Jean-René Dufort animera L’Institut, un nouveau magazine scientifique qui sera diffusé sur les ondes d’ICI Explora l’hiver prochain.

Les cobayes de Jean-René

CHRONIQUE / ICI Explora aura son laboratoire humain. Dans L’Institut, un nouveau magazine scientifique, Jean-René Dufort réunira une cinquantaine de cobayes, séquestrés durant une semaine pour servir à des expériences inusitées, mais néanmoins sérieuses.

«On ne va pas les disséquer», prévient Jean-René Dufort, qui parle plutôt d’étudier leurs comportements et leurs réactions à des circonstances précises. «On va s’intéresser à la bibitte qu’est l’humain en société.»

Chaque émission de 30 minutes comportera trois ou quatre expériences, certaines individuelles, d’autres en groupe, ou en séparant les hommes et les femmes ou les générations. Les cobayes vivront en retraite fermée sur le campus de l’Université Bishop dans la semaine du 6 au 14 juillet. Chacun d’entre eux recevra un dédommagement de 500 $. 

L’animateur, qui détient un baccalauréat en biochimie, n’a pas voulu donner de détails sur les expériences de l’émission. «C’est important de préserver la virginité des cobayes. S’ils connaissent les expériences avant, ils vont peut-être réagir différemment.» Mais certains thèmes ont été dévoilés : la violence, la peur, le sexe, l’humour, le racisme, l’argent, les perceptions, les compétences, les préjugés, les apparences, l’âge.

On débute le recrutement des candidats aujourd’hui même. Ceux-ci doivent avoir au moins 18 ans et s’inscrire sur le site d’ICI Explora. On les sélectionnera pour représenter fidèlement la population québécoise. Producteur chez Zone3, Richard Gohier affirme que l’échantillonnage est suffisant pour tirer des conclusions sérieuses de cette expérience. Il précise que L’Institut n’est pas une téléréalité, mais bien un magazine scientifique.

Pour cette série de 10 émissions inspirée d’un concept hollandais, l’animateur sera secondé de la journaliste scientifique Marie-Pierre Élie. À ce jour, ce concept n’a été adapté qu’au Danemark. L’Institut n’arrivera pas sur les ondes d’ICI Explora avant l’hiver prochain.

LA RÉVOLUTION EST DANS LE PRÉ

Regardez-vous UnisTV? Moi, pratiquement jamais. Je vais pourtant vous donner une bonne raison de jeter un coup d’œil à cette chaîne destinée à l’auditoire francophone de tout le pays et imposée sur le service de base : Les fermiers. Une incursion en 10 épisodes d’une heure sur la Ferme des Quatre-Temps, à Hemmingford en Montérégie, laboratoire à ciel ouvert de l’agriculture de demain, financé par André Desmarais, et devenu réalité grâce à Jean-Martin Fortier, pionnier de l’agriculture biologique.

Les fermiers m’a un peu rappelé Les artisans du rebut global, cette intéressante série de Télé-Québec où des débrouillards devaient bâtir une maison écologique à partir de matières recyclées. Dans ce cas-ci, les fermiers du titre réinventent les manières de cultiver et d’élever des animaux. Sur la Ferme des Quatre-Temps, pas de tracteur ou de grosse machinerie. Tout est à échelle humaine. Attendez de voir l’appareil propulsé par une perceuse qu’on utilise pour récolter les plants les plus délicats. Et ça marche. L’entreprise a vendu l’année dernière au-delà de 500 000 $ en légumes et fait plus de la moitié de son chiffre d’affaires en approvisionnant des restaurants.

Avec sa conjointe Maude-Hélène, Jean-Martin Fortier porte la série sur ses épaules, mais sait s’entourer de collaborateurs brillants, eux-mêmes en quête de créer leurs propres fermes. La joyeuse équipe fait face à plusieurs défis et voit certaines de ses expérimentations gâchées par une météo capricieuse.

Le livre Le jardinier-maraîcher, auquel Fortier a consacré un an et demi de sa vie à temps plein, l’a propulsé et a confirmé sa crédibilité. Référé au magnat de Power Corporation, André Desmarais, Fortier se méfie au départ. Une discussion avec lui le convainc d’embarquer dans son projet sociétal. «De tous les gens que j’ai rencontrés dans le cadre de mon métier, c’est la personne la plus motivée, la plus sincère», dit-il avec admiration. Vous verrez M. Desmarais se rendre sur la ferme et même dire quelques mots à la caméra, ce qu’il ne fait à peu près jamais. C’est à la naissance de son petit-fils qu’il a commencé à s’intéresser à la bonne alimentation et qu’il a eu envie de laisser ce legs, une ferme qui prônerait l’agriculture responsable. «Oui, on est en train de changer le monde», se dit convaincu Jean-Michel Fortier, qui souhaite démontrer que la ferme réussit grâce à la détermination de son équipe, et pas seulement parce qu’elle est financée par un mécène.

Tournée d’avril à décembre 2017 par la réalisatrice Maude Éthier-Boutet et produite chez Attraction Images, Les fermiers commence le jeudi 5 avril à 20h, sur UnisTV.