Télé et radio

«Pot Inc.», du très bon stock

CHRONIQUE / Ils n’ont rien d’une famille de granos ou de l’image qu’on peut s’en faire. Et pourtant, les Bertrand de Mirabel, plus gros joueurs de tomates roses en Amérique du Nord, ont renoncé à leurs serres de tomates roses des 27 dernières années pour se lancer dans la culture de cannabis.

Leur histoire pas banale est joliment racontée dans l’excellente série documentaire Pot Inc., diffusée dès le mercredi 22 août à 20h30 sur la chaîne Moi et cie. Une œuvre tout à fait d’actualité, pour nous préparer à la légalisation de la marijuana, en vigueur à partir du 17 octobre prochain.

Télé et radio

La joute de RDI

CHRONIQUE / À moins de deux mois de l’élection provinciale, ICI RDI envoie au front dès lundi prochain un de ses meilleurs analystes politiques et chef de bureau parlementaire, Sébastien Bovet, contre «La joute» de LCN, qui ravage tout dans les sondages. En ondes en semaine à 16h, «Mordus de politique» jouera sur le même terrain que son émission rivale.

«On s’aperçoit qu’il y a un appétit pour la discussion politique. Nous voulions donner à notre auditoire une autre option», explique Sébastien Bovet, image éloquente du mordu de politique.

Ne vous attendez pas pour autant à y voir Luc Lavoie et Bernard Drainville, sacrifiés par La joute au printemps. Questionné au Beau dimanche, le premier avait bien montré son intérêt pour un passage à Radio-Canada, et les deux noms ont alimenté certaines conversations en cours de préparation de Mordus de politique, mais rien n’a abouti. «On avait déjà un plan de match bien établi, identifié des personnes que nous voulions avoir, et on a gardé ce plan de match», explique M. Bovet.

Majoritairement féminin, le quatuor de débatteurs de tous horizons entourant Bovet se composera de l’ex-caquiste Hélène Daneault, de l’ex-péquiste Elsie Lefebvre, de l’ex-solidaire Françoise David et de l’ex-libéral Jacques Dupuis. Le vendredi, ils laisseront leurs sièges aux stratèges politiques Luc Ouellet, Jean Nobert et Dominic Vallières. Chaque jour, on gardera quelques minutes pour commenter la politique américaine.

Sébastien Bovet veut ce nouveau rendez-vous rigoureux, pertinent, ludique – «parce que j’ai du fun dans la vie» – et légèrement épicé. «On ne versera pas la bouteille de tabasco dans la recette, mais quelques gouttes pour que ce soit un peu plus relevé.» Jusqu’à l’élection, l’émission proviendra de Montréal, avant de s’installer à Québec. L’animateur a insisté pour rester dans sa ville, avec à sa portée l’Assemblée nationale, «le centre Bell de la politique».

LCN a plus à craindre de l’arrivée de Bovet dans ce créneau que de la défunte deuxième édition des Ex, qui s’est fait manger tout rond la saison dernière, et qui conserve sa case de 12h30. La chaîne concurrente n’a pas tardé à réagir en allongeant d’une heure sa Joute, qui commencera désormais à 15h, et en annonçant une panoplie de panellistes, dont l’ancien chef du NPD, Thomas Mulcair, et l’ancien ministre péquiste Stéphane Bédard. On verra s’ils pourront combler le vide laissé par les départs de Lavoie et Drainville, qui ont choisi de conserver leurs contrats de radio avec les stations de Cogeco, plutôt que de rester exclusifs à Québecor.

À sa première rencontre officielle avec la presse depuis son arrivée en poste comme nouvelle directrice générale de l’information de Radio-Canada mercredi, Luce Julien a reconnu les difficultés d’ICI RDI. Depuis 2016, la chaîne n’est plus imposée avec l’abonnement de base, ce qui constitue un défi supplémentaire. Ses parts de marché fondent au profit de LCN, qui domine outrageusement dans les sondages, et qui a connu un été exceptionnel, malgré le temps chaud. Mme Julien a par ailleurs vanté la transformation du Téléjournal de Céline Galipeau, beaucoup plus sur le terrain et qui n’a pas peur de proposer des reportages de cinq, six, sept minutes.

