Chronique

CASA: une réno presque parfaite

CHRONIQUE / Le public ne se lasse pas des compétitions, dans la bouffe comme dans la rénovation. La nouveauté de CASA, «Viens voir mes rénos!», risque de faire gonfler l’auditoire de cette chaîne du Groupe TVA, qui a déjà connu une augmentation de son auditoire de 28 % depuis janvier dernier, chez les 25 à 54 ans. CASA a aussi fait le plein d’abonnés, ce qui est notable.

Dans Viens voir mes rénos!, qu’anime Kevin Raphael à partir du vendredi 23 août à 19h, trois personnes qui ont un projet de rénovation s’affrontent. Ils auront trois semaines pour retaper une pièce de leur maison. Dans la première, les trois refont leurs salles de bain, qui en ont bien besoin. Dehors les murs bruns ou vert pomme et les cadres laids d’anges qui pissent, bienvenue dans la modernité, le design pur et le style industriel.

L’idée n’est pas de confier son projet à l’équipe de Viens voir mes rénos!, mais bien de le réaliser devant les caméras. Avant qu’ils entreprennent les travaux, on leur remet la somme de 1000 $. Pour le reste, débrouillez-vous : pas de matériaux commandités ou d’ouvriers payés par la production. Par contre, le gagnant remporte la somme de 2000 $, ce qui m’apparaît bien peu. Comme à Un souper presque parfait et Ma maison bien-aimée, les participants accordent des notes sur 10 à leurs adversaires. Celles-ci vaudront pour les deux tiers de la note finale, le tiers restant étant basé sur la note du juge, l’expert en réno Pierre-Olivier Houde.

L’émission risque de susciter des débats dans les chaumières. En voyant la première, montrée aux journalistes, je n’étais pas toujours d’accord avec l’expert en réno, par ailleurs très bon à l’écran. M. Houde, qui admet donner priorité à la qualité d’exécution plus qu’au style et au choix des couleurs, a magnifié l’une des salles de bain, qui m’apparaissait la moins belle des trois. Pas sûr de la céramique disposée en chevrons (diagonale) sur les murs, et du bleu marine des armoires de salles de bain. Mais qui suis-je pour remettre en question les dires d’un expert? Par contre, pour l’exécution, rien à dire, c’était parfait, surtout que le candidat a tout fait tout seul ou à peu près.

Kevin Raphael, qu’on peut voir à TVA Sports, est parfait à l’animation de Viens voir mes rénos! Chapeau d’avoir pensé à cet anti-casting. Drôle, mais pas à outrance, il détend l’atmosphère. On s’identifie à l’animateur qui connaît le sport sur le bout de ses doigts, mais qui est (presque) nul en rénovation. De toute façon, il n’y a pas d’arbitrage à faire entre les participants, qui semblent tous de bonne foi, et qui ne font jamais preuve d’arrogance. Jamais de cris ou de colères ridicules, comme on en simule dans certaines émissions du genre.

Ce concept pourrait durer longtemps : l’heure passe vite, on ne s’ennuie pas une seconde, et il y a un élément de suspense à la fin, au dévoilement du gagnant. Les avis des participants et de l’expert peuvent diverger grandement, vous verrez. Mais pas de stress, on parle de télé de détente. Et qui sait? Peut-être changerez-vous vos plans si vous aviez l’intention de rénover votre cuisine ou votre chambre à coucher.

En ondes à partir du 19 août, la programmation d’automne de CASA comprend aussi la deuxième saison de la divertissante Combien vaut cette maison?, toujours animée par Saskia Thuot, et dans laquelle trois participants tentent d’évaluer quatre propriétés. La personne qui a vu le plus juste remporte 1000 $. Les 13 nouveaux épisodes commencent lundi à 20h. Bien entendu, les frères Scott sont de retour dans deux concepts : Scott VS Scott, le lundi à 21h, et Notre maison de rêve, le mardi à 21h. En attendant de nouveaux épisodes de la version australienne du Bloc cet hiver, on présente la version néozélandaise du lundi au jeudi à 17h, à partir du 16 septembre. Deux équipes de filles et deux équipes de gars doivent retaper des logements en piteux état pour espérer remporter le grand prix de 100 000 $.

La programmation de CASA se voue essentiellement à la réno, la déco et l’immobilier, mais quelques émissions font l’exception, comme Urgence vétérinaire. Un style d’Ambulances animales mais à grand déploiement, où une équipe de vets parcourt l’Australie à la rescousse d’animaux en détresse. Début : le jeudi 17 octobre à 19h.

Lien vers la bande annonce ici

Richard Therrien

Vendredis hâtifs à ICI ARTV

CHRONIQUE / Toute augmentation des parts de marché pour une chaîne spécialisée, si petite soit-elle, est reçue comme une bonne nouvelle, en cette ère de désabonnement massif du câble. Autant vous dire qu’on est content dans la grande tour de savoir qu’ICI ARTV est en progression de 13 %, et qu’ICI Explora augmente de 17 %. Ces hausses, pour deux chaînes qui en avaient bien besoin, s’expliquent entre autres par la diffusion en rafales de séries, un procédé de plus en plus utilisé par les spécialisées, qui programment des marathons d’épisodes pour nous garder accrochés. Ces deux chaînes le feront encore beaucoup cet automne.

Mais il n’y a pas que des reprises des Filles de Caleb, de Marguerite Volant et des Lavigueur au programme d’ICI ARTV. On y retrouve avec bonheur les excellentes entrevues de France Beaudoin à Pour emporter. Vingt nouvelles émissions sont proposées à partir de vendredi à 20h, avec Louis-José Houde. Suivront Gildor Roy, Sophie Lorain, Pierre-Yves McSween, Martin Matte et Magalie Lépine-Blondeau. Une spéciale de Noël réunira huit invités de tous horizons. Retenu par d’autres projets, Antoine Gratton est remplacé par un trio jazz, piloté par Jean-Benoît Lasanté. Les bons intervieweurs ne sont pas si nombreux dans notre télé, et France Beaudoin est l’une des meilleures.

Toujours le vendredi, la joyeuse bande d’Anne-Marie Withen­shaw à C’est juste de la TV entre au poste trois semaines plus tôt cette année, pour 23 épisodes au lieu de 20, à partir du 6 septembre à 21h, ce qui lui permettra de commenter les nouvelles émissions dès leur entrée en ondes. Même chose pour Esprit critique, qui quitte la case du jeudi pour celle du vendredi à 22h, et qui se collera beaucoup plus à l’actualité cette saison.

Espérons qu’Eaux turbulentes, une minisérie tournée en Ontario avec Hélène Florent et Gabriel Sabourin, sera meilleure que l’œuvre acadienne Conséquences, diffusée au printemps sur ICI Télé. Une petite ville minière est secouée par la mort mystérieuse d’une jeune autochtone. Hélène Florent y joue l’enquêteuse. À partir du 23 novembre, le samedi et le dimanche à 22h.

Beaucoup de documentaires sur ICI ARTV, dont Valérie et moi, qui soulignera le 50e anniversaire de ce film mythique avec Danielle Ouimet. L’actrice revient sur ce pan majeur de sa carrière. Diffusion en décembre, suivie du film Valérie. J’ai aussi accroché à Aznavour autobiographie, truffé d’images inédites, provenant de la voûte du chanteur. Dans les lundis culture, le 7 octobre à 20h30.

Après 15 saisons de Pour l’amour du country avec Patrick Norman, on confie ce créneau à Guylaine Tanguay, qui anime Tout simplement country, à partir du jeudi 5 décembre à 20h. Douze émissions ont été tournées en Nouvelle-Écosse. La chanteuse y revisite des classiques du country et s’entoure entre autres de Zachary Richard, Wilfred Le Bouthillier et de nouveaux noms.

Ce qui promet pour l’hiver : La table de Kim, où Kim Thuy reçoit chaque semaine quatre invités de milieux différents dans sa véritable maison, pour une discussion animée autour d’un repas d’inspiration vietnamienne. On a vu des images de l’émission pilote avec Florence Longpré et Stéphanie Boulay, et c’est vraiment très sympathique et vivant. L’autrice recevra des vedettes comme Anne Dorval, Virginie Fortin, mais aussi anthropologues et créateurs en arts visuels. C’est aussi à l’hiver que reviendra Émilie Perreault pour quatre nouvelles émissions de Faire œuvre utile, avec entre autres Tire le coyote, Guylaine Tremblay, David Goudreault et Alexandra Stréliski, qui a composé la musique thème.

Vies de chiens sur ICI Explora

Plusieurs choses intéressantes du côté d’ICI Explora, dont la nouveauté Vies de chiens, qui égaiera vos vendredis soir. Mathieu Lavallée brise toutes les conventions de l’éducation canine, et son centre de Saint-Jean-de-Matha semble être un véritable paradis pour chiens. À compter du 6 septembre à 19h30.

Retour du Gros laboratoire de Jean-René Dufort et Marie-Pier Élie, avec 100 nouveaux cobayes. On se demande entre autres si on se met à mieux parler anglais une fois ivre, et si la sueur causée par la peur sent la même chose que la sueur de chaleur. Avant la deuxième saison, programmée pour le mercredi 11 décembre à 21h, on rediffuse la première sur ICI Télé dès septembre, le dimanche à 19h30. Les aventures du pharmachien en est à sa quatrième saison. Plutôt que de céder aux menaces dont il a été la cible dans la dernière année, Olivier Bernard a choisi d’aborder de front les sujets les plus sensibles, comme les bloqueurs d’hormones, les antidépresseurs, l’acupuncture et le vaccin contre le VPH. Il a avoué que les experts acceptent moins qu’avant de témoigner à l’émission. L’un d’eux a refusé en plaidant que deux de ses collègues s’étaient fait crever leurs pneus de voiture après avoir pris position publiquement. «Parler de science, c’est plus nécessaire que jamais», en conclut Olivier Bernard. Et comment. Le retour est prévu pour le vendredi 13 décembre à 19h30.

J’ai beaucoup aimé les extraits de Sérieux?, le nouveau magazine coanimé par Marie-Ève Tremblay, de Corde sensible, et Mathieu Pichette, prévu pour l’hiver. On y pose des questions pertinentes avec humour sur notre rapport à l’environnement. De Jean-Philippe Wauthier, qui explique pourquoi il n’a pas signé le Pacte, aux animateurs, qui feront l’expérience de ne pas se laver, pour mesurer le gaspillage d’eau pour l’hygiène corporelle, on promet un magazine pas plate.

RICHARD THERRIEN

Dany Meloul, la nouvelle dame de Radio-Canada

CHRONIQUE / Dany Meloul dirige les chaînes francophones de Bell Média depuis 2015. C’est elle qu’il faut convaincre pour qu’une émission soit diffusée à Canal Vie, Canal D, Z, VRAK, Investigation, Super Écran et Cinépop. C’est aussi elle qui succédera à Dominique Chaloult à la direction générale de la Télévision de Radio-Canada.

À sa nomination à la vice-présidence programmation chez Bell Média il y a quatre ans, dans la foulée de compressions massives, on déplorait en coulisses que ce n’était pas une femme de contenu mais de gestion. Elle avait surtout évolué auparavant aux affaires juridiques, notamment chez Transcontinental et chez Astral. Dany Meloul, qui n’a pas du tout l’image de patronne dure et autoritaire, a su depuis faire taire les sceptiques et s’attirer la faveur du milieu en peu de temps. Mais elle provient du privé, et il faudra voir comment elle composera avec le secteur public. Le 10 octobre prochain, elle héritera des mandats d’ICI Télé, ICI ARTV, ICI Explora et ICI Tou.tv. Et de leurs budgets pas mal plus élevés.

Bien sûr, le poste est prestigieux et convoité, mais c’est aussi le plus scruté et le plus critiqué en télévision. Il faut avoir les reins solides pour l’occuper. Les impératifs de la télé publique sont si nombreux qu’on fait continuellement des mécontents. Mme Meloul quitte un siège relativement confortable chez Bell, et de gros défis se poseront durant les prochaines années, à l’ère du virage numérique. Elle peut au moins bâtir sur le succès d’ICI Télé, devenue la chaîne la plus regardée des francophones partout au pays, de 19h à 23h, sous le règne de Dominique Chaloult. Celle-ci poursuivra sa carrière à titre de consultante, notamment pour le diffuseur public.

Au fait, vous avez peut-être remarqué que la mention «Radio-Canada» a disparu du nom du réseau généraliste depuis un certain temps déjà. Fini ICI Radio-Canada Télé, on dit simplement ICI Télé désormais, autant à l’antenne que dans toutes les communications. C’est d’ailleurs l’appellation qui avait été prévue en 2013 dans le changement de nom, considéré comme une absurdité par plusieurs encore aujourd’hui. Des voix s’étaient alors élevées pour réclamer que le nom Radio-Canada demeure dans la nouvelle appellation, ce qu’on avait fait pour calmer le jeu. Remarquez, ce sera moins long à dire et à écrire.

Richard Therrien

Cent cinquante «push-ups»!

CHRONIQUE / «Te faire jouer dans la tête.» C’est à ce manège troublant, souvent même humiliant, que doivent se prêter les aspirants au groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec. «Tu te sens comme un moins que rien», avoue un des 55 candidats de la série documentaire «GTI : groupe tactique d’intervention», un des gros morceaux de la programmation d’automne de Canal D, dévoilée à la presse lundi.

J’avoue avoir été secoué par les longs extraits de cette série, la première à nous donner accès aux coulisses du camp de sélection de ces commandos de la police. Ça m’a rappelé les premiers épisodes de Blue Moon, où on pousse le personnage joué par Karine Vanasse au-delà de ses possibilités. Comme le dira un des commandants, les gars (et une femme) ne sont pas là pour «cueillir des fraises», mais pour s’imprégner, le plus brutalement possible, de ce qu’ils devront affronter sur le terrain.

