Finir l'année en télé

La télé compte bien finir l’année de grandiose façon. Autour du traditionnel Bye Bye et des rendez-vous incontournables d’En direct de l’univers et d’Infoman, Les Appendices proposent leur propre revue de l’année à saveur absurde, Tourlou 2017, Christian Bégin ramène sa chorale gospel pour Y’a du monde à messe de Noël, P-A Méthot reçoit pour un party country et la bande de Phil Roy fait ses bilans à ALT 2017: on ferme l’année!.

TROP DE SUJETS POUR LE BYE BYE 2017

«Dieu, je ne demande jamais votre aide, mais pourriez-vous diminuer le nombre d’actualités d’ici au 1er janvier? On a un Bye bye à écrire», invoquait Simon Olivier Fecteau sur sa page Facebook, le 16 novembre. Parce que, oui, les dernières semaines ont été fertiles en rebondissements de toutes sortes, compliquant le travail de l’équipe du Bye Bye 2017

«Chaque deux jours, il y avait un nouveau scoop, et on était en plein tournage. Nos textes ont été en mouvement et le sont encore aujourd’hui, jusqu’à la fin, beaucoup plus que l’an passé. Ça a été un gros travail de rester à l’affût et de ne pas virer fou!» explique Simon Olivier Fecteau, qui réalise en plus de jouer dans la mythique revue de fin d’année d’ICI Radio-Canada Télé.

À deux semaines de la diffusion, le duo qu’il forme avec le producteur Guillaume Lespérance se dit beaucoup plus zen que l’an dernier. «L’an dernier, on était hyper anxieux. Mais on a prouvé qu’on était capables de faire un Bye Bye et de le livrer à temps. Le niveau de stress est beaucoup moins élevé cette année», affirme le producteur. Tout le monde est donc plus détendu, incluant l’équipe de comédiens, Véronique Claveau, Anne Dorval, Pierre Brassard, Marc Labrèche et Patrice L’Écuyer, tous de retour.

Simon Olivier Fecteau a reçu un accueil au-delà de ses espérances pour son premier Bye Bye en tant que concepteur et réalisateur principal l’an dernier. «La plus grosse vague d’amour que j’ai reçue dans ma vie», dit-il. Même les réseaux sociaux lui ont été favorables, ce qui n’est pas donné à tout le monde. «J’ai reçu autour de 3000 messages sur Facebook. Quand les gens ne sont pas contents, ils ne se gênent vraiment pas pour te le dire. L’an passé, une personne sur 100 ou 200 n’était pas contente. Le ratio était vraiment bon.»


Il n’y a pas de gang, on est des électrons libres
Simon Olivier Fecteau

À lire entre les lignes, j’en ai conclu que le Bye Bye ne s’étendra pas longtemps sur les agresseurs qui ont pourri une bonne partie de l’année 2017. «Si ce n’est pas drôle, ça n’a pas sa place. On voulait d’abord et avant tout faire un Bye Bye drôle et pour le monde. C’est très festif, avec ici et là, des surprises un peu plus songées», affirme Simon Olivier Fecteau. Et Guillaume Lespérance d’ajouter : «Le 31 au soir, les gens ont envie de fêter et de passer une bonne soirée.»

Il faut donc que ce soit drôle, mais aussi que ça tire égal partout, une condition essentielle pour parler à tout le monde. «Personne n’est à l’abri, que ce soit à gauche, à droite, au centre, n’importe quelle station de télé, peu importe où tu te situes, tout le monde peut être victime de nos sketchs. Il n’y a pas de gang, on est des électrons libres», insiste Simon Olivier. Même les amis du duo ne seront pas épargnés. «Ils vont finir par nous pardonner, quelque part autour du 15 janvier!» blague Guillaume Lespérance.

Alors qu’on a beaucoup parlé de censure en humour et du politiquement correct qui semble prendre toute la place, les bonzes du Bye Bye semblent imperméables à cette tendance. «Ni cette année ni l’an dernier, nous n’avons été victimes de censure. Ça se passe vraiment bien. On a la partie facile», considère le producteur. L’équipe a une méthode bien particulière pour l’approbation des textes par la direction. S’inspirant de RBO, qui envoyait Bruno Landry lire les textes à haute voix aux grands patrons, Fecteau, Lespérance et le script-éditeur André Ducharme ont fait exactement la même chose, question que l’intention de leurs sketchs soit saisie dès le départ.

Les deux reconnaissent néanmoins que la production du Bye Bye reste un casse-tête indescriptible entre l’écriture, l’attribution des rôles, le tournage, le montage, et le choix cruel d’abandonner certains sketchs. «Le Bye Bye, c’est la meilleure job en télévision, et la pire job en télévision. Chaque jour, à chaque moment», résume Guillaume Lespérance.

Et un signe de plus que l’équipe souhaite faire ce Bye Bye «pour le monde»: ce sont des gens du public, désignés au cours d’un appel à tous, qui offriront leurs vœux après le décompte de minuit. D’Occupation double à la marijuana, de Mélanie Joly à Valérie Plante, de Donald Trump à Kim Jong-un, de Julie à Céline, tant de sujets qui risquent d’avoir leur place au Bye Bye 2017.

Dimanche 31 décembre à 23h et lundi 1er janvier à 21h à ICI Radio-Canada Télé