Télé et radio

Le gros câlin du vendredi

CHRONIQUE / J’attendais avec un mélange d’impatience et de crainte la série documentaire inspirée du livre «Faire œuvre utile», d’Émilie Perreault. L’ouvrage m’a habité durant toute sa lecture, et même après, tant j’y mesurais l’importance insoupçonnée de l’art dans les vies de tout le monde. Comme une preuve de la nécessité de la musique, de la peinture, des livres, des séries télé, du théâtre dans nos existences.

En même temps, en cet automne qui s’installe, on est tenté de fuir les occasions de larmoyer. Parce que les cas abordés par Émilie Perreault sont rarement l’occasion de faire la fête. On parle de sujets graves, d’une mère et d’une fille en deuil après l’accident tragique du père de famille. D’une mère qui assiste au spectacle de Patrice Michaud à la place de sa fille, récemment décédée. C’est vrai, Faire œuvre utile risque de vous faire sortir deux ou trois mouchoirs. Mais on en sort pourtant avec un sentiment de bien-être, celui d’une réparation rendue possible par une œuvre artistique. Émilie Perreault a une approche très humaine et investie, aucunement racoleuse. Mes craintes sont dissipées. 

Enveloppée par la sublime musique d’Alexandra Stréliski, qu’on a vue récemment à Tout le monde en parle, Faire œuvre utile est en soi un objet d’art, tant la réalisation et le montage sont soignés. Dix émissions seront proposées jusqu’à la période des Fêtes, le vendredi à 20h sur ICI ARTV, dans la case de Pour emporter, les entrevues de France Beaudoin, qui reviendront cet hiver.

Chaque émission s’attarde à deux histoires, et réunit un artiste et une personne qu’il a inspirée. Dans la première émission, diffusée le 26 octobre, le cas d’Annick est particulier. Pierre, l’amour de sa vie, meurt assassiné à une semaine de la naissance de leur petite Alice. Un crime terrible, qui restera impuni. Un soir, elle regarde Tout le monde en parle et voit Marc Séguin parler de ses œuvres créées à partir de cendres humaines. Il lui vient l’idée d’écrire à l’artiste pour lui demander d’utiliser les cendres de son défunt conjoint, ce qu’il finit par accepter. Au départ, il lui propose de dessiner une arme, une idée pour le moins tordue qu’il finit par abandonner. L’œuvre qu’il créera à partir du cadavre d’un coyote est «d’une violence inouïe», de son propre aveu, mais parvient à donner un sens à la terrible injustice qu’elle a vécue.

Le procédé peut paraître bizarre, mais son récit vous touchera assurément. «Je suis contente de savoir que je peux être tranquille dans ma vie, mais qu’il y a un message qui passe», dit-elle devant l’immense toile de 13 pieds créée pour Pierre, et dont elle possède chez elle une reproduction réduite.

On s’attarde aussi sur l’histoire de Martin, qui a accompagné sa grand-mère atteinte d’Alzheimer jusqu’à la mort. Quand il a entendu la magnifique chanson d’Ingrid St-Pierre, Ficelles, dans la chronique d’Émilie Perreault à la radio, il a eu un coup de cœur, lui qui préfère pourtant le rap et le métal. Ingrid St-Pierre avait écrit la chanson pour sa propre grand-mère, aussi atteinte d’Alzheimer, et qui chantait à tue-tête la chanson composée pour elle. Quand les deux se rencontrent, on saisit à quel point sa chanson peut avoir trouvé écho chez le public. 

Les invités du public ne sont pas des groupies, simplement des gens qui avaient envie de donner un sens à une épreuve, à un événement de leur vie. Autrefois, on allait à l’église, aujourd’hui, on a besoin de s’accrocher à autre chose. L’art est là pour ça. Un deuxième tome de Faire œuvre utile est en préparation, et se penchera sur la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte, une période de la vie où on forge encore sa personnalité.

Parmi les autres artistes que vous verrez défiler dans la série : Marie Laberge, Robert Lepage, Mariana Mazza, Jean-François Pauzé des Cowboys Fringants, François Pérusse et Kim Thúy. Pourvu que la série ne parle pas qu’à des convertis, mais qu’elle convainque aussi ceux qui ne croient pas à l’importance de la culture.

Télé et radio

Jugez par vous-mêmes

CHRONIQUE / Oubliez «La cour en direct» ou «L’arbitre», là, on parle de vraies causes judiciaires. Pour «Les coulisses du palais», en ondes depuis vendredi à 20h, à Canal D, les caméras entrent dans les salles de cour du palais de justice de Québec, une première puisque les procès ne sont jamais télédiffusés de ce côté-ci de l’Amérique. Et ce n’est vraiment pas banal.

