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François Girard a eu une pensée pour son ami Serge Bouchard, lorsqu’on lui a conféré le titre de Compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec. «Je lui dédie ce moment de joie, a-t-il confié au cours d’une entrevue accordée au Quotidien, via Zoom. 
François Girard a eu une pensée pour son ami Serge Bouchard, lorsqu’on lui a conféré le titre de Compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec. «Je lui dédie ce moment de joie, a-t-il confié au cours d’une entrevue accordée au Quotidien, via Zoom. 

Récipiendaire de l’Ordre des arts et des lettres du Québec, François Girard dédie l’honneur à Serge Bouchard

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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François Girard est l’un des 18 récipiendaires de l’Ordre des arts et des lettres du Québec, édition 2021. Le cinéaste originaire de Saint-Félicien, qui est aussi metteur en scène à l’opéra et au théâtre, a reçu cette récompense le 9 juin, en mode virtuel. Son nom fait partie d’une liste où figurent la danseuse Anik Bissonnette, les chanteurs Robert Charlebois et Elisapie Isaac, le comédien Jacques Godin (à titre posthume), ainsi que le metteur en scène André Brassard.

Appelé à commenter cette nomination, celui à qui on doit, entre autres, les films Cargo, Le violon rouge, Hochelaga, terre des âmes et Le chant des noms, a relevé le fait que la décision a été prise par un jury de pairs. « C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis touché. On forme une communauté d’électrons libres. On est isolés les uns des autres et c’est encore plus vrai ces temps-ci », a-t-il mentionné à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien, via Zoom.

Sa deuxième pensée fut pour le regretté Serge Bouchard. Il venait d’arriver à Los Angeles quand la nouvelle de son décès est remontée jusqu’à lui. « J’ai été attristé par son départ. Il a été une inspiration importante pour moi, mon mentor dans le cadre du projet Hochelaga. Une amitié est ainsi née, ce qui m’a beaucoup touché. Je lui dédie ce moment de joie », a indiqué le cinéaste en référant à l’Ordre des arts et des lettres du Québec.

Il dit avoir été influencé par l’oeuvre de Serge Bouchard, « un être de mémoire au même titre que l’historien Jacques Lacoursière, disparu il y a quelques jours ». Le rôle qu’assumaient ces personnes lui apparaît plus essentiel que jamais. « La mémoire est attaquée. Elle devient ténue, alors que pour comprendre qui on est, on a le devoir de se souvenir. On a besoin de remettre les pendules à l’heure et Serge était un grand horloger », estime François Girard.

À son échelle à lui, le passé lointain le ramène à son enfance à Saint-Félicien, où il a vécu les sept premières années de sa vie avant de migrer à Québec. « Je suis fier de mes origines. La famille de ma mère venait d’Alma; celle de mon père de Jonquière. J’ai encore plein de parents dans la région et j’en profite pour les saluer. Je demeure en contact avec eux. Je retourne les voir », raconte le cinéaste.

Réflexion sur le streaming

Au moment où l’entrevue a été effectuée, François Girard voyait poindre la fin de son séjour à Los Angeles, où il possède un appartement. Ces quelques semaines lui ont permis de faire du développement de projets à un moment où plusieurs pays préparent le retour à une forme de normalité. « Un film est rendu à l’étape du casting, mais il est trop tôt pour en parler. J’ai aussi des séries en écriture », révèle François Girard.

Il s’agirait pour lui d’une première incursion au petit écran. Or, l’émergence du streaming a atteint des proportions spectaculaires, à la faveur du confinement, un mouvement dont il a pressenti l’ampleur dès 2019. « Il avait déjà pris la forme d’un tsunami et ce phénomène a changé la façon dont on voit un film, autant que la manière de le financer. C’est l’occasion d’imaginer de nouveaux contenus, de nouvelles façons de faire », énonce le cinéaste.

Il parle d’un changement profond, d’un nouveau paysage que même les streamers aguerris tentent de décoder, tout en mettant les choses en perspective. Le passé évoqué plus haut offre d’autres exemples de révolutions qui sont devenues la nouvelle norme. « Il ne faut pas être réactionnaire. L’invention du cinématographe a révolutionné l’opéra. Puis, il y a le son, la couleur, le CinémaScope », rappelle ainsi François Girard.

Constatant que le décalage entre le septième art et le streaming tend à s’amenuiser, il se montre ouvert à d’autres manières d’envisager l’avenir. « Pendant les derniers mois, on s’est demandé pourquoi on faisait les choses, avance le cinéaste. On s’est remis en question et je crois que c’est l’une des bonnes choses qui sont sorties de cette crise. »