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Richard Therrien

Joe contre Carole: bizarres fois 1000!

CHRONIQUE / Au royaume des fauves (Tiger King) est sans aucun doute la chose la plus étrange que j’aurai vue cette année. Ce docuréalité sur une rivalité aussi tordue qu’improbable fascine les habitués de Netflix par les temps qui courent. Une fois que vous avez rencontré Joe Exotic et Carole Baskin, vous développez l’envie irrépressible de savoir jusqu’où ils pousseront leur folie. Oui, il y a une histoire encore plus dingue que celle qu’on vit depuis quelques semaines, et qu’aucun auteur n’aurait pu imaginer.

La boxe est en congé? J’ai encore meilleur combat pour vous. Dans le coin droit, Joe Exotic, alias Tiger King, propriétaire d’un zoo de l’Oklahoma réunissant pas moins de 187 grands félins. Gai polyamoureux et redneck, cheveux peroxydés, coupe Longueuil. Il aime tellement les armes qu’il s’amuse à tirer à la carabine en direction de son lac, rêvant d’y voir périr sa pire ennemie, celle qu’il déteste plus que tout, Carole Baskin, dans le coin gauche. Militante contre l’exploitation des félins, cette femme aux fleurs dans les cheveux et aux tenues léopard se bat contre Exotic, qu’elle accuse de maltraiter ses animaux. Or, elle tire aussi profit des bêtes qu’elle récupère dans son sanctuaire animal.

Chanteur country à ses heures, Joe Exotic ne vit que pour la détester. Son œuvre musicale existe essentiellement pour dénigrer sa rivale, qu’il menace de mort à satiété, sous le couvert de l’humour. Il y a un clip complètement surréaliste où Carole est personnifiée, lançant des morceaux de son mari aux tigres. Vous voyez le personnage. Pas fou à moitié.

Au premier épisode, on n’en croit ni nos yeux ni nos oreilles. Et on se dit qu’ils ne pourront pas faire pire. Mais on se ravise au deuxième épisode, encore plus incroyable que le premier. On rit, on rit beaucoup. Au troisième, on rit beaucoup moins, quand on nous raconte que Carole Baskin a peut-être assassiné son ex-mari pour effectivement le donner en pâture aux tigres, un fait qu’elle nie catégoriquement, bien entendu. De l’étrange, on passe à la démence pure d’une psychopathe.

J’avoue que, contrairement à d’autres, j’ai dû prendre un temps d’arrêt entre chaque épisode. Trop intense. Trop dur pour mes oreilles. Trop d’abrutis au pouce carré. Mais la curiosité l’a emporté sur la raison; je voulais savoir comment allaient finir ces deux zigotos, jusqu’où leur désir de vengeance allait les mener. Et la suite n’est pas belle à voir, croyez-moi.

Tout ça fait peut-être rire, mais la conclusion est d’une infinie tristesse. Car au-delà des personnages, c’est de cruauté envers les animaux dont il est question. De tout ce mercantilisme autour de l’exploitation des bébés tigres, avec lesquels un flot incessant de visiteurs se fait prendre en photo. Et qui deviennent quoi quand ils sont trop gros et dangereux?

Les animaux ne sont pas les tigres dans cette série, ce sont les humains. Clairement. Et il n’y a pas que Joe et Carole, il y a tous les autres autour, à peine plus sains d’esprit. Si l’on parvient à nous montrer tout ça, c’est qu’un cinéaste et journaliste, Rick Kirkham, tournait une téléréalité sur Exotic. Toute cette précieuse bande vidéo a servi à cette série de sept épisodes, qui suscite un réel engouement, en cette période où les gens ont résolument besoin d’entendre parler d’autre chose que du coronavirus. Au royaume des fauves occupe en effet la première position du palmarès de Netflix depuis sa sortie, il y a deux semaines.

LE JOUR DU SEIGNEUR: Y'A DU MONDE À MESSE

La télé est redevenue pour plusieurs le compagnon idéal de ce confinement collectif. Mais qui aurait cru que Le jour du Seigneur en bénéficierait? La messe dominicale a en effet vu le nombre de ses fidèles doubler sur ICI Télé; dimanche à 10h, 198 000 étaient au rendez-vous, alors que la moyenne est de 88 000. De quoi en perdre son latin. En même temps, on sait que les célébrations religieuses ont été annulées dans toutes les paroisses, ce qui explique cet engouement. Depuis 2014, Le jour du Seigneur provient chaque dimanche de l’Oratoire Saint-Joseph de Québec.

Richard Therrien

District 31: histoire sans fin

CHRONIQUE / On le sait depuis quelques semaines: nous n'aurons pas le fin mot de l'histoire de District 31 cette saison. La crise a forcé la production à interrompre le tournage, laissant les huit derniers épisodes dans les limbes.

Pas question de jeter ces huit épisodes au panier; mercredi, Gildor Roy a confié à Patrick Lagacé au 98,5 FM qu'ils seront tournés puis diffusés en septembre, avant d'enchaîner avec la prochaine saison. L'interprète de Daniel Chiasson a eu bien peur d'avoir contracté la COVID-19, lui qui avait présenté des symptômes en fin de tournage, mais les résultats de ses tests sont sortis négatifs.

Je ne veux pas faire mon oiseau de malheur mais j'ai bien peur qu'il ne soit pas possible de reprendre les tournages à temps pour le début septembre. Les séries qui exigent davantage de post-production risquent d'accumuler des retards, et les réseaux devront peut-être piger dans leur inventaire des plateformes comme ICI Tou.tv Extra et Club illico pour boucher les trous. J'espère me tromper, mais même des séries tournées l'année dernière ont été retardées parce que le montage n'était pas terminé. On va espérer un miracle.

Pour revenir à District 31, il faudra donc imaginer ce qu'a fait de plus tordu encore Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt), qu'on a vue rôder autour du fils de Martine, la blonde de Bruno (Michel Charette), récemment. J'anticipe le pire. On ne saura pas non plus si Nick Romano (Mathieu Baron) sera relâché une seconde fois. Ni si Laurent Cloutier (Patrick Labbé) retrouvera ses précieux diamants. Ni même si Julia Deveau (Bénédicte Décary) s'en sortira, elle que voulait faire tuer Vincent Lévy (Renaud Paradis). J'ai bien apprécié le pétage de coche de Florence (Catherine Proulx-Lemay) à son endroit! Espérons qu'on reverra Marcel Leboeuf, excellent dans le rôle de cet ancien tueur à gages, Marc-André Gentil. Pas certain que tout le monde a reconnu Gaétan Filion (Michael D'Amico), l'associé de François Labelle (Peter Miller) revenu d'entre les morts à la toute fin de l'épisode, mais qu'on croyait victime d'un attentat des Colombiens à la sortie d'un restaurant; j'ai dû regarder au générique et faire une recherche pour me souvenir du personnage, moi qui ne manque jamais un épisode.

Je sens qu'on sera quelques-uns à tenter d'imaginer la teneur de ces huit épisodes manquants...

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Richard Therrien

Le retour des Invincibles et de C.A. sur ICI Tou.tv

BLOGUE / Très bonne nouvelle: la première saison de la série Les invincibles et les quatre saisons de C.A. seront disponibles gratuitement sur ICI Tou.tv, le mercredi 15 avril prochain. Une excellente façon de combattre le spleen de la COVID-19.

Diffusée en 2005, Les invincibles met en vedette un quatuor de gars à l'aube de la trentaine, qui concluent un pacte: rompre avec leurs blondes tous au même moment. Tout ça pour profiter à fond de leur jeunesse fuyante.

François Létourneau, Rémi-Pierre Paquin, Patrice Robitaille et Pierre-François Legendre en sont les vedettes. Catherine Trudeau aura aussi marqué les fans avec son personnage de Lyne-la-pas-fine.

Il s'agissait de la première série du duo François Létourneau et Jean-François Rivard, qui nous a par la suite donné Série noire et C'est comme ça que je t'aime, disponible sur l'Extra d'ICI Tou.tv.

Quant à C.A., elle remonte à 2006. Signée Louis Morissette et François Avard, la série abordait de front la sexualité des personnages principaux, joués par Louis Morissette, Antoine Bertrand, Isabelle Blais et Sophie Bourgeois.

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Richard Therrien

Une dose de réconfort quotidienne à TVA

BLOGUE / Fabien Cloutier et Marie Soleil Dion coanimeront Ça va bien aller, une dose quotidienne de réconfort pour briser l'isolement, du lundi au jeudi à 19h à TVA, à partir du 6 avril.

C'est de leurs résidences respectives que les deux acteurs coanimeront ce rendez-vous «dans le but précis de vous faire du bien».

Des invités se joindront à eux tous les jours, des artistes comme des gens du public. Un élan de solidarité sans artifices ni montage, pour donner de l'espoir et traverser la crise avec quiétude et humour.

TVA précise que tous les moyens seront pris pour respecter les consignes gouvernementales en matière de santé publique.

De son côté, Z annonce une édition spéciale de Roast Battle, rebaptisée Roast COVID-19. Ce grand défoulement humoristique, animé par Alexandre Barrette, réunira une dizaine d'humoristes, qui respecteront bien sûr la distanciation physique. ComediHa! est derrière cette émission spéciale, présentée en direct à Z, une première dans l'histoire de cette chaîne, le jeudi 16 avril à 21h.

Z parle d'un «moment de divertissement rassembleur qui prendra le coronavirus à bras-le-corps et rira de ses nombreux impacts dans notre vie et notre société».

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Télé et radio

Monsieur 600%

CHRONIQUE / Quand on parle des athlètes dopés, on pense rarement à leurs victimes. Tous ces deuxièmes qui se sont fait voler leur moment de gloire. Des années plus tard, on vous donne enfin la médaille d'or que vous avez toujours méritée, mais c'est trop tard: ce moment, le vôtre, vous ne le vivrez jamais.

Parlez-en à Colin Claxton, Néo-Zélandais de 72 ans, éternel deuxième derrière Gérard-Louis Robert, cycliste suspendu à 68 ans pour une période de huit années après avoir échoué un test de dopage; il dépassait de 600% le taux normal de testostérone. «C'était le pape du vélo au Québec», lance le journaliste et animateur Alain Gravel, qui a souvent croisé «Gérard» lorsqu'il prenait part à des compétitions. Vingt-quatre fois champion du monde, ce Français qui s'est installé au Québec après l'Expo 67 avait été pris une première fois en 2009 pour dopage. «J'ai toujours été clean», ose-t-il dire à la caméra aujourd'hui.

Alain Gravel s'intéresse au dopage sportif depuis le méga scandale Ben Johnson en 1988 aux Jeux de Séoul. Il a depuis arraché à Geneviève Jeanson des aveux qui ont donné un des reportages les plus mémorables de l'émission Enquête. Dans le documentaire Dopage: de Ben Johnson à Gérard, diffusé jeudi à 21h sur ICI Télé, il nous montre qu'il n'y a pas d'âge pour être dopé. Grand adepte de cyclisme, il sort à peine de quarantaine, justement revenu il y a deux semaines d'un voyage de vélo en Arizona. Durant longtemps, il a pris part à des compétitions de vétérans. Mais dégoûté par la tricherie d'un cycliste, qui a échoué un test de dopage et qui s'en est sorti indemne, il a eu envie de démontrer que le dopage ne concerne pas seulement les jeunes athlètes, ni les plus célèbres. De là ce documentaire, qui porte en grande partie sur «Monsieur 600%».