On se sent donc privilégié en regardant ce docuréalité en 11 épisodes de 30 minutes, une idée originale d’Yves Thériault, dont Marie-Thérèse Fortin assure la narration. Surtout quand on est friand de fictions comme Une lutte exemplaire ou How To Get Away With Murder. Les rouages de la justice restent fascinants pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds dans un tribunal. À ce titre, Les coulisses du palais relève beaucoup plus de la pédagogie que du voyeurisme. On en sort vraiment moins niaiseux.

Le juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec, Robert Pidgeon, est tout un personnage. Maire dès l’âge de 29 ans, le Gaspésien qui en a maintenant 73 est attachant, et sa passion pour la justice se voit et s’entend. Par lui, et par la plupart des personnages de la série, la justice s’humanise. Les juges ne sont pas des robots, et ce n’est pas une mauvaise chose qu’on nous le rappelle. Tout sympathique soit-il, même le juge Pidgeon peut s’impatienter et rabrouer des avocats retardataires ou qui lui font perdre son temps.

Au neuvième épisode, le meilleur des trois que j’ai vus, on étudie le cas de Julie (nom fictif), qui accuse son oncle de l’avoir agressée de 5 à 11 ans. Sa sœur et sa mère ont aussi porté plainte. Julie témoigne par visioconférence pour ne pas être en contact avec l’accusé, assis librement dans la salle d’audience, et qui nie tout d’un bloc. Évidemment, le témoignage de la présumée victime est difficile à entendre. Le tribunal a besoin d’entendre chaque détail, le plus sordide soit-il, de chaque événement. L’avocat de la défense, Rénald Beaudry, doit trouver la faille dans le témoignage de la jeune femme pour défendre son client. Toujours ardu pour nous de comprendre quelles motivations, autres que pécuniaires, peuvent pousser un avocat à vouloir défendre un présumé pédophile. «J’ai moi-même des filles, mais j’ai un travail à faire», plaide-t-il à la caméra. On le verra peser les pour et les contre à faire témoigner son client.

La juge Johanne Roy admet être épuisée au sortir de la salle d’audience. De telles charges émotives drainent votre énergie. Et le juge se doit de faire preuve d’impartialité, laisser ses préjugés au vestiaire, un travail de chaque instant. Juste avant le générique, on annonce que la juge révélera son verdict au prochain épisode. Croyez-moi, vous aurez envie de regarder le suivant.

Au fil des épisodes, vous comprendrez mieux la composition d’un jury, les enquêtes sur la mise en liberté, les séances de conciliation. Les juges et les avocats ne sont pas les seules vedettes de la série, on y rencontre aussi Jean Bujold, retraité friand de procès, un habitué des couloirs du palais, et ma collègue Isabelle Mathieu, journaliste judiciaire au Soleil, que je suis tout aussi curieux que vous de voir à l’œuvre.

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WAUTHIER SUREXPOSÉ? 

L’annonce du nouveau talk-show quotidien de Jean-Philippe Wauthier sur ICI Radio-Canada Télé au printemps prochain a suscité bien des réactions la semaine dernière; plusieurs ont parlé de surexposition. Sachez que l’animateur devra renoncer à l’un ou l’autre de ses nombreux engagements, et qu’il ne reviendra probablement pas à l’animation des Dieux de la danse l’année prochaine. Pour les Gémeaux, et pour La soirée est (encore) jeune sur ICI Radio-Canada Première, rien n’est encore confirmé. Une chose est sûre: le diffuseur souhaite que l’animateur se consacre principalement à ce nouveau talk-show, qui l’occupera d’avril à septembre. À suivre.

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DUO ÉBLOUISSANT À RÉVOLUTION

Avez-vous vu William et Laura, le duo de danse contemporaine à Révolution? C’est mon coup de cœur depuis le début de la saison de cette émission qui ne cesse de nous éblouir. Le rendez-vous de TVA est d’ailleurs l’émission la plus regardée le dimanche avec 1131 000 fidèles, contre 925 000 à Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé. Occupation double Grèce fait belle figure à V avec ses 603 000 irréductibles à 18h30 et 144000 à 21h.

Télé et radio

Solide programmation chez Club illico

CHRONIQUE / Craignant le monstre Netflix, Vidéotron a créé Club illico il y a cinq ans en misant sur une offre francophone forte. Trois cent cinquante millions de visionnements plus tard, le Club entre dans 400 000 foyers et offre assurément sa programmation la plus étoffée pour la prochaine année, dont neuf productions originales, qu’on nous a présentées en grandes pompes mercredi. J’ai presque envie de vous dire que ça vaut vraiment le 9,99 $ par mois.