Patrice Roy succède à Anne-Marie Dussault à l’animation du débat des chefs, le jeudi 13 septembre à 20h, que proposeront aussi Télé-Québec et V, de même que les sites de plusieurs groupes de presse, dont Groupe Capitales Médias et La Presse – TVA propose son propre débat. M. Roy, qui animera aussi la soirée électorale, promet une formule de débat différente, qui laissera un peu plus respirer les quatre chefs, en plus de laisser les électeurs poser leurs questions. Anne-Marie Dussault animera deux spéciales, avant et après le débat, en plus de reprendre 24/60 en semaine à 19h, qui sera beaucoup consacrée à la campagne.

Du côté des affaires publiques, on ajoute une case documentaire permanente, le samedi à 22h30 sur ICI Radio-Canada Télé, intitulée Doc humanité, à compter du 13 octobre. Quelques titres : L’amour à la plage, sur les snowbirds québécois en Floride, et Derrière les portes de l’ITHQ, à l’occasion du 50e anniversaire de l’institution touristique et gastronomique. Le dimanche à 18h30, Découverte consacrera toute une émission à l’impressionnant chantier du nouveau pont Champlain et une autre à la préparation de l’astronaute David Saint-Jacques.

Télé et radio

ICI ARTV, moins drôle, plus cultivée

CHRONIQUE / On a souvent reproché à ICI ARTV de ne pas être assez culturelle, à raison. Voici que les patronnes de la chaîne profitent de la disparition de quelques émissions d’humour pour ramener la culture à l’avant-plan dans la nouvelle programmation de cette chaîne, qui commence dès samedi, devançant ses concurrentes d’au moins une semaine.

Ce mouvement souhaitable coïncide avec l’arrivée de Marie-Claude Wolfe à titre de première directrice d’ICI ARTV et ICI Explora. Ainsi, ne cherchez plus dans la grille Paparagilles, «qui avait fait le tour», juge Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada. Quant à Info, sexe et mensonges, l’émission reviendra, mais au printemps, et seulement sur ICI Radio-Canada Télé. Ce qui change passablement la couleur des vendredis soir d’ICI ARTV, et qui permet de ramener C’est juste de la TV à 21h, son ancienne case horaire.

C’est aussi le vendredi soir qu’on loge trois grosses nouveautés, toutes culturelles, en commençant par Pour emporter. France Beaudoin y fera des entrevues d’une heure, un luxe en télévision, autour des mots, qu’ils proviennent de livres, de théâtre, de poésie ou d’ailleurs. Serge Denoncourt inaugure la saison le 17 août à 20h. Virginie Fortin y dira ne pas avoir peur des quotas pour favoriser l’équité. Marc Labrèche y relatera cette période d’agonie de son épouse Fabienne, durant laquelle il ne distinguait plus les couleurs autour de lui. Le philosophe Frédéric Lenoir, Patrick Lagacé, Louis T et l’écrivain et slameur David Goudreault ont aussi participé à cette saison de 20 émissions, dont 12 ont déjà été tournées au Centre des sciences de Montréal, dans une ambiance lounge. Le public repart avec des citations et des œuvres dont il aura été question durant l’émission, et Antoine Gratton agrémente le tout en musique. Les extraits montrés aux journalistes annoncent le meilleur et rappellent le talent qu’a France Beaudoin d’arracher gentiment à ses invités des confidences qu’ils ne livreraient pas ailleurs.

