Renée Martel ne compte plus le nombre d’albums qu’elle a faits. Son plus récent Arrière-saison est sorti au début du mois.

Renée Martel à l’épreuve du temps

TROIS-RIVIÈRES — «On dirait que ça ne fait pas longtemps que je me rends compte que ça fait si longtemps. Ce sont les gens qui m’en parlent beaucoup en fait, parce que moi je n’avais pas réalisé.» Renée Martel parle de ses 66 ans de carrière comme d’un chiffre. Elle ne ressent nullement le poids de toutes ces années durant lesquelles elle a exercé un métier qui la comble encore tout autant.

«C’est le genre de métier où le temps avance et que tu ne te rends pas compte parce que c’est un projet après l’autre, une chanson après l’autre et tu ne te rends pas compte que les années passent.» Si elle a une idée précise du nombre d’années qu’elle a passées à chanter, elle ne peut pas dire avec précision le nombre d’albums qui portent son nom. «Je ne les compte plus. Est-ce que c’est 40, 38, ou 42? Je n’ai aucune idée.»

En ajouter un autre sur la liste n’est pas banal bien que, pour Renée Martel, ce soit presque dans la logique des choses. Pourtant, ce petit dernier est unique à plusieurs égards. «Il est spécial, d’abord parce que ça faisait six ans que je n’en avais pas fait et c’est difficile de faire un album original aujourd’hui. Les gens sont moins portés à découvrir qu’avant. Il y a beaucoup plus d’albums de reprises. Quand tu fais un album original, d’arriver à leur faire découvrir des nouvelles chansons, c’est un défi mais c’est le fun.»

De plus, au nombre des premières, elle s’est associée à Carl Marsh qui a notamment travaillé avec Shania Twain et Garth Brooks. «C’est mon idole de réalisateur. J’ai été chanceuse qu’il se réjouisse de travailler avec moi et que le timing soit bon. Ç’a été toute une expérience et je crois avoir trouvé mon réalisateur à vie», s’enthousiasme-t-elle. «On avait une super complicité et j’ai adoré travailler avec lui. C’est un réalisateur qui est exigeant et minutieux mais, en même temps, c’est ce que je voulais parce qu’on veut un bon album et il me l’a livré. Quand j’ai entendu le résultat final, je ne pouvais pas croire que c’était moi!», se réjouit la reine du country.

Comme M. Marsh travaille à Nashville, la collaboration s’est faite principalement à distance. «La musique et la réalisation ont été effectuées à Nashville mais le vocal s’est fait à partir de Montréal... par Internet!», s’esclaffe-t-elle. «Ça, je n’avais jamais fait ça. Ç’a été une expérience magnifique. J’ai adoré ça. On avait une complicité établie.» C’est quand même à des lunes de la façon de faire du début de sa carrière. Aurait-elle pu imaginer pareil scénario? «Jamais de la vie! Les premiers disques qu’on faisait, ils enregistraient dès la première fois et c’était ça, tu ne pouvais pas te reprendre. Si tu faisais une erreur, tant pis c’était sur le disque.»

Le résultat qu’on entend sur Arrière-Saison n’a pas déçu la principale intéressée. «J’aime beaucoup les arrangements et la réalisation mais à la base j’avais de belles chansons.» Ce n’est d’ailleurs pas le choix qui manquait à ce niveau. «J’ai reçu énormément de chansons. Le choix a été difficile et je me disais que certaines pourraient bien être faites sur un autre album.» Parce que même si Renée Martel ne les compte plus, elle n’est pas près de s’arrêter. «Une retraite? Je ferais quoi m’asseoir devant la télévision pour tricoter? Mon dieu non! Ce n’est pas mon genre.»

Noël une tradition en chansons

Renée Martel partira en tournée avec son nouvel album au mois de mars mais d’ici là, elle fera 20 spectacles en 23 jours avec le spectacle Noël, une tradition en chanson. Sur scène, elle sera entourée de Michel Louvain, Annie Villeneuve, Michaël, David Thibault, Yves Lambert, Émilie-Claire Barlow dans une mise en scène de Joël Legendre.

«J’adore chanter avec les gens de ma génération mais aussi avec les jeunes. Ils amènent la musique comme ils la vivent, comme ils la pensent et la sentent. C’est une autre façon de faire de la musique. Je me dis: «Merveilleux! C’est de l’évolution.» Il faut que ça évolue la musique et c’est grâce à eux que ça se produit. Ils m’apprennent beaucoup. Ils viennent me dire que je leur ai appris beaucoup mais ils ne savent pas à quel point ils m’apprennent à moi.»

Vous voulez y aller?

Le spectacle, qui reprendra les grands classiques des Fêtes, sera présenté à Québec le 2 décembre (salle Albert-Rousseau), à Gatineau le 11 (salle Odyssée), à Sherbrooke le 14 (salle Maurice-O’Bready), à Thetford Mines le 16 (salle Dussault), à Victoriaville le 19 (Carré 150 - Cabaret Guy Aubert), et à Trois-Rivières le 20 décembre (salle J.-A.-Thompson).