Je suis toujours impressionné par la faculté d'Alain Gravel d'obtenir les confidences des gens pris en faute. À force d'insister, il a fini par convaincre Gérard-Louis Robert de lui accorder une entrevue, lui qui plaide encore et toujours son innocence, malgré des tests fiables et sans équivoque. Il réfute la donnée de 600%. «J'aurais fait des sillons dans la piste», blague le cycliste de 71 ans, qui ne pourra reprendre le guidon avant 2024. Il a bien tenté après coup de convaincre Alain Gravel de le retirer de son reportage. Ce à quoi le journaliste a répondu non, bien évidemment.

Le documentaire est aussi un rappel des cas célèbres de dopage, des nageuses est-allemandes des Jeux de Montréal en 1976 au cycliste Lance Armstrong, qui a caché sa tricherie derrière sa maladie et sa fondation. Le fondeur Pierre Harvey, avec qui Gravel a décrit les compétitions de ski de fond à Sotchi, ne pourra jamais oublier toutes ces fois où il s'est fait voler, notamment à chacune de ses courses à Calgary en 1988. «Il n'a pas pu vivre son moment de monter sur le podium. Pour moi, le dopage, c'est ça», affirme Sylvie Bernier, qui raconte cette fameuse nuit où la délégation canadienne a appris la rumeur de dopage de Ben Johnson à Séoul. Cette nuit-là, la championne olympique a perdu sa naïveté.

Alain Gravel ne veut pas se prononcer sur la crédibilité du témoignage de la canoéiste Laurence Vincent Lapointe, blanchie en janvier des accusations de dopage au ligandrol qui pesaient contre elle. Mais alors qu'elle s'est dite malchanceuse, Gravel la croit au contraire chanceuse d'avoir pu compter sur un avocat aussi réputé, et sur des moyens dont très peu de canoéistes auraient pu rêver, du test de polygraphe aux analyses capillaires. «Ça a dû coûter une fortune», croit le journaliste.

Comme bien des gens à qui on parle depuis quelques semaines, Alain Gravel m'a répondu de chez lui, où il anime son émission de radio du samedi à midi sur ICI Première, Les faits d'abord. Après avoir perdu la matinale l'année dernière, il avait manifesté le désir de faire du documentaire et de revisiter des points de bascule historiques. Pour l'automne, il en prépare un deuxième, cette fois sur la crise d'Oka, dont on soulignera bientôt le 30e anniversaire. Il était alors journaliste à TVA aux côtés de Gaétan Girouard, un duo qui avait permis au diffuseur de gagner en crédibilité en information, ce qui n'était pas évident à l'époque. On en reparlera.

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Richard Therrien

Infoman prolongée jusqu'au 18 juin

BLOGUE / Après Tout le monde en parle, qui tiendra l'antenne en direct jusqu'au 24 mai, on apprend qu'ICI Télé prolonge la saison d'Infoman jusqu'au jeudi 18 juin. On considère que l'émission de Jean-René Dufort répond à un besoin durant cette période de confinement, et ce ne sont pas les fans qui vont s'en plaindre.

Parmi les émissions rescapées, notons Bonsoir bonsoir!, qui entre en ondes comme prévu lundi prochain à 21h. Jean-Philippe Wauthier animera une version adaptée de son talk-show, où il sera accompagné en studio d'un invité et d'un collaborateur, alors qu'un autre invité participera à l'émission en duplex de chez lui. On prévoit également des performances musicales en studio deux fois par semaine. Comme pour les deux autres émissions, on respectera des règles strictes imposées par la santé publique.

Malheureusement, dans les circonstances, on doit reporter d'un an l'arrivée en ondes du nouveau jeu Question de jugement, que devait animer Pierre Hébert du lundi au jeudi à 19h, et qui succédait à Des squelettes dans le placard. On le remplacera à compter du 20 avril par Rétroviseur avec Véronique Cloutier, puis à partir du 4 juin, par Silence, on joue! avec Patrice L'Ecuyer, dont 25 émissions originales, qui n'ont pu être diffusées au printemps. On doit aussi repousser les émissions 100% local, Viens-tu faire un tour? avec Michel Barrette et la nouvelle série de Simon Boulerice, Six degrés, qui devait être tournée au printemps.

Beaucoup de reprises dans le reste de la grille, malgré cinq émissions originales des Poilus le dimanche à 19h30, et les saisons entières déjà tournées des Chefs! et de Dans l'oeil du dragon dès la semaine prochaine. La case du mardi à 20h sera consacrée à des séries de fiction: Eaux turbulentes, la minisérie ontarienne avec Hélène Florent, Beautés meurtrières, version française de Why Women Kill, Témoin indésirable, d'après l'oeuvre d'Agatha Christie, et De Max à Maxine, série britannique sur une enfant en transition de genre.

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Richard Therrien

Tout le monde en même temps

CHRONIQUE / Tout le monde en parle, refuge du dimanche soir? Le rendez-vous de Guy A. Lepage et Dany Turcotte, qui devait prendre fin le 19 avril, est allongé jusqu'au 24 mai sur ICI Télé, toujours en direct. Présentée en direct pour la deuxième semaine consécutive, c'est comme si l'émission s'était trouvée une nouvelle mission. En ces temps difficiles, les gens ont besoin de se retrouver, tout le monde en même temps, comme dans la chanson de Louis-Jean Cormier.

Le chef d'antenne Patrice Roy et le chroniqueur et animateur Patrick Lagacé, qui ne se sont jamais sentis aussi utiles que depuis le début de cette crise, ont continué de rendre service durant toute l'émission en posant de bonnes questions; je leur décerne l'étoile du match. Contrairement au 11 septembre, cette crise nous touche directement et constitue «une histoire fascinante à couvrir», affirme Patrick Lagacé. Patrice Roy salue le sens du devoir chez les gens des médias. «Je trouve ça extraordinairement beau.» Alors que trois employés de Radio-Canada ont contracté le virus, dont un au Centre de l'information à Montréal, le chef d'antenne affirme qu'une procédure très claire est respectée pour éviter de mettre le reste de l'équipe en danger. Patrick Lagacé a bien défendu le travail des journalistes, qui se montrent insistants auprès du trio quotidien de 13h à l'Assemblée nationale, au risque de heurter le public. L'animateur et chroniqueur n'a pas souvenir d'un gouvernement aussi transparent. Au fédéral, toujours selon lui, Justin Trudeau ne l'a pas pour la communication, mais dans les mesures prises par son gouvernement, «c'est du jamais vu» et «on prend le taureau par les cornes».

Richard Therrien

Avez-vous hâte aux Chefs?

CHRONIQUE / Vous serez d’accord avec moi : on a franchement besoin de se changer les idées. Cette 10e saison des Chefs! ne pouvait mieux tomber. J’ai fait l’exercice et je vous jure que ça marche : en visionnant les deux premières émissions, j’en ai oublié le confinement auquel on est soumis depuis quelques semaines, et qui risque de s’éterniser. J’ai même cru percevoir les arômes de coulibiac dans mon salon, qui me sert de bureau par les temps qui courent.

Les bienfaits des Chefs! dépassent largement les murs de nos foyers. Avant la première, le lundi 6 avril à 20h sur ICI Télé, on prend le temps de mesurer les répercussions de cette compétition culinaire dans la vie des aspirants-chefs, mais aussi dans celle de notre gastronomie. Présenté lundi à 20h, le documentaire Les chefs! – L’impact met donc parfaitement la table à la nouvelle saison.

Vous y reverrez plein d’anciens aspirants-chefs parmi les 127 qui ont testé les fourneaux de l’émission et constaterez qu’il n’y a pas seulement les gagnants qui poursuivent une belle carrière en gastronomie. Comme chefs, bien sûr, mais aussi en tant que profs, comme Jonathan Rassi, des saisons 3 et 5, qui enseigne à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, avec Pasquale Vari, juge aux Chefs!.

Je vais vous faire une confidence : ma préférée demeure Isabelle Deschamps-Plante, des saisons 4 et 5, recrutée par Ricardo dans ses cafés, qu’on voit régulièrement à l’émission quotidienne du chef sur ICI Télé. Pour sa compétence, bien entendu, mais aussi pour sa très grande humilité et parce qu’elle est ultra sympathique. J’ai aussi beaucoup aimé Arnaud Marchand, de la toute première saison, dont Jean-Luc Boulay a fait son associé. Le juge des Chefs! a dû se reprendre à trois reprises pour le convaincre d’embarquer dans Chez Boulay, et souligne ses qualités d’entrepreneur.

Parlant d’humilité, l’émission permet à Clément Bellaigue de faire amende honorable. Dans la huitième saison, l’aspirant-chef avait lancé ses raviolis au plancher, mécontent d’avoir raté sa pâte et abandonnant le duel. Aujourd’hui, il dit avoir beaucoup appris de cet épisode navrant, qui a représenté un «petit réveil de toujours avoir l’humilité». Il œuvre maintenant à l’Atelier Joël Robuchon à Montréal.

Parmi les anecdotes apprises au cours de ce documentaire, sachez qu’Ann-Rika Martin, gagnante de la septième saison, n’a toujours pas utilisé la somme d’argent qu’elle a remportée. La seule renommée de ce titre, additionnée à beaucoup de travail, lui a permis jusqu’ici à vivre de son art. Quant à Frédéric Dufort, éliminé lors d’un duel à cause de son foie gras, a pris la moitié des 1000 $ du prix de consolation pour acheter du foie gras et apprendre à l’apprêter à la perfection dans les jours qui ont suivi. Une chose restera secrète, par contre : la délibération des juges, qui se déroule à micros fermés, dans une pièce privée.

Et qu’en est-il de cette 10e saison qui nous attend? Mon verdict : cette émission vieillit bien. Le 100e épisode, qui lance la saison, amène son lot de suspense, de surprises et de candidats de très haut calibre, auxquels on s’attache très rapidement. La saison s’annonce emballante, avec Daniel Vézina comme coach rassurant.

Les 13 candidats sont âgés de 23 à 39 ans. J’ai été étonné d’apprendre que seulement deux d’entre eux connaissaient l’objet de leur premier défi : un coulibiac de saumon pour 10 personnes, accompagné d’une sauce au vin blanc aromatisée aux fines herbes. Pas simple à cuisiner, vous vous en doutez bien, et encore une fois, ils vous impressionneront. Le duel réserve un clin d’œil aux fans de longue date des Chefs!

Il faudra attendre à la seconde émission pour voir Élyse Marquis surgir des coulisses pour demander aux aspirants de «tout arrêter, s’il vous plaît». Un exercice qu’elle n’aimait pas accomplir au début, mais qu’elle a fini par apprivoiser et qui donne toute son épice à l’émission. J’avoue que le revirement le plus «chien», ou le plus «vache», c’est lorsqu’on a demandé aux aspirants de changer de plan de travail pour poursuivre celui d’un autre concurrent.

Dire qu’on a failli «tuer les chefs», comme j’en avais fait le titre d’une chronique en 2015, durant Les chefs! – La brigade, l’édition ratée, qui avait sacrifié les animateurs et les juges. Dans mon top 3 des critiques les plus sévères en carrière. Vous dire ma joie quand Dominique Chaloult, ancienne directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, a annoncé en conférence de presse téléphonique que la formule originale revenait, deux ans plus tard. Un geste d’humilité, qui reconnaissait l’erreur commise de dénaturer le produit et répondait au désir du public de retrouver ses animateurs et ses juges adorés. Le documentaire de lundi y fait très peu allusion, mais montre Chantal Fontaine, qui avait animé cette saison à oublier.