Dans l’une des épreuves, qu’on appelle «la chambre à gaz», ils doivent tenir dans une pièce enfumée le plus longtemps possible. S’ils choisissent de sortir, pris de panique, l’aventure est terminée pour eux. On ne tolère pas les mauviettes. Et il n’y a pas de place à ne serait-ce qu’une seconde de paresse. Il suffit que deux ou trois candidats déposent leur sac pour qu’on punisse tous leurs camarades en leur imposant une intense séance de push-ups.

La méthode et le ton arrogant jurent avec notre dénonciation de toutes formes d’intimidation et d’humiliation dans tous les milieux, de l’école au travail. Et quand on constate que certains qui ont été refusés à la première expérience, y reviennent une deuxième et une troisième fois, on se demande qui est assez masochiste pour s’imposer une telle punition. La série de 10 demi-heures commence le mercredi 28 août à 19h30.

Ailleurs dans la nouvelle grille, j’ai été très impressionné par les images de Dynasties — rien à voir avec Alexis et Krystle Carrington —, une série de la BBC tournée sur quatre ans, qui révolutionne le documentaire animalier. Oubliez la contemplation des séries du genre, on est complètement dans l’action. L’univers de cinq familles d’espèces d’animaux menacées d’extinction (pingouins, chimpanzés, lions, tigres et lycaons) est raconté comme une fiction, avec ses rebondissements et ses défis. On a même qualifié l’œuvre de «Game of Thrones de l’animalier», tellement on est happé par les intrigues. Les cinq épisodes d’une heure sont présentés en rafale, dans la semaine du lundi 26 août, à raison d’un par soir, à 20h.

Autre dynastie, mais tout aussi vorace que celle du président américain. J’ai une indigestion du personnage, mais j’avoue être curieux de voir La dynastie Trump, en trois épisodes de deux heures. Une minisérie colossale de la chaîne A&E, composée d’archives inédites de son enfance notamment, pour mieux comprendre l’être tordu, mais connu de la terre entière, qui ne lâche jamais. À partir du jeudi 5 septembre à 20h.

La météo est probablement le sujet le plus discuté autour de la machine à café. Dans Méchante météo, une série québécoise de six épisodes diffusée dès le lundi 2 septembre à 20h, des victimes de la foudre racontent leur expérience traumatisante. D’autres rappelleront des épisodes douloureux de leurs vies liés aux inondations, aux tornades et aux tempêtes de neige. Nos hommes forts d’hier avaient-ils un réel mérite? Pour le savoir, Tour de force demande à des colosses d’aujourd’hui de reproduire les exploits des Louis Cyr et autres Grand Antonio. Le lundi à 19h30 dès le 7 octobre.

Canal D se démarque toujours par ses documentaires uniques à Docu-D, le jeudi à 22h. J’étais déjà ému en voyant les premières images de Camp Papillon : un été de rêve, sur le formidable don de soi de moniteurs de 16 à 21 ans, pour des jeunes vivant avec un handicap physique ou intellectuel. Plus tard en décembre. Et j’ai follement hâte de voir Empire félin, deux heures sur la passion de l’humain pour les chats, le 3 octobre. À inscrire à l’agenda le 21 novembre à 22h : La mosquée : une communauté menacée, qui revient sur la tragédie de la Grande Mosquée de Québec et sur ceux qui l’ont vécue de l’intérieur. J’y reviendrai certainement. Du côté des acquisitions, Trois étrangers identiques raconte l’histoire rocambolesque de triplés séparés à la naissance, qui ont découvert l’existence des autres à l’âge adulte. Le 26 septembre.

Canal D aura 25 ans en janvier prochain. On est loin de la chaîne sans publicités des débuts, mais la directrice des productions originales et chef de marque, Mélanie Bhérer, se dit convaincue que la «marque pertinente et crédible» de Canal D est restée intacte. Davantage regardée par un public masculin, la chaîne de Bell Média avait perdu des plumes ces dernières années, mais regagne en popularité; la part de marché est passée de 1,7 à 2,2 % par rapport à l’année dernière. Les titres qui obtiennent le plus de succès sont les docuréalités québécois aux personnages attachants, comme Vie de chantier, de retour pour une deuxième saison le 27 août, et Éboueurs, qui nous confrontait à notre propre gestion de nos ordures. Sachez qu’il y aura aussi une deuxième saison à cette excellente série, l’année prochaine.

Investigation

La petite sœur de Canal D, Investigation, a aussi progressé dans les sondages. J’ai eu le malheur de tomber récemment sur Hollywood Autopsy, une série documentaire très quelconque, sensationnaliste, mais néanmoins accrocheuse, sur les destins tragiques de vedettes américaines, dont Prince, Steve McQueen et Gary Coleman, d’Arnold et Willy, disparu trop jeune comme sa collègue Dana Plato. La chaîne les diffuse en rafale, de sorte qu’on nous garde accroché pour des heures. Appelons ça un plaisir coupable.

Cet automne, la chaîne propose Survivre à R. Kelly, qui donne la parole aux victimes présumées de l’artiste depuis les années 2000, les jeudis 19 et 26 septembre à 20h. Et Mary Kay Letourneau : l’amour interdit, sur l’idylle entre une enseignante et son élève de 12 ans, qui avait fait grand bruit en 1997, le jeudi 17 octobre à 20h. Seulement cette semaine, quatre autres chaînes dévoileront leur programmation : Zeste, ICI ARTV, ICI Explora et CASA.

Richard Therrien

Retour à San Francisco

CHRONIQUE / Quand l’adaptation de Tales of the City est arrivée dans le décor télévisuel sur Channel 4 au Royaume-Uni en 1993, c’était une petite révolution. Les récits d’Armistead Maupin, d’abord publiés dans le San Francisco Chronicle, brisaient les conventions. Jamais personne n’avait montré de personnages gais ou transgenres de manière aussi crue, tout naturellement, en pleine télé.

La réaction a d’abord été épidermique, même que Channel 4 a abandonné l’idée de poursuivre avec les romans suivants. Ce n’est que cinq ans plus tard qu’on a tourné une deuxième série, puis une troisième en 2001, cette fois au Québec, et diffusées à PBS et Showtime. Chroniques..., Nouvelles chroniques... et Autres chroniques de San Francisco juraient vraiment dans le décor; c’était avant qu’arrivent des séries gaies comme Queer As Folk et The L Word.

Voici que Netflix propose une suite, 26 ans plus tard, en ligne depuis la semaine dernière. Le prétexte de ces retrouvailles : le 90e anniversaire d’Anna Madrigal, personnage transgenre emblématique de la série, toujours propriétaire — mais pour combien de temps? — du 28, Barbary Lane, ce joli immeuble à appartements habité par des personnages bigarrés et affichant une liberté rafraîchissante. Anna, toujours jouée par Olympia Dukakis, n’a rien perdu de son charisme, admirée par ceux qui l’entourent, mais rongée par des secrets de son passé. Il serait plus délicat aujourd’hui de confier un rôle de transgenre à quelqu’un qui ne l’est pas, mais donner un autre visage à Mme Madrigal aurait été impensable.

Il fallait impérativement retrouver Mary Ann (incomparable Laura Linney), qui a perdu une partie de sa naïveté dès son premier contact avec Anna Madrigal, et dont le mariage bat maintenant de l’aile. Son retour à San Francisco après plusieurs années d’absence — elle est presque partie comme une voleuse — risque d’avoir le même effet chez celle qui avait repris le moule des conventions. Elle retrouve avec bonheur son ancien voisin et ami Michael (maintenant joué par l’Australien Murray Bartlett, de la série Looking), qui vit maintenant avec Ben, 28 ans, beaucoup plus jeune que lui. Mais les retrouvailles sont plus glaciales avec son ex, Brian (Paul Gross), et leur fille adoptive Shawna, qu’elle a tous deux abandonnés pour se consacrer à sa carrière. Une pilule encore impossible à avaler, particulièrement pour Shawna, qui n’a d’attache qu’Anna, à qui elle voue une affection particulière.

À eux et d’autres qu’on retrouve, comme la richissime DeDe (Barbara Garrick), se greffe une toute nouvelle génération, dont un jeune couple nouvellement hétéro, qui doit composer avec le changement de sexe de l’un des deux. Personnage certainement le plus intéressant de la nouvelle cuvée, Shawna est incarnée avec talent par Ellen Page, vedette de Juno et ouvertement lesbienne. La jeune rebelle collectionne les aventures sans attaches, en duo ou en trio. Claire (Zosia Mamet, connue pour son rôle de Sho­shanna dans Girls) pourrait ébranler sa nature volage.

Vingt-six ans plus tard, voir Anna Madrigal accueillir ses invités avec des joints en papillotes n’a plus rien de scandaleux, c’est presque même bon enfant en 2019. Et des personnages gais, il en pullule dans bon nombre de séries qui se produisent actuellement. J’étais curieux de voir quel chemin emprunterait la nouvelle version. Il fallait absolument que cette suite aille plus loin, s’adapte à notre modernité. Pas de doute, il y a matière à traiter de la diversité sexuelle, alors qu’on est en plein bouleversement des genres, où les catégories de gai, bi, hétéro, éclatent, où les plus jeunes résistent à ce qu’on les place dans des cases. Et ce, alors que l’homophobie est toujours ambiante. Comme elle l’a fait en 1993, la série devait aborder le phénomène de front, nous bousculer dans nos conventions et nos repères. C’est aussi le rôle de la télé.

Cette nouvelle version le fait jusqu’à un certain point, malgré un emballage somme toute conventionnel. On sent une volonté d’augmenter le niveau de subversivité, notamment par le plus grand nombre de scènes de nudité, et la démonstration plus explicite des rapports sexuels, une chose à laquelle la télé reste encore beaucoup trop frileuse quand il est question de partenaires de même sexe. On prend aussi d’assaut la question de l’arrivée de la PrEP, ce traitement qui permet d’éviter une infection au VIH, aisément prescrit par les médecins et efficace dans 99 % des cas, même s’il ne protège contre aucune autre infection transmise sexuellement. Un enjeu majeur dans la vie amoureuse de Michael, lui-même porteur du virus bien qu’encore indétectable.

J’avais découvert Chroniques de San Francisco sur le tard, à sa diffusion en français à Séries+ en 2001. Les trois séries avaient alors été présentées en rafale, huit ans après les débuts sur Channel 4, dans une version doublée au Québec. Hélas, Netflix ne fait plus doubler ses séries qu’en France. Je ne sais pas jusqu’à quel point quelqu’un qui n’a pas vu les précédentes séries peut embarquer dans la suite. On y fait souvent référence au passé, et qu’on le veuille ou non, l’ensemble a quelque chose de suranné et d’un peu caricatural, malgré la modernité du propos. Et le 28, Barbary Lane sent le décor en carton-pâte et le tournage en studio, auquel l’œil s’habitue moins bien aujourd’hui. J’ai quand même passé par-dessus ces irritants pour profiter encore plus de ces personnages qui m’avaient jadis enchantés.

Richard Therrien

Des Gémeaux sans Gildor

CHRONIQUE / Les voies du jury des Gémeaux sont impénétrables. Quand on voit que le nom de Gildor Roy n’apparaît nulle part dans les nominations du prochain gala, qui aura lieu en septembre sur ICI Radio-Canada Télé, on se demande bien à quoi ont pensé les membres de l’Académie. C’est vrai que Gildor croule déjà sous les trophées Artis.

L’absence de notre commandant Chiasson préféré de District 31, série pourtant en tête avec 15 nominations, n’est pas la seule incongruité cette année. Que Faits divers, Les honorables, Les pays d’en haut et Plan B soient nommées pour le Gémeaux de la meilleure série dramatique, c’est absolument normal. Mais que La malédiction de Jonathan Plourde, une série très quelconque de Super Écran, y apparaisse à la place de titres du calibre de Demain des hommesRuptures, Appelle-moi si tu meurs, Mensonges et Victor Lessard? Ce n’est pas que je veuille relancer la chicane, mais c’est à n’y rien comprendre.

D’ailleurs, je ne comprends pas ce que les jurys n’aiment pas de Ruptures, une série de qualité, saison après saison. Voyez, cette année, la série n’est en nomination que chez les rôles de soutien avec Isabel Richer et pour le son. Absente du tableau, Mélissa Désormeaux-Poulin a pourtant autant de talent que Laurence Leboeuf (Le jeu), Rose-Marie Perreault (Le monstre), Macha Grenon (Les honorables), Sophie Lorain (Plan B) et Julie Le Breton (Victor Lessard). Du côté masculin, Claude Legault y est deux fois, pour Mensonges et Appelle-moi si tu meurs, mais Denis Bernard, époustouflant dans cette dernière série, n’apparaît nulle part. Mehdi Meskar (Le monstre), Vincent Leclerc (Les pays d’en haut) et Éric Bruneau (Mensonges) y sont par contre.

Immense satisfaction de voir enfin Sylvie Léonard considérée pour le Gémeaux du meilleur premier rôle féminin dans une comédie aux côtés de Sophie Cadieux, alors qu’elle était auparavant parmi les rôles de soutien. Or, Madeleine et Valérie ont la même importance dans Lâcher prise. La série d’Isabelle Langlois affronte Boomerang, Léo, Les Simone et M’entends-tu? dans la catégorie des comédies.

Maintenant qu’elle n’est plus seule dans sa catégorie des séries dramatiques quotidiennes, District 31 affronte cette année Clash, la série de VRAK. Gildor n’y est pas, mais Patrice Godin, Vincent-Guillaume Otis, Hélène Bourgeois Leclerc et Geneviève Brouillette sont nommés pour leurs premiers rôles, alors que Michel Charette est considéré comme un rôle de soutien avec Sébastien Delorme et Vincent Leclerc.

Belle percée pour M’entends-tu?, primée plus tôt cette semaine à Banff, et qui arrive deuxième aux Gémeaux avec 14 nominations, dont celle de la meilleure comédie et du meilleur premier rôle féminin pour Florence Longpré et Mélissa Bédard. Ce sera une belle lutte dans cette catégorie contre le duo de Lâcher prise et Catherine-Anne Toupin de Boomerang. La série de Télé-Québec est aussi nommée pour ses textes et sa réalisation. Faits divers, mon coup de cœur de la dernière saison, fait belle figure avec 11 nominations, mais Paulo et Francine (Luc Senay et Chantal Baril) n’y sont pas; seul Patrick Hivon s’illustre en tant qu’acteur.

