Les filles de QMDA, une troupe de Québec, se produiront dans l’émission «Révolution» de TVA.

«Révolution», plus qu’un gadget

CHRONIQUE / Je craignais le gadget, la bébelle qui ne sert qu’à flasher ou attirer l’attention. Mais ce qu’on appelle «le moment Révolution», créé par 128 caméras qui filment un mouvement de danse à 360 degrés, constitue réellement une valeur ajoutée à l’expérience que vivront sans doute plus d’un million de télé­spectateurs cet automne à TVA.

J’ai beaucoup aimé la première de Révolution, que vous pourrez voir dimanche à 19h30. Et je suis curieux de voir comment le public recevra cette compétition de danse, où les vedettes ne sont pas invitées. Que des talents purs, qu’ils aient sept ans jusqu’au début de la soixantaine, dans tous les styles. L’effet wow est réussi.

La série commence dimanche avec les auditions. Trente-six places sont disponibles en vue des face-à-face. La formule du levier qu’on actionne pour approuver la chorégraphie rappelle inévitablement le bouton rouge de La voix. Sauf que les juges, qu’on appelle les maîtres, peuvent l’activer pendant ou même après la fin du numéro, question de faire durer le suspense. Trois leviers actionnés signifient que le candidat ou le groupe passe directement à la prochaine étape, alors que deux l’envoient au ballottage.

Bien que Sarah-Jeanne Labrosse assure la narration et qu’on la voit beaucoup encourager les danseurs, les maîtres prennent une place vraiment importante dans l’émission. Ma révélation est Lydia Bouchard, qui rayonne dans cette formule. J’adore sa façon de réagir aux prouesses des danseurs, mais aussi à leurs faiblesses. Bien sûr, vous connaissez Jean-Marc Généreux, peut-être un peu moins exalté qu’on l’a déjà vu, mais pas moins passionné. Les Twins, Larry et Laurent Bourgeois, complètent admirablement ce quatuor original. Et vous verrez que, bien que jumeaux, ils ne sont pas toujours d’accord. Je n’ai pas senti que les maîtres avaient appris des phrases choc qu’ils lanceraient aux candidats durant la production. Leurs réactions sont naturelles.

Les adeptes de Danser pour gagner, la production de Julie Snyder diffusée l’hiver dernier à V, reconnaîtront deux troupes de Québec : les filles de QMDA et les garçons de MARVL. Mais mon coup de cœur parmi les candidats s’appelle Rahmane, 22 ans, aussi de Québec, dont le style très saccadé rappelle un peu celui des Twins. Vous le verrez danser sur Seul au monde de Corneille, une chanson qui rappelle sa propre solitude après avoir perdu contact avec sa famille. Outre ce léger rappel à la vie privée de Rahmane, j’ai beaucoup apprécié qu’on ne fasse pas intervenir le passé malheureux des candidats. Pas de vidéo de présentation sur eux, on entre directement dans la danse, on nous montre ce qu’ils ont dans les jambes et le cœur.

Contrairement à Danser pour gagner, rien n’est en direct. La production est beaucoup plus léchée. Même la finale sera enregistrée, parce que le public ne sera pas invité à voter pour ses danseurs préférés. La danse est un art trop complexe et précis pour qu’on laisse la décision finale au feeling du public. Les candidats jouent gros parce que le gagnant remportera 100000$ à la 11e et dernière émission.

La production a voulu s’assurer que le français soit bien présent dans les chansons choisies par les danseurs. Mais c’est sûr que vous entendrez de l’anglais, comme The Show Must Go On de Céline Dion. La claquette ne vous dit rien? Attendez de voir le jeune Mathieu s’exécuter sur la pièce dance How Deep is Your Love de Calvin Harris & Disciples, vous n’aurez jamais rien vu de tel.

Depuis trois ans qu’ils y travaillent, Québecor Contenu et Fair-Play ont conçu ce format expressément pour le vendre à l’étranger. Ils souhaitent rien de moins que de conquérir le monde avec leur système de caméras 360, et tenteront de convaincre les producteurs et diffuseurs au prochain Mipcom à Cannes.

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LES GÉMEAUX EN HAUSSE

Le Gala des prix Gémeaux défie la tendance et voit son auditoire augmenter d’année en année. Dimanche, 1291000 téléspectateurs ont regardé la soirée animée par Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé, comparativement à 1065000 en 2016 et 1 140000 en 2017. Coanimé par Claudine Prévost et Herby Moreau, le tapis rouge a aussi connu une légère hausse, suivi par 796000 curieux, comparativement à 736000 l’an dernier. L’après-gala a quant à lui suscité moins d’intérêt, vu par 164000 téléspectateurs, alors que 213000 étaient au rendez-vous en 2017.