Gildor Roy et Sarah-Jeanne Labrosse ont fait le plein de trophées avec trois.

Gildor et Sarah-Jeanne, roi et reine du gala Artis

CHRONIQUE / Pour être surpris, on l'a été dimanche soir par cette 34e soirée Artis. Ce sont les artistes d'ICI Radio-Canada Télé, au nombre de 10, qui ont été récompensés le plus, devant ceux de TVA, salués à six reprises. Le monde à l'envers pour une soirée qu'on a longtemps qualifiée du «gala de TVA».

Il faut dire que District 31 est un phénomène contre lequel même le diffuseur privé ne fait pas le poids. L'immense ascendant de Gildor Roy sur le public s'est manifesté trois fois dimanche, pour cette série mais aussi pour son rôle dans Lâcher prise. Le futur grand-papa nous a fait un sympathique portrait familial. Aussi gagnante, Hélène Bourgeois Leclerc, dont le personnage a quitté la série en fin de saison, se fait dire par le public : «ne pars pas, Isabelle!» Quoique le vote a eu lieu avant les adieux. Véritable reine de la soirée, Sarah-Jeanne Labrosse a fait le plein de trophées avec trois, dont le plus prestigieux, celui de la personnalité féminine. «Merci de me dire que ma personnalité, est correcte!» a lancé la Donalda des Pays d'en haut et égérie de Révolution, très émue. L'actrice a aussi décroché le trophée jeunesse pour Le chalet à VRAK et le gala Mammouth à Télé-Québec.

Du côté des dramatiques saisonnières, l'auditoire a aussi attendu le départ du curé Labelle dans Les pays d'en haut pour récompenser Antoine Bertrand, auparavant reconnu dans la catégorie des comédies. Une ultime victoire sur Séraphin pour le bon curé. «Amour de ma vie, ramasse-toi!» a lancé le maître des remerciements à sa blonde, dans l'un des segments les plus drôles de la soirée.

Hélène Bourgeois Leclerc a été sacrée pour le meilleur rôle féminin dans une série dramatique annuelle («District 31»).

Pour la deuxième année consécutive, Denis Lévesque se fait damer le pion par Charles Tisseyre au rayon des affaires publiques. Dans la partie de bras de fer qui se joue sur Twitter avec Pierre Karl Péladeau depuis quelques semaines, Guy A. Lepage est sorti gagnant dimanche dans la catégorie des magazines culturels et talk-shows. Malgré deux nominations, son rival du dimanche soir, Charles Lafortune, un habitué des trophées, est resté dans la salle malgré la grande popularité de La voix. Guy A. en a profité pour lancer ce message: «Certaines personnes essaient de nous mettre en compétition, mais […] il n'y a pas de compétiteurs dans la salle. Nos vrais compétiteurs s'appellent Netflix, Amazon, Spotify, YouTube. C'est très important qu'on se tienne.»

Souvent en nomination mais jamais gagnant, Jean-René Dufort a d'ailleurs créé la surprise aux émissions de variétés et de divertissement, alors qu'Infoman fête ses 20 ans. «Je pense que la machine est brisée!» a-t-il blagué d'entrée de jeu. Nommée deux fois, entre autres pour la personnalité féminine, Véronique Cloutier n'a hélas rien récolté. Par contre, certains semblent abonnés à vie aux trophées Artis: Guylaine Tremblay (23e) pour En tout cas, Pierre Bruneau (21e), Gino Chouinard (12e), Guy Jodoin (9e) et Dave Morissette (8e).

Les animateurs du Gala Artis, Maripier Morin et Jean-Philippe Dion

Jean-Philippe Dion avait annoncé qu'il n'y aurait pas de méchancetés, même si avec sa coanimatrice Maripier Morin, il s'est permis quelques blagues salées sur les nommés dans la salle en début de soirée. Ce qui fait un bon party? C'est à cette question qu'a voulu répondre un numéro d'ouverture enlevant même si décousu et sans véritable fil conducteur. Team White, duo gagnant de Révolution, s'est chargé de la chorégraphie – le duo d'animateurs a même dansé –, et une foule d'artistes, dont les Patsy Gallant, Mario Pelchat et Les Trois Accords ont aligné les tounes de party devant un parterre endiablé.

Le trio féminin de M'entends-tu? a présenté la catégorie des comédies en chantant, ou en gesticulant dans le cas de Florence Longpré, jamais ennuyante. Était-ce prévu qu'Alexandre Barrette devance Guy Jodoin en montant chercher son trophée des jeux et en remerciant à sa place? Peu importe, c'était franchement drôle. On a souligné la fin d'Unité 9 et d'O' avec une chanson des sœurs Boulay, Nous après nous, un beau moment. Le numéro le plus éclaté revient certainement à Émile Proulx-Cloutier, au piano entouré de danseurs et de jeunes militants, pour les animateurs de bulletins de nouvelles.

Très drôle ce numéro sur les divulgâcheurs de Mickaël Gouin et Anne-Élisabeth Bossé; j'avais l'impression qu'ils décrivaient ma vie quotidienne. Pour le reste, ce fut une soirée un peu longue, qui ne passera pas à l'histoire. Pas de grands flashs, hélas. Problèmes de son et d'éclairage ont nui à quelques segments. Étrange qu'on ait déployé autant d'effort à annoncer les nommés pour la personnalité masculine alors qu'on a été aussi expéditif pour les femmes. Une piñata pour dévoiler le nom d'un nommé, vraiment?