L’as du manche, Jordan Officer, reviendra dans la région afin de présenter les compositions figurant sur son nouvel album, Three Rivers. Il participera au Festival jazz et blues de Saguenay le 25 avril, avant de se pointer à la Boîte à Bleuets d’Alma, le lendemain.

Retour attendu de Jordan Officer

Jordan Officer reviendra dans la région pour défendre son plus récent enregistrement, intitulé Three Rivers. Après avoir participé au Festival jazz et blues de Saguenay le 25 avril, à l’occasion d’une visite au Côté-Cour de Jonquière, le guitariste se dirigera à Alma. Il présentera ses nouvelles compositions le 26, à la Boîte à Bleuets, en compagnie du bassiste Sage Reynolds et du batteur Alain Berger.

« Je me souviens de ma dernière présence au festival, à l’Hôtel Chicoutimi », a raconté le musicien, il y a quelques jours, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Il avait apprécié l’atmosphère qui régnait dans la salle, un sentiment partagé par ses fans. Plusieurs ont gardé en mémoire la fois où il a joué à l’aveugle, en plaçant son instrument derrière sa nuque. Mise au service de compositions aux accents joliment rétro, sa dextérité avait forcé l’admiration.

Cette fois-ci, c’est avec des pièces mises en boîte à Brooklyn, dans le studio du réputé Charley Drayton, que Jordan Officer emprunte le circuit des salles. Elles sont le fruit d’une expérience extrêmement gratifiante aux côtés de celui qui, entre autres faits d’armes, a travaillé avec Keith Richards au début des années 1990, au sein du groupe X-Pensive Winos.

« Ça avait cliqué dès notre premier contact, il y a cinq ans. Charley avait apporté des idées intéressantes, qui allaient au-delà de la batterie. Une seule journée avec lui a suffi pour changer ma façon de faire de la musique. C’est donc la première personne à laquelle j’ai pensé quand le moment est venu de réaliser le nouvel album », raconte le guitariste.

Appelé à élaborer sur les mérites du batteur, il invoque sa forte présence, le fait que cet homme s’engage à 100 % dans les projets auxquels il prête son concours. « C’est à la fois intimidant et excitant de travailler avec quelqu’un comme lui. Quand il touche à un instrument, c’est pour vrai », résume Jordan Officer. On peut en juger sur les compositions One Handed Push-Ups et Felt So Good où l’Américain joue de la batterie, en plus de chanter. Et on devine qu’en studio, l’effet est magnifié.

Bien évidemment, les nouvelles compositions seront maillées aux anciennes pendant les spectacles tenus à Jonquière et à Alma. Signalons cependant qu’une reprise se glissera dans le programme, imposée par les circonstances. « Nous venons de perdre le guitariste Dick Dale, celui qui avait créé la pièce Misirlou avec les Del-Tones », mentionne le musicien, très attaché à l’oeuvre des pionniers.

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AU SUD DES ÉTATS-UNIS

Avant de créer l’album Three Rivers, Jordan Officer a effectué un voyage qui l’a plongé aux sources de son art. Il a passé des semaines au Texas et en Louisiane, à la faveur d’un fabuleux « nowhere ». « Il n’y avait pas de plan. Je dormais dans mon camion et j’allais où la vie me menait. J’ai écouté de la musique. J’ai joué avec les gens et vu la place où Muddy Waters a grandi », a-t-il confié au journal.

Ce périple l’a mis en contact avec d’autres personnages historiques, notamment le légendaire Robert Johnson. « Il a grandi au nord du Mississippi, mais ses premiers enregistrements ont été réalisés à San Antonio, où je me suis rendu. C’est comme Tupelo, la ville natale d’Elvis Presley. Juste de se trouver dans des lieux comme ça, on sent les choses », affirme le guitariste.

Au fil de ses déplacements, il a été exposé à des genres tels le western swing, le jazz, le blues, le country et le tex-mex, ainsi que le gospel et la musique cajun. Ce qui l’a frappé, c’est à quel point ces diverses sensibilités se sont maillées, à force de se côtoyer. Or, lui-même a eu la chance d’en faire l’expérience en Louisiane, en se produisant aux côtés d’un maître de l’accordéon cajun.

« J’ai joué avec Steve Riley (du groupe The Mamou Playboys), et mes enfants se sont amusés avec les siens, en français », fait observer Jordan Officer. Autre conséquence de ses fréquentations, il s’est remis à la pratique du violon, ce que pourront constater ceux qui le verront sur scène dans les prochains jours, au Côté-Cour de Jonquière et à la Boîte à Bleuets d’Alma.

« C’est venu grâce à mes liens avec les Campbell Brothers, avec qui j’ai collaboré en diverses occasions. Ce sont des musiciens incroyables », affirme le globe-trotteur. Il songe déjà au prochain voyage, laissant entendre que Memphis, une ville qu’il n’a pas eu l’occasion de visiter, pourrait figurer sur son itinéraire.