Parmi ces nouveautés les plus prometteuses, on a vu les premières images des Honorables, la série qui marque le retour dans une série de Patrick Huard et de Macha Grenon, en juges. L’œuvre de 10 épisodes d’une heure commence avec l’acquittement du meurtrier de leur fille. Avec leur autre fille (Mylène Mackay) et leur fils (Olivier Gervais-Courchesne), ils voudront se faire justice eux-mêmes, en employant des méthodes bien différentes. Louis Choquette réalise cette série signée Jacques Diamant et prévue pour le 10 janvier prochain.

J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu de Léo, la nouvelle comédie de Fabien Cloutier, disponible à partir du 15 novembre. Dans le village fictif de Walton, qu’on figure à trois heures de Montréal, Léo tente de se refaire une vie et trouve un emploi chez Dubeau Gâteaux. Le réalisateur Jean-François Chagnon (des Appendices) parle d’«un univers de conte» tout de même réaliste, «drôle et poétique». Juste de savoir qu’Anne Dorval y incarne la mairesse et coiffeuse devrait attirer votre curiosité.

On a enfin eu plus de détails sur la nouvelle série de Pierre-Yves Bernard et Claude Legault, Appelle-moi si tu meurs, que réalise Claude Desrosiers. La prémisse est intrigante : l’amitié improbable mais à toute épreuve entre un policier (Legault) et un mafieux (Denis Bernard). Il se trouve que le premier devra diriger une opération policière visant à faire tomber la mafia, y compris son ami d’enfance, qu’il tente par tous les moyens de préserver. Là aussi, c’est prometteur, avec des noms comme Didier Lucien, Magalie Lépine-Blondeau, Pierre Curzi, Louis Champagne, Isabelle Vincent et Paul Ahmarani. Plusieurs noms inconnus apparaissent dans la distribution, notamment du côté de la mafia, et on ne s’en plaindra pas. On attend les huit épisodes d’une heure en mars. Le duo d’auteurs de Dans une galaxie près de chez vous et de Minuit le soir promet une série entre l’humour et le drame.

Ceux qui ont dévoré passionnément la série Making A Murderer sur Netflix seront heureux d’apprendre que Club illico prépare sa propre série documentaire qui se regarde comme un suspense. Meurtriers sur mesure se déclinera en sept épisodes d’une heure. Un Making A Murderer à la québécoise, réalisé par Martin Paquette et produit par Pixcom, avec une histoire qui en indignera plusieurs, celle de deux hommes emprisonnés durant 10 ans par erreur, pour le meurtre d’une jeune fille de 14 ans, à Val-d’Or en Abitibi. Comme dans la série de Netflix, on verra que l’enquête policière a été bâclée et qu’on a désigné un peu vite les deux coupables. La série étudie même une thèse qui voudrait que la police connaisse le véritable meurtrier, mais qu’elle le protège. Très hâte de voir cette série, qui ne risque pas d’arriver avant l’automne prochain. D’ailleurs, ce type de documentaire est en effervescence partout sur la planète. Club illico proposera cet hiver Tata, surnom de la veuve de Pablo Escobar, qui raconte sa vie avec le célèbre trafiquant. Une suite à Pablo Escobar raconté par son fils, qui a cartonné la saison dernière.

Le créneau des séries pour ados, créé l’an dernier, fonctionne à merveille. La deuxième saison de L’Académie est en ligne aujourd’hui même, alors que la première vient à peine de prendre l’antenne de TVA. Les filles complètent leur secondaire et Macha Limonchik incarne une nouvelle prof. On annonce la deuxième saison de La dérape pour le printemps, alors que Rick St-Pierre (Guy Jodoin) est confiné à un fauteuil roulant depuis son altercation avec son fils. La série a été tournée à Québec.

Bonne nouvelle pour les amateurs de Victor Lessard, dont on tournera une troisième saison. Martin Michaud, Frédéric Ouellet et Martin Forget signent les textes avant même que le roman soit fini d’être écrit, un exercice particulier. Pas avant l’automne prochain.

Du côté des acquisitions, le choix est vraiment varié. En plus de la troisième saison de La servante écarlate, disponible au printemps, on parle de Killing Eve, la série de AMC avec Sandra Oh et Jodie Comer, qu’on annonce pour décembre, de même que L’amie prodigieuse, version française de My Brilliant Friend, série de HBO inspirée des romans de l’Italienne Elena Ferrante, sur deux jeunes amies à Naples dans les années du communisme, et tournée en italien. Pas de date encore précisée. Si vous cherchiez Survivant désigné avec Kiefer Sutherland, sachez que Club illico en a perdu les droits, qui ont été repris par Netflix, nouveau producteur de la série.

Like-moi! risque de conquérir un nouveau public quand la quatrième saison sera disponible en primeur sur le Club, dès janvier, avant sa diffusion à Télé-Québec. Mehdi Bousaidan se joint à l’équipe, et on présentera un nouvel épisode de la téléréalité style OD, «Je choisis Jonathan», intitulé «All Stars in Ibiza». Je ris déjà.

