Marie-Elaine Riou, directrice générale de REGARD.

REGARD: continuer à faire preuve d’audace

Alors que le Festival REGARD a atteint une pleine maturité, et qu’il jouit d’un succès populaire et d’un succès d’estime, sa directrice générale, Marie-Elaine Riou, veut continuer à faire preuve d’audace.

Elle qui en est à sa quatrième édition à la tête de REGARD a mis plusieurs choses en place pour que le festival ne se répète pas, tout en gardant la qualité qui a fait sa renommée.

« Ç’a été une édition très spéciale, avec beaucoup de nouvelles choses qu’on a essayées. J’aime beaucoup insister pour que mon équipe et moi, on mette des nouvelles stratégies en place, qu’on se renouvelle », explique-t-elle, au moment de faire un premier bilan de la 23e édition.

Marie-Elaine Riou cite pour illustrer son propos la venue d’une partie des visiteurs de REGARD en train. Une cinquantaine de personnes ont fait le voyage Montréal-Saguenay de cette manière. Ce mode de transport a créé une chimie et une cohésion entre les invités. « Le party était déjà “pogné” à leur arrivée. »

Elle parle aussi du retour du film improvisé, qui a été apprécié tant par les réalisateurs que le public.

Si les chiffres définitifs ne sont pas encore connus, la directrice générale remarque déjà certains indices qui démontrent une forte affluence dans les salles.

« On a vendu 50 % plus de passeports que lors de la dernière édition. Les passeports, c’est la preuve que les festivaliers ont envie de venir plus qu’une fois pendant la fin de semaine », lance Marie-Elaine Riou.

Cet engouement à la billetterie est perceptible dans les salles. Une quarantaine d’activités ont affiché complet, ce qui représente environ la moitié des salles de REGARD.

« Considérant qu’il y a plusieurs des salles qui comptent plus d’un millier de places, on peut penser que l’on a un achalandage qui accote celui de la 22e édition. »

Pour l’avenir, même si elle veut continuer à innover, Marie-Elaine Riou entend garder les éléments qui ont donné sa réputation à REGARD.

« J’aime penser qu’au-delà de penser à grandir, on peut toujours s’améliorer, et améliorer la qualité de l’expérience des festivaliers. On veut offrir quelque chose d’aussi humain qu’à la première édition. Il faut toujours garder l’échelle humaine, le côté de l’accueil chaleureux, convivial. C’est ça qui donne la couleur au festival et le goût aux invités de revenir », dit-elle avec assurance.

C’est cette proximité qui fait de REGARD un incontournable. « Notre porte-parole Rémy Girard nous a confirmé qu’il voulait revenir l’an prochain. Il s’est déjà “booké’’ une chambre d’hôtel. »

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BOURSE À LA CRÉATION RÉGIONALE: TOURNER AVEC PLUS DE MOYENS

Louis-Pierre Cossette et Anaë Bilodeau ont eu une belle surprise, dimanche. À peine arrivés à la remise des prix de REGARD, qui avait débuté depuis quelques minutes, les deux cinéastes d’animation ont entendu leurs noms prononcés au micro et ont appris qu’ils remportaient la Bourse à la création régionale, pour leur film, À l’aube.

Ce prix, qui récompense des réalisateurs qui habitent dans la région ou qui en sont originaires, a fait la joie de Louis-Pierre Cossette, qui était heureux de recevoir la reconnaissance de ses pairs.

« Je ne m’attendais pas à ça du tout. C’est l’fun d’être reconnu à la maison. Souvent, on fait des films, ils sont vus à l’extérieur, parfois il remporte même des prix. C’est agréable d’être reconnu chez nous », a-t-il raconté, encore sous le choc de l’émotion. 

Sa collègue Anaë Bilodeau espère que ce prix, qui est accompagné d’une bourse de 1000 $ et de 15 000 $ de services professionnels offerts par la Bande Sonimage, permettra aux deux cinéastes de faire d’autres films. Elle souhaite que cette récompense lui donne la possibilité d’accéder à des bourses pour tourner avec plus de moyens financiers.

« On a tout mis ce qu’on avait comme énergie et comme temps dans ce film -là. Si on peut faire des films avec une équipe qui nous aide, ça va nous permettre de faire des films encore meilleurs », a-t-elle ajouté, elle aussi heureuse de voir le couronnement de tous ses efforts.

Le film d’animation met l’emphase sur des petits moments que tout le monde vit, chaque jour. 

« Ce sont des petits bonheurs du quotidien qu’on oublie. On s’est dit que dans le contexte actuel, où tout le monde est défaitiste, ça serait l’fun de faire un film pour que les gens se sentent bien. C’est rare que ce qu’on écoute et ce qu’on voit nous fait nous sentir bien », a précisé Anaë Bilodeau.