Dans les catégories jeunesse, les interprètes de Passe-Partout (Élodie Grenier) et Passe-Montagne (Jean-François C. Pronovost) sont nommés, de même que ceux de Fardoche (Widemir Normil) et Grand-Mère (Danielle Proulx). Ils doivent concourir dans les mêmes catégories que La dérape, Jérémie et Le chalet, qui s’adressent à un public plus vieux. En variétés, Révolution, qui nous a éblouis l’automne dernier, se mesure à 1res fois, En direct de l’univers, Ici on chante et L’heure est grave. La voix est absente, tout comme dans les téléréalités. Gros calibre chez les séries documentaires, où 180 jours et Deuxième chance partent avec une longueur d’avance.

Les 34es prix Gémeaux seront présentés le dimanche 15 septembre, avec Véronique Cloutier, de retour à l’animation. Anaïs Favron animera L’avant-première, en après-midi sur ICI ARTV.

Télé et radio

La fin de l’ère Chaloult

CHRONIQUE / Après avoir donné le go à des succès comme «District 31, 1res fois, Deuxième chance» et «Les dieux de la danse», Dominique Chaloult tirera sa révérence à l’automne. Directrice générale de la Télévision de Radio-Canada depuis janvier 2015, elle invoque le souhait de se consacrer à sa famille et de travailler à titre de consultante, à son propre compte. «Je ne prends pas ma retraite», précise celle qui aura passé huit ans à occuper un poste aussi stratégique, si on compte ses trois années à Télé-Québec.

Pour plusieurs, l’ère Chaloult aura représenté la trop forte présence de vedettes à la télé publique; pour d’autres, elle sera synonyme de succès d’écoute et de fidélisation du public avec des productions de grande qualité. La principale intéressée considère qu’elle laisse la maison en très bonne condition, après avoir permis à ICI Radio-Canada Télé de devenir «la chaîne la plus regardée des francophones en heure de grande écoute partout au pays», de 19h à 23h, une première en 25 ans. «Je suis devant le sentiment du devoir accompli. J’ai monté une super équipe, solide, avec laquelle on a eu de beaux succès», affirme l’ancienne productrice.

Un des accomplissements dont elle est le plus fière : avoir installé une stratégie multiplateforme, une synergie forte entre ICI Télé, ICI ARTV, ICI Explora et ICI Tou.tv. «Ça prenait de la persévérance. Au début, les producteurs n’aimaient pas ça quand on mettait leurs séries en primeur sur Tou.tv. Il a fallu les convaincre qu’on se ne cannibalisait pas en faisant ça», explique-t-elle, convaincue que c’était la chose à faire. «ICI ARTV a augmenté ses parts de marché depuis un an», donne-t-elle comme exemple. Elle se dit à l’aise avec le principe de l’abonnement payant de l’Extra d’ICI Tou.tv, qui irrite au plus haut point des joueurs comme le Groupe TVA. «40 % de nos revenus proviennent encore de la publicité. Mon travail est de m’organiser pour avoir assez d’argent pour donner au public les programmes qu’il aime. Je travaille avec cette vision-là depuis cinq ans.»

Même si elle n’a jamais traversé de controverse majeure, elle reconnaît qu’il «faut avoir de bons nerfs» pour occuper cette fonction, scrutée à la loupe. On lui a notamment reproché la légèreté des Échangistes, et la trop grande présence de «A» (les plus gros noms) à la télé publique. Parmi ses décisions moins appréciées, il y a récemment l’annulation de la série Demain des hommes après une seule saison, malgré une moyenne de 695 000 téléspectateurs l’automne dernier. Dominique Chaloult partira peu de temps après avoir mis fin à plusieurs émissions bien implantées, dont Entrée principale, Marina Orsini, Deuxième chance, Ici Laflaque, et tout dernièrement, Des squelettes dans le placard. Un grand ménage qu’elle associe à un désir d’étonner le public. «Il faut rester dans la mouvance. Le téléspectateur veut du changement, de la diversité, de l’audace. Il faut savoir se renouveler, amener de nouvelles têtes à l’écran. Ça demande du courage, parce que chaque fois qu’on prend de telles décisions, les gens les questionnent», explique-t-elle.

Elle a toujours considéré le mandat de Radio-Canada comme un outil plutôt que comme un boulet, même s’il est constamment remis en question par les détracteurs du diffuseur public, qui déplorent l’insuffisance de produits culturels. Un argument qu’elle réfute. «J’ai eu beaucoup de plaisir à faire l’équilibre entre notre mandat et les émissions plus populaires. Je suis fière de la stratégie culturelle qu’on a mise sur pied. Le problème, c’est que les médias en parlent moins. On a toujours un peu plus de misère à faire parler de nos émissions «mandats».»

Dans une vision plus large, Dominique Chaloult ne s’inquiète pas pour l’avenir de la télévision. «Il faut bien s’adapter aux changements, être toujours à l’affût. Mais je crois que la télévision linéaire ne disparaîtra pas de sitôt. Quand on voit des succès comme District 31 et le Bye Bye, on constate qu’il y a encore des gens qui se regroupent devant la télé.»

Le diffuseur public a déjà mandaté une firme de chasseurs de têtes pour lui trouver un successeur. «Ça permet de découvrir des gens auxquels personne ne pense. C’est une bonne chose de diversifier les forces. Ça permettrait d’avoir quelqu’un qui peut avoir des qualités différentes des miennes, et amener Radio-Canada encore plus loin», croit Dominique Chaloult, qui compte rester en poste jusqu’à ce que soit nommé son successeur. Parions que quelques-uns ont déjà commencé à se voir dans ce siège convoité, mais à haut risque.

RICHARD THERRIEN

Dominique Chaloult quitte Radio-Canada

BLOGUE / Directrice générale de la Télévision de Radio-Canada depuis janvier 2015, Dominique Chaloult quittera le diffuseur public cet automne. Elle invoque le souhait de se consacrer à sa famille et de travailler à titre de consultante, à son propre compte.

Durant son règne, Dominique Chaloult a donné le go à plus de 125 émissions, dont District 31, plus gros succès actuel en fiction, 1res fois, Deuxième chance, Esprit critique et Virtuose. Elle aura aussi permis à ICI Radio-Canada Télé de devenir «la chaîne la plus regardée des francophones en heure de grande écoute partout au pays», de 19h à 23h, une première en 25 ans. En plus d'ICI Télé, elle avait sous sa gouverne ICI Tou.tv, ICI ARTV et ICI Explora.

Dominique Chaloult avait quitté la direction de la programmation de Télé-Québec pour jouer le même rôle à Radio-Canada, là où elle avait déjà dirigé les variétés. Avant, elle a produit de nombreuses émissions à succès telles que La fin du monde est à 7 heures et Le grand blond avec un show sournois, en plus de cofonder La Boîte de prod.

À lire plus tard: une entrevue avec Dominique Chaloult.

Chronique

Ce qu’il reste de Notre-Dame

CHRONIQUE / On espérait tous qu’elle reste debout. Mais en cédant, en direct à la télé, la «flèche» trônant au-dessus de Notre-Dame de Paris a marqué les esprits à jamais. Après ça, tout pouvait arriver. Le 15 avril dernier, les yeux du monde entier se sont tournés vers ce lieu emblématique de la France, qui partait en fumée. Le documentaire «Notre-Dame en flammes», que diffuse Canal D jeudi à 22h, suit d’heure en heure les événements, tels qu’ils ont été vécus par les Français, mais aussi par des Québécois de passage.

Vous n’apprendrez peut-être pas grand-chose si vous avez suivi le dossier de près, mais Notre-Dame en flammes donne une bonne idée de l’ampleur de la tâche pour les pompiers. L’équipe rencontre un couple de Québécois et leur jeune fils, sur place quand la première alarme a sonné, catastrophés par ce qu’ils pensaient d’abord être une alerte à la bombe. À l’intérieur, pourtant, on ne s’inquiétait pas. Le prêtre qui disait la messe a pensé à une fausse alarme, et repris l’Évangile qu’il venait d’interrompre. Vous dire à quel point personne ne flairait le danger; quand l’électricité a coupé, l’organiste est même rentré sereinement chez lui. Une seconde alarme a retenti, menant à l’évacuation immédiate des lieux. Là, c’était sérieux : il y avait bel et bien le feu dans le comble.

Diffusé sur la chaîne française W9 à peine quelques jours après le drame, le documentaire revient aussi sur ces gérants d’estrade, qui ont immédiatement questionné la compétence des pompiers sur les réseaux sociaux, se demandant pourquoi on ne sortait pas les «Canadairs». Trump s’en est mêlé de manière grotesque sur Twitter, ce qui n’a rien d’étonnant. Or, les quantités d’eau larguées par ces avions auraient lourdement endommagé la structure. Les critiques se sont tues assez vite, et le peuple a applaudi au passage des sapeurs pompiers, après l’incendie, dans les rues de Paris. Des scènes touchantes, doublées du témoignage d’une pompière particulièrement fière, à raison. Il faut aussi dire merci à Colossus, le robot, qui a fini par maîtriser les flammes en se rendant là où l’homme n’avait pas accès, et qui a pu éviter le pire.

Le président Macron a promis la reconstruction d’ici cinq ans. La dernière portion escamote une explication des possibles causes de l’incendie, un sujet qui fera certainement l’objet d’un prochain documentaire.

D’autres étranges «Faits divers»

Stéphane Demers jouera un criminel notoire et Brigitte Lafleur, l’épouse d’un adepte d’extra-­terrestres retrouvé mort, dans la troisième saison de Faits divers, qui ne comportera que six épisodes. Après le camping nudiste, Constance (Isabelle Blais) et son équipe devront cette fois enquêter sur une série de meurtres «faisant le pont entre des univers tout aussi saugrenus les uns que les autres : l’ufologie, la sexstorsion, un groupe de musique has been et des masturbateurs de dindons». Ça promet. Éric Robidoux jouera une ancienne vedette pop, frère d’un propriétaire de ferme aviaire, rôle tenu par Steve Laplante. Daniel Brière, Sylvain Massé, Martin-David Peters et Véronique Beaudet apparaîtront aussi au générique de cette série écourtée, signée Joanne Arseneau et prévue pour l’Extra d’ICI Tou.tv la saison prochaine. Avouez que ça vous intrigue.

Laurence Lebœuf dans «Transplant»

Après avoir été interne dans Trauma, Laurence Lebœuf sera l’une des vedettes de la série médicale Transplant, avec l’acteur de Quantico, Hamza Haq, la saison prochaine. La Québécoise y jouera une résidente des urgences, alors que Haq hérite du rôle principal, celui d’un médecin syrien brillant et charismatique. Le Britannique John Hannah, connu pour son rôle dans Quatre mariages et un enterrement, sera le chef de l’urgence. La première saison de 13 épisodes est destinée à CTV, en partenariat avec NBC Universal International Studios et produite à Montréal par Sphère Média Plus (Une autre histoire). VRAK diffusera la version française en même temps que la version originale anglaise. Ayisha Issa, la Brittany Sizzla d’Unité 9, y tient aussi un rôle de médecin.

Chronique

Les tueurs de Sainte-Foy

CHRONIQUE / Vous avez aimé «Les invincibles» et «Série noire»? On annonce «C’est comme ça que je t’aime», du duo Létourneau-Rivard, comme un genre hybride entre les deux séries, combinant les affres de la vie de couple à la criminalité. Une fausse histoire vraie, qui se passe à Sainte-Foy en 1974.

Transportons-nous chez les Delisle et les Paquette, deux familles de banlieue conservatrices, de classe moyenne. «C’était des années où tout était possible, mais où les carcans sociaux étaient encore très forts», souligne l’auteur François Létourneau, lui-même natif de Sainte-Foy. Après avoir reconduit leurs enfants au camp de vacances, les parents décident de devenir les criminels les plus meurtriers de l’histoire de la région de Québec. Une prémisse aussi tordue qu’intrigante, et surtout, l’annonce d’un condensé d’humour noir, à l’image de ce duo de grand talent.

En plus d’écrire, François Létourneau joue un des rôles principaux, Gaétan, dans cette comédie de 10 épisodes, qui sera disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv à l’hiver 2020. Alors que Micheline (Karine Gonthier-Hyndman), épouse de Serge (Patrice Robitaille), est chargée de cours à l’Université Laval, Huguette (Marilyn Castonguay), la femme de Gaétan, enceinte, est femme au foyer, mais insatisfaite de son sort. «C’est son malheur qui sert de bougie d’allumage à l’histoire. Elle se découvre une fibre criminelle qu’elle ne soupçonnait pas», raconte l’auteur. Sophie Desmarais servira de cinquième roue au carrosse dans un rôle plutôt énigmatique.

C’est comme ça que je t’aime est aussi le titre d’un succès de l’été 74, du chanteur Mike Brant, qui s’est suicidé l’année suivante. François Létourneau écrit cette fois seul le scénario, alors que Jean-François Rivard conserve le titre de réalisateur. Nouveau papa, celui-ci a préféré se consacrer à sa fille plutôt que de mettre tout son temps à l’écriture d’une série. On retrouvera néanmoins le style qui a tant fait plaisir aux fans dans leurs deux premières œuvres.

L’année 1974, c’est aussi la Superfrancofête, le p’tit Simard (qu’on verra de dos), les grands travaux de la Baie James, la loi 22 sur la langue officielle, et Robert Bourassa, premier ministre de l’époque, dont Gaétan est un des lointains conseillers, un poste qui ne le satisfait guère. Jean-François Rivard insiste : C’est comme ça que je t’aime n’est pas une fresque historique qui déborde de détails sur les années 70. Bien sûr, on le verra dans les coiffures et les habits, et il se peut que vous aperceviez un sac de Steinberg, mais c’est d’abord et avant tout une série sur la difficulté d’être en couple.

