Clément Larouche et Luc Lessard, respectivement secrétaire-trésorier et responsable de la programmation, invitent les mélomanes à assister aux concerts tenus en l'église Saint-Dominique de Jonquière, à compter du 1er août

Retour des Mardis de la Saint-Do

Les hasards du calendrier font qu'une fois de plus, cinq concerts d'orgue seront présentés en août, en l'église Saint-Dominique de Jonquière. Ce chiffre correspond au nombre de mardis que ce mois offre au comité organisateur, qui en profitera pour montrer à quel point cet instrument peut transcender la réputation de sévérité générée par quelques siècles de messes ennuyeuses.
C'est pour cette raison que la grande majorité des concerts marient l'orgue à un autre instrument. De surcroît, le responsable de la programmation des Mardis de la St-Do, Luc Lessard, aime que ses invités exploitent autant l'orgue de choeur que l'orgue de tribune. Le premier se trouve devant le public, en effet, tandis que l'autre, un Casavant à trois claviers installé en 1914, trône à l'arrière de l'église aux airs de cathédrale.
Pour faire exprès, cependant, le premier programme de la saison consistera en un solo réalisé à partir de l'orgue de tribune. Tenu le 1er août à 19 h 30, il marquera les débuts de Dom Richard Gagné dans le contexte de la filière jonquiéroise. Certains le connaissent pour sa maîtrise du chant grégorien, reconnue à l'échelle internationale. Or, ce diable d'homme, associé à l'abbaye Saint-Benoît-du-Lac depuis 1976, est aussi un redoutable organiste.
« C'est un grand musicien et il a monté un concert que lui-même qualifie de bonbon. Il comprend la Toccata et fugue en ré mineur de Bach, en plus d'une adaptation de l'air de Glazounov tiré des Saisons, le thème des Belles histoires des pays d'en haut. Je n'ai jamais entendu ça à l'orgue », a souligné Luc Lessard mardi, lors d'une entrevue accordée au Progrès. Dom Richard Gagné tricotera aussi une improvisation à partir de deux pièces soumises par son hôte. Le défi consistera à les intégrer harmonieusement.
Une sortie à Saint-Raphaël
Au même titre que Dom Richard Gagné, Jean-Eudes Beaulieu jouera à Saint-Dominique pour une première fois lorsqu'il se pointera le 8 août. Ses états de service sont impressionnants, comme en font foi sa participation à un concert donné au Colisée de Québec en 2008, sous la direction de Yoav Talmi, ainsi qu'à un programme de chant choral livré il y a quatre ans, au Grand Théâtre de Québec.
À l'orgue de tribune, où il ouvrira la soirée, le musicien interprétera des oeuvres de Haendel, Purcell, Schubert, Mozart et Boëllmann, dont il reprendra des extraits de la Suite gothique. La surprise sera de le retrouver ensuite dans le choeur, mais au piano plutôt qu'à l'orgue, aux côtés de la soprano Carole Cyr. « Ça correspondra au répertoire léger qui sera proposé dans la deuxième partie, dont une pièce tirée de My Fair Lady, des titres de Liszt et Puccini, ainsi que Les chemins de l'amour, une composition de Poulenc », fait observer Luc Lessard.
Le chant sera de nouveau mis à contribution le 15 août, alors que Denis Gagné sera jumelé au baryton Sébastien Ouellet. Pour l'organiste, il s'agira d'une deuxième incursion à Saint-Dominique. Ce jeune musicien - il n'a pas 30 ans - avait été très apprécié du public lors de sa première présence, à l'été 2015. Quant à Sébastien Ouellet, il n'a jamais chanté à Jonquière.
La semaine suivante, c'est à l'église Saint-Raphaël que les mélomanes auront rendez-vous. Pour une deuxième saison consécutive, ils verront Céline Fortin toucher l'orgue installé l'année dernière, celui qui se trouvait jadis au Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan. L'élément nouveau viendra de sa fille, la violoniste Jeanne-Sophie Baron, qui l'épaulera à cette occasion.
« On ne connaît pas le programme, mais il pourrait comprendre une oeuvre mettant à contribution le carillon de Saint-Raphaël, le seul qu'on retrouve dans la région, anticipe Luc Lessard. Quant à l'orgue, un Casavant à deux claviers qui comprend 18 jeux, il a une facture moderne en ce sens que les tuyaux ont de l'attaque. C'est bon pour le baroque et aussi pour le répertoire contemporain. »
La saison prendra fin le 29 août, alors qu'un autre habitué de la filière estivale, le vétéran Robert-Patrick Girard, fera équipe avec le bassoniste Thomas Roy-Rochette. Ils vont amorcer la soirée à la tribune où, précisons-le, une caméra captera leur performance au bénéfice des spectateurs. Suivront quelques pièces exécutées dans le choeur, où le Casavant de l'église Saint-Georges de Jonquière (antérieurement du Bon-Conseil) a trouvé une nouvelle vie.
Une série toujours plus populaire
Sept ans après sa création, la série de concerts proposée en l'église Saint-Dominique affiche de belles couleurs. Les artistes l'apprécient autant que le public, qui a pris l'habitude d'assister aux rendez-vous proposés dans le plus vieux temple de Jonquière. Ces soirées attirent de 300 à 400 personnes en moyenne et un nombre appréciable de mélomanes provient du Lac-Saint-Jean et de Chicoutimi, sans parler des touristes qui saisissent cette occasion pour découvrir l'un des joyaux du patrimoine saguenéen.
«Les gens aiment qu'on leur soumette des choses variées, ce qui tombe bien, puisque les organistes d'aujourd'hui sont capables de tout jouer. Chaque saison, on remarque que l'assistance augmente. Il y a un bon nombre d'habitués», rapporte Luc Lessard, responsable de la programmation. Il faut dire que l'entrée est gratuite. Le public est invité à effectuer un don à la pause, mais sur une base volontaire.
C'est ainsi que le comité organisateur couvre une partie des frais générés par les concerts, ce qui comprend le cachet des artistes, ainsi que la diffusion de leurs performances sur des écrans installés dans le choeur de l'église. Une autre source de revenus provient des commandites, lesquelles ont suscité une petite alerte l'an dernier. Le retrait d'un mécène a provoqué un léger déficit, mais tout est revenu dans l'ordre.
«Nous avons eu un petit manque à gagner, ce qui a été corrigé grâce à l'ajout de nouveaux commanditaires», mentionne le secrétaire-trésorier Clément Larouche. C'est donc avec optimisme qu'il voit poindre la septième saison des Mardis de la Saint-Do, laquelle est caractérisée par une programmation diversifiée et accessible. Ce sera le véhicule idéal pour apprécier les qualités du Casavant, un instrument à trois claviers installé il y a 103 ans.
«On le maintient en bon état. On vient d'ailleurs de refaire les accords et cet orgue est en mesure d'aborder tous les répertoires, du baroque jusqu'au moderne. Il a été pensé de cette manière et se trouve dans une bâtisse dont l'acoustique est remarquable. Il y a une seconde de réverbération seulement, ce qui est excellent. On entend bien de partout», fait valoir Luc Lessard.