Pendant une pause de Pour emporter, on enchaînera à partir du 26 octobre à 20h avec Faire œuvre utile, inspirée du livre d’Émilie Perreault, qui réunit gens du public et artistes qui les ont inspirés ou ont changé leur vie. Robert Lepage a bien voulu se prêter au jeu il y a deux semaines, en pleine tourmente de SLÂV et Kanata. Je n’ai vu que quelques minutes et j’ai déjà l’œil humide. Fred Pellerin, Denis Villeneuve, Mariana Mazza et Marc Séguin y seront. Le nouveau magazine culturel de Sébastien Diaz, L’effet wow, n’est attendu qu’en janvier, aussi logé le vendredi, à 22h.

Richard Therrien

Cheval-serpent : le soap se poursuit

CHRONIQUE / Je ne pense pas brûler un gros punch en vous disant que le Cheval-serpent rouvre ses portes dans la deuxième saison de la série de Danielle Trottier, en ligne sur ICI Tou.tv Extra depuis mercredi. Sans bar de danseurs nus, l’œuvre aurait perdu sa raison d’être. Fallait bien que les propriétaires, Dorice et David (Sophie Prégent et Guillaume Lemay-Thivierge) se relèvent les manches pour garder ses membres bien en vie.

La réputation de l’établissement en a quand même pris un coup, avec la descente du dernier épisode de la première saison. La clientèle est plus timide, clairsemée, dans un bar qui paraît vide. Quand les danseurs, les seuls qui restent, s’amènent sur scène, moins de cris, moins d’ambiance. Ça fait presque pitié.

Mais ce n’est pas le pire. La maladie de Dominique (Élise Guilbault) — la sclérose latérale amyotrophique — s’aggrave, au point qu’elle perd la maîtrise de ses mouvements. Dorice voudrait engager une infirmière, mais sa blonde ne se sent pas prête. Le Cheval-serpent arrive rapidement deuxième dans ses priorités. Ce n’est pas plus rose pour David, dont la mère suicidaire perd complètement la carte, additionne les crises de colère et se saoule jusqu’à en perdre conscience. Louise Portal est bouleversante dans le rôle d’Odile, une femme blessée qui ne se remet pas de la mort de son grand amour, l’ex-maire Saint-Pierre et père de David. Son fils illégitime devra prendre de grandes décisions.

L’absence de Dorice permet à Simone (Catherine Saint-Laurent) d’imposer sa vision sur ce que devrait être le Cheval-serpent, qui jure nettement avec celle de David. Elle engage un nouveau chorégraphe et de nouveaux garçons, qui sont davantage des danseurs de ballet que des danseurs nus. Pete (Francisco Randez) l’avait bien dit : engage pas des universitaires.

Le maire de Montréal, Laurent Saint-Pierre (Daniel Parent), récite sa liste d’épicerie directement au chef de police, qui exécute. Il a peut-être remporté le premier round en obtenant la fermeture temporaire du bar de son frère ennemi, il ne l’a pas encore mis K.O., quoi qu’en pense sa démoniaque mère (Marie Tifo), qui savoure les déboires du Cheval-serpent en soutenant des regards de bitch, et manipule son fils comme une marionnette. Elle se console en repensant à cette danse lascive que lui a offert Franck (Claude Bégin), sa taupe, qui a pris le large depuis. Laurent est plutôt hanté par cet oreiller qui lui a permis de tuer son père dans son lit de mort.

Quelques nouveaux personnages font leur apparition. Dont celui de l’avocate (Laila Thibeault-Louchem) qui défendra le Cheval-serpent, et qui s’intéresse de très près à David. Et du directeur (Patrick Goyette) du centre où Odile effectue sa cure de désintox. Elle lui fera la vie dure, à coups de «quessé que tu veux que je côlisse de ma vie?»