Télé et radio

Jean-Philippe Wauthier succède aux «Échangistes»

CHRONIQUE / Jean-Philippe Wauthier perd «Le beau dimanche» mais gagne un nouveau talk-show quotidien. La direction d’ICI Radio-Canada Télé lui fait suffisamment confiance pour lui confier ses soirées du printemps et de l’été, du lundi au jeudi. C’est donc dire que Pénélope McQuade lui laisse la case horaire de 21h, qu’elle occupait depuis huit ans, dont les trois derniers avec «Les échangistes».

Il faut croire que la directrice générale Dominique Chaloult voit l’animateur dans sa soupe, puisqu’il anime déjà Les dieux de la danse et les Gémeaux, de même que La soirée est (encore) jeune à la radio. Pas convaincu de ce choix, surtout que l’animateur ne nous a pas prouvé qu’il excellait en entrevue, même à sa deuxième saison du Beau dimanche.

La formule et le titre de son nouveau talk-show quotidien restent à déterminer, mais il est clair que le diffuseur devra trouver une solution de rechange pour le dimanche soir. On sait toutefois que Wauthier animera en solo, sans Rebecca Makonnen, qui était à ses côtés au Beau dimanche.

Dominique Chaloult souhaitait regrouper les deux formules de talk-show en une seule, pour offrir un éventail plus large d’invités, des artistes comme des politiciens, un peu comme c’était le cas à l’époque de Bons baisers de France. Les échangistes et Le beau dimanche sont les seules émissions de la grille estivale à ne pas être renouvelées pour l’an prochain. En ce qui concerne Pénélope, Radio-Canada dit avoir d’autres projets avec elle pour la saison 2019-2020.

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RÉVOLUTION PREND LES DEVANTS

Révolution a été l’émission la plus regardée dimanche soir, intéressant 1009000 téléspectateurs à TVA et prenant les devants sur Tout le monde en parle, vue par 735000 fidèles sur ICI Radio-Canada Télé. Pour son retour, La vraie nature a fait très bonne figure en retenant 786000 curieux à TVA. Sur V, 449000 irréductibles ont choisi Occupation double Grèce.

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JULIE RENCONTRE AZNAVOUR

Une entrevue jamais diffusée de Julie Snyder avec Charles Aznavour sera présentée sur ICI ARTV vendredi à 22h. Cet entretien inédit avait été réalisé à l’Île d’Orléans en 2008, alors qu’on soulignait le 20e anniversaire du décès de Félix Leclerc, qu’avait bien connu Aznavour. Enregistrée devant public, l’entrevue d’une heure ne devait pas se retrouver à la télévision mais simplement être conservée en archives. Le célèbre chanteur d’origine arménienne, décédé la semaine dernière, se confie sur ses rapports avec Félix, mais aussi sur ses débuts difficiles, ses amours et sa volonté de vivre au moins jusqu’à 120 ans.

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Richard Therrien

La force de l’histoire

CHRONIQUE / Les trios de «La vraie nature», souvent drôlement assortis, ne sont pas le fruit du hasard, mais d’une minutieuse réflexion. Qu’ils soient connus ou moins connus ne constitue pas la principale préoccupation. Pour l’animateur Jean-Philippe Dion et son équipe, c’est la force de leur histoire qui compte. Retour au réconfortant chalet de Lac-Brome pour 18 nouvelles émissions, dont 8 cet automne, dès dimanche à 21h à TVA. Nouvel hôte cet automne: Jas, le chien le plus affectueux du coin.

Q Jean-Philippe, après avoir obtenu la faveur du public et de la critique, La vraie nature vient de recevoir les Gémeaux de la meilleure émission ou série d’entrevues ou talk-show et de la meilleure réalisation. Quelle signification a eu cette reconnaissance de tes pairs?

R J’ai souvent l’impression de ne pas faire partie de la clique du milieu de la télévision, et je me suis souvent dit que je n’étais pas un animateur à trophées. Je n’ai pas une vie intime pour faire les couvertures des magazines, j’ai la même vie que quand je travaillais dans un dépanneur à 19 ans, et ça me va très bien. On ne sait jamais quel regard nous portent nos pairs, ça m’a vraiment fait du bien. C’est une méchante tape dans le dos pour moi et pour l’équipe, une gang de chums avec qui j’ai travaillé sur d’autres projets, surtout qu’on a eu peu de temps pour concevoir La vraie nature.

Q Crois-tu que l’émission risque de faire le tour assez vite du bassin d’invités possibles?

