La soirée 100% Saguenay a attiré des centaines de personnes mercredi soir au Théâtre Banque Nationale.

REGARD: une soirée 100 % Saguenay

REGARD propose une sélection de films de partout dans le monde, mais aussi des courts métrages tournés ou créés ici même à Saguenay. Véritable tradition, le festival s'est amorcé, mercredi, avec la soirée 100 % Saguenay. Des centaines de personnes ont complètement rempli le Théâtre Banque Nationale faisant de l'événement un rendez-vous entre le public et le cinéma d'ici. 
La soirée a pris l'allure d'une célébration du cinéma et de ses artisans d'ici avant l'arrivée de la visite, une impression renforcée par le fait que la majorité des invités qui proviennent de l'extérieur de la région ont dû retarder leur arrivée en raison des mauvaises conditions climatiques. 
Le Théâtre Banque Nationale était tout de même plein à craquer. L'intérêt des gens de la région pour le festival est loin de s'essouffler. 
Le public a eu droit à une heure et demie de cinéma composé de huit courts métrages tournés ici ou imaginés par des cinéastes de la région ou qui y sont installés. 
De la fiction, du documentaire, de l'humour, du drame, du poétique et des paysages qui ont rappelé la beauté du fjord ont été servis sur grand écran. 
L'événement 100 % Saguenay se voulait notamment l'occasion de découvrir le résultat du projet Fjord, initié par la bande Sonimage. Quatre cinéastes de la région ont présenté des films complètement différents tournés sous le même thème, le fjord.
Le silence fait peur aux brutes d'Étienne Boulanger, tourné en grande partie à l'aide de drone, permet d'admirer la beauté et l'immensité du fjord. Le cinéaste propose un film où les battements d'une batterie et le mouvement de rameurs se marient pour former un tout entre son et image. 
Martin Rodolphe Villeneuve présente un projet fort différent où l'histoire d'un homme qui souhaite échapper aux conséquences d'un acte qu'il a posé entreprend un périple sur les eaux. Sébastien Ricard, qui incarne le personnage de Qu'en ce jour je meure, devait être de la fête, mais il en a été empêché par les mauvaises conditions routières. 
Destrier de Philippe David Gagné a suscité les rires dans la salle. Le public a été témoin de l'histoire de Guillaume, un amoureux floué qui décide de défendre son honneur sur les glaces de La Baie. La scène a pris la forme de lutte entre gladiateurs, alors que la motoneige sert de monture et que l'épée a été troquée pour un bâton d'hockey. 
Terre rompue d'Alexandre Rufin a aussi entraîné le public sur les glaces. Cette fois, le sujet est plus dramatique. Un homme espère avoir une vie meilleure en s'installant illégalement dans la région. 
La soirée a aussi permis de découvrir le premier épisode de la websérie documentaire intitulée Les acteurs du nord de Nicolas Lévesque. Les cinéphiles ont pu faire la rencontre de Ramis, un homme d'origine russe qui vit sa première journée de travail à titre de débroussailleur. Le public a été témoin de la volonté de cet homme travaillant. 
Philippe Belley a présenté pour une première fois devant public le premier épisode de sa websérie autobiographique intitulée L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans. La projection avait une signification particulière pour le cinéaste qui présente l'histoire de la disparition de son père, alors qu'il était enfant. Le court métrage documentaire de 10 minutes retrace des événements du passé dans un mélange d'animation, d'entrevues et d'archives. 
Gaëtan Reine, installé à Saguenay depuis trois ans, propose lui aussi une rencontre avec son père dans Hilarion. Le résultat est touchant, puisqu'il présente un homme et son fils qui ne se sont pas vus depuis 20 ans et chez qui les douleurs du passé sont encore vives. 
Finalement, Close-up de Jean-Marc E. Roy, qui a été tourné lors de la dernière édition du festival Jazz et blues de Saguenay, propose une rencontre en gros plans avec la musique, les musiciens et le public. 
La soirée 100 % Saguenay a permis de voyager à travers des univers variés et de confirmer une fois de plus qu'il se fait du bon cinéma chez nous. Maintenant, place à la visite !
Philippe Belley était accompagné de ses filles Clara et Adèle pour la présentation de son film <i>L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans</i>. En réalisant le documentaire autobiographique qui raconte la disparition de son père.
Le rêve avoué de tout cinéaste
Le festival REGARD et la soirée 100 % Saguenay ont toute une importance pour les artisans du cinéma de la région. Mercredi soir, ils ont eu l'occasion de présenter leur travail devant les leurs, dans les conditions espérées lorsqu'ils ont créé leurs films. 
Tous les cinéastes le confirment d'emblée, lorsqu'ils créent, c'est dans le but de voir leurs films projetés sur grand écran. Mercredi, REGARD leur a offert cette possibilité. 
Pour Philippe Belley, c'était l'occasion de présenter L'usine et ma vilaine mémoire de 9 ans, un documentaire autobiographique qui raconte la disparition de son père. Le sujet a longtemps été évité dans la famille. Avec son film, le cinéaste a l'impression de redonner une certaine place à son paternel. « Après 26 ans, j'ai rouvert le sujet. En plus du fait que mon père est sûrement mort, on ignorait son histoire. C'était comme le tuer deux fois », explique celui qui était accompagné de ses filles, Clara et Adèle, pour l'occasion. « Je me suis rendu compte que c'est surtout pour elles que je l'ai fait », souligne-t-il, heureux de présenter son travail devant les siens. « Tout mon monde est là. Nous ne sommes pas conscients à quel point cet événement est un joyau. »
Jean-Marc E. Roy, qui présentait lui aussi son film pour une première fois, se réjouissait quant à lui que la soirée régionale attire autant de gens. « Ce n'est plus considéré comme un événement satellite. Ça fait partie du festival. »
« Ça nous permet de montrer des productions régionales en région, de présenter notre paysage, notre réalité », ajoute Philippe David Gagné, qui présentait Destrier en première. 
Pour Martin Rodolphe Villeneuve, présenter son court métrage devant les siens a une signification particulière. « Le trac est toujours là. J'essaie de ne pas trop y penser, mais c'est différent de présenter son travail ici. »
Étienne Boulanger abonde dans le même sens. « Présenter mon film devant la famille et les amis, c'est l'fun. Le festival permet aussi aux gens de l'équipe de voir le film sur grand écran. »