On a beaucoup parlé de la pudeur de la première saison, très chiche sur ce qu’elle montrait de l’anatomie masculine, alors qu’il en est tout autrement dans la réalité. Ça se poursuit dans la deuxième saison, du moins dans les premiers épisodes, qui montrent moins de scènes de danse, pendant que le bar tente de se refaire une clientèle. Au fait, ceux qui remarquent ce genre de détails seront surpris de constater que l’intérieur du Cheval-serpent n’a pas changé, mais qu’il a changé d’adresse, sans qu’on y fasse allusion.

Rafaël Ouellet (Nouvelle adresse, Fatale-Station) a succédé à Sylvain Archambault à la réalisation des 10 nouveaux épisodes, pour les raisons que l’on connaît. Cette seconde saison ne joue pas davantage dans la subtilité. Cheval-serpent doit être prise pour ce qu’elle est, un soap aux personnages caricaturaux et excessifs, et aux rebondissements tirés par les cheveux. Et comme à un soap, on s’y accroche pour savoir jusqu’où ça ira.

***

Sur ces mots, je prends quelques semaines de vacances et vous souhaite un bel été, chaud et ensoleillé.

Télé et radio

«Anne»: en français avant l'anglais

BLOGUE / Mis à part pour le premier épisode, présenté en version originale anglaise à CBC le dimanche 23 septembre, les francophones verront la deuxième saison de la série «Anne» avant les anglophones au Canada.

C'est qu'ICI ARTV diffusera la série à raison de deux épisodes par jeudi soir, dès le 27 septembre, alors que CBC n'en présente qu'un par dimanche.

La première saison avait fait gonfler les parts de marché d'ICI ARTV la saison dernière. Les 10 nouveaux épisodes seront diffusés plus tard sur ICI Radio-Canada Télé.

Le plus ironique, c'est que les abonnés de Netflix à l'extérieur du Canada auront accès à la deuxième saison à partir du 6 juillet, donc plus de deux mois avant nous, alors qu'il s'agit pourtant d'une série canadienne. Un décalage qui profitera, hélas, au piratage.

Notez que ce blogue fera relâche en juillet, de retour en août.

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Télé et radio

Les choix télé de Richard Therrien

VENDREDI

C.B. STRIKE

SUPER ÉCRAN À 23H

Série inspirée des romans de J.K. Rowling. Un détective doit élucider la mort suspecte d’un mannequin.

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SAMEDI

LE GRAND SPECTACLE DE LA FÊTE NATIONALE
DANS LA CAPITALE 2018

TÉLÉ-QUÉBEC À 21H30

Garou, Gregory Charles et Isabelle Boulay coaniment la soirée sur les Plaines.

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DIMANCHE

LE GRAND SPECTACLE DE LA FÊTE NATIONALE À MONTRÉAL 2018

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ À 20H

Spectacle de la veille, sur la place des Festivals, animé par Guillaume Lemay-Thivierge.

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LUNDI

QUÉBEC SUR DEMANDE

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ À 18H30 ET 23H

Maxime Denis et Sandra Lalancette pilotent ce nouveau magazine. Première invitée: Véronique Cloutier.

Télé et radio

Luc Bellemare, à la barre de «L’antichambre»

CHRONIQUE / Luc Bellemare devient l’animateur principal de «L’antichambre», de retour cet automne pour une 11e saison à RDS. À l’emploi de la chaîne sportive depuis bientôt 20 ans, il prend la relève de Stéphane Langdeau, du lundi au jeudi à 21h30 (ou après le match), alors que Pierre Houde et Chantal Machabée se relaieront dans le même siège, le vendredi et le samedi.

Depuis le départ de Langdeau, qui était là depuis le début, Luc Bellemare est celui qui a animé le plus souvent ce rendez-vous des amateurs de hockey. Le diffuseur considère qu’il a fait ses preuves pour piloter une émission, notamment à Entre deux matchs avec Gaston Therrien et Benoît Brunet, sur RDS Info.