R On ne fera pas sept saisons comme Accès illimité. Cette année, je n’ai pas senti qu’on pigeait dans le fond du baril, au contraire. Ce n’est pas la force du nom, mais la force de l’histoire qui fait la qualité de ce show-là. Si l’invité n’a pas d’histoire à raconter ou s’il n’est pas prêt à le faire, je ne pense pas que c’est le meilleur invité pour nous. Plusieurs noms qu’on reçoit ne sont pas ceux qu’on voit dans les talk-shows, mais dont on connaissait la profondeur de l’histoire.

Q Est-ce que des personnalités sont encore réticentes à accepter l’invitation?

R La qualité de la production a rassuré les gens. On ne met pas un gun sur la tempe de l’invité pour qu’il nous raconte des histoires d’horreur. Le concept original [Parenthèse inattendue] veut qu’on fasse la genèse de la carrière de l’invité, mais on a dévié de ça. On veut savoir ce que l’invité a en tête en ce moment, et comment il est arrivé là où il est. On ne veut pas que ce soit une thérapie, on veut qu’il y ait un but à ce week-end-là. À Safia Nolin, j’ai demandé comment la petite fille de Limoilou a défié bien des pronostics pour devenir la chanteuse la plus populaire de l’année. C’est ça, l’enjeu important à aborder avec elle. Le but, c’est de répondre à cette question durant l’émission. José Gaudet nous dit en quoi ta relation avec ton père a influencé l’homme que tu es devenu.

Élections 2018

Élections à la télé: avantage TVA

CHRONIQUE / Depuis déjà plusieurs années, on a l’impression que les élections sont devenues l’affaire de TVA. Lundi, c’est encore à ce réseau qu’on avait la couverture la plus vivante, la plus dynamique, de cette soirée bleu pâle. Et des résultats qui déboulaient à une vitesse parfois étourdissante.

On investit peu dans le décor, on place le chef d’antenne et les analystes très près les uns des autres, dans un cadre intime. Tout s’anime, et ça marche. Mario Dumont est toujours très bon et pertinent les soirs d’élections, n’attendant pas qu’on lui donne la parole pour la prendre. Paul Larocque avait annoncé une «soirée électorale excitante», il ne s’est pas trompé. Emmanuelle Latraverse venait briser le boys club des élections précédentes à TVA.

ICI Radio-Canada Télé avait un plus beau et vaste décor, mais aussi plus froid et distant. Heureusement qu’il y avait Sébastien Bovet pour mettre un peu de vie dans tout ça, très bon aux résultats devant un tableau qui passait du rouge au bleu pâle. Patrice Roy a fait mieux qu’à l’habitude, laissant quand même passer des silences. Par moments, on l’entendait chuchoter, alors qu’on est en pleine soirée électorale. Un peu plus et on partait les bruits de criquets. J’aurais aimé entendre davantage Chantal Hébert et Michel C. Auger, placés trop en retrait. En faisant l’exercice de passer d’un réseau à l’autre, on sentait un réel changement de rythme, à l’avantage de TVA.

Qu’en est-il de la clarté des graphiques? Je préférais le bandeau de TVA, avec les logos des partis, à celui d’ICI Radio-Canada Télé. TVA a été le premier à annoncer la victoire de la CAQ, à 20h14, suivi cinq minutes plus tard par Radio-Canada. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour que TVA annonce, à 20h32, un gouvernement majoritaire, alors que concurrent l’a imité à 20h34.

Après 20h30, nos yeux restaient rivés sur la bataille entre le Parti québécois et Québec solidaire, voyant parfois le premier passer sous le deuxième, une image surréaliste. Dans le déni, un des rares députés du Parti québécois, Pascal Bérubé, refusait de répondre à Patrice Roy, qui lui demandait d’expliquer ce résultat désastreux pour son parti. Il a fait le même coup à Pierre Bruneau, s’obstinant à féliciter ses bénévoles. Il aurait mieux fait de dire non à l’entrevue. Dominique Anglade, une ancienne de la CAQ, a été à peine plus bavarde, s’engageant à rester quatre ans comme députée du Parti libéral. «C’est toute qu’une sensation», s’est exclamé Éric Caire à TVA, en voyant l’ascension rapide de la CAQ. En effet.

Gabriel Nadeau-Dubois, les bras dans les airs, tel le Messie, semblait planer avec ces gains historiques pour Québec solidaire. À voir l’euphorie qui régnait à son rassemblement, plus intense qu’à celui de la CAQ, on aurait pu croire à une victoire de QS. Depuis quand diffuse-t-on les discours des députés? Québec solidaire a eu ce privilège lundi, notamment pour Vincent Marissal. «S’il est vrai que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, je vous annonce que je suis immortel», a lancé le nouveau député, dont l’absence de modestie n’a certainement pas irrité seulement les analystes de TVA, sévères à son endroit.

