un beau moment pour la danse en général », explique celui qui danse depuis qu’il a 3 ans. 

« On vit dans une société tellement digitale et tellement instantanée. L’art de la danse, peu importe le style, c’est quelque chose de touchant et d’important. C’est le moment présent qui est réel. Danser, c’est impliquer plein de gens autour de toi. Avec les jeunes, je pense qu’il y aura un retour à ça, après avoir été sur les iPhone », conclut le Jeannois d’origine.