Même si on procédera à d’autres changements mineurs, la formule de L’antichambre demeure la même. RDS répète tenir à cette franchise, émission phare de l’antenne depuis 2008. Rappelons que Stéphane Langdeau avait dû quitter RDS en mars dernier, après avoir été la cible d’une plainte à la Sûreté du Québec de la part de l’ancien animateur de radio Gary Daigneault. Il n’est pas question d’un retour pour Langdeau à RDS.

Par ailleurs, RDS annonçait hier l’arrivée d’Avec pas d’match, un nouveau rendez-vous coanimé par les comédiens Nicolas Pinson et Salomé Corbo sur RDS Info, RDS.ca et l’application RDS. Maîtres de l’improvisation, ceux-ci commenteront en temps réel 20 matchs du Canadien en compagnie d’invités. Derrière eux, on pourra voir le match en cours sur un écran géant, mais sans le son de RDS. Gildor Roy, Sophie Cadieux, Pier-Luc Funk, Rémi-Pierre Paquin et Pierre-Yves Lord ont confirmé leur présence, mais on souhaite avoir plus de femmes dans la liste. Des panellistes de L’antichambre pourront aussi apporter leur contribution à cette émission, qui fera beaucoup appel aux réseaux sociaux. RDS souhaite ainsi élargir l’auditoire du hockey, particulièrement chez une clientèle jeune. Les dates de diffusion seront déterminées à partir du calendrier de la LNH, dévoilé jeudi.

Télé et radio

«Les Chefs!»: Antoine gagnant, Laurent deuxième

CHRONIQUE / «Ça va être chaud», avait prédit Laurent. Et ce fut le cas. Après la seule femme, Ann-Rika Martin, à l’avoir emporté l’an dernier, Antoine Baillargeon, de Montréal, devient le septième homme vainqueur des «Chefs!» Laurent Matte-Boily, du restaurant Chez Saint-Pierre, au Bic, a terminé deuxième, alors qu’Andrée-Ann Lachance, du Ciel Bistro Bar à Québec, a été éliminée après les entrées.

C’est avec du pigeonneau, un de ses produits préférés, et un pouding chômeur réinventé qu’Antoine, sous-chef chez Maison Boulud, a séduit les trois juges. Preuve qu’il ne faut jamais se décourager, Antoine s’était déjà inscrit aux auditions des Chefs! il y a quatre ans, sans être choisi. «C’était l’année de Jérôme Rouault, avec qui je travaillais, qui a gagné, et j’étais très content pour lui», se souvient Antoine, joint au téléphone après sa victoire. C’est son patron, le chef exécutif Riccardo Bertolino, qui l’a convaincu de se réessayer, et le voilà gagnant.

Pour cette finale, qui se tenait pour la première fois à la fin du printemps plutôt qu’en septembre, les trois finalistes disposaient de cinq heures pour préparer un menu gastronomique de quatre services, inspiré des saveurs de leur enfance ou de moments marquants de leur vie. Tous les plats donnaient l’eau à la bouche.

Je dois dire que, jusqu’au dernier instant, je n’aurais pu prédire la victoire d’Antoine. Parce que le menu de Laurent, portant la signature du Bas-du-Fleuve, récoltait davantage d’éloges des juges. Le concurrent lui-même était pleinement confiant, donnant un bon spectacle durant toute l’heure. Son entrée de cerf au poivre sauvage avec son espuma d’oignons et soya «frisait la perfection», au dire de Jean-Luc Boulay. Ça s’est donc joué sur le plat principal. «Le niveau technique d’Antoine était supérieur», a souligné le juge, préférant le pigonneau à la morue noire vapeur de Laurent. «Ça prend du croustillant, ça prend une tuile!» a lancé M. Boulay, au sujet du parfait à l’érable de Laurent, sûrement très bon, mais trop peu garni. Une tuile pour l’aspirant-chef, qui s’était dit dès le départ : «Do your best, forget the rest» («Fais de ton mieux, oublie le reste»).

