André Viens est fier de l’exposition Géantes! 48 ans de marionnettes du Théâtre Sans Fil, qui présente les productions les plus marquantes de l’organisation dont il est le cofondateur.

Retrouver son coeur d’enfant

Les marionnettes ne sont pas que l’apanage des tout-petits. C’est ce qu’est venu démontrer le Théâtre Sans Fil, le plus vieux théâtre de marionnettes géantes du Canada, avec l’exposition Géantes! 48 ans de marionnettes du Théâtre Sans Fil, présentée jusqu’au 22 septembre à La Pulperie de Chicoutimi.

Son cofondateur et directeur artistique et général, André Viens, a rencontré Le Progrès pour parler des personnages de l’exposition créée en partenariat avec La Pulperie et le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS).

La production du Seigneur des anneaux en marionnettes géantes a été l’une des créations les plus populaires du Théâtre Sans Fil avec plus de 1 500 représentations à travers le monde, en plus de dix ans.

On y compte quelque 75 marionnettes géantes, la plus vieille datant de 1977. Passant d’Hansel et Gretel à des créations uniques, ou encore du Hobbit au Seigneur des anneaux, on peut voir la diversité de créations proposées par le Théâtre Sans Fil à travers les années. On réalise également que le théâtre de marionnettes géantes, ce n’est pas un créneau réservé aux enfants.

C’était d’ailleurs l’un des objectifs de l’exposition, de montrer que les marionnettes géantes peuvent rejoindre différents publics. Pendant les 48 ans d’existence du Théâtre Sans Fil, la majorité des pièces ont effectivement été créées pour les adultes ou encore pour les familles.

Dès l’entrée dans le hall du musée, le public se trouve plongé dans l’univers d’Hansel et Gretel, une production marquante de l’histoire du Théâtre Sans Fil.­

Découvrir les différents genres

« On a le grand bonheur de présenter une rétrospective qui retrace plusieurs éléments importants de notre parcours, avec un accent sur les spectacles qui ont marqué notre histoire », a expliqué M. Viens.

Dès l’entrée dans le hall du musée, le visiteur est plongé dans l’univers d’Hansel et Gretel, une production de théâtre musical très importante pour la compagnie. En plus, la première pièce de l’exposition permet de comprendre toute la démarche du Théatre Sans Fil grâce à une pièce consacrée à l’historique de l’institution.

Les marionnettes ont parfois été créées pour être habitées, comme l’arbre sur cette photo, alors que d’autres sont contrôlées de l’extérieur, comme la sorcière.­

Le reste de l’exposition n’est pas linéaire. Fantastique, musique, humour noir, contes et légendes; toutes les salles mettent en valeur les marionnettes marquantes du théâtre. Certaines ont été créées pour être habitées, alors que d’autres étaient fabriquées pour que les marionnettistes les contrôlent de l’extérieur. Certaines font peur, d’autres sont rigolotes, mais surtout, chacune a une histoire unique que le cofondateur invite le public à découvrir.

Revivre les grands moments

En traversant les différentes salles, le public revisite les moments marquants de la compagnie. Dans la section musique, on retrouve d’ailleurs des vestiges et une vidéo montrant la production la plus importante du Théâtre Sans Fil, soit celle faite pour le 375e anniversaire de Montréal, intitulée Le grand jeu de nuit. « Nous avions 45 performeurs et 25 techniciens. C’était une production gigantesque qu’on déployait à l’extérieur devant la basilique Notre-Dame, avec 250 pieds de scène », s’est remémoré André Viens avec émotion. Le visage du personnage de Maisonneuve est intégré à l’exposition, en plus d’une réplique miniature. Environ 3500 spectateurs ont assisté à ce spectacle, chaque soir, pendant cinq semaines, à guichets fermés.

Le Théâtre Sans Fil a fait, à travers les années, une foule de marionnettes bien différentes. Certaines sont effrayantes, alors que d’autres éveillent la sympathie. Certaines proviennent de l’imaginaire du fondateur; d’autres sont des adaptations de pièces familières.

Les visiteurs auront aussi la chance de découvrir les personnages d’autres productions marquantes pour le théâtre, comme ceux du Seigneur des anneaux ainsi que du Hobbit. Réalisées bien avant les films, elles ont été trimbalées pendant de nombreuses années à travers le monde, pour des milliers de représentations.

Le directeur artistique et général espère que tous les visiteurs, mais surtout les grands, puissent repartir de cette exposition en ayant retrouvé leur coeur d’enfant. « On a travaillé beaucoup dans la poésie, le fantastique, et je pense que nos marionnettes font appel à l’imaginaire des gens. On veut qu’ils viennent ici, qu’ils se retrouvent heureux devant ça et qu’ils oublient leurs problèmes, le temps de l’exposition », a continué M. Viens.

Il n’y aura plus de nouvelle exposition pour le Théâtre Sans Fil, puisque le cofondateur préfère se concentrer sur des rétrospectives comme celle que propose La Pulperie.