«On a du mal à réaliser tout le poids qu’il peut y avoir sur les épaules des enfants» qui arrivent au Canada après avoir quitté leur pays, remarque Maryline Beuchot, enseignante à l’école primaire Bedford, dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Ces enfants d’ailleurs

CHRONIQUE / On n’a pas idée des efforts que doivent déployer les enfants qui arrivent au Canada après avoir quitté leur pays, souvent dans des conditions difficiles. Et de la patience des professeurs qui les accueillent dans leurs classes. Ces Néo-Québécois proviennent du Sri Lanka, du Bangladesh, de la Russie, de l’Inde, du Tchad, du Maroc, ne parlent pas français, n’ont aucun repère, ne savent même pas se servir d’un cadenas.

Pièce maîtresse de la programmation d’automne de TV5, et diffusée dès le mardi 4 septembre à 19h30, la nouvelle série documentaire québécoise Classe à part nous donne un aperçu très émouvant et révélateur de l’adaptation de ces nouveaux arrivants. «On a du mal à réaliser tout le poids qu’il peut y avoir sur les épaules des enfants», remarque Maryline Beuchot, enseignante à l’école primaire Bedford, dans le quartier Côte-des-Neiges à Mont­réal. «C’est arriver sur la planète Mars», donne-t-elle comme parallèle. C’est à peu près ça, quand on voit ces enfants mettre le pied dans l’école pour la première fois.

Produite chez Blimp Télé, la série de 10 épisodes d’une heure se promène entre deux groupes, l’un du primaire, l’autre du secondaire. On suit de plus près six élèves et leurs familles, parfois incomplètes, certains parents, frères ou sœurs, ayant dû rester dans leur pays d’origine.

Une série comme Classe à part ne peut faire autrement que de nous ouvrir à la réalité de ces enfants qui feront le Québec de demain. J’ai été ému par eux et par ces deux enseignantes qui leur montrent la voie avec tant de dévouement et d’abnégation. Chantal Labrie, de l’école secondaire Lucien-Pagé dans Parc-­Extension, parle lentement à ses élèves, est d’une gentillesse et d’une patience qui l’honorent. Mais finit aussi par craquer quand les choses vont moins bien.

Les enfants aussi suscitent l’admiration. «Ils ont une forme de maturité à cause de l’expérience migratoire, qu’on ne retrouve pas toujours, je pense, chez les enfants qui n’ont pas vécu ça», explique Maryline Beuchot, aussi souriante que sa collègue. Oui, vraiment, cette série risque de changer votre perception de l’intégration à laquelle doivent se soumettre ces enfants et ados déracinés.

Du côté d’UnisTV, la petite sœur de TV5 destinée aux francophones de tout le pays, on mise beaucoup cet automne sur Un vrai selfie, docu-réalité de 10 semaines produit par Trio Orange, qui réunit huit jeunes aux prises avec des troubles psychologiques, à partir du mercredi 19 septembre à 20h30. Chaque épisode navigue entre une thérapie qui réunit tout le groupe avec une psychologue, et des images de leur intimité, qu’ils ont prises eux-mêmes, tels des autoportraits vidéos.

UnisTV mise beaucoup sur «Un vrai selfie», docu-réalité de 10 semaines qui réunit huit jeunes aux prises avec des troubles psychologiques.

Les maux dont ils souffrent vont du trouble alimentaire à l’anxiété de performance et à la cyberdépendance. Kevin, 27 ans, de Joliette, doit se prendre à deux mains pour ne pas fumer un joint avant la séance de thérapie, comme il le fait plusieurs fois par jour. Camille, 19 ans, de Saint-­Basile-le-Grand, voudrait que tout le monde l’aime et s’abandonne dans l’apparente perfection projetée dans les réseaux sociaux. Catherine, 19 ans, de Dieppe au Nouveau-Brunswick, sort de six semaines d’hospitalisation pour trouble alimentaire. Voilà huit jeunes adultes dans lesquels plusieurs devraient se reconnaître, et qui considèrent leur thérapie hebdomadaire comme un cocon rassurant.

Si vous avez aimé la série Les fermiers, avec le jardinier maraîcher Jean-Martin Fortier, sachez qu’une deuxième saison est en préparation pour UnisTV. Créée en très peu de temps et tournée à Québec, la série File d’attente avec Réal Bossé et Sylvie Moreau arrive le mercredi 5 septembre à 20h.

Pour revenir à TV5, on annonce pour février une nouveauté intitulée Nordik, avec Mylène St-­Sauveur (Hubert et Fanny), tournée entre autres en Argentine et au Chili, et destinée aux passionnés de sports d’hiver. La directrice principale stratégies et marques, Anne Sérode, reconnaît que la chaîne a perdu de l’audience durant la dernière année. On l’explique entre autres par l’élection présidentielle et les tristes attentats qui avaient gonflé artificiellement les cotes d’écoute la saison précédente. Au fait, un documentaire sur Brigitte Macron, la première dame française, est prévu pour le 12 septembre. Toujours à TV5, Les flots, la très belle série de Pierre-Yves Lord, est de retour le vendredi à 20h30.