Par contre, l’élimination d’Andrée-Ann après les deux entrées n’a pas été une surprise. Pas que ses assiettes ne semblaient pas appétissantes, mais les juges s’entendaient pour dire qu’elle avait choisi des plats plus faciles à cuisiner que ses deux compétiteurs. Sa deuxième entrée, les champignons en trois façons, «manquait de finesse et de raffinement», a commenté Normand Laprise.

Laurent, qui aime le risque, on le sait, semblait prendre plaisir à augmenter le niveau de stress, en garnissant au tout dernier instant, et en laissant brûler sa cuillère de bois. «Il aime ça jouer avec le feu», a blagué Normand Laprise. Même un champion commet des erreurs; Antoine a oublié d’ajouter ses chips de peau de poulet à son entrée, et a servi un pouding chômeur qui ressemblait à un dessert aux fraises. «C’était un clin d’œil à ce dessert rustique, que je voulais alléger», explique le gagnant. On a craint un moment que l’oubli des chips lui coûte la victoire, mais ça n’a pas été le cas. «C’est vraiment une erreur de stress. Elles étaient juste à côté de moi en plus! Je les ai quand même servies aux juges après l’émission.»

Antoine, qui a remporté 20 000 $ en bourse, ignore encore ce qu’il en fera. «Je vais juste le placer pour l’instant, peut-être voyager.» Il se réjouit du voyage à Londres qui complète le prix, une destination qu’il n’a jamais visitée. À plus long terme, comme la plupart des gagnants des Chefs!, Antoine souhaite ouvrir son propre restaurant. «J’attends la bonne opportunité. Je suis chez Maison Boulud depuis six ans, je suis prêt à passer à la prochaine étape.»

«L’EFFET WOW» DE SÉBASTIEN DIAZ

Après cinq ans de Voir et quatre ans de Formule Diaz à Télé-Québec, Sébastien Diaz animera un nouveau magazine culturel, l’hiver prochain sur ICI ARTV et ICI Radio-Canada Télé. Ne vous attendez pas à entendre de la critique à L’effet wow, qui se nourrira des coups de cœur artistiques de l’animateur. L’émission d’une heure sera tournée dans différents endroits chaque semaine. Sébastien Diaz y mènera des entrevues, mais permettra aussi au public de poser des questions aux artistes invités. On donnera même la parole à des aînés dans un segment intitulé «La ligue du vieux poêle». L’animateur parle d’«un gros paquet de gomme balloune qui va plaire à tout le monde». Diaz n’est pas en froid avec Télé-Québec, où il poursuivra la coanimation de Format familial avec sa femme, Bianca Gervais. L’effet wow ne compromet en rien Esprit critique, autre magazine culturel d’ICI ARTV, de retour à l’automne.

Chronique

Un décor en «odorama»

CHRONIQUE / Je ne vous mens pas : même le décor de la nouvelle comédie «Discussions avec mes parents» sent l’humidité des vrais sous-sols de banlieue, restés figés dans les années 80. La moquette partout, les divans «chesterfields», les teintes d’orange et de brun, on s’y croirait. En mettant le pied en studio à Ville Lasalle, où on a recréé la maison de son enfance, François Morency a rapidement pu s’imprégner de son rôle de fils qui rend visite à ses parents. Comme dans la vraie vie.

Diffusée cet automne sur ICI Radio-Canada Télé et réalisée par Pascal L’Heureux (Les pêcheurs), la série de 13 demi-heures, actuellement en tournage, est inspirée du livre Discussions avec mes parents, fruit de conversations cocasses au téléphone.

Sur le plateau, où on tourne encore pour une trentaine de jours, plusieurs journalistes avaient l’impression de revivre leur enfance, tellement l’endroit leur semblait familier. Le décor n’est pas une réplique parfaite de la maison d’enfance de Morency, mais presque. L’équipe a pu compter sur les images de Viens-tu faire un tour?, dans laquelle l’humoriste a revisité cette maison, qu’il a habitée de sa naissance à 24 ans, et que ses parents ont vendue il y a 20 ans. Sur les murs, des cadres montrent les photos d’enfance des vrais acteurs et actrices.

