Cette photographie a été captée en 2015, lors de la première série de représentations de Correspondance. Cette pièce mettant en vedette le Clown Noir Diogène sera reprise du 7 au 10 février, à la Salle Murdock située à l’intérieur du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.

Retour sur scène pour Diogène

Les Clowns Noirs auraient dû présenter le deuxième volet de leur rétrospective, ce qu’ils appellent leur théâtrosérie, cet hiver. Quelques membres du Théâtre du Faux Coffre ont toutefois déclaré forfait pour cause de maladie, une blessure au haut du corps, paraît-il. C’est donc un solo de Diogène qui sera offert aux fans de la compagnie et pas n’importe lequel: la pièce intitulée Correspondance.

Elle sera à l’affiche pour quatre petites soirées, soit du 7 au 10 février à 20h, à la Salle Murdock située à l’intérieur du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi (les billets coûtent 15 $ et pour réserver, on téléphone au numéro 418-698-3000, poste 6561). Créée en 2015, cette production écrite et jouée par Martin Giguère se révèle à la fois drôle et originale.

Le correspondant évoqué dans le titre existe bel et bien, même si on ignore son identité. Il est censé vivre au Bénin et avait envoyé un message s’apparentant aux innombrables arnaques qui sévissent sur la Toile. Prenant la balle au bond, son vis-à-vis saguenéen a inventé un personnage qui a exprimé un réel désir de collaborer, tout en inventant plein de rebondissements afin de repousser l’échéance.

«Au début, c’était juste une stratégie pour faire sortir le gars de son copier-coller, mais Martin s’est pris au jeu et chaque fois qu’on le voyait, il nous racontait les nouvelles péripéties. Les échanges ont duré un mois et demi et c’est seulement à la fin que l’idée de construire une pièce là-dessus est apparue», a mentionné le comédien Patrice Leblanc, interprète du clown Trac, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

À la fin des représentations, des gens ne croyaient pas que cette correspondance avait vraiment existé. C’est pourtant le cas et dans le spectacle comme dans la vraie vie, Diogène démonte la mécanique de l’arnaque en mobilisant sa connaissance de l’âme humaine, de même que son esprit cartésien. «On voit que l’argent, c’est ce qui sert de carotte. L’autre est piégé par ça», note Patrice Leblanc.

Il ajoute que Correspondance possède une résonnance universelle, ce qui fait écho au nombre apparemment infini de propositions louches véhiculées sur Internet. Trois ans plus tard, les ratoureux continuent de pulluler et la pièce, intégrée dans la série Les nouvelles lectures de Diogène, n’a rien perdu de son actualité.

«En fait, Martin n’a jamais changé ne serait-ce qu’une ligne des textes destinés au Faux Coffre, y compris ceux des Clowns Noirs. Et ce qui est remarquable, c’est de voir que les pièces ont l’air d’avoir été écrites aujourd’hui. Dans En attendant l’dégât d’eau, par exemple, il est question des problème du réseau de la santé. C’est une affaire aussi valide qu’avant», met en lumière Patrice Leblanc.

Fait à signaler : une représentation scolaire de Correspondance sera donnée à la mi-février, à la Salle François-Brassard du Cégep de Jonquière. Quant à la prochaine sortie réunissant l’ensemble des Clowns Noirs, elle est prévue pour le printemps, alors qu’ils referont Roméo et Juliette de William Shakespeare.