Les chefs! peut servir à nous changer les idées. Mais c’est aussi l’occasion d’envoyer nos bonnes pensées à tous les restaurateurs, qui se demandent si leurs commerces survivront à la crise. Sachez qu’on pense à vous.

Télé et radio

L'Échappée: des adieux amers

CHRONIQUE / Ceux qui ont vu la finale de L'Échappée lundi soir à TVA sont restés avec l'impression que le personnage de Brigitte Francoeur disparaissait de l'histoire. «Oui mais non», ai-je écrit. Réponse martelée du diffuseur, du producteur et de la firme de relations de presse à cette interrogation, encore à ce jour: «le personnage de Brigitte, campé par Julie Perreault, est dans les plans de la cinquième année de L'Échappée

Le collègue de La Presse Hugo Dumas a depuis évoqué le départ de Julie Perreault, dans des circonstances peu cordiales. La comédienne n'a pas voulu commenter la nouvelle mercredi, visiblement ébranlée, se limitant à dire que son contrat avec L'Échappée était terminé. Son agent ne nous a pas rappelé.

En entrevue au Soleil, l'auteure-coordonnatrice Michelle Allen dit avoir été choquée et blessée de lire qu'il y avait des tensions entre l'actrice et elle. «Durant deux ans, on a très bien travaillé et il n'y avait aucun problème. En juin 2018, j'apprends par son agent qu'elle veut quitter L'Échappée à la fin de la troisième saison. Je ne pouvais pas, il y avait une ligne dramatique qui était entreprise, Brigitte ne pouvait pas disparaître vite comme ça, sans préparer la suite. J'ai envoyé un long courriel à Julie pour trouver un arrangement, essayer de voir ce qu'il était possible de faire pour préparer son départ. Je n'ai jamais eu d'accusé de réception.»

Puis, le producteur André Dupuy a réussi à convaincre Julie Perreault de rester pour une quatrième et dernière saison. «J'ai promis que je préparerais son départ et j'ai respecté mon entente. J'ai prévenu TVA en mars 2019 que Julie s'en allait, pour des raisons de scénario. Le diffuseur n'y a vu aucun problème, puisque L'Échappée marche assez fort», poursuit Michelle Allen, qui a également signé les deux saisons de Fugueuse.

Elle explique qu'elle a depuis, à de nombreuses reprises, contacté Julie Perreault pour avoir ses impressions, sans succès. «J'ai essayé de lui préparer la plus belle fin que je pouvais lui donner, sans la faire mourir. J'avais envie qu'on voit son personnage gagner.» Puis, l'auteure souhaitait que Brigitte survive au départ de l'actrice dans la vie de ses personnages, bien qu'il n'ait jamais été question de remplacer Julie Perreault dans le même rôle. «Comme on s'est beaucoup attaché à elle, elle ne peut pas seulement disparaître de Ste-Alice comme ça», m'a-t-elle expliqué.

Ainsi, Brigitte sera très présente dans l'esprit des personnages cet automne, puis au centre d'un événement majeur, que je ne peux vous révéler pour l'instant, puisque ce serait dévoiler un immense punch. Disons que cet événement aura des répercussions sur à peu près tout le monde. «C'est certain qu'on va évoquer son existence. Elle est encore au cœur de bien des histoires, c'est la mère de Jade, la sœur de Noémie», rappelle l'auteure.

C'est courant pour un auteur de recevoir les commentaires des acteurs, qui souhaitent comprendre les gestes parfois surprenants de leurs personnages. «Quand un acteur ne se sent pas à l'aise avec une réplique, on la change, c'est tout. C'est normal, un acteur qui n'a pas de questions fait mal sa job.» Dès le départ, Julie Perreault a adressé directement ses questions à Michelle Allen, par téléphone ou par textos, alors que d'autres passent par le réalisateur. «Pour Julie, ça a toujours été spécial, c'était notre «lead» [la vedette principale]. J'y répondais tout de suite. Elle se plaignait qu'elle n'avait rien à défendre, alors on lui a fait vivre beaucoup de choses. On a travaillé fort pour lui donner du jus, de belles scènes, avec Bruno (Alexandre Goyette) entre autres.»

«Elle a bien fait son travail jusqu'au bout. C'est dommage que ça se termine comme ça», considère Michelle Allen. À la toute fin, Brigitte devait dire en faisant ses adieux: «Je vais revenir vous voir.» «J'avais envie qu'elle le dise, même si je m'étais engagée à ce qu'elle ne revienne pas. Que Brigitte dise ça à sa fille, c'était symbolique. Le réalisateur m'a informé qu'elle n'avait pas voulu dire cette réplique. C'était pour le personnage, pas pour l'actrice, je savais qu'elle ne reviendrait pas», s'étonne pourtant l'auteure.

Sans être courant, il arrive qu'un acteur choisisse de quitter un rôle. «Ce n'est pas facile à gérer. On s'attache à nos artistes, qui sont très bien payés et entourés par la production. On construit quelque chose avec eux.» Après tout ça, Michelle Allen considère avoir tout fait pour que Julie Perreault soit heureuse sur le plateau de L'Échappée. «Je suis une fille d'équipe, j'aime travailler avec les gens. L'Échappée est un très beau plateau. Pas de tyrannie, de manque de communication, je travaille vraiment dans un esprit de collaboration. On travaille tellement fort, tellement vite. Ça me désole que l'impression qui en ressort, c'est qu'il n'y a pas de respect sur le plateau de L'Échappée

Sur la quatrième saison de sa série, Michelle Allen conclut ainsi: «Je pense qu'on a fait une excellente quatrième année. Je le pense vraiment. J'ai envie que ce show-là dure longtemps. Je l'aime.»

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Télé et radio

Quel printemps nous attend?

CHRONIQUE / Les grilles printemps-été des réseaux de télévision ne sont jamais bien garnies. Elles le seront encore moins cette année, en raison de la crise du coronavirus, qui empêche le tournage et le doublage de plusieurs émissions.

Sur ICI Télé, on croit encore possible de lancer comme prévu la nouvelle saison du talk-show Bonsoir bonsoir avec Jean-Philippe Wauthier, le lundi 6 avril à 21h, en adoptant un tout autre ton, dans les circonstances. C’est beaucoup moins sûr pour le nouveau jeu Question de jugement, qui devait remplacer Des squelettes dans le placard, et dont les tournages devaient commencer maintenant. Le diffuseur aura vraisemblablement quatre demi-heures à combler, à 19h, à partir du 20 avril.

TVA réserve ses décisions pour aujourd’hui. Le réseau a en banque toute une saison de Si on s’aimait, le docu-réalité de Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin, reporté à deux reprises depuis l’automne. L’émission prendra la case du lundi au mercredi à 19h30, dès le 6 avril, mais les échos ne sont pas très élogieux. Par contre, qu’adviendra-t-il de Sucré salé, animée par Patrice Bélanger? On devra aussi combler les cases laissées vacantes par le retrait de La poule aux oeufs d’or, La voix et la soirée Artis, entre autres. On ne peut tout de même pas rediffuser Les gags et Bloopers TVA à l’infini.

Des quatre grands réseaux, V sera certainement le moins touché pour l’instant, puisque sa programmation estivale se limite à des rediffusions et à de nouvelles émissions de Tout s’embellit avec Julie. Pour traverser la crise, le bulletin NVL a été réduit à 15 minutes, sans la participation de Québec et des régions. En principe, La semaine des 4 Julie doit se poursuivre jusqu’au 2 avril, en prenant toutes les précautions requises au studio MTL Grandé. L’émission est la seule en direct et reliée à l’actualité sur V. Mercredi, la mairesse Valérie Plante et la ministre Marguerite Blais apparaissent dans la liste d’invités de Julie Snyder.

Je ne veux pas voir trop loin, mais le problème risque de faire mal à la grille d’automne si la crise persiste. Entre autres parce que les tournages des séries québécoises commencent dès le printemps. On peut bien sûr retarder de quelques semaines, mais pas des mois. ICI Télé et TVA pourraient alors devoir piger dans le contenu de leurs plateformes payantes, ICI Tou.tv Extra et Club illico, pour boucher les trous de leurs grilles. À V, on a dû interrompre les tournages d’À table avec mon ex, alors que ceux d’Un souper presque parfait n’avaient pas commencé.

DOUBLAGE INTERROMPU

La crise actuelle atteint aussi l’industrie du doublage et de la surimpression vocale, dont les studios sont paralysés, tant ici qu’en France, d’où proviennent la plupart des versions françaises des séries. Ainsi, Super Écran commence déjà à présenter des versions sous-titrées en français des séries de HBO, notamment la troisième saison de Westworld, diffusée le mercredi à 21h, en attendant que le doublage reprenne. Plusieurs autres chaînes québécoises dépendent des studios français, dont les quatre grands réseaux, de même que Séries+, MAX, ELLES Fictions, AddikTV, Prise 2 (pour les séries récentes) et ICI ARTV, entre autres. Le public de ces chaînes, qui n’est pas friand des sous-titres en général, devra éventuellement s’en contenter, ou alors être bombardé de reprises, si la crise s’étend.

L’Union des artistes a reçu plusieurs messages de ses membres, inquiets de constater que le studio MELS à Montréal poursuivait ses opérations, notamment en matière de doublage. Le Groupe TVA devait prendre position hier sur l’éventualité de maintenir le travail, en regard des directives émises par le gouvernement. En principe, celles-ci permettaient à MELS de poursuivre ses activités jusqu’à minuit hier soir. Quelques-unes des chaînes spécialisées de divertissement de Groupe TVA, CASA, Moi et cie, Évasion et Zeste, dépendent beaucoup de la surimpression vocale, qui accompagne plusieurs de ses acquisitions.

L’ÉCHAPPÉE SANS JULIE PERREAULT?

En voyant la finale lundi, les fans de L'Échappée ont eu l’impression que Julie Perreault quittait la série de TVA. Oui mais non; on la reverra, me dit-on. «Le personnage de Brigitte, campé par Julie Perreault, est dans les plans de la cinquième année de L'Échappée», affirme sans hésitation Joëlle Mauffette, chez RuGicomm. Même son de cloche chez le diffuseur et le producteur. Quoi qu'il en soit, il est clair que le personnage de Brigitte ne sera plus au centre des intrigues comme avant. Comme nous a habitués Michelle Allen, la saison de cette année a pris fin dramatiquement, avec deux morts. L’autrice, qui a déjà été comédienne, s’est même gardé un petit rôle, qui a fini dans un bain de sang! La cinquième saison de L’Échappée est prévue pour l’automne, si tout va bien.

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Richard Therrien

Crave gratuit pour 30 jours aux nouveaux abonnés

BLOGUE / Bell Média rend gratuit le contenu intégral de sa plateforme Crave gratuit jusqu'au 30 avril. Seuls les nouveaux abonnés qui ont accès à Internet auront droit à cette promotion, durant la période de crise actuelle.

L'offre est disponible sur l'application Crave et sur le site Crave.ca, même si des clients de Bell affirment qu'on leur a déjà offert un mois gratuit dans la dernière année. Des collections spéciales ont été créées à l'intention de la clientèle confinée à la maison, que ce soit «Pour toute la famille», «À regarder en rafale» et «Cinéma en famille». Vous pourrez y trouver des séries québécoises, mais aussi des longs métrages et des titres étrangers, tirés notamment du catalogue de HBO.