Hélas, comme plusieurs séries situées dans la région de Québec — c’est le cas de La maison bleue notamment —, la majorité du tournage aura lieu en périphérie de Montréal, notamment à Boucherville, qui se compare à Sainte-Foy selon le réalisateur. On passera néanmoins au maximum trois jours dans la capitale. La pyramide ayant été construite en 1974, le réalisateur pourrait y tourner au moins une scène.

À quelques semaines du tournage, François Létourneau arbore déjà la moustache. L’idée de la série lui est venue en allant mener son propre fils au camp de vacances. Pour la première fois, son couple se retrouvait seul sans enfant. La scène lui a rappelé sa propre enfance, alors que ses parents avaient annoncé leur séparation à son retour de camp de vacances, un événement qui a bien sûr marqué l’enfant qu’il était. Là s’arrêtent les liens avec la réalité, puisque les parents de François n’ont jamais tué personne, on s’en doute bien.

Avec cette série, François Létourneau souhaitait donner plus d’importance aux personnages féminins. En tournant Série noire, il s’était senti mal en remarquant qu’Édith Cochrane se limitait souvent à poser la question : «Mais qu’est-ce qui se passe?» Son personnage jouait les faire-valoir plus qu’autre chose, ce qu’il voulait éviter cette fois, de là l’importance majeure des trois rôles de femmes.

La série nous permettra aussi de revoir René Richard Cyr dans le rôle d’un caïd de petite envergure et Chantal Fontaine, dans celui de son épouse, chargée de la comptabilité. François Létourneau et Patrice Robitaille retrouvent également leurs compères des Invincibles, Rémi-Pierre Paquin et Patrick Drolet, ce dernier dans le rôle du curé. Gaston Lepage, Jean-François Provençal et Mani Soleymanlou font aussi partie de la distribution.

Du monde à messe

La première de la saison de Y’a du monde à messe a rallié 168 000 téléspectateurs, vendredi à Télé-Québec. Comme vous avez été plusieurs à me le demander, l’émission à laquelle a participé Lucien Bouchard sera diffusée le vendredi 28 juin à 21h. Elle réunit également Pénélope McQuade, Marie-Ève Dicaire, Luc Vincent et Émile Bilodeau.

Richard Therrien

«Tchernobyl», série hautement radioactive

CHRONIQUE / Il y a de cette télé tout aussi utile que déstabilisante. Vous risquez de sortir ébranlé de la minisérie «Tchernobyl», version française de «Chernobyl», qui fait jaser partout sur le globe, sauf peut-être en Corée du Nord. Un produit HBO de grande qualité, déjà vu par plusieurs critiques comme la meilleure série de 2019. Chez nous, l’œuvre a démarré jeudi à 22h à Super Écran, et se poursuivra jusqu’au 4 juillet. La série est aussi disponible sur Super Écran sur demande et Super Écran Go, pour une période d’un an.

Oui, la série de cinq épisodes est techniquement impressionnante et sa reconstitution de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire glace le sang. Mais Tchernobyl est d’abord et avant tout une série sur l’aveuglement volontaire et la rapidité des gens d’autorité à vouloir sauver leurs fesses avant tout le reste. Chaque personne qui lève la main pour insinuer que le cœur de la centrale a explosé doit se taire la seconde suivante. Tel l’insubmersible Titanic, le cœur d’une centrale ne peut pas exploser. C’est impossible.

C’était le 26 avril 1986, et nous étions encore dans l’ancienne Union soviétique, un aspect très important de la série. Dès les premières minutes, vous sentirez cet étouffement, ce silence qu’on impose à tout le monde. Même lorsqu’un incendie se déclare à la centrale nucléaire de Pripiat en République socialiste soviétique d’Ukraine, et que les employés sonnent l’alarme, on les sent hésitants. Le chef en place minimise la situation, affirme que ça aurait pu être plus grave, et somme ses hommes de risquer leur peau en se rendant plus près de l’explosion.

Le Britannique Jared Harris, que je connaissais de la série Mad Men, porte une partie de la série sur ses épaules dans le rôle du professeur Legasov, qui ose interrompre une réunion au sommet et soulever l’importance de la catastrophe. On le sent transi par ce silence qu’on impose à tous, y compris les éminents scientifiques. Il tremble lorsque vient le temps de sensibiliser Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste, à l’urgence de la situation. Et pourtant, ça presse.

Emily Watson, qui arrive au second épisode, joue quant à elle une scientifique plus autoritaire, fictive bien qu’inspirée de la réalité, qui détecte très rapidement la gravité de l’explosion et l’imminence d’une seconde catastrophe encore plus grave. Alors qu’on avait déjà perdu de précieuses minutes et heures, il fallait du courage et de la détermination pour nager à contre-courant et convaincre des gens qui vous croient folle. Mais c’est l’avenir de toute l’Europe qui en dépendait. Le régime en place ne devrait plus compter, mais les vies humaines.

Tchernobyl est un concentré de ce qui peut se passer quand on ne prend pas les scientifiques au sérieux et qu’on veut les faire taire. Encore de nos jours, il arrive que nos décideurs choisissent de couper les vivres aux scientifiques, disent que ce qu’ils racontent n’existe pas. Chaque fois, on devrait s’en inquiéter.

Chronique

«Y’a du monde à messe»: pas de sermon mais plus de confessions

CHRONIQUE / Pour une troisième saison, Christian Bégin ramène sa messe du vendredi soir et sa chorale gospel dès cette semaine. Dieu le père à Télé-Québec, c’est-à-dire Denis Dubois, lui a demandé de rester en ondes jusqu’à Noël dans la case de «Deux hommes en or». Une saison de 27 émissions de «Y’a du monde à messe», au cours de laquelle sont conviés des noms comme Véronique Cloutier, Benoît Dutrizac, Guylaine Tanguay, Monique Jérôme-Forget, Guy Jodoin et de la visite rare, Lucien Bouchard.

La productrice Marie-France Bazzo a dû se montrer convaincante auprès de l’ancien premier ministre, qui ne va pratiquement jamais sur ce type de plateau. M. Bouchard n’avait mis qu’une condition à passer au confessionnal de Christian Bégin : qu’on lui joue le début de la Toccata et fugue en ré mineur de Bach à l’orgue de cette ancienne église, vœu qui a été exaucé.

J’ai eu le privilège d’assister à l’enregistrement de deux émissions, au Théâtre Paradoxe à Montréal, une ancienne église où il règne une ambiance du tonnerre. La première était celle de Lucien Bouchard, qui partageait l’écran avec Pénélope McQuade, Émile Bilodeau, la boxeuse Marie-Ève Dicaire et le coiffeur Luc Vincent, qu’on verra plus tard cet été. En coulisses, on sentait l’équipe nerveuse avant l’enregistrement, l’ancien premier ministre semblant un peu impatient. «Il arrivait de reculons et n’était pas convaincu, mais il est parti très content de sa soirée. On a eu accès à un Lucien Bouchard souriant, qui avait une capacité d’autodérision qu’on lui connaît peu», me raconte un Christian Bégin soulagé. «Je ne partage pas l’ensemble de ses choix post-politiques, mais en même temps, j’ai un respect et une admiration incroyables pour lui, parce qu’il a participé à un mouvement historique au Québec. C’est une rencontre que j’appréhendais, j’avais des a priori, mais j’ai pu me laisser surprendre.»

Surprendre, c’est une des missions que se donne chaque vendredi Christian Bégin, dans un concept qu’il s’est très rapidement approprié, avec le succès que l’on sait. «Curieux Bégin tourne beaucoup autour de moi, même si je reçois des invités. Là, je suis une courroie de transmission pour susciter une conversation.» L’animateur assume d’ailleurs complètement la longueur de ses questions à deux volets, qui lui est parfois reprochée. «Ça fait partie de moi, de ma signature», plaide-t-il.

Homme de conviction, il trouve essentiel de recevoir aussi des gens qui ont des valeurs et des opinions diamétralement opposées aux siennes, comme c’est le cas avec Éric Duhaime cette saison. «Un de nos gros problèmes, c’est le clivage et la rupture de dialogue entre des gens qui ne pensent pas pareil. On se regroupe de plus en plus autour de gens qui pensent comme nous, qui nous confortent, mais la solution pour un vrai vivre-ensemble, c’est d’être capable d’entamer un dialogue avec quelqu’un qui ne pense pas comme nous. S’il y en a un qui est l’incarnation de ça, pour moi, c’est bien Éric Duhaime.» Et l’échange a bel et bien eu lieu, confie Christian Bégin. «Ça ne veut pas dire que je vais aller prendre une bière avec lui demain, mais ça ouvre la possibilité à un dialogue, qu’on a collectivement le devoir de provoquer.»

À un moment où on reproche souvent aux talk-shows d’inviter toujours les mêmes vedettes, Y’a du monde à messe s’efforce de faire connaître de nouvelles têtes et de les intégrer aux conversations, au même titre que les noms connus. Ça donne entre autres un très bel échange avec Luc Vincent, qui coiffe les femmes itinérantes, et qui a alimenté la discussion. «C’est fantastique de mettre en lumière des gens dont l’action est presque anonyme mais qui contribuent à la société. Les gens ont envie de rencontrer du nouveau monde, ils nous le disent beaucoup.»

À sa première saison en 2017, l’émission retenait 226 000 fidèles le vendredi soir. L’an dernier, ils étaient 207 000, encore de très bons chiffres pour Télé-Québec en plein été. Vous pouvez déjà spéculer sur le lien qui unit les premiers invités de vendredi à 21h : Boucar Diouf, Valérie Plante, Arnaud Soly, Christophe Savary et Ines Talbi. Christian Bégin est ravi que sa saison soit prolongée jusqu’en décembre. «C’est comme au théâtre : plus tu joues une pièce, meilleur t’es. J’apprends tous les jours sur ce plateau», m’a confié le comédien, qui travaille toujours sans cartons, préférant mémoriser ses questions. Lui qui tournait hier les 11e et 12e émissions de la saison en sort généralement enchanté, même s’il admet que l’entrevue avec François Bugingo la première année a été «un rendez-vous manqué». Tout le contraire cette fois pour l’émission avec Lucien Bouchard, une des meilleures que j’ai vues, qui donne lieu à un débat fort intéressant sur le gouffre générationnel et l’intérêt des jeunes pour la politique.

Sachez que l’émission a désormais son vin, le YAMM (pour «Y’a du monde à messe»), déjà sur les tablettes, en merlot et chardonnay (IGP Pays d’Oc), et dont les profits sont remis au Groupe Paradoxe. Comme quoi quand Christian Bégin est là, le vino n’est jamais bien loin.

Télé et radio

«Les Chefs!»: la victoire à Alex

CHRONIQUE / Alex Bouchard a commencé à prendre des cours de cuisine à la deuxième saison des «Chefs!» en 2011, l’année de Guillaume St-Pierre. Il avait 17 ans quand l’émission est née sur ICI Radio-Canada Télé. Lundi soir, il a réalisé un rêve d’adolescent en remportant la finale de cette compétition de cuisine. Une autre formidable démonstration de haute voltige culinaire.

C’est donc le sixième aspirant-chef de la région de Québec à remporter la finale. «À Québec, on aime bien manger. On a vraiment une passion pour la gastronomie», m’a confié le champion après la diffusion de l’émission, libéré du lourd secret de sa victoire, qu’il a dû garder durant plusieurs mois. «C’est ce qui a été le plus dur là-dedans, j’en ai rêvé après le tournage.»

Les finalistes avaient carte blanche pour préparer en cinq heures un menu qui reflétait leur personnalité et composé d’une entrée froide, d’une entrée chaude, d’un plat principal et d’un dessert. Alex Bouchard l’a emporté avec des œufs mollets et un consommé de bœuf en entrée, ainsi qu’une pintade demi-deuil comme plat principal. Déjà, avant de rendre son verdict, Jean-Luc Boulay a qualifié le carpaccio d’ananas d’Alex d’«un des plus beaux desserts qu’on aura vus aux Chefs!». 

D’une belle assurance, Alex a une fois de plus montré ses qualités de chef, utilisant entre autres un séchoir pour donner à son chocolat la bonne texture. «C’est plus précis que le bain-marie et une pratique assez courante en pâtisserie», m’a-t-il expliqué.

Pour la première fois de l’histoire des Chefs!, la finale opposait quatre candidats. Et alors qu’un d’entre eux devait être éliminé après les entrées froides et chaudes, les juges ont été incapables de trancher et ont choisi de garder les quatre jusqu’au dessert. «Je pense que je n’aurais pas dormi de la nuit. De renvoyer quelqu’un, ça m’aurait fait mal», a expliqué Jean-Luc Boulay. On avait rarement vu les juges aussi élogieux et unanimes dans leurs commentaires.

La deuxième place est allée à la seule femme finaliste, Brenda Poirier, 26 ans, de Saint-Prime au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui espérait succéder à Ann-Rika Martin, de l’édition 2017, comme deuxième fille gagnante. Jean-Luc Boulay l’a qualifiée de «courageuse» lorsqu’elle a complété son dessert, malgré des coquilles de chocolat blanc qui n’ont pas tenu, une fois démoulées.

Le stress plus intense qu’à l’habitude de Mark Heinz Gutenkunst l’a desservi, mais sa mousse d’oursin a conquis Normand Laprise. L’aspirant-chef de 30 ans, de Montréal, a fini troisième. Bon dernier, Jules Bruneau-Frenette, 26 ans, de Montréal, a été le plus brouillon du quatuor, oubliant la crème sûre dans deux assiettes pour accompagner son boudin noir, puis laissant traîner ses casseroles par terre devant son poste de travail. N’empêche, on peut qualifier de combattant ce concurrent qui a survécu à trois duels.

À 26 ans, Alex Bouchard ne se voit pas ouvrir son propre restaurant à court terme, et préfère se perfectionner au restaurant Initiale, où il travaille comme saucier-­rôtisseur. Il repart des Chefs! avec des prix d’une valeur totale de 30 000 $, dont un voyage en Grèce. «Avoir gagné la finale reste le plus beau prix», dit-il toutefois.

