L’entreprise qui détient les droits d’auteur de Dédé Fortin demande notamment 2% des revenus des spectacles reprenant l’oeuvre des Colocs.

Réal Fortin est «le premier heureux qu'on parle des Colocs»

La sortie d’anciens membres du groupe Les Colocs, qui lancent une campagne de sociofinancement pour se défendre en cour contre le frère de Dédé Fortin, a fait réagir Mike Brossard. Le propriétaire et agent de spectacles, qui exploite lui-même une licence des Colocs octroyée par Solodarmo, estime que contrairement à ce qui a été avancé, le responsable de la succession fait tout en son pouvoir pour faire perdurer l’œuvre des Colocs.

Mike Brossard est en communication avec Réal Fortin depuis plus de deux ans. Jérôme Charlebois, artiste qu’il représente, souhaitait monter un spectacle avec la musique des Colocs. Il a communiqué avec Réal Fortin, qui lui a ouvert la porte. « Je n’ai jamais eu un bâton dans les roues. »

Le conflit opposant Réal Fortin et des anciens musiciens des Colocs se retrouve en Cour supérieure. Réal Fortin accuse d’anciens Colocs de ne pas respecter l’entente qui les lie. Au cours des derniers jours, les anciens musiciens ont mis sur pied une campagne de financement, affirmant que leurs revenus ne leur permettent pas « de payer plus de 50 000 $ de frais d’avocats pour nous défendre ». Ils ont prévu faire un spectacle-bénéfice « afin de nous assurer que ce cauchemar finisse enfin ».

Mike Brossard, qui évolue dans le milieu depuis plus de 16 ans, déplore la sortie publique de ces anciens membres des Colocs.

« Réal n’a jamais voulu enterrer Les Colocs, au contraire. Il a toujours voulu qu’on respecte la mémoire de son frère. C’est le premier heureux qu’on parle des Colocs. La seule chose qu’il veut, c’est le respect de l’entente qui a été conclue, et ce, pour un montant dérisoire. »

Solodarmo, entreprise enregistrée en 1995, détient les droits d’auteur d’André Fortin et du nom Les Colocs. À sa mort, Dédé Fortin l’a léguée à ses frères et sœurs. L’entreprise a été incorporée en 2012 sous le nom Gestion Solodarmo inc.

Une entente a été conclue avec Mike Sawatzky, ancien membre des Colocs, qui souhaitait présenter des spectacles. Une licence lui permettrait de le faire, à condition, entre autres, de verser 2 % des cachets à Solodarmo, compagnie qui soutient la cause de la prévention du suicide.

« Ce sont des montants dérisoires qui n’ont pas été payés pendant des années. Réal Fortin ne veut pas les empêcher d’utiliser le nom, mais il veut qu’ils paient le 2 %. C’est un montant extrêmement favorable pour le producteur, c’est une entente hyper raisonnable. Il faut la respecter. Réal a encore de la peine. La seule paix qu’il a, c’est de pouvoir aider du monde. Remettre 2 % pour une fondation, c’est minime. Là, ils demandent aux gens de payer 50 000 $ pour quelque chose qui aurait pu se régler en payant 2 % des cachets. La licence appartient légalement à Solodarmo. Les musiciens n’en seront jamais propriétaires. »

De son côté, Mike Brossard lancera en 2020 le spectacle Atrocetomique 25 mettant en vedette les pièces des Colocs et réunissant notamment Jérôme Charlebois et l’ancien batteur des Colocs Jimmy Bourgoing.

« Ce sera un show d’après l’œuvre de Dédé Fortin et des Colocs. On ne veut pas reprendre le nom, ce serait un manque de sincérité. On veut que la musique perdure. Mais les Beatles sans Paul McCartney et John Lennon, est-ce que c’est encore les Beatles ? Il faut respecter l’œuvre et le fan. »