Voilà qui mettra de la pression sur le Club illico, qui n'offre plus cette promotion. L'Extra d'ICI Tou.tv est aussi offert gratuitement pour un mois aux nouveaux abonnés.

Déjà, Radio-Canada a annoncé avoir ajouté des titres dans la section gratuite d'ICI Tou.tv, mais on est loin du contenu intégral. Club illico n'a pour l'instant rien annoncé de tel.

On invoque notamment les coûts élevés des droits de diffusion du contenu original.

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Télé et radio

TLMEP: rassemblés dans l'isolement

CHRONIQUE / Guy A. avait enfilé ses gants de vaisselle roses pour ce Tout le monde en parle bien spécial, en direct et sans public. On peut parler d'une émission qui a fait œuvre utile, pour nous qui avions besoin de nous faire rassurer, de nous sentir unis dans notre isolement. Vive la télé rassembleuse. Le tout était préparé par une équipe réduite, respectant le principe de la distanciation sociale, sur le plateau comme en coulisses.

On est sorti vraiment moins niaiseux de l'entrevue avec le professeur d'histoire Laurent Turcot, à qui je décerne l'étoile du match, et qui souhaite qu'on tire enfin des leçons de cette nouvelle pandémie et qu'on ne «répète pas les mêmes niaiseries». Il y a 100 ans, quand la grippe espagnole a fait 100 millions de victimes, les gouvernements se sont tus et ont censuré les journaux. Et quand on cherche des coupables... «c'est jamais les bons. On prend toujours les mêmes, les marginaux», déplore Laurent Turcot, qui a fait un portrait historique clair et percutant des différentes épidémies. Il déteste l'expression galvaudée «on vit un moment historique», mais cette fois, elle est on ne peut plus justifiée. «Soyez contents de payer des impôts. […] On s'est donné les moyens d'agir collectivement», a lancé Laurent Turcot au sujet des moyens considérables pris par les gouvernements depuis le début de la crise. «Quand le vaccin va arriver, il faut le prendre», rappelle le brillant communicateur aux anti-vaccins, qui oseraient remettre en cause ce moyen efficace, le moment venu. Et comme on ne faisait rien comme d'habitude, dimanche, c'est dans les gradins que M. Turcot a passé le reste de l'émission.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, s'est retrouvé à devoir défendre son chef, qui n'a pas la cote depuis le début de la crise. «On a pris les bonnes mesures pour protéger le pays», considère M. Champagne, diplomate, en regard du nombre modéré de personnes atteintes au Canada. Si Justin Trudeau nous demande de ne pas juger ceux qui sont quand même partis en voyage, le ministre admet qu'il les juge «un ti peu». Pour faire revenir les Canadiens au pays, M. Champagne affirme que les compagnies aériennes coopèrent, et qu'un prix raisonnable est exigé. Juste avant d'arriver sur le plateau, il négociait avec le Pérou afin de pouvoir faciliter le retour de compatriotes bloqués dans ce pays.

Quel baume au coeur de voir Bernard et Diane Ménard en si grande forme. Le sympathique couple a contracté la COVID-19 sur le bateau de croisière Diamond Princess. «On a eu très peur. [...] À l'hôpital, on pensait vraiment ne pas s'en sortir», a confié Mme Ménard dans cette entrevue réalisée par Skype, de la résidence du couple à Gatineau. Hospitalisés au Japon durant 16 jours, ils ont tous deux souffert d'une pneumonie, entourés de personnel qui ne parlait que le japonais. «Des fois, je voulais le mettre en pénitence», a blagué Bernard Ménard au sujet du ministre Champagne, qui parvenait tout de même à rassurer le couple. Leur premier repas à leur retour: un bon pâté chinois! «J'ai jamais été si fier de demeurer au Québec», admet M. Ménard, qui donne 11/10 au premier ministre François Legault pour sa gestion efficace de la crise. Bien difficile de le contredire.

François Bellefeuille, qui a dû mettre un terme à sa tournée, a mis quatre ou cinq jours à trouver son équilibre en confinement familial. Il s'ennuie des rires mais voit quelque chose d'extraordinaire à voir ses enfants ne plus craindre ses départs fréquents. Comme plusieurs d'entre nous, l'humoriste est impressionné par François Legault, lui qui n'est pourtant pas un fan de la CAQ. «Ma blonde est en amour avec Horacio», dit-il, «fier d'être Québécois». Convaincu que les humoristes ont un rôle à jouer durant cette crise, il a vanté les mérites du bidet, qui l'a sauvé de la folie du papier de toilette.

«Montréal roule. Au ralenti, mais elle roule», insiste la mairesse Valérie Plante, qui a néanmoins pris un tas de mesures pour limiter la propagation de la COVID-19 et faciliter la vie des Montréalais. Elle insiste pour que le transport collectif continue; la baisse d'achalandage de 70% permet de se tenir à distance des autres passagers. Si elle ferme les parcs, qui constituent la «cour arrière» des Montréalais, ce sera en dernier recours. Imposer une quarantaine et couper la métropole du reste du Québec? «Le jour où on va nous dire que c'est la chose à faire, on va le faire», affirme la mairesse, qui ne sent pas qu'on en arrivera là.

L'entrevue avec la psychologue Pascale Brillon, qui souhaitait rassurer les anxieux que nous sommes, a porté en bonne partie sur l'effet pervers du travail des médias et «ces titres très dramatisants [qui] contribuent à cette atmosphère sociale extrêmement fébrile et anxiogène». Mme Brillon nous suggère de rechercher «autant de l'info rigoureuse au sujet du drame» que «des nouvelles positives ancrées dans la science pour maximiser notre résilience». Trois réactions négatives à ce monde qui bascule: la panique, l'impuissance acquise et le déni, qui convainquent certains à enfreindre les règles. La psychologue nous invite plutôt à vivre le moment présent, tolérer l'isolement social et considérer qu'il pourra éventuellement nous permettre de vivre mieux. «Alors, nous voilà rassurés», a ironisé l'animateur.

Coach à La voix, Coeur de pirate s'est dédoublée le temps d'une soirée pour reprendre, en pyjama, la jolie chanson qu'elle a composée à l'intention des jeunes, en réponse à l'appel du premier ministre François Legault. S'il est possible de le faire, Tout le monde en parle sera là dimanche prochain, en direct. Pour nous rassembler dans l'isolement. On en a bien besoin.

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Richard Therrien

Sévices sociaux 

CHRONIQUE / La mère et le beau-père de Gabriel, huit ans, l’enfermaient dans un petit placard. Avec une fente, pour lui donner à manger. Il y passait souvent la nuit. L’enfant était couvert de brûlures, d’ecchymoses, avait des dents arrachées, des trous laissés par des billes de fusil. À longueur de journée, Pearl Fernandez et Isauro Aguirre traitaient Gabriel d’homosexuel.

La minisérie documentaire en six épisodes L’affaire Gabriel Fernandez, version française de The Trials of Gabriel Fernandez, disponible sur Netflix depuis le 26 février, scandalise le monde entier. Parce qu’on a laissé un couple détruire la vie d’un enfant, jusqu’à le tuer le 24 mai 2013. Dans cet appartement de Palmdale en Californie, un quartier pauvre et violent, Gabriel a subi des sévices d’une cruauté innommable, passant au travers des mailles du filet des services sociaux.

À l’école, son enseignante l’a vu arriver le visage tuméfié, la tête rasée d’étrange façon, avec des signes de brûlures. Elle a contacté plusieurs fois les services sociaux pour qu’on enlève l’enfant à ses bourreaux, mais elle n’a jamais été prise au sérieux. On envoyait des policiers, les intervenants rencontraient la mère, lui parlaient au téléphone, mais se laissaient endormir par ses promesses et ses versions de l’histoire. Une fois, deux fois, trois fois.

La description de l’appartement où est mort Gabriel donne froid dans le dos. Des autocollants rouges indiquent les traces de sang du petit sur les meubles, les murs et les planchers. Le cinquième épisode est d’après moi le plus difficile à regarder. Parce qu’il contient les témoignages du frère et de la sœur de Gabriel, qui racontent ce fameux jour où les ambulanciers sont venus le chercher, alors qu’il était inconscient, dans un état indescriptible. L’enfant allait mourir quelques heures plus tard. À huit ans. Le frère et la sœur savaient bien que Gabriel était maltraité par la mère et son compagnon. Mais ils étaient des enfants, eux aussi. Ils porteront ce souvenir effroyable jusqu’à la fin de leurs jours.

L’affaire Gabriel Fernandez, c’est aussi l’échec des services sociaux de Californie. Quatre employés, travailleurs sociaux et superviseurs, sont aujourd’hui poursuivis et encourent de graves peines. Le documentaire explore les graves lacunes de la protection de la jeunesse aux États-Unis, où des dossiers beaucoup trop lourds sont laissés à des débutants, où certains services relèvent du privé, soumis à des objectifs de rentabilité. Un enfant est en danger, mais il approche 17h? On s’en occupera demain. C’est ce que ça donne.

La série documentaire, qui s’appuie entre autres sur le travail du Los Angeles Times qui a mis au jour cette histoire horrible, n’est pas facile à regarder. Même si on nous épargne du pire, certaines images sont atroces mais nécessaires. Pour qu’on voie que de tels sévices sont possibles aux États-Unis, encore à notre époque.

On entendra les témoignages de plusieurs personnes qui auraient pu agir. Une travailleuse sociale qui pleurniche, clamant son innocence sans jamais se soucier des souffrances de l’enfant. Ce n’est pas ma faute, je n’y suis pour rien, et ainsi de suite. Cette même femme a falsifié des documents pour se protéger.

Bien heureusement, la série a aussi ses héros. Comme Jonathan Hatami, procureur adjoint du comté de Los Angeles, dont on suit le combat pour que justice soit faite, dans un État américain où la peine de mort est toujours légale. Vous verrez de longs extraits du procès des bourreaux. De quoi redonner un peu foi en la justice américaine, bien qu’il a fallu la mort atroce d’un enfant pour y arriver.

Impossible de ne pas comparer avec notre situation, de penser à la fillette de Granby. De se demander si ça pourrait encore arriver chez nous. De se dire que ça ne devrait plus jamais arriver nulle part. Que plus un seul enfant ne connaisse le même sort que Gabriel Fernandez.

Richard Therrien

Les directs de La voix sont reportés

BLOGUE / Il fallait bien qu'on en arrive là: les directs de La voix, prévus à partir du dimanche 12 avril, ont été reportés à une date indéterminée. TVA et Productions Déferlantes disent prendre cette décision «dans un souci de respecter les recommandations gouvernementales qui prévalent en cette période hors de notre contrôle».

TVA s'arrêtera après les trois émissions de duels le dimanche 29 mars. Les chants de bataille, pourtant déjà tournés, ont aussi été reportés, «pour bien rattacher la phase des Directs à la suite de la compétition». Quant à la dernière de La voix extra, elle sera présentée le mardi 31 mars à 19h30.

En entrevue au Soleil en début de semaine, Charles Lafortune confiait déjà son inquiétude sur la suite des choses. «Nous avons plus de 250 spectateurs en studio», faisait remarquer l'animateur, qui se voyait mal tenir les directs devant une salle vide. De plus, 150 employés gravitent autour de cette méga production, suivie par plus de deux millions de téléspectateurs.