Cette neuvième saison des Chefs!, menée avec beaucoup de rythme par Élyse Marquis et Daniel Vézina, aura été palpitante du premier au dernier épisode. La présence de chefs juniors et le retour de participants connus, en plus de la formidable unité dans la brigade, auront entre autres marqué cette édition. C’est impératif : on veut une 10e saison.

RICHARD THERRIEN

Le Gala Québec Cinéma en baisse d'auditoire

BLOGUE / La 21e édition du Gala Québec Cinéma a retenu 600 000 téléspectateurs dimanche soir sur ICI Radio-Canada Télé. C'est moins que l'année dernière, alors que la soirée en avait attiré 720 000.

Le tapis rouge, coanimé par Herby Moreau et Claudine Prévost, a aussi connu une baisse d'auditoire, retenant 501 000 curieux, comparativement à 542 000 en 2018.

Pendant ce temps à TVA, le Téléthon Opération Enfant Soleil a été le choix de 530 000 téléspectateurs en soirée.

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Télé et radio

Gala Québec Cinéma: quand on parle plus des rideaux...

CHRONIQUE / Franchement, on risque d'oublier très vite ce 21e Gala Québec Cinéma. À l'inverse du film gagnant, «1991», que j'ai vu deux fois, je me suis beaucoup ennuyé devant mon écran dimanche soir. Quand on parle plus des rideaux hideux que des films en nomination. Je cherche encore le glamour, le prestige, la magie.

Et pourtant, Guylaine Tremblay et Édith Cochrane avaient réussi ces deux dernières années à redonner du lustre à cette soirée souvent froide et sans âme. Ça a bien mal commencé : à peu près tout du numéro d'ouverture était raté, de l'idée des animatrices en artistes de cirque à la fausse comédie musicale, jusqu'aux gags douteux qui ont suivi. Au troisième gala avec le duo Cochrane-Tremblay, les auteurs se sont peut-être dits qu'on était mûr pour y aller de blagues plus corsées, mais ça n'a cultivé que des malaises, de la salle à notre salon. «On a engagé Mario Pelchat pour nous conseiller», a blagué Édith. Vous auriez peut-être dû.

Québec cinéma ne gagnera pas de prix pour le décor et ses draperies dignes d'Au bon marché en 1982. Éclairés de couleurs affreuses, les rideaux au centre de la scène ressemblaient à d'immenses couches Pampers. Et que dire des fonds colorés derrière les animatrices? Ça manquait de panache et d'envergure. Éblouissez-nous, on est dans un gala de cinéma. 

À LRE AUSSI: La soirée de «1991» de Ricardo Trogi

Il y a bien eu quelques moments pour nous sortir de notre léthargie. Le duo d'animatrices s'est repris plus tard dans un numéro sur l'invraisemblance de notre cinéma, enfin plus drôle. Survoltée, Sandrine Bisson jubilait en recevant l'Iris du rôle de soutien pour sa Claudette de 1991. L'actrice veut travailler «jusqu'à temps que j'aie l'âge de Béatrice Picard!» a-t-elle dit, avant de lancer un grand cri de joie. Le numéro d'Anne-Élisabeth Bossé et Monia Chokri, incapables de ne pas parler du Festival de Cannes, était amusant. Dommage qu'on ne les ait pas accueillies par des applaudissements plus nourris, un prix à Cannes, c'est pas rien. Guylaine Tremblay est venue aux larmes en rendant hommage à Jean-Claude Labrecque, alors qu'Édith Cochrane venait de rappeler le souvenir de Jean Beaudin.

Très heureux pour Martin Dubreuil, récompensé pour À tous ceux qui ne me lisent pas, un acteur toujours vrai, qui a qualifié son trophée de «jarret du futur». Debbie Lynch-White, notre Bolduc nationale, a commencé par dire merci à sa blonde Marina Gallant. «Merci d'avoir enduré mon violon qui sonnait la marde!» a lancé l'actrice généreuse.

Le gala de dimanche a pu au moins mettre en relief l'oeuvre des nations autochtones. Émouvant de voir Josée Rock, du documentaire Innu Nikamu: chanter la résistance, remercier le milieu du cinéma de s'être intéressé à son univers, à sa nation. L'artiste abénaquise Alanis Obomsawin a été accueillie par une ovation.

«Y'a des gens devant le télésouffleur!» a lancé une Édith semblant excédée, à un retour de pause. J'aurais justement aimé que les artistes sur scène en sortent de ce télésouffleur. Plusieurs interventions manquaient de spontanéité. C'était très lu. L'idée d'associer les films d'aujourd'hui à des classiques n'a pas convaincu et donnait des numéros fades et statiques.

L'éternel problème du Gala Québec Cinéma, c'est que le public n'a pas vu la majorité des films en nomination. Difficile de créer un véritable suspense, une magie qui dépasse la salle et traverse nos écrans. Restent ceux qui regardent la soirée pour mieux connaître notre cinéma actuel. Ce n'est certainement pas avec le spectacle de dimanche qu'on les poussera vers les salles de cinéma.

Outre Louis-José Houde, qui fait figure d'exception à l'ADISQ, il semble qu'un animateur est meilleur à son premier gala qu'à ses suivants. C'est le cas de Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, irrésistible duo il y a deux ans, hélas beaucoup moins bon dimanche.

Richard Therrien

Inutile de mentir, ça se saura

CHRONIQUE / La question : valait-il le coup de donner une suite à Petits secrets, grands mensonges, version française de Big Little Lies? Nous étions plusieurs à ne pas en être convaincus. Après avoir été récompensé pour la première saison, Jean-Marc Vallée n’a pas voulu réaliser la deuxième, avant de finalement se voir confier une partie du montage final. Si ce n’est déjà fait, empressez-vous d’aller voir la première saison avant d’entreprendre la lecture de cette chronique.

J’anticipais donc avec un brin de scepticisme cette suite de l’histoire, qui commencera le dimanche 9 juin à 21h, sur HBO. Comme pour Le trône de fer, les téléspectateurs francophones n’auront pas à attendre des mois puisque Super Écran présente la version sous-titrée simultanément à 21h, puis la version doublée le lendemain à 22h. Une initiative que devraient imiter les autres chaînes, et ça presse.

Ces secrets malsains continuent donc de gangrener les relations entre tout ce beau monde de Monterey. Et tout un : celui de dissimuler le meurtre du violeur et batteur de femme Perry Wright, le mari de Celeste, qui fermait la première saison. Arrive dans le décor la mère du défunt, Mary Louise, jouée par l’exceptionnelle Meryl Streep. Ça commence à faire pas mal d’actrices numéro un au pied carré dans cette série primée aux Golden Globe et aux Emmy. On ne s’en plaindra pas.

Vous détesterez d’emblée Mary Louise, qui ne croit pas que son fils puisse être aussi odieux qu’on le décrit. Quand on a vu Celeste (stupéfiante Nicole Kidman) se faire violenter et manipuler aussi sournoisement dans la première saison, on ne peut d’aucune façon concéder un pouce de pardon à Perry, père aussi aimant soit-il avec ses jumeaux. Oh que non.

Par contre, on ne peut nier la force de ce nouveau personnage de mère lionne, qui a beaucoup d’esprit, et ébranle passablement l’amitié inconditionnelle de ces quatre femmes. Remplis de malaises, ses échanges avec Madeline (Reese Witherspoon) valent à eux seuls leur détour, et mettent un peu d’humour autour du propos lourd de l’histoire. Celeste n’a jamais été aussi fragile, trouve encore le moyen de magnifier l’image paternelle de son défunt mari, et se sent coupable de sa disparition. De là sa tolérance un peu excessive à la présence de belle-maman. On ne sort pas comme ça du syndrome de la femme battue, et plusieurs visites chez la psy ne seront pas de trop. Sa décision de déménager, planifiée avant la mort de son mari, alimentera certainement les soupçons de Mary Louise.

Mais ce secret majeur n’est pas le seul de cette deuxième série. Rappelons que Perry avait violé Jane (Shailene Woodley), et qu’un enfant est né de cette triste nuit, une donnée qu’ignore toujours le jeune Ziggy (Iain Armitage, la vedette de Young Sheldon). Comment parler aux enfants sans les traumatiser? Et comment entreprendre une nouvelle histoire d’amour quand on a été violée? Voilà de grandes questions abordées avec intelligence dans ce début de saison. Le passé infidèle de Madeline pourrait aussi refaire surface et plomber son ménage, déjà ébranlé par la rébellion d’Abigail, fille de sa précédente union avec Nathan. Renata (Laura Dern) est plus caractérielle que jamais. Et vous la comprendrez quand vous saurez ce qui se trame dans sa somptueuse demeure de bord de mer.

Après trois épisodes, encore trop tôt pour dire avec certitude que cette suite était nécessaire. Ce qui est sûr, c’est qu’on assiste encore une fois à de grandes performances d’actrices. Et on retrouve l’ambiance de la première saison, mélange de suspicion et de non-dits, ajoutée aux prises de vue toujours aussi spectaculaires. La musique, si chère à Jean-Marc Vallée et si présente dans toute son œuvre, l’est un peu moins cette fois. En parallèle, on continue par bribes à nous envoyer des flashbacks et des bouts d’interrogatoires, de quoi nourrir notre désir d’en savoir plus.

Bien curieux de savoir comment les femmes de Monterey s’en sortiront au bout de ces sept nouveaux épisodes. Parce que tout finit toujours par se savoir, même les pires vérités. Et ça risque de faire mal.

Richard Therrien

C’est la fin des «Squelettes dans le placard»

CHRONIQUE / Après 14 saisons à l’antenne, «Des squelettes dans le placard» tirera sa révérence à la fin de l’été, me souffle-t-on à l’oreille. En ondes 20 semaines par année, le jeu de Patrice L’Ecuyer attire encore en moyenne 451 000 fidèles, en semaine à 19h sur ICI Radio-Canada Télé.

La direction a pris cette décision avec la «volonté de renouveler la grille après 14 ans», me dit-on aux communications. Rares sont les jeux à avoir tenu l’antenne aussi longtemps. Michel Chamberland, qui coproduisait l’émission avec Christiane Rivard, n’est pas peu fier de cette longévité; après avoir produit 2194 émissions de L’union fait la force, aussi animée par L’Ecuyer, Des squelettes dans le placard s’arrêtera au bout de la 1094e émission, ce qui équivaut à 3282 véritables squelettes!

M. Chamberland, qui produit l’émission depuis ses débuts, n’est pas amer de cette décision. «C’est tout à fait légitime de laisser la place à d’autres», dit-il, heureux que l’émission quitte en récoltant encore de si bons auditoires. Chose certaine, ce n’est pas parce qu’on est arrivé au bout des squelettes dans les placards des vedettes qu’on met fin à l’émission. «Au contraire, nous avions de plus en plus de facilité à convaincre nos invités. Au début, ils racontaient surtout des squelettes de jeunesse, mais plus les années passaient, plus ils en racontaient des très récents», raconte le producteur, qui insistait pour que la production reçoive chaque saison 15 à 20 % de nouvelles têtes. À l’inverse, certains invités n’ont pas manqué une seule saison.

Dérivée des Détecteurs de mensonges, Des squelettes dans le placard est arrivée à l’été 2006, en même temps que La petite séduction de Dany Turcotte, qu’on a débranchée il y a deux ans. Radio-Canada voulait alors prolonger L’union fait la force durant tout l’été, mais les producteurs craignaient qu’on brûle le concept. C’est là que Jean-Claude Lespérance a initié les Squelettes et confié le concept à Yves Taschereau, le père des Détecteurs de mensonges. À partir de quatre squelettes, dont un squelette fantôme, le public en studio devait associer chaque secret embarrassant à une vedette invitée. Sylvie Léonard, Christian Bégin et Didier Lucien avaient inauguré le jeu, pas évident à comprendre au départ.

La fin de cette aventure signe aussi le temps de la retraite pour Michel Chamberland, après plus de 40 ans de carrière dans les médias, dont sept comme vice-président programmation à TVA, années durant lesquelles il a notamment lancé Salut bonjour. Après quoi il a inauguré le Canal Évasion puis fondé sa boîte de production, Télé-Génik. Auparavant, M. Chamberland a œuvré à Télémédia et aux variétés de Radio-Canada, entre autres. À 69 ans, il souhaite maintenant s’accorder du bon temps avec le sentiment du devoir accompli. L’homme de télé a de bons gènes : son père a l’âge vénérable de 98 ans.

Le tournage des Squelettes a pris fin pour de bon mardi dernier. La dernière sera diffusée le 5 septembre. La direction de Radio-Canada a testé une nouvelle formule de jeu en semaine à 17h30 avec Pierre-Yves Lord, Mémorable!, qui se termine vendredi, mais qui est passée plutôt inaperçue. Patrice L’Ecuyer reprend quant à lui l’animation de Silence, on joue! dès septembre.

Mégantic par Philippe Falardeau

Philippe Falardeau prépare une série documentaire sur les origines de la tragédie de Lac-Mégantic, à partir de l’essai intitulé Mégantic. Une tragédie annoncée, signé Anne-Marie Saint-Cerny.

Trio Orange produira l’adaptation télévisuelle de ce livre construit comme un polar, et se déclinant en trois parties — avant, pendant et après.

Aucun diffuseur n’est encore annoncé. «Mégantic était une catastrophe prévisible et annoncée. Pire, elle va se reproduire. Il faut refuser de se faire dire qu’il s’agissait d’un accident causé par des erreurs individuelles», a confié le réalisateur de Monsieur Lazhar par voie de communiqué.

Télé et radio

Équipe renouvelée au «Bye Bye»

CHRONIQUE / Anne Dorval, Véronique Claveau et Pierre Brassard ne seront pas de retour au sein de l’équipe du «Bye Bye». À leur place, Guylaine Tremblay, Mehdi Bousaidan, Anne-Élisabeth Bossé et Julie Le Breton prendront part à la revue humoristique de l’année, aux côtés de Claude Legault et Patrice L’Écuyer, tous deux de retour le 31 décembre 2019, sur ICI Radio-Canada Télé.