Le son a joué des tours à TVA, notamment pour le discours de Philippe Couillard, enterré par de la musique au début, et décalé par la suite, sonnant la boîte de conserve. Radio-Canada avait eu le même problème plus tôt avec Catherine Dorion dans Taschereau. Le diffuseur public aimait beaucoup tendre ses micros aux partisans, alors qu’on préfère entendre les candidats.

Télé et radio

Le tournage cool de «5e rang»

CHRONIQUE / Jeudi matin à Saint-Chrysostome, en Montérégie, pas très loin des lignes américaines. Une ferme est devenue à temps plein le lieu de tournage de «5e rang», la nouvelle série annuelle de Sylvie Lussier et Pierre Poirier, qui prendra l’antenne d’ICI Radio-Canada Télé en janvier.

En plus du luxe de pouvoir tourner sur une ferme qui appartient à la productrice Joanne Forgues chez Casablanca, l’équipe peut prendre son temps, une rareté dans la majorité des tournages, où tout va trop vite. On ne sent sur ce plateau aucune urgence, aucune pression sur l’équipe. «On va-tu le crier qu’on a du temps!» s’exclame la vedette principale, Maude Guérin, quand on le lui fait remarquer. «C’est rendu fou [sur les plateaux], je ne veux plus vivre ça, je trouve ça épouvantable de ne pas avoir de temps.» Elle attribue ce choix à la productrice et au réalisateur principal Francis Leclerc.

Si votre seule référence du duo Lussier-Poirier est L’auberge du chien noir, qu’il a signée durant 15 saisons, vous risquez d’être déboussolé. «On est complètement ailleurs», affirme Joanne Forgues, qui a insisté pour tourner entièrement à l’extérieur des studios. Plutôt que de louer une ferme, elle en a acheté une vraie. Les poules, chèvres, moutons et porcs qui s’y trouvent ont cependant été loués. «Sauf le bélier, que j’ai acheté», précise la productrice.

Pas pour rien que Francis Leclerc a choisi deux collègues qui viennent comme lui du grand écran, Christian Laurence et Myriam Verreault, pour donner une couleur cinématographique à 5e rang. Les auteurs, qui ont aussi à leur CV la série Les aventures tumultueuses de Jack Carter, le téléroman 4 et demi... et le film L’odyssée d’Alice Tremblay, ont aussi dû ajuster leur écriture, plus dramatique que comique, sans la dénaturer. «Ça les stimule beaucoup d’être sur une vraie ferme, qu’on tourne dans de vraies serres, un vrai garage. Sylvie Lussier vient de Petite-Rivière-Saint-François, elle a vécu la vie de village, où tout le monde se connaît», poursuit Joanne Forgues.

Télé et radio

Tout le monde aime? Pas tellement

CHRONIQUE / On attendait beaucoup de «Tout le monde aime», qui marque le grand retour de Sonia Benezra à la télévision. Mais cette nouvelle émission de variétés manque résolument de magie. La première, dimanche à TVA, m’a tout simplement déçu.

Tout le monde aime souffrira forcément de la comparaison avec En direct de l’univers. Là où l’émission de France Beaudoin surprend, émeut, explose, Tout le monde aime ne crée pas grand frisson. On tente pourtant de nous faire pleurer en permettant à des fans de rencontrer leur idole en tête à tête, mais c’est peine perdue.

Télé et radio

Quatre chefs et un drôle de spectateur

CHRONIQUE / Des chefs de partis – oui, oui, et une co-porte-parole – n'avaient jamais autant débattu à la télé pour des élections provinciales. Après trois débats, ils ont lancé la 15e saison de «Tout le monde en parle», côte à côte durant deux segments d'entrevues, une première sur le plateau de Guy A. Un dernier match politique qu'on aurait souhaité plus vigoureux, et la présence d'un spectateur qui n'est pas passée inaperçue!

Les chefs étaient particulièrement disciplinés, ne s'interrompant pratiquement jamais, ou si timidement. Entre la cacophonie et les monologues séparés, il devrait y avoir un juste milieu. Faut dire que Guy A. a menacé les chefs de faire jouer Chante la la la de René Simard s'ils parlaient tous en même temps. Chacun des quatre a eu droit à sa «question qui tue», mais celles-ci ne tuaient pas autant qu'elles auraient dû. Jean-François Lisée avait brisé le matin même l'embargo imposé aux invités et au public en studio, mais c'était pour bien peu. L'extrait qu'il craignait voir disparaître au montage, impliquant François Legault et le bilan environnemental de la CAQ, ne nous apprenait rien.

Sur Twitter, Guy A. Lepage a reconnu avoir retranché les passages sur les cadres financiers, «trop de chiffres, cacophonique», a-t-il écrit, et sur la culture, «malheureusement trop peu maitrisé par les chefs selon nous». L'émission a été enregistrée vendredi plutôt que jeudi, afin de permettre aux chefs de participer au Face à face de TVA.