Plusieurs autres tournages ont été annulés, dont ceux de C'est juste de la TV, District 31, La faille, En direct de l'univers, On va se le dire, Y'a du monde à messe et J.E. TVA a aussi annulé son Gala Artis, et d'autres annonces suivront.

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Télé et radio

Émissions annulées: la liste s'allonge

BLOGUE / La diffusion des émissions En direct de l’univers et On va se le dire est suspendue jusqu’à nouvel ordre sur ICI Télé. Pour l’instant, Tout le monde en parle demeure prévue, en direct et sans public dimanche soir, de même qu’Infoman, le jeudi à 19h30.

Le vice-président principal des Services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette, en a fait l’annonce au cours d’une vidéoconférence à l’intention des employés de Radio-Canada mercredi midi. Le diffuseur réfléchit au maintien des émissions d’affaires publiques comme La semaine verte, L’épicerie et La facture, mais Enquête est assurée de finir la saison. Il a été évoqué que le retour de certaines de ces émissions soit compromis à l’automne, si les journalistes devaient être rapatriés aux nouvelles et si la crise persiste. Pour des raisons évidentes, Les coulisses du pouvoir fera relâche.

Samedi, pour En direct de l’univers, on rediffusera l’émission avec Jay Du Temple, alors que le samedi suivant, on prévoit celle de Guylaine Tanguay. Quant à On va se le dire, après l’émission d’aujourd’hui, ce sera terminé jusqu’à nouvel ordre.

Télé-Québec annonce également que les enregistrements de Y’a du monde à messe, qui devaient commencer cette semaine, sont annulés. Deux hommes en or, qui devait être présentée en direct pour ses deux dernières de la saison, est reportée. À TVA, l’émission J.E. est retirée de l’horaire, on préfère que les journalistes se consacrent à la couverture du coronavirus.

Les choses pourraient débouler rapidement dans les prochaines heures pour tout le reste de la grille. Neuf associations d’artistes et de professionnels du milieu culturel implorent le premier ministre François Legault d’interdire tout tournage non essentiel en télé, cinéma, nouveaux médias et publicité, pour préserver la santé de leurs membres. Un tel scénario empêcherait l’entrée en ondes d’émissions comme Bonsoir bonsoir sur ICI Télé et Sucré salé à TVA, prévues prochainement. Les producteurs des séries District 31 et La faille ont dû prendre la difficile décision d’annuler leurs tournages en cours.

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Richard Therrien

TVA annule son Gala Artis

BLOGUE / Le Gala Artis, qui devait se tenir le 10 mai prochain à TVA, n'aura pas lieu. Le diffuseur explique que «mobiliser autant d’employés au cours des prochaines semaines pour créer une telle soirée est tout simplement infaisable.»

C'est la première fois en 35 ans d'existence que le gala qui récompense les vedettes préférées du public à la télévision est annulé.

«Dans les circonstances, c'est sûrement la meilleure décision à prendre, mais c'est extrêmement crève-coeur pour la merveilleuse équipe qui préparait le gala depuis des mois. Ce n'est que partie remise», a écrit sur Facebook Jean-Philippe Dion, qui devait coanimer la soirée avec Maripier Morin pour une troisième année consécutive.

À TVA, on admet que la décision a été difficile à prendre, mais étant donné que 350 employés travaillent à cette production, on ne voulait prendre aucun risque. «Comme il est impossible de prévoir l’évolution de la propagation de la COVID-19, et suivant les recommandations du Gouvernement du Québec, TVA ne peut envisager le regroupement de plus de 1000 personnes dans une salle de spectacle, ou même de reporter l’événement pour cette année», poursuit-on.

Un autre gala, celui de Québec Cinéma, est prévu pour le 7 juin prochain, sur ICI Télé.

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Télé et radio

District 31: on arrête tout

BLOGUE / Ce n’était qu’une question de jour avant qu’on décide d’annuler les tournages de fictions, en raison du coronavirus. Premières victimes de ces mesures exceptionnelles : les séries District 31 et La faille, et le long métrage Brain Freeze, dont les tournages ont été interrompus mardi matin. Et s’il n’en tient qu’aux neuf associations d’artistes et de professionnels du milieu culturel qui ont imploré le premier ministre d’agir, plus aucun tournage ne devrait avoir lieu, mis à part les émissions d’information.

Comment se conclura la saison de District 31? Quand aura-t-on le fin mot sur la «grossesse» de Nancy Riopelle? Hier matin, la productrice Fabienne Larouche avait toujours espoir que le tournage reprenne aujourd’hui, en prenant les mesures nécessaires. Or, trois acteurs vedettes de la série, Michel Charette, Geneviève Schmidt et Catherine St-Laurent, doivent désormais respecter une période d’isolement de 14 jours après être revenus de voyage, ce qui retarderait trop le tournage. Leurs personnages sont beaucoup trop importants pour qu’on les raye de l’histoire.

Fabienne Larouche est bien consciente que le public très fidèle à la série sera déçu, mais comprend tout à fait les craintes des membres de l’équipe. En fin de journée, elle disait souhaiter que le premier ministre tranche sur la question, de sorte que de telles décisions ne reposent plus sur les épaules des producteurs. À moins d’un revirement, la saison de District 31 se terminera deux semaines plus tôt, une patte en l’air, le 2 avril prochain.

Tel que Charles Lafortune l’anticipait dans ma chronique de lundi, le tournage de La faille a aussi dû être interrompu. «Ce sont les travailleurs qui ont exercé leur droit de refus», m’indique Catherine Escojido, conseillère à la direction de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son. Selon elle, «le gros bon sens a triomphé», alors que «les gens sentaient que leur santé n’était pas respectée» sur ces plateaux de tournage, bien que les producteurs aient pris de nombreuses précautions. Pour La faille, dont la deuxième saison est tournée en partie à Québec, on devra peut-être retarder sa mise en ligne sur le Club illico. Le tournage de Brain Freeze, long métrage de Julien Knafo mettant en vedette Roy Dupuis, avait pour sa part commencé le 16 février dernier. Sa sortie n’est prévue qu’au printemps 2021.

Parmi les neuf associations qui demandent au premier ministre François Legault d’exiger la fin des tournages de télé, cinéma, nouveaux médias et publicité, figurent l’Union des artistes, l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma. «Inutile de faire une longue démonstration pour illustrer à quel point les consignes données par la santé publique, particulièrement la distanciation sociale, sont inapplicables sur un plateau de tournage ou en studio, des milieux où la promiscuité fait partie des conditions de travail», plaide le collectif, conscient de la baisse de revenus qu’entraînera une telle décision pour ses membres.

TVA ANNULE SON GALA ARTIS

Le Gala Artis, qui devait se tenir le 10 mai prochain à TVA, n’aura pas lieu non plus. Le diffuseur explique que «mobiliser autant d’employés au cours des prochaines semaines pour créer une telle soirée est tout simplement infaisable.» C’est la première fois en 35 ans d’existence que le gala qui récompense les vedettes préférées du public à la télévision est annulé. «Dans les circonstances, c’est sûrement la meilleure décision à prendre, mais c’est extrêmement crève-cœur pour la merveilleuse équipe qui préparait le gala depuis des mois. Ce n’est que partie remise», a écrit sur Facebook Jean-Philippe Dion, qui devait coanimer la soirée avec Maripier Morin pour une troisième année consécutive. À TVA, on admet que la décision a été difficile à prendre, mais étant donné que 350 employés travaillent à cette production, on ne voulait prendre aucun risque. «Comme il est impossible de prévoir l’évolution de la propagation de la COVID-19, et suivant les recommandations du Gouvernement du Québec, TVA ne peut envisager le regroupement de plus de 1000 personnes dans une salle de spectacle, ou même de reporter l’événement pour cette année», poursuit-on. Un autre gala, celui de Québec Cinéma, est prévu pour le 7 juin prochain, sur ICI Télé.

Loto-Québec a pour sa part annoncé avoir mis sa Poule aux œufs d’or en quarantaine. L’émission du jeudi à 19h30 à TVA fera relâche jusqu’à nouvel ordre «pour limiter les déplacements et par souci de protection des gagnants et de la population», a indiqué la société d’État. On suspend aussi la vente de billets. Les tirages du 19 et du 26 mars seront honorés.

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Télé et radio

Silence on tourne... pour combien de temps?

CHRONIQUE / Nos émissions de variétés se tournent sans public, mais qu’en est-il de nos fictions au temps du coronavirus? L’escouade de Daniel Chiasson finira-t-elle la saison dans District 31? Alors que les Américains ont mis un terme au tournage d’un nombre incalculable de séries, les producteurs d’ici sont aux aguets : pas question de mettre en péril la santé de leurs équipes.

«Ça dépasse la télévision», m’a confié Charles Lafortune, qui était à Québec lundi, sur le plateau de La faille, dont il est un des producteurs chez Pixcom. Le tournage de la deuxième saison, qui se déroule en partie au Château Frontenac, en est à peine à sa sixième journée sur un total de 50. «On va sûrement devoir reporter. Si quelqu’un était malade, on ne peut pas risquer que tout le plateau soit contaminé», affirme le producteur, en contact constant avec les syndicats et le diffuseur, Club illico. Une cinquantaine de personnes oeuvrent sur un tel plateau, en plus de figurants occasionnels.

On le sent bien sûr inquiet lorsqu’il est question de La voix, dont il espère terminer la saison à TVA. Pas de problèmes pour les duels et les chants de bataille, déjà tournés, mais qu’arrivera-t-il lors des directs, qui commencent le dimanche 12 avril? «Nous avons plus de 250 spectateurs en studio», explique l’animateur, conscient qu’il faudra faire les choses autrement. «On devra être très créatifs.»

Fabienne Larouche croise les doigts pour pouvoir terminer le tournage de la présente saison de District 31, auquel il ne reste plus que neuf jours. «On arrive à la fin», explique la productrice, qui ne compte plus les moyens pris sur le plateau pour que l’équipe soit en sécurité : masques, gants de caoutchouc, savon, solution désinfectante, buffet remplacé par des boîtes à lunch, et on enregistre tout à la perche pour éviter la manipulation de micros-cravates. «Nous faisons nettoyer le studio et les loges à l’eau de Javel tous les jours», précise Fabienne Larouche, qui reste attentive aux directives de la Santé publique et ne rejette pas la possibilité de devoir mettre fin au tournage s’il le faut. «La santé est plus importante.»

Habituellement un irritant pour les équipes de création, les effectifs réduits de nos plateaux québécois constituent ici un avantage. Même chose pour la faible présence d’acteurs de 70 ans et plus. Dans le cas de District 31, un seul acteur a dû être remplacé parce qu’il revenait de la Floride. Lui-même en isolement puisqu’il revenait de Paris, l’auteur Luc Dionne a tout simplement changé le personnage. District 31 constitue le seul plateau actif d’Aetios Productions, puisque les tournages de Toute la vie, Clash et Sans rendez-vous ne sont prévus que pour le mois de mai. On devra alors réévaluer la situation, ce qui pourrait retarder la diffusion de plusieurs séries québécoises. Parce qu’on ne peut pas rayer complètement d’un scénario une histoire d’amour qui nécessite des rapprochements à l’écran.

Heureusement, le ministère de la Culture et des Communications a annoncé qu’il dédommagerait les travailleurs autonomes du milieu culturel, durant l’interruption des productions. Une procédure qui ne sera certainement pas simple à appliquer et on devine qu’il pourrait y avoir des délais.