En voyant Morency et ses parents d’adoption, Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay, tourner une scène, j’y ai vraiment cru. François arrive à la maison, s’assoit avec son père, les deux se regardent sans savoir quoi se dire, en espérant que la mère arrive au plus vite pour meubler les discussions. J’avais l’impression d’avoir mon père au téléphone, qui me passe ma mère après m’avoir rapidement demandé comment j’allais.

Entre les rires, certaines scènes viendront émouvoir le public. Comme celle où François découvre que son père, qui ne l’a jamais complimenté sur sa carrière, accumule dans des scrapbooks des coupures de journaux sur son célèbre fils. «C’est la seule personne que j’avais l’impression de ne pas parvenir à satisfaire. Les scrapbooks, c’était sa façon de me dire qu’il s’intéressait à moi. Ça m’a un peu chamboulé quand on a tourné cette scène», reconnaît-il.

À peine 20 % du livre se retrouve à l’écran, tout le reste ayant été créé pour la série. Dans une autre scène, François arrive à la maison avec une boule intelligente, réplique du Google Home, à qui on peut demander la météo ou de faire jouer une chanson. Le cadeau est plutôt mal reçu. «Ça n’est jamais arrivé mais ça aurait pu. Tout ce que j’invente doit respecter la logique de ce que sont mes parents.» On a aussi joué sur l’âge des personnages; les parents de François, qui ont en réalité 90 ans, ont été rajeunis de 15 ans; François a cinq ans de moins et devient l’aîné de son frère et de sa sœur, joués par Blaise Tardif et Caroline Bouchard.

Dans l’histoire, la maison est située dans Saint-Sacrement, mais seules quelques scènes de transition ont réellement été tournées à Québec. Les scènes extérieures sont tournées dans le Vieux-Longueuil, alors que tout le reste est tourné en studio. On verra aussi Morency dans un condo montréalais, et dans ses rencontres amoureuses, qui tournent inévitablement au désastre, dont une avec une femme mariée. Tirée de la vraie vie? «Oui, et d’aplomb à part ça!» répond Morency. Quelques flashbacks nous montreront le petit François, enfant.

Comme les lecteurs du livre, vous risquez de reconnaître des membres de votre famille. «C’est universel. Nos parents nous exaspèrent tous un peu mais on les aime», affirme le producteur Guillaume Lespérance. Chez les Morency, tout le monde, à un moment ou à un autre, devient le souffre-douleur du reste de la famille. Mais on sent toujours beaucoup d’affection dans ce clan tissé serré. «Ce n’est pas une famille déchirée, il n’y a pas de chicanes.»

LE BEAU DIMANCHE LE PLUS REGARDÉ

La présence de Luc Lavoie, Martine Ouellet, Antoine Bertrand et Robin Aubert a permis au Beau dimanche d’obtenir son plus gros score depuis ses débuts avec 600 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé. Mais c’est le talk-show Les poilus qui arrive premier dimanche soir, suivi par 653 000 amoureux des animaux. Michel Barrette arrive troisième avec Viens-tu faire un tour?, regardée par 586 000 fidèles.

Télé et radio

Luc Lavoie à Radio-Canada: pourquoi pas?

CHRONIQUE / Luc Lavoie se retrouvera-t-il à Radio-Canada cet automne? «Évidemment que ça me tenterait», a-t-il dit sans hésiter à l’émission Le beau dimanche. Le commentateur des deux dernières années à «La joute» à LCN a une hypothèse pour expliquer son «renvoi» de TVA : «Je servais de leçon aux autres». Selon lui, le diffuseur se serait servi de son cas pour dire à ses autres vedettes que c’est ce qui les attendait s’ils choisissaient de résister à leur exigence d’exclusivité. Malheureusement, l’animateur Jean-Philippe Wauthier n’a pas relancé son invité sur cette étonnante réponse, peut-être trop pressé par un agenda chargé dimanche.

