L’atmosphère était électrique vendredi soir et pas juste sur la scène, à l’occasion du premier des deux spectacles que Galaxie présente au Côté-Cour de Jonquière.

Retour de Galaxie dans ses terres

Tout le monde avait des raisons de sourire, vendredi soir, au Côté-Cour de Jonquière. L’équipe qui veille aux destinées de la salle complétait sa dernière semaine d’activités avec deux spectacles à guichet fermé, ce qui fut le cas pendant la moitié des 40 événements présentés dans les derniers mois. De leur côté, les membres de Galaxie se pointaient pour la première fois dans leur région afin de défendre Super Lynx Deluxe, le nouvel album dont ils peuvent tirer une fierté légitime.

Le public aussi affichait un air de contentement, et ce, avant même de voir les silhouettes familières se profiler sur la scène. Jeune, mais pas exclusivement, il éclusait sa bière tranquillement, certains profitant du beau temps pour flâner dehors et - pourquoi pas ? - griller une ultime cigarette avant que leurs tympans soient plus sollicités que leurs poumons.

Le groupe a étiré le plaisir pendant une trentaine de minutes et malgré tout, on ne percevait nulle trace d’impatience en cette soirée aux airs d’été. Puis, on l’a vu s’installer aux alentours de 21 h. Un chant étrange, pulsé par Karine Pion, s’est élevé brièvement. Fred Fortin s’est glissé à l’arrière, le nez vissé sur sa guitare, tandis qu’Olivier Langevin délimitait son territoire en bondissant de part et d’autre de la scène, les bras tendus comme un enfant sous l’empire d’un « high » de sucre.

C’est le seul moment de la soirée où ses cheveux sont restés secs, puisqu’il a suffi d’une poignée de notes pour faire monter la température. « On a tout c’qui faut pour réveiller les morts. On danse pas pire. Une couple de nice moves, mais juste quand y’est tard », a lancé le grand bonhomme sur l’air - incandescent - de la pièce titre. Nappes de claviers. Guitare stridente, un brin psychédélique. Une pulsation d’enfer digne d’un rappel. Or, ça ne faisait que commencer.

Une porte du Côté-Cour est demeurée ouverte, une fenêtre aussi, mais impossible de tempérer l’atmosphère, surtout quand résonne un brûlot comme Phénoménal. Judas, le cheval de Troie, Billy The Kid, Picasso et Jésus sur la croix : le texte fait penser à Dylan dans sa période surréaliste, un parallèle qui n’embrasse cependant pas l’enrobage musical, nettement plus contrasté chez Galaxie. Du lourd. Du rétro. De beaux élans à la guitare. Ces gens font de chaque pièce une courtepointe.

« C’est de toute beauté de vous voir », a mentionné Olivier Langevin, manifestement heureux de la tournure que prenait ce rendez-vous. Plein d’autres titres ont suivi, comme de raison, et même si chacun possède une personnalité qui lui est propre, ce qui est ressorti au final, c’est le caractère organique des versions scéniques livrées par le quintette.

Ce sont des choses vivantes, foisonnantes. On ne sait pas toujours par quel bout les prendre et justement, ça fait partie du charme, ainsi que le constateront ceux qui, ce soir, assisteront au deuxième spectacle de Galaxie au Côté-Cour. Les autres pourront se reprendre le 1er juillet, à l’occasion du Festival des camionneurs de La Doré, de même qu’à Chicoutimi le 7 juillet, dans le cadre de La Noce.