TOUT LE MONDE EN PARLE EN DIRECT

La prochaine émission de Tout le monde en parle sera présentée en direct dimanche sur ICI Télé. La décision s’imposait, étant donné que la situation autour du coronavirus évolue d’heure en heure. L’émission diffusée dimanche, enregistrée trois jours plus tôt, paraissait désuète. Ce n’est la première fois que le diffuseur prend une telle décision, puisque l’émission de Guy A. Lepage et de Dany Turcotte avait été présentée en direct, au lendemain des attentats de Paris en novembre 2015.

On a vu Groupe TVA et Radio-Canada débrouiller leurs chaînes d’information continue et modifier sensiblement leurs programmations. Sur ICI RDI, les émissions Isabelle Richer, Les ex, Les décrypteurs et Les grands reportages sont retirées de l’horaire jusqu’à nouvel ordre. À 17h, En direct avec Patrice Roy est aussi diffusée sur ICI Télé, qui doit écourter l’émission On va se le dire et retirer temporairement Silence, on joue!, dont toutes les émissions de la saison ont déjà été tournées. Chez Québecor, la chaîne jeunesse Yoopa, à laquelle on a ajouté du cinéma en après-midi, est débrouillée à l’intention des écoliers en congé forcé. D’autres chaînes seront débrouillées, dépendant des distributeurs. Plusieurs ont suggéré sur les réseaux sociaux que Radio-Canada rende disponible gratuitement l’Extra d’ICI Tou.tv, en tout ou en partie. Impossible, répond le service des communications, «en raison des droits de diffusion». «ICI Tou.tv offre plus de 3500 heures de contenus accessibles gratuitement. Rappelons également que le premier mois de l’Extra est gratuit lors d’un nouvel abonnement», affirme Marc Pichette, premier directeur des relations publiques et promotion.

Richard Therrien

Tout le monde en parle en direct dimanche prochain

BLOGUE / Après avoir été la cible de plusieurs critiques, Radio-Canada annonce que Tout le monde en parle sera diffusée en direct dimanche à 20h sur ICI Télé.

La décision s'imposait, étant donné que la situation autour du coronavirus évolue d'heure en heure. L'émission diffusée dimanche, enregistrée trois jours plus tôt, paraissait désuète.

Ce n'est la première fois que le diffuseur prend une telle décision, puisque l'émission de Guy A. Lepage et de Dany Turcotte avait été présentée en direct, aux lendemains des attentats de Paris en novembre 2015.

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Télé et radio

Tout le monde en retard

CHRONIQUE / Soyons francs: c'est d'un Tout le monde en parle en direct dont on aurait eu besoin dimanche, comme ça avait été le cas après les attentats de Paris. Parce qu'il s'en est passé des choses autour du coronavirus depuis l'enregistrement de jeudi. Avec la pandémie qui nous tient vissés devant la télé, l'émission n'a jamais si bien porté son titre. C'est au milieu de gradins vides que Guy A. Lepage et Dany Turcotte ont reçu leurs invités, dans une ambiance d'un calme inhabituel.

Logique qu'on ouvre l'émission avec la microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste Caroline Quach et le directeur national de la santé publique Horacio Arruda, notre vedette du moment, tel André Caillé durant la crise du verglas. Visage familier depuis plusieurs jours, le Dr Arruda affirme que la crise était inévitable mais insiste sur la collaboration essentielle du public. «On peut essayer de diminuer la quantité de transmissions et l'étaler dans le temps», espère-t-il. Déjà jeudi, il affirmait que la fermeture de grands magasins était envisageable, trois jours avant l'annonce des mesures de dimanche concernant les cinémas et les bars, entre autres. Oui, la Covid-19 se transmet mieux que le SRAS, qui entraînait toutefois un pourcentage de décès plus élevé. Peut-on espérer un vaccin? Des tests sont déjà effectués sur des patients, affirme la Dre Quach, qui a dû se placer en quarantaine préventive au lendemain de l'entrevue. Elle rappelle que le vaccin contre l'ébola avait pu être utilisé avant son homologation, qui peut prendre 18 mois. Horacio Arruda, qui a dû quitter rapidement, n'a pas perdu son humour, invitant non pas Manon mais bien Diane à «peser su'l piton».

Toujours fascinant d'entendre l'astronaute David Saint-Jacques, à qui je décerne l'étoile du match. «Notre «Rocketman» à nous» était là pour raconter sa mission de sept mois à bord de la capsule Soyouz. Il confirme que la Terre est bel et bien ronde, quoi qu'en pense une certaine conseillère municipale de Gatineau. Dans l'espace, ils ont été au plus six collègues dans un espace qui pouvait se comparer à cinq autobus scolaires. Charmant de l'entendre raconter qu'il se préparait des gaufres avec du sirop d'érable en même temps que ses enfants, avec qui il pouvait communiquer régulièrement. Premier Québécois à utiliser le bras canadien pour attraper un vaisseau-cargo, M. Saint-Jacques a raconté sa sortie risquée de plus de six heures dans ce qu'il appelle «le vide spatial», et son retour éprouvant sur Terre. «C'est très désagréable durant quelques semaines», admet l'astronaute, alors désorienté et qui a dû réapprendre à marcher. Huit mois plus tard, il a récupéré complètement: il court et fait du ski. «Psychologiquement, c'est plus long», dit-il après ce «high» d'adrénaline.

Richard Therrien

Le top 10 du jeudi 12 mars 2020

BLOGUE / Signe que le public souhaite s'informer sur le coronavirus: les bulletins de TVA ont grimpé dans les sondages. Celui de 18h occupe la deuxième position du top 10 avec 919 000 téléspectateurs, alors que celui de 22h en obtient 620 000.

Le TVA Nouvelles de 17h, animé par Pierre Bruneau, attire quant à lui 536 000 fidèles.

À 19h30, La poule aux oeufs d'or reste première avec 886 000 à TVA contre 686 000 pour Infoman sur ICI Télé.

À 20h, 1res fois regagne la tête avec 810 000 sur ICI Télé devant Le bon docteur, vue par 784 000 à TVA, et L'amour est dans le pré, par 391 000 à V.

À 21h, J.E. est suivie par 556 000 téléspectateurs, et Infractions, par 456 000 à TVA. À ICI Télé, Enquête est choisie par 377 000 téléspectateurs, et à V, La semaine des 4 Julie en rallie 266 000.

1- District 31 (ICI Télé): 1 479 000

2- TVA Nouvelles 18h (TVA): 919 000

3- Le tricheur (TVA): 915 000

4- La poule aux oeufs d'or (TVA): 886 000

5- 1res fois (ICI Télé): 810 000

6- Le bon docteur (TVA): 784 000

7- Infoman (ICI Télé): 686 000

8- Les gags (TVA): 631 000

9- TVA Nouvelles 22h (TVA): 620 000

10- J.E. (TVA): 556 000

Source: Numeris

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mercredi 11 mars 2020

BLOGUE / La finale de Cerebrum a attiré 721 000 téléspectateurs sur ICI Télé mercredi soir. À 21h, Léo conserve la tête de justesse avec des cotes de 741 000 et 737 000 pour ses deux épisodes à TVA. À V, La semaine des 4 Julie en conserve 229 000.

À 19h30, L'épicerie garde le cap avec ses 734 000 habitués sur ICI Télé, contre 528 000 pour Autiste, bientôt majeur à TVA.

À 20h, victoire des Enfants de la télé et ses 830 000 fidèles sur ICI Télé, pendant qu'Animania en attire 608 000 à TVA.

1- District 31 (ICI Télé): 1 482 000

2- Le tricheur (TVA): 837 000

3- Les enfants de la télé (ICI Télé): 830 000

4- Léo 21h (TVA): 741 000

5- TVA Nouvelles 18h (TVA): 740 000

6- Léo 21h30 (TVA): 737 000

7- L'épicerie (ICI Télé): 734 000

8- Cerebrum (ICI Télé): 721 000

9- Animania (TVA): 608 000

10- TVA Nouvelles 22h (TVA): 598 000

Source: Numeris

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Richard Therrien

Vos émissions sans public

CHRONIQUE / Imaginez une grande émission de variétés privée d’applaudissements. Bonsoir l’ambiance. Il n’y a pas que les salles de spectacles et les amphithéâtres qui seront vides dans les prochaines semaines à cause du coronavirus; certains studios de télé aussi, du moins dans l’assistance. Après les réseaux américains, les diffuseurs québécois agissent et prennent la décision d’enregistrer leurs émissions sans public, pour ne courir aucun risque.

Ce sera le cas pour les deux dernières de la saison de Deux hommes en or, tournées le mercredi soir au Café du Monument national à Montréal, de même que pour La semaine des 4 Julie, sans spectateurs aux Studios MTL Grandé à partir de lundi à V, de Tout le monde en parle, enregistrée sans public jeudi soir au studio 42 de Radio-Canada, et d’En direct de l’univers samedi, mis à part la famille de l’invité José Gaudet. Cette absence de spectateurs changera forcément l’ambiance.

TVA procède aussi à plusieurs changements. Aucun spectateur ne sera admis sur le plateau de Ça finit bien la semaine. Quant aux émissions Animania, La poule aux oeufs d’or et Le tricheur, elles ne pourront accueillir qu’un maximum de 25 personnes en studio. Celles-ci ne devront ni revenir de voyage, ni présenter des symptômes, précise le diffuseur. On se prononcera plus tard sur les directs de La voix, prévus pour le mois d’avril. Les duels qui commencent dimanche sont déjà tournés.

À Télé-Québec, le public a bel et bien assisté au dernier enregistrement de la saison de Belle et Bum jeudi soir au National, mais Christian Bégin et ses invités devront s'en passer à Y’a du monde à messe, qui reprend bientôt l’antenne. À la radio sur ICI Première, La soirée est (encore) jeune proviendra d’un studio sans public samedi.

Là où on se gratte la tête le plus, c’est à RDS et à TVA Sports, qui devra boucher de nombreux trous dans la grille des prochaines semaines. Il restait encore huit matchs du Canadien diffusés à RDS, et trois à TVA Sports, qui détient en plus les droits de diffusion des séries éliminatoires. Hier à RDS, on a diffusé un épisode de 25 ans d’émotions sur le match du Vendredi saint et un documentaire sur Maurice Richard. Diffusera-t-on une sélection d’anciens matchs marquants de l’histoire comme lors du lock-out? On cherche plutôt à combler les cases vides par de la production originale. Outre le hockey, RDS doit se passer du tennis, de la Formule 1, du basketball, du baseball et du curling entre autres. Que fera TVA Sports de sa troisième chaîne, disponible uniquement durant les éliminatoires? Déjà que le Canadien allait encore rater les séries, la chaîne perdra le peu d’auditoire que lui auraient fourni les quarts de finale jusqu’à la finale.

Par ailleurs, l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision a annulé la tenue du gala des Prix Écrans canadiens, qui devait avoir lieu le dimanche 29 mars prochain. Si l’interdiction des événements regroupant plus de 250 personnes tient tout le printemps, on peut présumer que le Gala Artis serait compromis en mai, et le Gala Québec cinéma en juin.

Les différents réseaux réfléchissent à la question depuis que des diffuseurs américains ont demandé aux spectateurs de rester chez eux. Jeopardy!, Wheel of Fortune et les talk-shows de fin de soirée sont désormais tournés dans des studios déserts.

