Si vous examinez la programmation du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), dévoilée mercredi, vous remarquerez plusieurs noms associés aux scènes hip-hop, rock, pop, folk, country, electro house, flamenco, disco et latino. Ce que vous ne verrez pas, ou si peu, c’est le mot reggae. On l’a accolé au nom de la vedette de l’édition 2018, Wyclef Jean, mais ce brillant touche-à-tout n’explore qu’en pointillé le genre musical popularisé par Tosh et Marley.

Reggae, marijuana et réglementation municipale

COMMENTAIRE / Si vous examinez la programmation du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), dévoilée mercredi, vous remarquerez plusieurs noms associés aux scènes hip-hop, rock, pop, folk, country, electro house, flamenco, disco et latino. Ce que vous ne verrez pas, ou si peu, c’est le mot reggae. On l’a accolé au nom de la vedette de l’édition 2018, Wyclef Jean, mais ce brillant touche-à-tout n’explore qu’en pointillé le genre musical popularisé par Tosh et Marley.

Comme l’ont souligné les membres du comité organisateur lors de la rencontre de presse tenue à Chicoutimi, la présence modeste du reggae découle d’une offre moins abondante à l’intérieur de cette mouvance. Les astres n’étaient pas alignés, contrairement à ce qui s’était produit lors de la venue d’artistes tels Ky-Mani Marley, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, sans parler de l’inusable Marcia Griffiths, membre des I Threes, l’ensemble vocal qui accompagnait le grand Bob.

Si vous êtes porté sur les théories de la conspiration, vous tracerez un lien entre la discrétion du reggae cette année et la légalisation de la marijuana que le gouvernement fédéral appelle de ses voeux. On le sait, la loi ne sera pas en vigueur le 2 août, jour où la première tranche du festival, celle qui aura lieu sur la zone portuaire, se mettra en branle. Mais pourquoi s’embarrasser des faits quand il est plus agréable d’imaginer de sombres desseins?

Ceux qui ont assisté à des spectacles reggae, en effet, savent qu’un parfum illicite enveloppe inévitablement l’espace où les fans sont regroupés. Même le soir où Ki-Mani Marley, le fils de l’autre, avait chanté sur la rue Racine, sous une plue battante, des amateurs fumaient autre chose que des cigarettes à bouts filtres. C’est un classique, au même titre que les briquets qui s’allumaient dès que Bob Dylan reprenait Blowin’ in the Wind.

Le problème est que dans notre bonne ville de Saguenay, on songe à adopter une réglementation destinée à encadrer la consommation du cannabis dans les lieux publics. C’est ce que rapportait Le Quotidien en janvier, mais comme le diable est dans les détails, une question vient à l’esprit, un brin malicieuse. Le conseil municipal voudra-t-il codifier le comportement des amateurs de reggae qui, tôt ou tard, retourneront au centre-ville pour célébrer une grande messe à l’invitation du FIRM?

Si oui, on lui souhaite bonne chance parce que des gens qui ont écouté Pete Tosh chanter Legalize It et qui apprécient la pièce Smoke Two Joints de Bob Marley n’ont pas attendu la loi de Trudeau pour accéder à la transcendance. Et parions qu’à la première occasion, ils seront excités à l’idée de défier les autorités, ne serait-ce que pour honorer la mémoire de leurs idoles!