Pour son retour dans la capitale, Paul McCartney a servi ses classiques et nouveaux titres avec énergie, classe et humour à un public conquis d’avance mais jamais tenu pour acquis.

Retrouvailles magiques avec Paul McCartney

CRITIQUE / «Oh man! C’est le party!» a lancé Paul McCartney après avoir livré quatre chansons dans un Centre Vidéotron survolté. Il n’avait encore rien vu… Et nous non plus! Restait encore une bonne trentaine de titres pour célébrer le retour de l’ex-Beatles dans la capitale. Un peu de neuf, beaucoup de classiques et un plaisir évident d’être là, tant sur scène que dans les gradins… Ç’a donné quelque chose comme des retrouvailles magiques!

Dix ans après une première rencontre mémorable sur les plaines d’Abraham et cinq ans après une deuxième visite, elle aussi à l’extérieur, les fans de Paul McCartney ont enfin pu voir et entendre le légendaire musicien dans le confort d’une salle de spectacles. La vedette anglaise a passé les derniers jours dans la capitale pour mettre la touche finale à son nouveau tour de chant, Freshen Up, présenté en première mondiale dans un Centre Vidéotron rempli à ras bord. Avec un nouvel album, Egypt Station, encore tout chaud, qui a de surcroît atteint aux États-Unis le sommet du palmarès Billboard (une première en plus de 35 ans pour Sir Paul), l’heure était à la fête.

«Je ne veux pas nous vanter, mais l’album est numéro un», s’est-il d’ailleurs félicité avant d’entonner les nouvelles Who Cares et Come On to Me. Cette dernière, à l’énergie résolument juvénile, avait de quoi nous faire oublier que notre homme a dépassé les trois quarts de siècle!

Répondons d’abord à la question que tous se posent : et puis, la voix de Sir Paul? Difficile de nier qu’elle n’est plus la même que dans son jeune temps : le contraire aurait été miraculeux. Si les cordes vocales de l’ex-Beatles ont montré quelques brefs moments de vulnérabilité dans des segments plus dépouillés, le chanteur s’en tire encore fort bien, surtout qu’il est vocalement appuyé par ses musiciens. S’il a atteint un âge où la moyenne des ours assume depuis longtemps son statut de retraité, on n’a pas eu l’impression d’assister au spectacle d’un artiste vieillissant, lundi. Bien au contraire. C’est d’autant plus admirable lorsqu’on considère le répertoire colossal que nous lui devons et l’importance primordiale qu’il représente dans l’histoire de la musique.

Classe et humour

Avec énergie, classe et beaucoup d’humour, c’est tout ce parcours — du premier enregistrement des Beatles à la toute nouvelle Fuh You en passant par quelques succès des Wings — qu’il a une nouvelle fois mis en exergue devant une foule gagnée d’avance, mais jamais tenue pour acquise. «C’est le fun d’être de retour… And it’s good to be back!» a souligné McCartney dans les deux langues officielles, lui qui s’est efforcé, au fil d’un généreux programme musical de près de trois heures, de s’adresser le plus souvent possible au public en français, voire en québécois. Comme dans cet hommage à son «chum» George Harrison avant d’entonner Something seul avec son ukulélé. Ses complices sont revenus à temps pour la fin de la chanson et l’iconique solo de guitare, offrant l’un des moments magiques d’une soirée qui n’en a pas manqué.

En vrac, au chapitre des grands classiques, notons A Hard Day’s Night, qui a lancé les festivités de plus que réjouissante manière; Can’t Buy Me Love qui a rajouté une bûche dans le feu peu après ou I Saw Her Standing There qui a prouvé que tout le monde avait encore du carburant en fin de parcours. 

Dans un registre plus intime, notons un autre hommage, à John Lennon celui-là, qui a précédé Here Today; Blackbird interprétée seul à la guitare sur une plateforme élévatrice dans la lueur des cellulaires; l’incontournable Yesterday, gardée pour le début du rappel ou Hey Jude devant une marée de bras qui s’agitent pendant que l’amphithéâtre chantait d’une seule voix.

Finalement, au rayon plus rock, difficile de passer sous silence la livraison du tonnerre de Back in the USSR, la toujours aussi solide Helter Skelter qui a galvanisé la foule au rappel ou Live and Let Die catapultée dans une pétarade d’effets pyrotechniques, au terme de laquelle le légendaire chanteur s’est bouché les oreilles et a empoigné sa poitrine, l’air de dire :“je suis trop vieux pour ça!” Personne ne vous a cru, mon cher Paul!

Ça s’est terminé sur un «Au revoir toute la gang», sympathique clin d’œil à la première visite de 2008. Plus cool que ça, tu meurs.

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LA LISTE DES CHANSONS

Paul McCartney

A Hard Day’s Night

  • Hi Hi Hi
  • Can’t Buy Me Love
  • Letting Go
  • Who Cares
  • Come On To Me
  • Let Me Roll It
  • I’ve Got a Feeling
  • Let ‘Em In
  • Nineteen Hundred and Eighty Five
  • Maybe I’m Amazed
  • I’ve Just Seen a Face
  • In Spite of All The Danger
  • From Me To You
  • My Valentine
  • Michelle
  • Love Me Do
  • Blackbird
  • Here Today
  • Queenie Eye
  • Lady Madonna
  • FourFiveSeconds
  • Eleanor Rigby
  • Fuh You
  • Being For the Benefit of Mr Kite!
  • Something
  • Ob-La-Di, Ob-La-Da
  • Band on the Run
  • Back in the USSR
  • Let it Be
  • Live and Let Die
  • Hey Jude
  • Yesterday
  • I Saw Her Standing There
  • Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band
  • Helter Skelter
  • Golden Slumbers/Carry That Weight/The End