LA FAILLE AU CHÂTEAU FRONTENAC
Après Fermont, l’histoire de la deuxième saison de La faille se déroulera à Québec, en grande partie au Fairmont Le Château Frontenac. Jouée par Isabel Richer, la sergente-détective Céline Trudeau devra alors enquêter sur le meurtre d’un ancien ingénieur, responsable de l’effondrement d’un viaduc. En plus de revoir sa fille Sophie (Maripier Morin), elle aura aussi affaire au père de celle-ci, dont elle n’avait pas eu de nouvelles depuis 20 ans. Patrice Sauvé réalisera les neuf épisodes, signés Frédéric Ouellet en collaboration avec Guillaume Vigneault. Comme la première saison, qui a connu un énorme succès sur le Club illico, la seconde nous montrera l’hiver québécois. À Alexandre Landry, Benoît Gouin et David Savard, tous de retour, s’ajoutent entre autres Félix-Antoine Duval, Bruno Marcil, Geneviève Boivin-Roussy, Emile Schneider, Amélie Grenier, Romane Denis et Manuel Tadros. Le tournage de cette deuxième saison est déjà commencé.

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Télé et radio

Mon fils: toujours dans la vérité

CHRONIQUE / Quiconque a vu la dramatique d’Avec un grand A sur la schizophrénie a été marqué par la performance de Mario Saint-Amand. Presque 30 ans plus tard, Antoine L’Écuyer est absolument phénoménal en jeune schizophrène dans la minisérie Mon fils, disponible dès jeudi sur le Club illico.

Je suis sorti bouleversé du visionnement de presse de cette œuvre en six épisodes d’Anne Boyer et de Michel d’Astous, les auteurs de L’heure bleue, réalisée par Mariloup Wolfe avec une formidable sensibilité. L’histoire de ce jeune qui reçoit un diagnostic de schizophrénie, une bombe au sein de sa famille, a tout ce qu’il faut pour nous éveiller sur ce grand tabou dans notre société, pourvu qu’on ne se laisse pas rebuter par le sujet de départ.

Étudiant au niveau collégial, Jacob (Antoine L’Écuyer) n’est ni un délinquant ni un «enfant à problèmes». Il est même doué à l’école, enveloppé par une mère attentive et aimante. Mais la schizophrénie, insidieuse, ne choisit pas ses victimes par leur portefeuille ou leur classe sociale, et peut se présenter sans signes avant-coureurs. Suffit des fois d’une immense peine d’amour, additionnée à un peu d’alcool et de drogue, pour déclencher une psychose. C’est le cas de Jacob, laissé par sa blonde après trois ans de relation, et qui croit engourdir sa peine avec un peu de marijuana.

Mon fils vous paraîtra d’une grande crédibilité d’un bout à l’autre. Ça fera changement de Fugueuse et d’Épidémie, dont les finales ont rivalisé d’invraisemblance en début de semaine. Pour ne pas tomber dans la caricature, Mariloup Wolfe a consulté son propre père, qui est psychiatre, de même que Pierre Lalonde, du département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Mont­réal, spécialisé en schizo­phrénie. Tout devait être vérifié, des manipulations du personnel infirmier jusqu’aux hallucinations, auditives et visuelles, qui auraient facilement pu paraître burlesques. Quand Jacob voit apparaître un loup dans sa chambre, c’est d’un réalisme saisissant.

À ce titre, Antoine L’Écuyer ne donne jamais dans l’excès. Lorsqu’il vit une crise, on y croit, et on a mal pour lui, comme pour sa mère, en totale détresse. «Qu’est-ce qui m’arrive, maman?» lui demande-t-il en plein délire, dans une scène bouleversante. Élise Guilbault, qui joue dans la quatrième série de ce duo d’auteurs après Jeux de société, 2 frères et Yamaska, vous arrachera les larmes dans le rôle de cette mère pourtant forte et brillante, qui évolue dans un monde d’hommes comme chef de chantier. D’abord dans le déni, elle ne peut imaginer que son fils puisse sombrer dans la maladie mentale, lui à qui tout réussit. Émilie Bierre joue sa fille Laurence, toujours avec autant de justesse, et Patrice Godin, son ex et père des enfants, de retour d’un séjour de deux ans à San Diego. Un duo déjà père-fille dans la série Jenny sur Unis TV.

Luc Senay incarne avec beaucoup de sensibilité le psychiatre de Jacob. La bienveillance dans la fermeté. L’homme rappelle chaque fois que le fils, majeur, doit être témoin des conversations avec sa mère et lui, parce qu’elles le concernent. À noter, la présence de René Richard Cyr en co-chambreur de Jacob au centre psychiatrique, recréé dans une aile vacante de l’Hôtel Dieu à Montréal. «Y’a des micros partout ici. Pis lui, c’est un espion», lui lance ce patient schizophrène lui aussi, en guise d’accueil. Et Dominique Pétin, qu’on voit beaucoup trop rarement, joue l’amie de la famille et marraine de Jacob, une femme sans malice, mais aussi sans filtre.

Mon fils est une histoire fermée qui s’arrête au bout des six épisodes. Pas d’intrigue secondaire, on reste centré sur Jacob et sa famille. Un sujet sensible, dur, que les auteurs souhaitaient exorciser, eux qui sont aussi parents, et qu’ils parviennent à transmettre avec beaucoup de doigté et d’intelligence.

FIN DE L’HEURE BLEUE EN DÉCEMBRE

Signée aussi par Anne Boyer et Michel d’Astous, l’excellente série annuelle L’heure bleue s’arrêtera en décembre prochain à TVA. Voilà une œuvre qui ne faisait pas l’unanimité à ses débuts à l’hiver 2017, et qui a su convaincre des adeptes en cours de route. Mardi dernier, la scène de rédemption où Anne-­Sophie et Bernard (Céline Bonnier et Benoît Gouin) accueillaient Xavier (Rémi Goulet), qui a tué accidentellement leur fils, était puissante et faisait du bien, tant à nous qu’aux personnages. Même si on en prendrait encore, on sent que les auteurs adoucissent peu à peu tous les démons qui assaillent leurs personnages depuis le terrible drame, et commencent à boucler leurs intrigues. Mais qui sait quel coup bas nous prépare encore Véronique (Pascale Bussières), en qui Raphaël (Jean-Philippe Perras) ne devrait surtout plus faire confiance? Et suis-je le seul à anticiper que Thomas (Alex Godbout), soudainement père exemplaire, puisse commettre un geste grave?

Richard Therrien

Le top 10 du mardi 10 mars 2020

BLOGUE / La finale d'Épidémie a atteint le million avec 1 112 000 téléspectateurs à TVA. À la même heure, sur ICI Télé, 5e rang en a retenu 743 000, et sur V, La semaine des 4 Julie a été vue par 149 000.

À 19h30, La facture l'emporte avec 722 000 habitués sur ICI Télé contre La voix extra à TVA, choisie par 463 000.

À 20h, L'heure bleue est première avec 916 000 fidèles à TVA, devant Toute la vie, regardée par 744 000 à ICI Télé.

À RDS, le match entre les Predators et le Canadien a rallié 427 000 amateurs.

1- District 31 (ICI Télé): 1 579 000

2- Épidémie (TVA): 1 112 000

3- L'heure bleue (TVA): 916 000

4- Le tricheur (TVA): 900 000

5- TVA Nouvelles 18h (TVA): 826 000

6- Toute la vie (ICI Télé): 744 000

7- 5e rang (ICI Télé): 743 000

8- La facture (ICI Télé): 722 000

9- TVA Nouvelles 17h (TVA): 561 000

10- TVA Nouvelles 22h (TVA): 532 000

Source: Numeris

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Richard Therrien

Le top 10 du lundi 9 mars 2020

BLOGUE / La finale de Fugueuse a attiré 1 398 000 téléspectateurs lundi soir à TVA, comparativement à 1 310 000 il y a deux ans. Malgré ces chiffres impressionnants, le diffuseur a confirmé au Journal de Montréal que la série ne serait pas de retour pour une troisième saison. Sage décision. À la même heure, sur ICI Télé, Faits divers a conservé 401 000 fans, et à V, La semaine des 4 Julie en a rallié 199 000.

C'était aussi les adieux de la comédie En tout cas, vue par 724 000 fidèles à TVA, contre 909 000 pour Lâcher prise, dont ce sera le chant du cygne dans quelques semaines sur ICI Télé.

À 20h, L'Échappée maintient sa domination avec ses 1 061 000 habitués à TVA, contre 782 000 pour Une autre histoire à ICI Télé.

À 19h, Refuge animal est suivie par 662 000 adeptes à TVA contre 1 618 000 pour District 31 sur ICI Télé.

1- District 31 (ICI Télé): 1 618 000

2- Fugueuse (TVA): 1 398 000

3- L'Échappée (TVA): 1 061 000

4- Le tricheur (TVA): 1 042 000

5- Lâcher prise (ICI Télé): 909 000

6- TVA Nouvelles 18h (TVA): 886 000

7- Une autre histoire (ICI Télé): 782 000

8- En tout cas (TVA): 724 000

9- TVA Nouvelles 22h (TVA): 663 000

10- Refuge animal (TVA): 662 000

Source: Numeris

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Richard Therrien

Le top 10 du dimanche 8 mars 2020

BLOGUE / La concurrence est forte pour Tout le monde en parle, plus faible dans les sondages. Dimanche, l'émission a été suivie par 781 000 irréductibles sur ICI Télé, face à La voix, choisie par 2 015 000, et La vraie nature, par 1 221 000 à TVA.

Samedi, En direct de l'univers de Jean-Sébastien Girard, qui n'était exceptionnellement pas diffusée en direct, a intéressé 867 000 téléspectateurs sur ICI Télé. À TVA Sports, la rencontre entre le Canadien et les Panthers a retenu 550 000 amateurs.

1- La voix (TVA): 2 015 000

2- La vraie nature (TVA): 1 221 000

3- Vlog (TVA): 969 000

4- Tout le monde en parle (ICI Télé): 781 000

5- TVA Nouvelles 18h (TVA): 630 000

6- TVA Nouvelles 22h20 (TVA): 537 000

7- Découverte (ICI Télé): 497 000

8- Le téléjournal 22h20 (ICI Télé): 431 000

9- Les aventures du Pharmachien (ICI Télé): 366 000

10- Le téléjournal 18h (ICI Télé): 341 000

Source: Numeris

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Télé et radio

TLMEP: modèles de femmes

CHRONIQUE / La journée internationale des droits des femmes a été l'occasion pour Tout le monde en parle de confirmer à quel point il reste du chemin à parcourir. Que ce soit en matière de droit de la famille, de violence conjugale et du culte de l'apparence. Signe des temps: pour cause de coronavirus, on a laissé tomber la traditionnelle poignée de mains pour la remplacer par un petit coup de coude.

Le plateau ne manquait pas de modèles de femmes inspirantes, à commencer par Suzanne Pringle, à qui je décerne l'étoile du match. Récipiendaire du Prix du plaideur de l'année, elle s'est fait connaître en défendant Éric dans son procès contre Lola. Un cas qui s'est rendu jusqu'en Cour suprême et «a fait réaliser que le droit de famille est désuet», croit-elle. À l'ère des multiples modèles familiaux, Suzanne Pringle réclame haut et fort une réforme en profondeur du droit de la famille. La dernière remonte à 1980, c'est tout dire. Elle se désole de voir les enfants de ses premiers clients, parfois des femmes au début de la vingtaine, se soumettre au contrôle et à la violence de leur conjoint, et même que leur téléphone soit localisé par lui. La vie de tous les jours de Me Pringle, qui a souvent été mise en opposition avec Anne-France Goldwater, ne ressemble pas à celle d'Ariane Beaumont, qu'elle a inspirée dans Ruptures; elle ne se rend pas chez les clients pour discuter autour d'une tasse de café. Anecdote savoureuse quand Me Pringle a raconté avoir écrit une lettre d'amour pour permettre à un mari désespéré de regagner le cœur de sa femme.