Malgré trois participations très remarquées, Anne Dorval a elle-même choisi de laisser sa place à quelqu’un d’autre. Elle avait choisi de revenir l’an dernier, malgré le désistement de son comparse Marc Labrèche. Dans le cas de Pierre Brassard et de Véronique Claveau, ce n’est pas leur choix. «Tout le monde est resté en bons termes, il n’y a eu aucun déchirement», affirme le producteur Guillaume Lespérance, dont le contrat a été renouvelé pour une quatrième année avec le comédien et réalisateur Simon Olivier Fecteau. «Je me suis dit que si on restait, il fallait brasser les cartes et ouvrir sur une nouvelle génération. Mehdi a 27 ans, Julie est au début de la quarantaine, Anne-Élisabeth, de la trentaine. Guylaine est une grande comédienne et est excessivement drôle. J’ai l’impression de proposer un casting très excitant.»

Guillaume Lespérance a lui-même songé à quitter l’aventure. «Radio-Canada a insisté pour qu’on revienne. Quand une émission est au sommet en terme de popularité, tu te poses la question : est-ce que c’est le moment de quitter?» demande-t-il. Le Bye Bye 2018 a en effet été l’émission la plus regardée de tous les temps à la télé québécoise, avec un auditoire de 4 410 000 téléspectateurs pour sa seule diffusion du 31 décembre. La petite vie détenait le record depuis plus de 20 ans, avec 4 098 000.

Plus libre depuis la fin d’Unité 9, Guylaine Tremblay n’en est pas à son premier Bye Bye, puisqu’elle avait participé à celui de 1992. Un Bye Bye à oublier, avec une toute nouvelle équipe, qui s’était soldé par un échec cuisant. Elle pourra se reprendre avec une équipe plus solide en décembre prochain. Déception pour Véronique Claveau, qui de l’avis de plusieurs, méritait une plus grande place dans le Bye Bye ces dernières années. Celle qui imite avec talent Céline Dion, Sonia Benezra et Marina Orsini avait quitté le spectacle Revue et corrigée au Théâtre du Rideau-Vert pour se joindre à l’équipe du Bye Bye en 2014. Denise Filiatrault lui en a voulu, parce qu’elle venait de signer un contrat. Quant à Pierre Brassard, il perd du même coup le Bye Bye et Ici Laflaque, à laquelle il participait régulièrement et qui a été retirée de l’horaire.

Il n’est pas dit que Brassard et Claveau n’auront pas une petite apparition, puisque la production souhaite reproduire la participation de caméos, comme pour le Bye Bye du 50e anniversaire. Guillaume Lespérance souligne la parité au sein de l’équipe de comédiens, et la diversité apportée par Mehdi Bousaidan, en y apportant une nuance. «On approche des gens de grand talent, qui représentent bien leur génération et qui ont un timing comique. Mehdi est là avant tout parce que c’est un gars de grand talent.»

Guylaine, Mehdi, Anne-Élisabeth et Julie ne sont pas reconnus pour leurs talents d’imitateurs, ce qui n’inquiète pas le producteur. «Anne n’était pas reconnue pour ses imitations, Claude non plus, et ils ont été très appréciés. De bons comédiens qui ont envie de faire ça et qui ont du talent vont être capables. Jusqu’à maintenant, on a eu la main heureuse.»

RICHARD THERRIEN

Une deuxième «Fureur» spéciale en janvier 2020

BLOGUE / Après le rendez-vous réussi de janvier dernier, «La fureur» sera de retour pour un soir seulement, le samedi 4 janvier 2020 sur ICI Radio-Canada Télé. Véronique Cloutier en a elle-même fait l'annonce ce matin sur les réseaux sociaux. Les gars pourront alors prendre leur revanche.

Encore une fois, l'émission de 90 minutes sera présenté en direct du studio 42. Ce sera probablement une des dernières émissions à y être présentées puisque le personnel du diffuseur public déménage dans son nouvel édifice dès le début de l'année 2020.

Le 5 janvier dernier, la spéciale 20e anniversaire de La fureur a rallié 1 899 000 téléspectateurs et réuni en studio un public complètement euphorique. À cette occasion, on avait ramené des joueurs habitués de La fureur, en plus de convier toute une nouvelle génération de joueurs. Ce soir-là, les filles l'ont emporté 18 à 15.

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RICHARD THERRIEN

Jocelyne Blouin, une «maman météo»

BLOGUE / «Jocelyne, c'est Jocelyne.» C'est en ces mots que Bernard Derome me parlait de la météorologue la plus connue au Québec, quand j'ai annoncé sa retraite en 2011 dans «Le Soleil». Jocelyne Blouin, qui a livré la météo à Radio-Canada durant 33 ans, a succombé à un cancer lundi. Elle avait 68 ans.

On n'avait qu'à évoquer son prénom et tout le monde savait de qui on parlait. Jour après jour, on se fiait à ses prévisions, elle faisait partie de nos vies. Jocelyne ne pouvait pas se tromper.

Météorologue de formation, Jocelyne Blouin avait quitté graduellement Environnement Canada pour faire sa première apparition au Téléjournal en 1978. Depuis sa disparition des ondes, elle n'était pas restée chez elle à ne rien faire. Elle a entre autres développé Blisly, une application destinée aux «météo-sensibles», affectés par les caprices de la température.

Ce qu'on sait moins d'elle, c'est qu'elle a été pour un bon nombre de présentatrices météo (et quelques présentateurs aussi) une véritable «maman météo», un mentor attentionné. «Elle m'a tout montré, elle me recevait chez elle pour m'enseigner. Elle donnait de son temps pour que les bulletins soient de qualité», se souvenait Véronique Mayrand, l'actuelle présentatrice météo de Gravel le matin, sur ICI Première à Montréal.

Et dire qu'en 2005, quelqu'un à Radio-Canada a eu l'idée saugrenue de la remplacer par un tableau au Téléjournal. Ça n'a pas duré une semaine, et Jocelyne était de retour, à la demande générale. «J’ai été très émue par la réaction des gens, je ne pensais pas qu'ils étaient si attachés à moi», m'avait-elle confié, quelques années plus tard.

Attachés, nous l'étions. Et tristes aujourd'hui de la voir partir sous d'autres cieux sûrement plus cléments.

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Télé et radio

La poutine de chez Austin

CHRONIQUE / Nous sommes au bureau ovale du président de la République du Québec. Élu en 2016, Jacques Hamelin réprimande sa fille Gabrielle, qui a osé présenter une dissertation au cégep sur les bienfaits du fédéralisme, saluée par son professeur, reprise depuis partout dans les médias, et tout ça, avec l’assentiment de la première dame. Un scandale de plus à étouffer pour le président Hamelin, qui en a déjà plein les bras avec les propositions farfelues de son homologue américain.

«Dans n’importe quel show politique, aussi sérieux soit-il, c’est une accumulation de problèmes un par-dessus l’autre», me dit l’auteur et réalisateur Ricardo Trogi, sur le plateau de tournage de La maison bleue, dans le sud-ouest de Montréal. Annoncée récemment, cette comédie destinée à l’Extra d’ICI Tou.tv imaginera ce qu’aurait été le Québec si le Oui l’avait emporté en 1995. À l’extérieur du bureau ovale, réplique réduite de celui de la Maison-Blanche, sont affichés des portraits des anciens chefs souverainistes (Landry, Bouchard, Lévesque, etc.) et de... Mario Tremblay. On ne sait toujours pas qui apparaîtra sur les dollars québécois. Au fait, Jacques Hamelin ne perd pas l’habitude de manger sa poutine, non pas chez Ashton, mais bien chez Austin.

La maison bleue pose essentiellement la question suivante : «A-t-on les moyens de nos ambitions?» Parce que, même 25 ans après son indépendance, le Québec ne parvient pas à se sortir du débat identitaire. Ricardo Trogi, en nomination au Gala Québec Cinéma dimanche soir prochain pour son film 1991, s’étonne que personne n’ait eu l’idée de faire une série sur ce sujet. Y’a-t-il un risque qu’on accuse la série de mépris envers le projet souverainiste? «C’est de la comédie, je ne peux pas y aller à moitié. On a fait attention pour que le Québec et le Canada soient couillons ou stupides égaux dans leurs façons de gérer leur propre pays. Il y a un souci d’équilibre, aussi en terme de diversité», affirme Trogi, qui s’attend à recevoir plus de réactions que pour ses œuvres précédentes. Après tout, la politique est une religion. «Mais je ne virerai pas fou non plus avec ça.»

Guy Nadon, qui incarne ce président rempli de bonne volonté, a le privilège et le luxe de cumuler en parallèle les rôles dramatiques et comiques depuis plusieurs années. «La vie d’un acteur est fantasmique. Je passe ma vie à me réaliser à travers quelqu’un d’autre que moi-même», confie le comédien avec un brin d’excitation. «Même O’ pouvait me permettre de juxtaposer le ridicule au drame des êtres humains. J’ai souvent vu ça dans ma propre vie, que ce soit dans les salons mortuaires ou les mariages.» Et si on avait dit Oui en 1995? «On aurait plus d’ambassadeurs, plus de compétences qui nous seraient utiles. C’est pour ça que les gens font des pays, pour devenir plus compétents», croit Guy Nadon, qui portait une écharpe au bras sur le plateau. La cause : une bataille du président avec son voisin fédéraliste, venu s’installer juste à côté juste pour lui rendre la vie impossible.

Aucun politicien ne retrouvera sa parodie dans La maison bleue, pas plus François Legault que Manon Massé. Le président américain ne s’appelle ni Flump, ni Crump, il s’appelle plutôt Lester Richards et a les cheveux blancs, pas oranges. On imagine tout de même qu’il est républicain. Le rôle a été confié à Bruce Gregory Dinsmore — vous vous souvenez du chum anglophone de Lola dans Chambres en ville? Ricardo Trogi, qui coécrit la série avec Daniel Savoie, avec la collaboration de Louis Morissette, miserait sur une deuxième saison pour faire apparaître un président français, et pour s’intéresser davantage aux opposants du parti de Jacques Hamelin, Nation Québec. Commençons par voir la première saison.

Ancienne duchesse du Carnaval, la première dame, Mireille Turcotte, arbore une robe rose en ce jour de tournage, plus inspirée de Melania Trump que de Jackie Kennedy. «C’est sûr que ça va faire parler les gens, parce que c’est un sujet chaud», croit son interprète, Anne-Marie Cadieux, ravie de camper cette femme qui ne parle pas la langue de Shakespeare, mais apprécie beaucoup, beaucoup son prof d’anglais. La comédienne ne croit pas que la série accentuera notre cynisme envers les politiciens et qu’il faut tout de même «la prendre avec un grain de sel». 

Une partie de l’équipe de KOTV se déplaçait ce week-end trois jours de tournage à Québec, notamment pour une scène impliquant un sous-marin des Forces armées québécoises, menées par le général Charrette (Roger Léger). Bien que la Maison bleue soit située à Sillery dans l’histoire, on tourne essentiellement dans la métropole. Croisés sur le plateau, Geneviève Schmidt incarne la directrice des communications Karine Lavoie, Claude Despins, le vice-président Boudreau, et Richardson Zéphir, le garde du corps du président, Stéphane Boisclair. Il reste 15 jours de tournage à cette comédie, dont les 10 épisodes de 30 minutes seront mis en ligne l’hiver prochain.

Richard Therrien

Éboueurs: héros du sac vert

CHRONIQUE / Quand on dit que la télé peut changer nos perceptions, que ce soit du côté médical avec De garde 24/7 ou de l’itinérance avec Face à la rue, il n’y a rien d’exagéré. Et il est fort possible qu’Éboueurs, la série documentaire qui commençait mercredi à 19h30 à Canal D, ait le même effet sur vous.

On le sait : il n’y a rien de plus irritant que de suivre en voiture une benne à ordures, ou de se faire réveiller aux petites heures par la visite des éboueurs. Malgré tout, j’irais jusqu’à dire que votre degré de tolérance pourrait s’élever ne serait-ce que d’un tout petit cran après avoir vu la série. Parce qu’ils en ont de l’endurance et une bonne dose de courage et de patience, ces héros du sac vert.

Il en faut, surtout un lendemain de déménagement caniculaire, où les locataires en ont profité pour se débarrasser de toutes leurs cochonneries les plus encombrantes. Le plus dégueulasse, selon une éboueuse de la série? Pas tant les déchets juteux que les vieux matelas, parfois infestés de punaises. «Une place de crottés», lance son partenaire de travail en pointant l’appartement de résidents vraiment pas respectueux. C’est direct, mais on dirait probablement la même chose dans ses bottines.

Qu’on se le dise : on fait dur parfois dans la gestion de nos vidanges. Pas surprenant que les blessures chez les éboueurs soient si courantes. Chaque fois que vous jetez un miroir, un morceau de verre ou de porcelaine directement aux ordures, pensez-y. Les entorses lombaires ne sont pas rares non plus. À Montréal, après Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, le quartier Côte-des-Neiges est champion en matière d’ordures : 1500 tonnes de détritus jonchent les trottoirs chaque semaine. Je serais curieux de savoir où on jette le plus à Québec.

Éboueurs démontre aussi à quel point nous sommes de mauvais recycleurs. Huit pour cent du contenu de nos bacs est irrécupérable et ralentit tout le triage. Non, on ne met pas de blocs de béton dans son bac de récup. Pas plus que des appareils électriques. Montre-moi tes vidanges et je te dirai qui tu es. J’irai d’ailleurs de ce pas consulter les trucs et conseils réunis dans des capsules aux titres tels que «Réussir son jus de poubelles (ou pas)», «3 règles pour mieux gérer son compost» et «Les poubelles, un danger pour votre chien!» C’est sur le site de la série à eboueurs.canald.com.

