Le design contemporain de l'exposition permet de découvrir la culture des Pekuakamiulnuatsh.
Le design contemporain de l'exposition permet de découvrir la culture des Pekuakamiulnuatsh.

Réouverture et nouvelle exposition pour le Musée amérindien de Mashteuiatsh

Le reflet des Pekuakamiulnuatsh s’exprime à travers la nouvelle exposition permanente du Musée amérindien de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean. L’imposant travail de consultation mené auprès des membres de l’unique communauté autochtone de la région a permis de jeter les bases de l’exposition Tshilanu Ilnuatsh qui signifie Nous, les Ilnuatsh. La culture des Pekuakamiulnuatsh est ainsi présentée à travers les cinq saisons de l’année dont le pré-printemps que vivent les Ilnus.

La durée de vie de cette nouvelle création qui prend place dans la salle d’exposition centrale du musée, est d’au minimum huit ans. Il ne serait pas surprenant qu’elle soit prolongée alors que l’exposition précédente y a été présentée pendant 18 ans.

L’exposition Tshilanu Ilnuatsh qui signifie Nous, les Ilnuatsh permet de découvrir plusieurs thèmes en lien avec l'histoire des membres de la communauté de Mashteuiatsh.

« C’était un de nos objectifs premiers. Quand nous avons commencé la consultation, nous avons demandé à la communauté ce qu’elle voulait montrer de la culture, ce qui était important pour elle. Nous l’avons pensé à la base pour que les gens de la communauté se reconnaissent et soient fiers de ce qui est montré. Cela peut également servir d’outil de transmission pour les prochaines générations », explique la conseillère en tourisme et aux communications au Musée amérindien de Mashteuiatsh, Raphaëlle Langevin.

Les divers segments immersifs présentent des territoires, des vêtements et des activités traditionnelles, dont le mordillage d’écorce de bouleau qui varient en fonction des conditions météorologiques. La portion dédiée à l’hiver permet notamment de découvrir l’évolution du pelage du lièvre et même de vivre une balade en motoneige.

Des oeuvres d’artistes de la communauté se mêlent aux artéfacts présentés dans chacune des saisons.

Les installations qui permettent de découvrir l’univers des Ilnuatsh du Pekuakami sont appuyées par des bandes sonores, des images, des vidéos d’archives et même des odeurs. Les descriptions sont offertes en français et en anglais alors que des récits audio en nehlueun sont également accessibles.

Ce sont les images et les sons qui dominent dans cette exposition contrairement aux écrits. « La transmission culturelle chez les autochtones, c’est beaucoup par ''le montrer''. Ce n’est pas tant dans l’écrit que l’explication. Les voix de kukum et mushum et les vidéos, ça cadre cela. C’est en regardant qu’on découvre », souligne Raphaëlle Langevin.

La nouvelle exposition s’adresse autant aux jeunes qu’aux adultes. Des images d’oiseaux ainsi que les sons associés se retrouvent dans chacune des saisons afin intéresser un public plus jeune. Le mobilier et la disposition des artefacts ont même été réfléchis en fonction de leur taille.

Une zone centrale qui comprend un feu ainsi qu’un ciel étoilé accueillera un guide-animateur en plus d’offrir suffisamment d’espace pour y tenir des activités éducatives. Des oeuvres temporaires se succéderont au fil des saisons en plus de laisser place à des modifications des vitrines d’exposition.

La motoneige permet de faire une balade en forêt alors que la tente permet d'écouter les confidences qui se retrouvent entre ses murs.

La mise en scène de l’exposition a été réalisée par La Boite Rouge Vif. Le travail de l’organisme autochtone à but non lucratif avec la communauté a été grandement apprécié. « On savait que cette firme travaillait en collaboration. On connaissait leur façon de faire. Ils questionnent, ils viennent chercher l’information et ils ont un souci de bien refléter », mentionne la présidente de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh (SHAM), Sylvie Langevin qui a été grandement émue lors des présentations du concept de l’exposition.

Des membres de la communauté de Mashteuiatsh découvraient avec fierté la nouvelle exposition lors du passage du Quotidien. « C’est notre culture. On reconnaît des gens et des artistes d’ici. C’est aussi la transmission de notre culture. C’est important le musée pour nous. Ça permet de présenter aux gens qui nous sommes » témoignait Jeannette Simeon qui a d’ailleurs reconnu sa grand-mère sur l’une des photos d’époque. Une autre dame qui l’accompagnait soulignait l’importance de ne pas oublier leurs ancêtres.

Des membres de la communauté de Mashteuiatsh ont réalisé des oeuvres, dont celle-ci.

Après une préouverture réservée aux membres de la communauté, le Musée amérindien de Mashteuiatsh rouvre ses portes au grand public à compter de dimanche.

La présidente de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh (SHAM), Sylvie Langevin et la conseillère en tourisme et aux communications au Musée amérindien de Mashteuiatsh, Raphaëlle Langevin promettent une exposition qui pourra évoluer au fil des années.

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Pas de touriste européens cet été 

L’équipe du Musée amérindien de Mashteuiatsh s’attend à une saison touristique fort différente des années antérieures. Habituellement, l’institution muséale est fréquentée par une clientèle composée à 50% de visiteurs français. La fermeture des frontières en raison de la COVID-19 forcera le musée qui a ouvert ses portes en 1977 à faire une croix sur ces visiteurs. 

« On a hâte de voir la réception de l’exposition. Cet été, il y a une belle opportunité pour la clientèle régionale pour découvrir la nouvelle exposition et les autres. On aimerait vraiment ça être la découverte de l’été », souligne la conseillère en tourisme et aux communications, Raphaëlle Langevin. 

Les conséquences de la pandémie se sont également invitées dans le dernier droit de la mise en place de l’exposition. Mme Langevin indique que le chantier a été mis sur pause en même temps que tout le Québec alors que la reprise des activités n’a pas été facile en raison des contraintes des divers intervenants et des fournisseurs. 

Des dispositifs interactifs et quelques éléments n’ont pu être installés à temps en raison de la COVID-19. Les derniers éléments de l’exposition seront ajoutés au cours des prochaines semaines. Heureusement, cela n’a aucun impact sur l’expérience des visiteurs.