Sheenah Ko a l'habitude du mélange des genres.
Sheenah Ko a l'habitude du mélange des genres.

Rencontre entre deux mondes au Centre d’expérimentation musicale

Il se passe de bien belles choses au Centre d’expérimentation musicale (CEM), plus spécifiquement dans le studio temporaire aménagé à l’intérieur du centre d’artistes Le Lobe. Depuis quelques semaines, une artiste jouissant d’une grande notoriété, Sheenah Ko, participe à une résidence avec six collègues du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

À en juger par la pièce improvisée offerte le 19 juin, dans le cadre de la série Wavelenght Music, appuyée par le fabricant d’instruments Sequential, leur complicité est manifeste. Pendant 30 minutes, ils ont fabriqué une jolie courtepointe aux accents tantôt jazz, tantôt électro, tantôt musiques du monde. Un long et doux voyage qu’on peut effectuer en différé, via la page Facebook du CEM.

Sheenah Ko a développé des atomes crochus avec les musiciens du CEM, depuis le début de sa résidence. Ils travaillent dans un studio aménagé au centre d’artistes Le Lobe.

Deux chanteuses, Sola Nkani et Carole Tremblay, font partie du groupe. On remarque également la percussionniste Mé Lissa Labbé, le guitariste Marc-Antoine Mackin-Guay, le trompettiste Ghislain Potvin et le batteur David Simard. Depuis trois semaines, ils planchent sur de nouvelles chansons avec Sheenah Ko, qui chante tout en officiant aux claviers. « Je suis arrivée avec sept compositions créées pendant la pandémie, dont certaines sont plus avancées que d’autres. Nous les explorons ensemble et déjà, l’une d’elles a beaucoup changé sous l’influence du groupe. Elle est devenue un peu jazz, ce que je trouve vraiment cool », a raconté l’artiste au cours d’une entrevue au Progrès.

Membre du groupe The Besnard Lakes, travaillant sur scène avec la formation reggae Bedouin Soundclash, elle a l’habitude du mélange des genres. La voici donc à Chicoutimi en compagnie de partenaires qui, eux aussi, aiment sortir des sentiers battus. Chacun amène son bagage musical, différent du sien.

« Je suis en amour avec le Saguenay–Lac-Saint-Jean », affirme Sheenah Ko, qui entend demeurer dans la région à la fin de sa résidence.

« Nous avons une chanteuse qui a étudié en jazz, un genre qu’aime aussi notre trompettiste. David, lui, a travaillé pour le Cirque du Soleil, tandis que Marc-Antoine fait du noise rock et que moi, je suis dans la pop. Mes pièces jouent à la radio. Cette résidence nous amène donc à développer des mélodies et en même temps, nous expérimentons », décrit Sheenah Ko.

Créateurs d’ambiances
Une disposition d’esprit que tous ont en partage, c’est le désir de produire des ambiances. On peut d’ailleurs le constater sur l’enregistrement mentionné plus haut. De surcroît, cette résidence tombe à point, après des mois de confinement. « Nous sommes chanceux de faire de la musique avec d’autres artistes. Nous apprenons beaucoup », estime l’invitée du CEM.

Au fil de la conversation, le mot «structure» revient tel un leitmotiv. Elle trouve important de situer son travail à l’intérieur d’un cadre bien défini, ce qui comprend également les textes. À ce propos, la jeune femme née à Toronto, qui a grandi aux États-Unis avant de se poser à Montréal, en 2010, confie qu’elle travaille sur des chansons en français.

«J’essaie et le fait de vivre dans un milieu francophone pour la première fois de ma vie m’aide beaucoup. J’adore la culture québécoise et depuis mon arrivée ici, je suis en amour avec le Saguenay–Lac-Saint-Jean, où j’étais venue seulement l’hiver. Il y a une belle vibe, tellement qu’après la résidence, je passerai l’été ici. Je pourrai répéter au CEM», anticipe Sheenah Ko.

Elle compte aussi revenir afin d’enregistrer les nouvelles pièces, toujours avec ses partenaires de la région. Et comme la résidence sera couronnée par une performance live, aux alentours du 3 juillet – avis aux intéressés: le CEM la diffusera –, cet enregistrement pourrait paver la voie à son retour au Festival international de jazz de Montréal, à l’été 2021. « Il n’y aura que du nouveau matériel sur le document que j’enverrai au comité organisateur. Je devais participer à l’édition de cette année. La prochaine fois, j’aimerais revenir avec les gens du CEM, annonce Sheenah Ko. Je trouve qu’on a un bon mix. »