Mylène St-Sauveur interprète Fanny dans Hubert et Fanny, un drame romantique que diffusera ICI Radio-Canada Télé à partir du mardi 9 janvier à 21h.

Hubert et Fanny: le règne de la beauté

CHRONIQUE / Beau comme un dieu et célibataire qui ne veut pas s’engager, Hubert Morin collectionne les conquêtes. Fanny Desjardins, elle, envisage d’avoir un enfant avec l’homme qui partage sa vie depuis sept ans. La rencontre de ces deux êtres, dans des circonstances tragiques, va tout changer.

C’est la prémisse d’Hubert et Fanny, un drame romantique signé Richard Blaimert (Nouvelle adresse), que diffusera ICI Radio-Canada Télé à partir du mardi 9 janvier à 21h, dans l’ancienne case de Mémoires vives. Mariloup Wolfe réalise 9 des 12 épisodes, et Richard Blaimert, les trois autres.

Hubert (Thomas Beaudoin), qui gagne sa vie comme tatoueur après des échecs en restauration, est beau et il le sait. Partout où il passe, les femmes se retournent, éblouies par sa beauté. Toutes les occasions de baise sont bonnes, y compris lorsqu’il accompagne son coloc à l’urgence de l’hôpital. Mais pour l’engagement, pas question. «Qui dit qu’on a besoin d’être en couple pour être heureux?» demande-t-il.

Travailleuse sociale très investie, Fanny (Mylène St-Sauveur) mène la vie que plusieurs femmes lui envieraient, avec un chum fin et intelligent, Guillaume (Mickaël Gouin). Plus qu’un amour ordinaire, une vraie belle complicité unit ce duo. Le destin fait qu’Hubert et Fanny se retrouvent ensemble sur les lieux d’un hold-up qui tourne mal dans une caisse populaire. Le prince charmant protecteur fait tout de suite son effet auprès de la douce éplorée. Les deux en sortent ébranlés et changés à jamais, attirés l’un vers l’autre de manière incontrôlable.

Au bout de trois épisodes, je ne suis pas encore conquis. L’entrée en matière, plutôt légère, est un peu longue. Appuyé par la narration des deux personnages principaux, on prend le temps de présenter l’univers d’Hubert d’un côté, celui de Fanny de l’autre, pour en souligner les différences. Jusqu’à ce fameux hold-up, qui s’étend inutilement sur deux épisodes, où la légèreté est violemment balayée par le drame.

Si l’histoire d’amour m’a laissé plutôt indifférent, j’ai trouvé beaucoup plus intéressante cette intrigue secondaire du jeune demi-frère de Fanny, Justin (André Kasper, le Siffleux des Pays d’en haut), âgé de 14 ans, qui ne sait pas comment annoncer à ses parents qu’il est une fille née dans un corps de garçon. Fanny, sa confidente, a promis de garder le secret. Un sujet délicat, abordé avec tendresse, et joué magnifiquement par le jeune acteur, qui se transformera au fil des épisodes.

Les personnages secondaires m’apparaissent plus intéressants que les deux héros, comme celui de la sœur de Fanny, Frédérique (Christine Beaulieu), une urologue qui a son caractère, spécialiste de l’appareil reproducteur masculin. Et les parents d’Hubert, interprétés par Marc Messier et Anne-Marie Cadieux, à couteaux tirés depuis leur séparation. Certains choix de scénario m’ont laissé perplexe, comme cette manie de Fanny de compiler des statistiques sur ses performances sexuelles avec son amoureux.

Hubert et Fanny flirte un peu trop avec les clichés de ces films romantiques où la belle, en couple stable, perd tous ses moyens à la vue du bellâtre inaccessible. Sauf qu’ici, le chum stable n’est ni méchant ni désagréable, au pire bonasse et trop compréhensif. Hubert a tout de même quelques défauts, mais si peu. À côté, bien sûr que Guillaume paraît un peu beige, un peu usé par la routine. L’attrait de la nouveauté et du rêve est fort pour Fanny. Qui l’emportera entre le prince charmant et le gars ordinaire? J’espère être surpris, mais j’ai ma petite idée là-dessus.