Le Soleil annonçait mercredi que Luc Lavoie avait accepté de faire de la radio avec Bernard Drainville au 98,5 à partir du mois d’août. TVA lui a demandé d’y renoncer, mais il a refusé. «Je tiens ma parole», a-t-il dit. Depuis ses dernières discussions avec TVA, Luc Lavoie n’a pas reparlé à Pierre Karl Péladeau, dont il a longtemps été le bras droit et ami. Après 20 ans chez Québecor, il reconnaît avoir été déçu de cette décision. «Un peu, un peu. Mais les affaires sont les affaires», reconnaît-il. De là à se laisser aller au découragement, quand même pas. «Il y a des émotions qui viennent en jeu, mais il faut retomber sur ses pieds et continuer.» Ne lui reste maintenant que Radio-Canada pour s’exprimer à la télé, diffuseur qu’il a pourtant maintes fois pourfendu, alors qu’ICI RDI bâtit justement l’équipe de sa nouvelle émission de 16h, contre La joute.

«On va passer à l’histoire pour une chose, toi et moi: on s’est fait sacrer à la porte en même temps, le même jour!» a-t-il blagué au sujet de Martine Ouellet. Quelques jours après avoir obtenu un faible vote de confiance de 32%, la bientôt ex-chef du Bloc québécois était tout sourire dimanche. On était loin de la mine déconfite à Tout le monde en parle, l’hiver dernier. Si Martine Ouellet se reproche une chose, c’est d’avoir cru que les membres du Bloc assumaient leur mandat de faire la promotion de l’indépendance. Selon elle, le fait que «les démissionnaires ne reviendront pas» est bien la preuve qu’elle n’était pas le principal problème. Elle croit aussi que le fait qu’elle soit une femme a joué contre elle.

Luc Lavoie, qui n’a jamais épargné Martine Ouellet à La joute, s’est retenu cette fois. «En politique, on attaque les idées, pas les personnes», a-t-il dit, rappelant être allé manger au restaurant avec elle. Antoine Bertrand a questionné la politicienne en sabbatique forcée sur le faible appui à la souveraineté, particulièrement chez les jeunes. «La jeunesse était de votre bord [autrefois]», a-t-il rappelé. Ouellet est plutôt convaincue que les luttes intestines au sein du mouvement indépendantiste ont torpillé le concept d’indépendance, pourtant tout aussi pertinent, croit-elle.

En début d’émission, Antoine Bertrand a raconté être parti trois mois en voyage, notamment au Sénégal, où il a assisté à un combat de lutte avec frappe, le sport national. Il s’est retrouvé le seul Blanc de l’assistance, à devoir accorder des entrevues à des médias sénégalais, étonnés par sa présence!

On ne peut qu’aimer la franchise de Robin Aubert, dont le film Les affamés a remporté huit trophées du Gala Québec Cinéma. Il se surprend qu’on ait qualifié sa sortie sur la distribution déficiente de son film de «coup de gueule». Il considère n’avoir dit que la vérité. «Qui va m’empêcher de faire des films?» a-t-il demandé à l’animateur, qui soulignait le courage de sa franchise.

Aubert n’a pu s’empêcher de ridiculiser le propriétaire de salles de cinéma, Vincent Guzzo, convaincu qu’il s’agit d’un personnage inventé. «Chu sûr que le soir, y est en Speedo, y regarde Tu dors Nicole, pis y’aime ça. […] On dirait un personnage de Pierre Falardeau», a-t-il imagé. Aubert, qui tourne une série policière en anglais à Montréal pour CBC, a aussi raconté que Michel Côté l’avait texté, froissé par un commentaire dans son discours de remerciement. Les deux ont fini la conversation en se disant qu’ils s’aimaient.

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