Réal Béland reviendra dans la région avec un nouveau spectacle, jeudi, alors qu’il se produira au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. La première partie sera assurée par sa fille Charlotte, qui fait carrière dans la chanson.

Réal Béland, entre deux âges

Réal Béland vient de lancer son quatrième one-man-show, Faire semblant. Il sera présenté pour la première fois dans la région jeudi, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, et brosse le portrait d’un homme entre deux âges. Rendu au milieu de la quarantaine, l’humoriste chérit le souvenir de son père Ti-Gus et de la belle époque du vaudeville, tout en regardant grandir ses quatre filles avec un sourire de félicité.

« Dans le spectacle, je parle de mes enfants et de mes 46 ans, ce qui n’est ni jeune ni vieux. Il est aussi question des signes de vieillissement que je vois apparaître et de tout ce qui est artificiel dans la vie », a-t-il raconté il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Signe que l’attachement au clan est viscéral, c’est l’une de ses héritières, Charlotte, qui ouvre pour lui pendant cette tournée.

« Elle est auteure-compositrice et me rend bien fier. Sa musique se situe dans la mouvance pop-rock, entre Ariane Moffatt et Ingrid St-Pierre. Il y a un projet d’album avec une grosse compagnie », révèle l’invité de Diffusion Saguenay. Quant aux plus vieux, ils apprécieront son hommage aux pionniers du burlesque, une forme d’art dont l’avenir semble aussi précaire que celui des bélugas.

Il faut savoir qu’enfant, déjà, Réal Béland assistait aux spectacles de Ti-Gus et Ti-Mousse (en passant, celle-ci se porte à merveille). Il en a vu de 500 à 600, souvent à partir des coulisses, qui étaient devenues son deuxième chez-soi. Et pendant ses années d’apprentissage, l’humoriste a participé maintes fois à l’émission Les démons du midi. Une fois par mois, Gilles Latulippe lui offrait de jouer dans un sketch, un honneur dont le jeune homme mesurait la valeur.

« J’ai grandi là-dedans, le burlesque, et ça me manque beaucoup, même si ce n’est pas à la mode, reconnaît-il. Or, il est dur de présenter ce genre de numéro en raison du timing physique que ça comporte. J’en avais fait un dans mon premier spectacle et, cette fois, je propose un mélange d’ancien et de moderne avec la collaboration de Stéphane Lefebvre. Ça part de l’idée que je fais des choses bizarres sur scène, mais pas 10 % de ce qui me passe par la tête. »

La tournée officielle est toute jeune, mais en ajoutant la période de rodage, une soixantaine de représentations ont été données à ce jour. La formule est au point, mais l’artiste a gardé une part de risque en ramenant le personnage de Monsieur Latreille, pour qui le téléphone constitue une source inépuisable de fous rires et de malaises.

« C’est un plaisir coupable que de faire des mauvais coups avec lui. C’est excitant. On ne sait jamais ce qui va arriver, surtout que cette fois-ci, je demande au public, en direct, le nom d’une personne que je pourrais appeler. La dernière fois, on choisissait parmi une liste de noms provenant des spectateurs », fait observer Réal Béland.

« C’est un plaisir coupable que de faire des mauvais coups avec lui [Monsieur Latreille]. C’est excitant. On ne sait jamais ce qui va arriver, surtout que cette fois-ci, je demande au public, en direct, le nom d’une personne que je pourrais appeler. La dernière fois, on choisissait parmi une liste de noms provenant des spectateurs. »

Réal Béland

Il ajoute que le public de Faire semblant est plus large que jamais, ce qui refléterait son approche de l’humour, moins portée sur l’absurde. « C’est comme une conversation dans un salon. Ce spectacle est celui qui me ressemble le plus et, dans la salle, on voit des gens dans la vingtaine, mais d’autres qui ont 70 ans », se réjouit l’humoriste.