Manon Massé, dont le langage corporel était très révélateur dimanche, a sourcillé en entendant Couillard dire que son gouvernement avait été exemplaire en matière d'environnement. Même étonnement quand Jean-François Lisée disait avoir rétabli la réputation de son parti dans le même dossier. Le seul moment où le ton a vraiment monté, c'est quand Lisée s'est attaqué à Legault sur le dossier de l'éducation. «Le plus grave danger pour l'éducation, c'est si M. Legault est élu premier ministre», a-t-il envoyé à son rival, qui rigolait avec Philippe Couillard comme s'il venait de commettre un mauvais coup. François Legault a par ailleurs réitéré son appui au troisième lien.

Dany Turcotte a invité les chefs à lire une carte gentille à l'égard d'un de leurs adversaires. Ainsi, M. Couillard a lu celle-ci: «Après Ricardo et Jean-Claude Apollo, mon chef préféré, c'est François Legault.» Puis, Jean-François Lisée a conclu avec: «Le 1er octobre, on dit oui à Québec solidaire, pour qu'enfin, ce soit Manon qui pèse su'l piton.» Seul François Legault a changé sa carte, remplaçant le nom de Philippe Couillard par le sien. «Ça démontre un trait de caractère», a souligné le fou du roi.

J'aurais presque envie de décerner l'étoile du match au spectateur qui a «crashé» l'entrevue avec Louis-José Houde. Une autre première à Tout le monde en parle pour ce fan pas gêné, qui a presque volé le show, intervenant à plusieurs reprises avec des gags. «Aimerais-tu qu'on le sorte?» a demandé Dany Turcotte à un Louis-José médusé, puis mort de rire. «C'est plus stressant lui que de se faire interviewer par Paul Arcand. [...] Lui, il pose les vraies questions!» a lancé l'animateur du 40e Gala de l'ADISQ. Anormalement calme en début d'entrevue, il l'a conclue en feu, en proposant de créer un verbe sur mesure pour le footballeur, médecin et «héros» Laurent Duvernay-Tardif. «Il gosse des bols avec ses mains, il joue dans la NFL […] avec sa barbe charismatique. Moi, j'écris deux jokes, faut que je fasse une sieste!» Faites donc une phrase avec « laurentduverner », dans le sens de «pour faire avancer».

C'est à Paul Arcand que je décerne l'étoile, pour son entrevue intéressante et franche du début à la fin. Aucun des chefs politiques ne s'est d'ailleurs risqué à rester sur le plateau à l'arrivée de l'animateur du 98,5. «Je ne le prends pas personnel», a blagué M. Arcand, qui a reçu son premier Gémeaux dimanche dernier pour Conversation secrète. L'émission de TVA reviendra de façon événementielle. Si Éric Salvail se décide, Paul Arcand est bien sûr prêt à le recevoir. Approché par l'équipe, Guy Cloutier a décliné.

Au sujet des animateurs et commentateurs obligés de choisir entre Cogeco et Québecor, comme Mario Dumont et Luc Lavoie, il exprime son malaise et son désaccord. «Quand tu forces les gens à choisir, moi j'aime pas ça», a-t-il répondu. La carte de Dany: «Ceci est une conversation secrète. Parles-en surtout pas à Guy A., mais pour mener des entrevues, c'est toi mon préféré.»

C'est parce qu'elle trouve qu'on banalise le phénomène que Pénélope McQuade a voulu faire le documentaire Troller les trolls, avec le cinéaste Hugo Latulippe et diffusé à Télé-Québec le 3 octobre. «Je crains pour la sécurité, la toxicité et le bien-être collectif», affirme l'animatrice des Échangistes. «Il y a une limite à tolérer la haine», a renchéri Paul Arcand. La police n'est hélas pas habilitée à traiter toutes les plaintes, selon Pénélope. Il y a des exceptions: Dalila Awada a poursuivi le blogueur Philippe Magnan, condamné à lui verser 60 000$ pour des propos orduriers, qui donnent la nausée tant ils sont violents.

«Ça traîne», déplore Pénélope au sujet du dossier Gilbert Rozon. L'animatrice pense que notre système de justice n'est pas adéquat pour traiter les crimes sexuels, et salue la proposition de Véronique Hivon de créer un tribunal spécial pour les violences sexuelles et conjugales.

La cinéaste Sophie Dupuis, dont le film Chien de garde représentera le Canada dans la course au meilleur film en langue étrangère aux Oscars, trouve à la fois flatteur que son film soit comparé à Mommy de Xavier Dolan, et à la fois «un peu réducteur d'être la numéro deux de quelqu'un». Si Chien de garde est sélectionné, elle sera la première femme réalisatrice québécoise à voir son film nommé aux Oscars. Tout le plateau n'avait que de bons mots pour ce film anxiogène, dont on a trop peu parlé.