Éboueurs, c’est aussi des personnages auxquels on s’attache : dans les deux premiers épisodes, ce sont Sylvie «Big Mama», la maman poule, et son fils Nicko; les sympathiques Fokom et Jonathan; et le duo drôlement assorti, mais irrésistible, l’Italienne Kiki et Guillaume, alias «Légende d’automne». Leur patron essaie autant que possible de former des équipes aux caractères compatibles, pour faciliter les choses. Ils ont intérêt à être efficaces, parce qu’on les suit à la trace grâce à un GPS, et on sait lorsque l’un d’entre eux arrête sa course pour s’acheter un café. À 2000 arrêts-départs chaque jour, vous avez intérêt à ne pas perdre de temps.

Le vulgarisateur scientifique de Génial!, Martin Carli, agit comme narrateur de cette série de huit épisodes fort intéressante, et réalisée avec une pointe de fantaisie par Frédéric Gieling. Plus tard dans la série, on les verra affronter le froid et on saura pourquoi les éboueurs détestent tant recueillir le compost. Sachez qu’Éboueurs est aussi diffusée le samedi à 14h30, si vous l’avez manquée mercredi.

Il y a certainement quelque chose d’héroïque à endurer des odeurs nauséabondes à longueur de journée, à risquer de se blesser à tout moment, ou de recevoir une giclée de jus de poubelles au visage. Qu’ils fassent autre chose, direz-vous? Dites-leur plutôt merci de le faire. Comme dirait l’autre : «respect».

RICHARD THERRIEN

Une adaptation de «Brooklyn Nine-Nine» tournée à Québec

BLOGUE / Patrick Huard réalisera une adaptation québécoise de la série américaine «Brooklyn Nine-Nine», destinée à une plateforme de Québecor. L'oeuvre sera produite par ComediHa! et tournée à Québec cet été.

Série policière sur le ton de la comédie, et diffusée depuis 2013, d'abord à Fox puis à NBC, Brooklyn Nine-Nine a pour cadre un poste de police du célèbre quartier de New York, qui accueille un nouveau patron sévère et impatient. C'est la première fois que cette série est adaptée à l'international, mais d'autres fictions ont inspiré des titres québécois, tels que La job (The Office), Madame Lebrun (Mrs. Brown's Boys) et Complexe G (Toren C).

C'est un retour à la réalisation pour Patrick Huard, qui avait fait ses preuves avec Taxi 0-22, Les 3 p'tits cochons et Filière 13. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour la Capitale-Nationale, qui accueille aussi le tournage de la série La dérape durant la saison estivale.

Brooklyn Nine-Nine a créé la surprise en 2014 en remportant le Golden Globe de la meilleure série télévisée musicale ou comique, en plus de celui du meilleur acteur pour Andy Samberg. La série vient d'être renouvelée pour une septième saison à NBC.

La distribution et la plateforme de diffusion de l'adaptation québécoise seront annoncées plus tard.

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Télé et radio

Le retour de Julie Snyder confirmé

CHRONIQUE / C’est confirmé: Julie Snyder aura son talk-show à V durant 13 semaines cet hiver. Tel que je l’annonçais dans Le Soleil le mois dernier, l’animatrice préparait activement son retour, et son choix s’est finalement porté sur ce projet.

Quelques détails de plus ont filtré sur la formule, notamment que Julie retrouve son complice de toujours, Stéphane Laporte. «Julie est la meilleure animatrice de talk-show. Qu’elle retourne à ses premières amours, ça m’enthousiasme», affirme le concepteur, qui talonne son amie depuis 10 ans pour qu’elle revienne à cette formule. Autant Julie était nerveuse à l’idée de coanimer L’été indien il y a cinq ans, autant l’émission lui a redonné la piqûre pour le talk-show. «Ça m’a sécurisée, j’ai vraiment aimé ça», résume-t-elle.

Stéphane Laporte croit que L’été indien a représenté un bon laboratoire pour la nouvelle émission à venir. «Ça allait de soi qu’elle revienne au talk-show», dit-il. La nouvelle quotidienne d’une heure sera présentée du lundi au jeudi à 21h, heure inhabituelle pour un talk-show. Mais le public cible de V n’est pas devant son écran à 22h. Comme c’est le cas pour la plupart des talk-shows, deux émissions seront présentées en direct, et deux seront enregistrées, le lundi et le mercredi. «C’était très important pour moi qu’on en fasse en direct, mais l’enregistrement nous permettra des choses que le direct ne nous permet pas», explique l’animatrice.

Quelle folie se permettra la démone pour sa première, elle qui a plongé dans le fleuve pour L’enfer c’est nous autres, pris feu pour Le poing J, sauté d’un canon en France et fait du ski nautique avec Céline pour L’été indien? «Je n’ai pas perdu le goût du risque. Je veux garder ça», affirme Julie, qui produira l’émission chez Productions ToRoS. Trop tôt pour donner d’autres détails, mais on aura recours à des «séquences de la vraie vie d’une animatrice». «Julie n’est pas seulement divertissante en ondes, elle a la même folie en dehors des caméras», plaide Stéphane Laporte.

Si Julie a mis autant de temps à revenir au talk-show, c’était entre autres pour se consacrer à ses enfants, et même avant, aux multiples tentatives de fécondation in vitro. Son dernier talk-show quotidien remonte à son expérience française en 2000, avec Vendredi, c’est Julie, d’abord hebdomadaire, mais qui s’est déclinée chaque soir sur France 2. Comme je l’écrivais, l’animatrice a reçu d’autres propositions alléchantes, mais elle compte pour l’instant se consacrer entièrement au talk-show.

C’est en quelque sorte un retour pour Julie à V puisqu’elle avait fait ses débuts au défunt TQS, notamment comme chroniqueuse à l’émission Wow, avant d’enchaîner avec Marguerite et compagnie et l’animation de Sortir. «Julie a changé la façon de faire de la télé», affirme Stéphane Laporte.

Mardi, Groupe V Média a confié à sa nouvelle vedette l’animation de la soirée de présentation de la grille automne-hiver aux annonceurs, ce qu’on appelle dans le métier un trade show. Une façon de propulser l’animatrice à l’avant-plan en vue de son grand retour. Rien n’a encore été annoncé au sujet de Phil s’invite, que produit aussi Julie Snyder, mais voudra-t-on de deux formules de talk-show à la même antenne?

Richard Therrien

Le Trône de fer: la saison à refaire?

CHRONIQUE / Aussi bien vous le dire tout de suite : cette chronique contient des éléments qui risquent d’insatisfaire ceux et celles qui n’ont pas vu l’avant-dernier épisode du «Trône de fer» («Game of Thrones»), diffusé dimanche dernier. Alerte aux divulgâcheurs.

Voilà, c’est dit. Les fans l’ont attendue avec impatience cette huitième et ultime saison, presque deux ans après la chute du mur et l’invasion des marcheurs blancs. À quelques jours de la grande finale, ils sont sens dessus dessous. Cet épisode d’Apocalypse, sans doute le plus violent, m’a laissé sur le cul dimanche soir. On nageait en plein film d’horreur, se demandant ce qui allait rester de Port-Réal. Eh bien, à peu près rien. La scène de bataille entre Sandor et Gregory était aussi interminable qu’insoutenable, yeux crevés et couteau dans la tête inclus.

Ce cinquième épisode, qu’on dira maudit, a obtenu la plus faible cote de toute la série sur le site Rotten Tomatoes. À l’inverse, il a rassemblé 18,4 millions de télé­spectateurs, un record pour la série. La grogne est bien réelle, des fans ont même lancé une pétition pour faire réécrire la dernière saison de la série. L’auteur des romans, George R.R. Martin, qui a travaillé étroitement avec HBO jusqu’à la cinquième saison, avait prédit cette polémique. N’empêche, il a confié à 60 Minutes que son histoire ne devrait pas trop différer de celle de la série télé, sauf pour les personnages secondaires. Il peut toujours changer d’idée.

Bien entendu, je souhaitais depuis le premier jour voir Cersei Lannister périr dans d’atroces souffrances, à la hauteur de sa cruauté. Mais je n’avais pas imaginé que cette femme forte, qu’on a confinée à regarder par sa fenêtre du donjon rouge, mourrait bêtement ensevelie sous les pierres, enlaçant son jumeau et amant, une scène ridiculisée sur les réseaux sociaux. Tout ça après l’idylle bâclée entre Jaime et Brienne.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette huitième et ultime saison très attendue a déstabilisé les fans de la première heure. De l’avis de plusieurs, les personnages ont pris une toute autre dimension, souvent incohérente avec leur véritable nature. Le meilleur exemple en est Daenerys Targaryen, la mère des Dragons, pacifique depuis toujours, épargnant les innocents et même les coupables, mais devenue soudainement cruelle et sans pitié. La voir détruire Port-Réal à dos de dragon, faisant fi des cloches indiquant la reddition de l’armée de Cersei, avait quelque chose de surréaliste. Déception pour ceux qui, comme moi, s’accrochaient à la profondeur d’âme de ce personnage de pouvoir. Or, d’autres se sont souvenus que Daenerys avait eu une vision de la salle du Trône recouverte de cendres, dès la deuxième saison. Un rêve prémonitoire en quelque sorte. D’autres scènes ont servi de présages à cette hécatombe. Il n’y a rien qui arrive pour rien.

De tous, Jon Snow est celui qui est resté le plus fidèle à lui-même, mais il regrettera sans doute amèrement sa confiance presque aveugle en Daenerys. Quoi qu’on en dise, cette huitième saison aura atteint des sommets d’effets visuels mystifiants. La bataille nocturne, qui a nécessité 55 nuits de tournage, était particulièrement saisissante, mais jamais autant que la destruction de Port-Réal. Et les dragons m’apparaissaient réels, même si personne n’aurait été capable de se tenir sur leur dos comme l’ont fait Daenerys et Jon Snow.

Comment se conclura cette grande saga? La fin apaisera-t-elle un peu les fans déçus? Rendez-vous dimanche à HBO à 21h, en simultané à Super Écran, avec sous-titres français, avant la diffusion de l’épisode en version doublée, lundi à 22h. Mon seul souhait : ne tuez pas Jon Snow.

Chronique

ELLE fictions convoite la femme active

CHRONIQUE / «Beautés désespérées, Dawson, Gilmore Girls, Chère Betty, Les contes d’Avonlea»... On croirait la programmation d’une chaîne souvenirs, style Prise 2. C’est pourtant le cœur de ce que sera ELLE fictions, la nouvelle chaîne qui remplacera MusiquePlus à partir du 26 août à minuit. Une programmation destinée à la «femme active» de 25 à 54 ans, qui proposera des séries et des films «faciles à regarder», précise-t-on. Un peu réducteur, vous ne trouvez pas?

Au premier coup d’oeil, j’admets être déçu, bien que je ne fasse pas partie du public cible. Déjà que ELLE fictions est composée à 100 % de séries traduites. Il y a bien quelques primeurs, comme la nouvelle mouture de Dynastie, qui connaît un certain succès et dont deux saisons ont été diffusées sur CW aux États-Unis. Et aussi, Les juristes, version française de For the People, série de Shonda Rhimes récemment annulée par ABC. J’allais presque oublier Pasión Prohibida, une telenovela traduite de l’espagnol qui date de 2013. Pour le reste, beaucoup de réchauffé.

Pour lancer cette chaîne, Groupe V Média s’associe à l’empire français Lagardère, éditeur majeur en Europe, qui possède déjà une chaîne télé, ELLE Girl TV, destinée à public plus jeune. V mise sur la marque ELLE, reconnue à travers le monde, pour attirer un public féminin, même si le contenu de ELLE fictions n’aura rien à voir avec le magazine. Lagardère n’a d’ailleurs aucun droit de regard sur cette programmation, mais sera très attentif au rendement de cette chaîne avec l’intention de reproduire le modèle ailleurs dans le monde.

Quand on lui fait remarquer que ELLE fictions recyclera beaucoup de vieux matériel, le vice-président exécutif stratégie et communication, Dimitri Gourdin, plaide que la nostalgie marche encore beaucoup. Il cite DHouse, dont les rediffusions sur MAX font d’excellents scores. Une autre preuve en est le succès de Prise 2, la plus regardée parmi les chaînes spécialisées de divertissement de TVA. Et ce, même si la majeure partie de ces séries souvenirs se trouvent facilement sur le Web. «L’expérience montre que lorsque tu reprogrammes des séries comme ça, le public est là», affirme M. Gourdin.

Reste que l’existence de ELLE fictions ne stimule en rien la production originale québécoise, pas plus que celle de MAX, composée à 100 % de contenu traduit. À cela, Dimitri Gourdin répond que Groupe V Média «ne ferme pas la porte aux productions originales, mais pas avant la troisième année d’existence. Tout dépendra du succès de la chaîne.» En plus des séries que proposera ELLE fictions, on inclura beaucoup de longs métrages, notamment des téléfilms du catalogue Hallmark, dérivés des romans Harlequin, avec qui Groupe V Média a conclu une entente, comme avec d’autres studios tels que Disney, CBS, Warner Bros., Universal et Sony.

Une chaîne peut-elle encore se fermer à tout un public, dans ce cas-ci, les hommes? «L’idée n’est pas de faire une chaîne genrée. Oui, on s’adresse aux femmes, mais ça n’empêche pas les hommes de la regarder», précise Dimitri Gourdin, convaincu qu’il y a de l’espace pour une chaîne de fictions d’inspiration plus féminine. En espérant que d’autres nouveautés s’ajoutent d’ici le 26 août.

Code All Stars, émission jeunesse?

