Des bleuets et une tuque rouge. C’est l’illustration parfaite de ce qu’a voulu accomplir Réjean J. Bouchard avec la chanson Noël au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Réjean J. Bouchard relance son chant de Noël

Réjean J. Bouchard vient de sortir une troisième version de son hymne des Fêtes, désormais intitulé Noël au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le chanteur originaire de Roberval avait créé cette pièce en 1994 afin d’illustrer le côté festif de notre région, un thème qui, manifestement, transcende les époques et les modes.

La première mouture avait été commercialisée par le biais de cassettes, un support que seuls les nostalgiques purs et durs, ainsi que les amateurs de musique métal, continuent de vénérer. Près de 400 exemplaires avaient été écoulés, une réponse suffisamment encourageante pour que l’artiste récidive en 2014. Cette fois, c’est sur un CD que sa composition aux accents mi-folk, mi-country, s’était matérialisée.

« J’avais toutefois commis une erreur tactique en conservant le titre d’origine, Noël au Lac-Saint-Jean. Quand j’ai contacté des stations de radio du Saguenay pour qu’elles diffusent la chanson, j’ai senti une réticence. C’est pour cette raison que j’ai modifié le texte et le titre pour englober toute la région. Cet enregistrement a été réalisé par Lucien Villeneuve », a mentionné Réjean J. Bouchard il y a quelques jours, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Ce qui n’a pas changé, c’est le clip créé il y a trois ans, dont la diffusion a été relancée dernièrement. En additionnant le nombre de vues compilées au fil de ses deux vies, le Jeannois dépasse les 7500, un résultat encourageant. En revanche, les radios demeurent aussi frileuses qu’avant, certaines en raison de l’extrême centralisation des réseaux. Désormais, un produit régional a moins de chances de percer cette barrière qu’une bière locale d’entrer dans un supermarché.

L’homme n’est pas du genre à baisser les bras, cependant, ce qui l’incite à garder la foi. Il croit même qu’un spectacle de Noël pourrait voir le jour dans la foulée de sa chanson, possiblement à la fin de 2018. « Comme j’ai déjà les partitions, ça prendrait juste de bons musiciens pour que le projet fonctionne. Or, il y en a beaucoup dans la région », fait observer Réjean J. Bouchard.

En attendant, le Jeannois se prépare à lancer un nouvel enregistrement, un CD comprenant 12 titres originaux, ainsi qu’une reprise de Marie-Hélène, le classique de Sylvain Lelièvre. Des copies physiques seront disponibles vers la fin de janvier, mais il faut préciser que l’album existe déjà sur la Toile. Il a pour titre En t’attendant.

« Je suis âgé de 65 ans et, de plus en plus, je veux me concentrer sur la musique », explique Réjean J. Bouchard, qui a donné son premier spectacle en 1968. Après avoir étudié la musique au Collège d’Alma, puis au Berklee College de Boston, il a exercé le métier de chansonnier avant de fonder Octave Musique, en 1989. Cet établissement est né à Saint-Félicien avant de migrer à Roberval, où il est bien enraciné.

Réjean J. Bouchard aime chanter des pièces québécoises dans le Vieux-Québec. On comprend donc quelle fut sa réaction, le jour où Serge Fiori est apparu devant lui, prêt à entendre l’une de ses compositions.

Chanter dans le Vieux-Québec

Depuis trois ans, Réjean J. Bouchard passe une partie de l’été dans la rue. Pas n’importe laquelle, cependant. La rue Saint-Jean, à Québec, près de la porte du même nom. C’est là que vous le trouverez au retour des beaux jours, interprétant seul ou en duo des succès provenant du répertoire francophone, ainsi qu’une poignée de compositions de son cru.

Même s’il a atteint l’âge de la retraite, le Robervalois n’est pas à la veille de renoncer à cet exercice exigeant. Oui, il pleut et quelques passants profitent de ces mini-spectacles pour montrer à quel point ils sont mal élevés, mais ces irritants ne font pas le poids face au bonheur ressenti par l’artiste. « Ce que je veux faire dans la vie, c’est chanter », avance-t-il en guise d’explication.

Pour avoir le droit d’exercer son métier dans l’espace public, Réjean J. Bouchard a dû passer une audition auprès des autorités municipales. Son permis l’autorise à se produire dans le Vieux-Québec, mais comme il n’y a pas d’horaire, il doit composer avec la présence de camarades ayant le goût de squatter les mêmes endroits que lui.

« On ne peut pas jouer plus de trois heures par jour. Si quelqu’un est déjà là, des fois, on convient d’une forme d’alternance. À d’autres moments, j’attends la fin du numéro, le nez dans un livre », indique le Jeannois. Maintes fois, il a poussé la chansonnette devant une cinquantaine de personnes. Et pour que tous l’entendent, l’homme apporte son ampli alimenté par une batterie, puisqu’il n’y a pas de prise électrique dans les environs.

C’est dans ce contexte que plusieurs des chansons regroupées sur son nouvel album, En t’attendant, ont été testées. Rien de mieux que de voir des enfants danser sur Mademoiselle Jolicoeur pour réaliser que cette pièce enjouée possède un brin de magie. L’artiste se désole toutefois en songeant au nombre de camarades qui privilégient l’anglais. « Ils le font parce que c’est plus payant, mais le Vieux Québec, c’est nos racines », énonce-t-il.

Lui qui préfère poser sa voix sur des textes de Vigneault et Ferland, entre autres, a été le premier surpris en voyant un autre géant de la chanson québécoise apparaître devant lui : Serge Fiori. « J’ai alors fait une pièce exprès pour lui, un hommage à ma petite-fille, et il a été adorable. Cet homme n’a pas un poil de prétention », assure Réjean J. Bouchard.