Amoureuses des années 60, Chantal Lamarre et Sylvie Dumontier constatent que bien des choses ont changé depuis, mais pas toujours pour le mieux, dans le documentaire Madame revient de loin sur ICI ARTV. Comme le culte de l'apparence, devenu une obsession pour la femme de 2020. «J'ai l'impression qu'il y a beaucoup d'actrices qui vont finir dans une tourelle avec le store baissé», a blagué Chantal Lamarre, au sujet du botox et de la chirurgie esthétique, quand ce n'est pas la nymphoplastie, qui consiste à réduire la taille des petites lèvres. «C'est plus aliénant pour une jeune fille d'essayer de correspondre à tout ça. J'ai jamais pensé à mes ongles à 16 ans. […] J'avais mes sabots pis je pognais!» Pour sa part, Sylvie Dumontier a abandonné son personnage pour enfants de Shilvi il y a trois ans, avant de ne plus avoir l'âge pour le rôle, et parce que le marché devient de plus en plus difficile. «On ne peut pas se battre contre les tablettes et les jeux interactifs», affirme celle qui forme avec Chantal Lamarre le duo des Galipeau's, d'inspiration des années 60.

«Les crimes contre la personne diminuent mais pas les crimes de violence conjugale», constate Isabelle Charest, déterminée à agir dès maintenant pour améliorer la sécurité des victimes. La ministre responsable de la Condition féminine laisse entendre que le budget dévoilé mercredi prévoit des sommes pour lui en fournir les moyens. «J'ai été déçue», admet-elle au sujet du choix de la Ligue de hockey junior majeur du Québec de reporter sa décision sur l'abolition des bagarres. «Au football, au rugby, au baseball», il est interdit de se battre, rappelle la ministre. Au sujet des Jeux de Tokyo en suspens en raison du coronavirus, elle a une pensée pour les athlètes qui doivent garder toute leur concentration. Dany avait cette très bonne carte pour la ministre: «Si jamais vous voyez le mot UPAC apparaître sur votre afficheur, soyez sans crainte, ils se sont juste trompés de Charest.»

«Vous êtes les seuls à en vendre!» a lancé Dany Turcotte aux 2Frères, au sujet de leur troisième album À tous les vents, numéro un des ventes mais toujours pas sur les plateformes d'écoute en ligne – il le sera dans un mois. L'album plaît d'un bout à l'autre à Sonny Caouette, contrairement aux deux précédents, qui avaient des imperfections selon lui; il n'a jamais aimé Pépé, qui figurait sur le premier album. Chanson cachée sur l'album, la reprise de Snack-bar chez Raymond a été enregistrée chez son créateur, François Pérusse, leur idole de jeunesse. «C'est Dieu pour nous autres», affirme Erik. Certains ont été offusqués par leur chanson créée à partir des commentaires haineux reçus par Mariana Mazza. Le duo l'a pourtant fait pour dénoncer la violence des propos sur les réseaux sociaux.

Premier long métrage entièrement financé par Netflix pour une diffusion dans 190 pays, Jusqu'au déclin a été traduit en 30 langues. Patrice Laliberté n'aurait pas pu réaliser ce thriller sur un camp de survivalistes, du moins pas maintenant, si Netflix ne l'avait pas financé. «Ça va faire rayonner le Québec», a plaidé Réal Bossé, mentor survivaliste dans le film, et qui ne voit pas de dilemme moral à travailler pour Netflix. «C'est pas la job des artistes de récupérer des impôts, c'est la job des politiciens», a ajouté Guy A. Marie-Evelyne Lessard, qui a déjà manié des armes dans 19-2, a adoré ce rôle très physique d'ancienne militaire, qu'on voit dans des scènes très violentes. Chacun n'éprouve aucune difficulté avec l'aspect autonomiste des survivalistes, mais n'embarque pas dans leur paranoïa. «Ça prend pas beaucoup de personnes pour faire suer un paquet de monde», rappelle Réal Bossé, qui cite l'exemple de la crise du verglas.

«Il n'y aura pas de surprise si Trump gagne», affirme John Parisella dans une intéressante discussion avec Valérie Beaudoin, chercheure associée à l'Observatoire des États-Unis, sur la montée surprise mais fragile de Joe Biden chez les démocrates. Parisella ne croit pas aux chances de Bernie Sanders, toujours dans la course, considérant qu'il n'a pas profité de sa récente victoire pour marquer des points. L'un des atouts de Biden, selon lui, demeurent l'appui des Afro-Américains et sa proximité avec le couple Obama, qui jouit toujours d'une grande influence au pays. Selon les deux experts, Trump gère mal l'influence du coronavirus sur la déroute économique en cours. «Il base sa réélection sur le fait que le pays va bien», rappelle Valérie Beaudoin.

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Richard Therrien

Le top 10 du jeudi 5 mars 2020

BLOGUE / Ça brassait hier à District 31! La quotidienne de Luc Dionne, qui n'a pas quitté la première position de toute la saison en données préliminaires, a été suivie par 1 518 000 fidèles, très loin devant sa rivale de TVA, Les gags, vue par 586 000.

Le bon docteur arrive premier à 20h à TVA avec une cote de 854 000, devant 1res fois avec Julien Lacroix et Laurent Duvernay-Tardif, vue par 784 000 sur ICI Télé. À V, L'amour est dans le pré a rallié 427 000 fans.

À 21h, 569 000 ont choisi J.E. à TVA alors que 346 000 ont préféré Ces femmes qu'on tue sur ICI Télé et 59 000 sur ICI RDI. La deuxième heure de cette émission spéciale animée par Céline Galipeau a retenu 80 000 téléspectateurs sur ICI RDI. À V, La semaine des 4 Julie a été vue par 265 000 irréductibles.

À RDS, la rencontre entre les Canadiens et le Lightning a attiré 451 000 amateurs.

1- District 31 (ICI Télé): 1 518 000

2- La poule aux oeufs d'or (TVA): 886 000

3- Le bon docteur (TVA): 854 000

4- Le tricheur (TVA): 835 000

5- 1res fois (ICI Télé): 784 000

6- TVA Nouvelles 18h (TVA): 765 000

7- Infoman (ICI Télé): 626 000

8- Les gags (TVA): 586 000

9- J.E. (TVA): 569 000

10- TVA Nouvelles 17h (TVA): 518 000

Source: Numeris

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Richard Therrien

Chasseurs de nazis

CHRONIQUE / Le sujet de La chasse, version française de Hunters, est pour le moins audacieux et risqué : une escouade de chasseurs de nazis à New York, en 1977. La présence d’Al Pacino, sa première dans une série télévisée, donne de la crédibilité à l’ensemble, dont le ton est aussi décalé que violent. Quand une scène de camps de concentration côtoie une chorégraphie sur Staying Alive, vous voyez le genre? Bonjour la controverse. 

La chasse a d’ailleurs fait polémique dès sa mise en ligne il y a deux semaines sur Amazon Prime Video. Le Mémorial d’Auschwitz a dénoncé une scène d’échiquier humain, où des dirigeants nazis utilisent des prisonniers comme pièces du jeu, qui n’a rien à voir avec la réalité. Or, la série n’est pas un documentaire mais une fiction, qui joue avec la réalité. Si C’est comme ça que je t’aime, qui se déroule à la même époque, a des airs de bande dessinée, La chasse y entre de plain-pied.

Jonah Heidelbaum (Logan Lerman), un adolescent juif de New York, s’improvise revendeur de drogues pour subvenir tant bien que mal aux besoins du foyer, qu’il partage avec sa grand-mère. Un genre de Peter Parker, dont l’existence va radicalement changer le jour où sa grand-mère est assassinée dans leur logement devant ses yeux. Lors de ses recherches pour retrouver le meurtrier, tout un pan de la vie de son aïeule, qu’il était loin de soupçonner, s’ouvre à lui.

Entrent en scène les «chasseurs», escouade de sept vengeurs tous issus d’une minorité, qui se sont donné pour mission de débusquer d’anciens nazis qui vivent clandestinement à New York et, ultimement, de les éliminer. À leur tête, le richissime Meyer Offerman (Al Pacino), rescapé d’Auschwitz, qui prend sous son aile le petit-fils de son amie Ruth, et qui dissimule un côté sombre malgré son apparente bonté. Ne serait-ce que pour voir Pacino dans une série télé, ça vaut le détour. Parmi cette escouade bigarrée, une nonne sournoise, d’une cruauté sans nom, qui ne blaire pas le jeune Jonah, et qui le lui fera savoir.

La chasse ne fait pas dans la dentelle et collectionne les victimes. Plusieurs scènes sont d’une extrême violence, toujours un pied dans l’humour absurde. La première donne le ton de manière brutale; vous ferez d’ailleurs un parallèle étonnant avec la scène d’ouverture de C’est comme ça que je t’aime. À l’inverse des «chasseurs» subsiste un clan nazi ultra sophistiqué dont un des membres (Greg Austin) donne froid dans le dos, tant par son flegme, son regard que par ses gestes, d’une incroyable atrocité.

Comme j’ai besoin de m’attacher à des personnages pour apprécier une série, je m’en suis remis à l’agent du FBI Millie Morris (Jerrika Hinton), qui enquête sur le meurtre sordide d’une vieille dame, ancienne scientifique de la NASA. Parce qu’un meurtre est un meurtre, qu’il vienne des bons comme des méchants. On se prend bien sûr d’affection pour Jonah, anti-héros qui ne souhaite qu’honorer la mémoire de sa grand-mère et poursuivre sa mission.

Mais peut-on vraiment trouver à rire avec l’Holocauste, même si on la dénonce? Le créateur David Weil, qui s’est inspiré de sa propre grand-mère rescapée des camps de concentration, et le maître de l’horreur et producteur Jordan Peele (Get Out) en ont fait le pari. «Ce n’est pas un assassinat, c’est une mitsva», dit Offerman pour justifier ses crimes antinazis. À vous de juger si la fin justifie les moyens.

Pas mystifié par Mirage 

La nouvelle série Mirage, qui met en vedette Marie-Josée Croze, offre des prises de vue splendides sur Abou Dabi et le Maroc, entre autres. Réalisée par le Québécois Louis Choquette (Les honorables) et disponible sur Crave dès demain, cette coproduction de six épisodes dégouline de budgets faramineux. Un atout en soi, qui n’assure pas pour autant la meilleure histoire.

Claire Köhler a refait sa vie, 15 ans après la terrible disparition de son mari dans un tsunami. Mère d’un adolescent et remariée à Lukas, elle s’installe avec eux à Abou Dabi, et croit apercevoir son ancien époux, convaincue qu’il est toujours en vie. S’ensuit une course pour le retrouver, au prix de risques insensés. Dans le rôle principal, Marie-Josée Croze manque de chaleur pour qu’on s’intéresse réellement à sa quête. Encore qu’il faille saisir toutes ses répliques, parfois susurrées. En pénurie de personnages attachants, on se lasse assez rapidement de cette histoire décousue, à travers une surenchère d’images de cartes postales. Bref, ne perdez pas votre temps, on a bel et bien affaire à un mirage.