Quand on visionne Code All Stars, la série de VRAK qui réunit les vedettes de Code F. et de Code G., on s’étonne que le gala Artis intègre ces émissions dans la catégorie Émissions jeunesse. Imaginez dimanche dernier qu’en présentant Pier-Luc Funk parmi les nommés, on aurait diffusé un extrait où il affirme faire d’excellents cunnilingus, comme c’est le cas dans un des épisodes. Quand le trophée est en plus remis par le trio de Passe-Partout, il y aurait de quoi éprouver un malaise. Malgré toutes ses qualités, dont son absence de filtre, Code All Stars n’est pas une émission jeunesse. On l’a dit souvent : VRAK n’est plus une chaîne pour ados, mais s’adresse désormais à de jeunes adultes, particulièrement en soirée. Un virage assumé, mais pas toujours compris par le public. Dans Code All Stars, qui commençait mardi à 21h et dont ce sera les 15 derniers épisodes, les gars et les filles vont encore plus loin dans leurs propos. J’aime particulièrement Catherine Ethier, Katherine Levac et Julien Lacroix. C’est souvent drôle, mais quand on tombe dans le propos scatologique, comme c’est le cas de Maripier Morin dans une des émissions, là, je décroche.

Chronique

Hélène et Roy dans «Toute la vie»

CHRONIQUE / Hélène Bourgeois Leclerc était encore sur un nuage au lendemain du gala Artis, où elle a remporté le trophée dans la catégorie des séries dramatiques annuelles pour son rôle d’Isabelle dans «District 31». On croyait la voir s’éclipser un moment, mais non, puisqu’elle sera la vedette de la nouvelle série de Danielle Trottier, «Toute la vie», diffusée dès cet automne sur ICI Radio-Canada Télé. Et avec Roy Dupuis en prime.

Après la fin d’Unité 9, Danielle Trottier admet avoir vécu «une petite détresse», de peur de ne jamais retrouver l’intensité et la profondeur de cette série qui a marqué le public. C’était avant d’embarquer dans Toute la vie, sur le quotidien d’un centre d’hébergement et établissement d’enseignement pour jeunes filles mères, l’école Marie-Labrecque, unique au monde. Alors qu’Hélène Bourgeois Leclerc jouera Tina, la directrice de l’établissement, Roy Dupuis sera Christophe, nommé depuis peu psycho­éducateur. «On va vouloir les cloner et en envoyer partout au Québec», croit l’auteure, qui parle de personnages dévoués et investis d’une mission.

Il y avait un bon moment que Roy Dupuis avait joué à la télé; c’était il y a sept ans dans Les rescapés. C’est le réalisateur Jean-Philippe Duval qui a eu l’idée de le contacter directement pour sonder son intérêt pour ce rôle de psychoéducateur affable. Roy est sorti enchanté de sa rencontre, touché par le sujet, ayant lui-même une personne proche qui a dû renoncer à ses études pour des raisons similaires. On apprendra que Christophe a eu une enfance marquée par la violence, et qu’il souhaite donner aux autres ce qu’il n’a pas reçu. Roy retrouve aussi Fabienne Larouche, qui avait coécrit Scoop et Urgence à l’époque, et qui produit Toute la vie avec Michel Trudeau chez Aetios.

Si vous croyez qu’Hélène Bourgeois Leclerc a renoncé à son rôle d’Isabelle dans District 31 parce qu’on lui a offert celui de Tina dans Toute la vie, il n’en est rien. Quelques mois ont passé entre les deux décisions. Avant que vous ne posiez la question, sachez que Tina et Christophe entretiendront une relation strictement professionnelle, «exceptionnelle, mais pas amoureuse», précise l’auteure.

Toute la vie devrait satisfaire ceux qui réclament à raison de nouveaux visages et plus de diversité à la télé. Parmi les élèves de Marie-Labrecque figurent d’ailleurs deux jeunes filles qui n’ont jamais joué, et qui ont été trouvées par l’entremise de Facebook. À côté de ces nouvelles venues, qui ont pour noms Naïla Victoria Louidort-Biassou, Tayna V. Lavoie, Evelyne Laferrière, Ambre Jabrane et Alison Carrier, figurent les noms bien connus de Fanny Mallette, Emmanuel Bilodeau, David Boutin et Nathalie Mallette.

Les jeunes héroïnes de la série n’auront pour la plupart pas choisi d’être enceintes. Le choix qu’elles font cependant, c’est de garder leur bébé, quoi qu’en pensent leurs parents. Ces filles mères sont en aussi bas âge que 13 ans, comme c’est le cas d’Anaïs (Cassandra Latreille), qui souhaite convaincre ses parents de la faire admettre à Marie-Labrecque.

On croyait peut-être que les histoires de filles mères appartenaient aux années 50, mais il n’en est rien; ça existe encore aujourd’hui. Et il est encore mal vu dans les écoles de les accueillir, de peur qu’elles influencent leurs camarades à être enceintes elles aussi, de là l’importance d’une école comme Marie-Labrecque, un milieu favorable à leur épanouissement. Les six filles dont on suivra de plus près la grossesse la rendront toutes à terme, avec toutes les complexités que cela implique.

Contrairement à Unité 9, Toute la vie ne sera pas tournée en studio, même en partie, mais dans un vieil édifice retapé à Montréal, question de créer l’environnement le plus naturel possible pour les jeunes actrices sans expérience. La tournage commence la semaine prochaine.

La soirée Artis en hausse

La 34e soirée Artis a été suivie par 1728 000 téléspectateurs, dimanche soir à TVA. C’est plus que l’an dernier, alors que 1638 000 personnes étaient au rendez-vous. Beau succès aussi pour le tapis rouge, qui a rallié 1299 000 curieux à 19h, comparativement à 1164 000 l’an dernier. À la même heure dimanche, le téléfilm Ma vie avec Liberace n’a retenu que 97 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé.

RICHARD THERRIEN

La soirée Artis en hausse

BLOGUE / La 34e soirée Artis a été suivie par 1 728 000 téléspectateurs, dimanche soir à TVA. C'est plus que l'an dernier, alors que 1 638 000 personnes étaient au rendez-vous.

Beau succès aussi pour le tapis rouge, qui a rallié 1 299 000 curieux à 19h, comparativement à 1 164 000 l'an dernier.

À la même heure dimanche, le téléfilm Ma vie avec Liberace n'a retenu que 97 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé.

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Télé et radio

Gildor et Sarah-Jeanne, roi et reine du gala Artis

CHRONIQUE / Pour être surpris, on l'a été dimanche soir par cette 34e soirée Artis. Ce sont les artistes d'ICI Radio-Canada Télé, au nombre de 10, qui ont été récompensés le plus, devant ceux de TVA, salués à six reprises. Le monde à l'envers pour une soirée qu'on a longtemps qualifiée du «gala de TVA».

Il faut dire que District 31 est un phénomène contre lequel même le diffuseur privé ne fait pas le poids. L'immense ascendant de Gildor Roy sur le public s'est manifesté trois fois dimanche, pour cette série mais aussi pour son rôle dans Lâcher prise. Le futur grand-papa nous a fait un sympathique portrait familial. Aussi gagnante, Hélène Bourgeois Leclerc, dont le personnage a quitté la série en fin de saison, se fait dire par le public : «ne pars pas, Isabelle!» Quoique le vote a eu lieu avant les adieux. Véritable reine de la soirée, Sarah-Jeanne Labrosse a fait le plein de trophées avec trois, dont le plus prestigieux, celui de la personnalité féminine. «Merci de me dire que ma personnalité, est correcte!» a lancé la Donalda des Pays d'en haut et égérie de Révolution, très émue. L'actrice a aussi décroché le trophée jeunesse pour Le chalet à VRAK et le gala Mammouth à Télé-Québec.

Du côté des dramatiques saisonnières, l'auditoire a aussi attendu le départ du curé Labelle dans Les pays d'en haut pour récompenser Antoine Bertrand, auparavant reconnu dans la catégorie des comédies. Une ultime victoire sur Séraphin pour le bon curé. «Amour de ma vie, ramasse-toi!» a lancé le maître des remerciements à sa blonde, dans l'un des segments les plus drôles de la soirée.

Télé et radio

Pas de place pour l’ego pour Gino Chouinard

CHRONIQUE / Bientôt 12 ans qu’il se lève au beau milieu de la nuit du lundi au vendredi, après l’avoir fait quatre ans le week-end. Mais Gino Chouinard a eu une vie avant «Salut bonjour», de sorte qu’il compte 30 ans de carrière à son actif, un anniversaire qu’a voulu souligner son équipe vendredi dernier.

«Je devais aller tourner une publicité à Québec, mais on m’a fait croire qu’il fallait que je reste parce qu’on consacrait une partie de l’émission au Gala Artis. J’ai été bien naïf», raconte l’animateur de 51 ans, encore sous le coup de l’émotion. Prenant le contrôle de l’émission, Jean-Michel Anctil a alors refait la ligne du temps de la carrière de Gino, sortant bien sûr de multiples extraits et photos, pas toujours les plus flatteurs!

Il est loin le temps où, durant ses années d’études au Conservatoire Lassalle, il annonçait des rabais sur des jeans avec un porte-voix au centre d’achats Pie-IX à Montréal. Ou qu’il annonçait des sous-vêtements et des serviettes en coton molletonné au magasin La Baie du Mail Champlain. «J’aimais ça parce que ça me permettait de construire des messages publicitaires. C’était une école, et ça faisait partie de mon apprentissage», dit-il aujourd’hui avec philosophie.

C’est à titre d’annonceur maison du jeu Double défi qu’il a fait ses débuts à l’écran à TVA, le 10 mai 1989, avant de devenir la voix de Fais-moi un dessin et de Charivari. «Après 10 ans comme annonceur à TVA et à la radio de Joliette, je voulais me réinscrire à l’université pour finir un bac, mais finalement ce creux de vague-là n’a pas duré longtemps. Je pense que j’ai bien fait», affirme celui qui a ajouté une corde à son arc depuis en devenant ambassadeur et propriétaire des boutiques Chocolats favoris.

Sur ces 30 ans, Gino Chouinard en aura passé six à Québec, à la barre notamment des émissions Ciné-magazine, Zap week-end et à la chronique culturelle du Grand journal de TQS Québec, mais aussi au micro de CHIK. «C’était des années d’exploration. Durant mon université, je travaillais dans un hôpital comme préposé aux bénéficiaires tout en faisant de la télé et de la radio communautaires. Quand je suis arrivé à Québec, je faisais de l’écran pour la première fois après des années comme annonceur à TVA. J’ai pu délimiter ma zone, ma couleur, ma personnalité. Au Grand journal, on nous laissait très libre. Mon patron d’alors, Pierre Taschereau, qui est maintenant mon patron à Montréal, nous encadrait bien mais nous permettait de créer notre couleur. Le grand journal avait connu un succès phénoménal à l’époque.»

Près du record de Guy Mongrain

À la veille de battre le record de Guy Mongrain, qui a quitté Salut bonjour après 13 ans de service, Gino Chouinard ne songe pas encore au jour où il pourra rester couché le matin. «Guy est une référence, mais je ne me donne pas comme but d’atteindre son record. Je préfère me demander si j’ai encore du plaisir. J’ai une belle équipe, je ne sais pas si je vais encore être capable de me lever à cette heure-là, mais pour l’instant, quand j’y réfléchis, je n’ai pas le goût d’arrêter.» Née à l’automne 1988, l’émission est encore la référence le matin. «L’automne dernier, on a fait autour de 360 000 pour 45 parts de marché», dit avec fierté l’animateur, citant au passage la forte concurrence des multiples plateformes.

Et pourtant, il n’y a pas que des avantages à tenir la barre d’une émission aussi populaire. «La charge de travail de quatre heures de direct fait que la vie sociale est inexistante. Ma fille a 12 ans, mon fils a 9 ans, ils sont rendus à venir me donner un bisou à 20h15 avant d’aller faire de la lecture. Je ne sors jamais, c’est une de mes déceptions, j’aimerais ça aller voir des chums, des humoristes, des chanteurs, mais j’ai un choix à faire.»

Gino ne caressait pas du tout l’ambition de succéder à Guy Mongrain, ni même à Benoît Gagnon, qui l’a fait durant trois ans. «Je ne l’avais tellement pas qu’il a fallu me convaincre de remplacer Guy Mongrain à son premier été d’absence. J’avais été annonceur à Charivari, Guy était un modèle pour moi, je ne me sentais pas prêt à le remplacer.» L’animateur souffre-t-il du syndrome de l’imposteur? «Je viens d’une famille bien modeste, où il fallait laisser la place aux autres. J’ai grandi dans des commerces, mon père était postier, il s’occupait de l’hôtel de mon oncle, j’ai toujours été en contact avec le public, il a toujours fallu que je prenne peu de place. Aujourd’hui, une bonne partie de ma job est de mettre les autres en valeur. C’est comme si cette jeunesse-là, en contact avec le public, a fait de moi un bon gars de service à la clientèle. C’est comme ça que je me vois à Salut bonjour.»

Abonné au gala Artis — il a remporté son 12e trophée dimanche dans la catégorie des émissions de services — Gino Chouinard entend bien sûr ce commentaire, «c’est toujours les mêmes qui gagnent», sans toutefois le prendre personnel. «Ça ne m’insulte pas, je comprends ces commentaires. Dans ma catégorie, il y a de très belles personnalités, de bons animateurs. C’est le public qui décide, alors j’ai beau me sentir un peu coupable ou mal à l’aise comme je l’ai déjà mentionné dans mes remerciements, je n’ai pas de contrôle là-dessus. J’ai cessé de m’en faire avec ça, mais j’avoue que je me suis questionné et j’ai souhaité qu’ils en fassent gagner un autre. J’ai beau être modeste, à un moment donné, il faut que je prenne ce qui m’arrive.»

Tout le monde s’entend sur une chose : Gino Chouinard compte parmi les êtres les plus sympathiques du milieu artistique. Pas de place pour l’ego dans son cas. «Ce n’est pas valorisant de tirer sur la couverte des autres pour en prendre de son bord. Étonnamment, en agissant comme ça, je récolte davantage. Ce matin, j’ai été ébranlé par les témoignages de mes collègues. J’essaie toujours d’être un bon compagnon, un bon guide, un bon capitaine. Je suis fier d’avoir su créer quelque chose d’aussi sincère au sein de mon équipe.»