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Télé et radio

De garde 180 jours

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion sur la compétence des professeurs, sur l’état de nos écoles, sur ce qu’on devrait enseigner. Mais combien d’entre nous avons un réel portrait de ce qui s’y passe au jour le jour, des conditions dans lesquelles les profs doivent enseigner? La série documentaire «180 jours» risque d’avoir sur vous le même effet que «De garde 24/7», si vous avez suivi cette excellente série à Télé-­Québec, au point de changer considérablement votre vision du milieu scolaire.

Diffusée à partir de jeudi à 20h sur la même chaîne, la série de 12 épisodes, de la même équipe de production que De garde 24/7 chez Avanti, s’étend sur les 180 jours d’une année scolaire, de la rentrée au bal des finissants, à l’école secondaire Gérard-Filion à Longueuil. Dans cette première polyvalente au Québec, les élèves, de 65 nationalités différentes, proviennent souvent de milieu défavorisé. Le taux de décrochage y est élevé. De façon extrêmement sensible et respectueuse, la réalisatrice Mélissa Beaudet nous permet vraiment de saisir l’intensité de ce qui se vit dans une école chaque jour.

Comme d’autres problématiques scolaires, l’intimidation est l’un des sujets les plus sensibles. Et pas seulement celle qui se passe à l’intérieur des murs, mais aussi après les classes, notamment sur les réseaux sociaux, terreau fertile d’intimidation. Quand une élève reçoit des messages tels que «grosse pute, tu devrais pas vivre» et «fais-toi frapper par une voiture», l’école n’a pas le choix d’intervenir, de concert avec la police. Même collaboration quand un souteneur s’introduit dans la cour pour recruter des jeunes filles. Déjà dans les premiers jours, une altercation survient dans le couloir; un élève vient de dire à une autre de «niquer» sa mère. Un conflit que doit régler avec le plus grand tact une des directrices adjointes.

Imaginez, en cette rentrée, plusieurs postes de professeurs n’ont pas encore été comblés. Un enseignant engagé il y a à peine deux semaines doit à son tour former un suppléant. C’est si récent que, dans les documents remis aux élèves, Hugo Ladéroute n’est pas identifié. «Le pas de nom, c’est moi!» dit-il aux élèves qui cherchent leur classe de français. Attendez de voir la prof d’ECR (éthique et culture religieuse). Avec elle, la matière devient soudainement intéressante.

J’ai été particulièrement touché par la classe de Celso C. Leduc, composée d’élèves aux prises avec des troubles de communication. Une scène du cinquième épisode, particulièrement émouvante, montre ces élèves exprimer toute leur reconnaissance envers leur professeur et leurs camarades, avant le congé des Fêtes. Une démonstration éloquente de ce que peut changer l’école dans les vies d’enfants au bord de décrocher.

J’ai eu un coup de cœur pour la directrice, Sylvie Dupuis, elle-même une ancienne élève de Gérard-Filion. Humaine, attachante, investie. Les directeurs d’école peuvent passer pour des durs, c’est tout le contraire pour Sylvie Dupuis, qu’on sent tout à fait sincère dans ses rapports avec le personnel et les élèves.

Ce n’est pas vrai que les jeunes n’ont pas d’opinion, qu’ils n’ont rien à dire. Et ce, même si personne ne lève la main quand le prof demande qui connaît Michel Tremblay. Fred Pellerin? Deux mains se lèvent. Rachid Badouri? Tout le monde le connaît. Bien que certains visages soient brouillés dans les situations les plus délicates, la majorité des élèves se montrent à la caméra. Sachez qu’il a fallu expédier par la poste 1500 demandes de consentement aux parents afin d’y arriver, un travail titanesque.

C’est fou comme plusieurs séries offertes sur nos chaînes cet automne réveillent en nous tant d’admiration. Pendant que la téléréalité célèbre l’insignifiance, il y a au moins les Infractions, Classe à part, Pinel : au cœur de la maladie mentale, L’unité des naissances et 180 jours qui nous font voir le travail essentiel d’une multitude d’individus, motivés par le cœur et le dévouement. De la télé qui fait du bien, dont notre monde a cruellement besoin.

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Les quatre chefs chez Guy A.

Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront de la première de Tout le monde en parle, dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Pour leur permettre de participer au Face à face Québec 2018 à TVA jeudi soir, l’émission sera exceptionnellement enregistrée vendredi. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage et Dany Turcotte : Louis-José Houde pour le Gala de l’ADISQ, Paul Arcand, qui a reçu un Gémeaux pour Conversation secrète, de même que Pénélope McQuade et Hugo Latulipe pour le documentaire Troller les trolls.