Guillaume Thibert, directeur général du Centre d’Expérimentation Musicale, et Raphaël Arsenault, artiste en résidence, présenteront le fruit du travail des deux dernières semaines du compositeur qui prendra la forme d’un concert-captation samedi, dans les locaux du CEM.

Raphaël Arsenault sort de sa zone de confort

Raphaël Arsenault est sorti de sa zone de confort, au cours des deux dernières semaines. Le compositeur rimouskois a travaillé intensivement avec les musiciens du Centre d’Expérimentation Musicale (CEM) dans le cadre d’une résidence en production musicale numérique dont le fruit sera présenté au public lors d’une captation, puis diffusé sur le Web. Une première pour l’artiste et pour le centre.

« C’est une première pour le CEM et ça fait 37 ans qu’il existe. On a réussi à développer ce programme », explique Guillaume Thibert, directeur général du Centre d’Expérimentation Musicale. 

Le programme dont il est question, financé en grande partie par le Conseil des arts du Canada et le Conseil des arts de Saguenay, permettra à cinq artistes d’effectuer une résidence en production musicale numérique au cours des prochains mois. 

« Il s’agit d’un projet majeur pour le CEM qui est, à ma connaissance, unique au Canada », souligne Guillaume Thibert.

Les résidences de création/production qui durent entre deux et trois semaines mèneront à des enregistrements-performances accompagnés de musiciens du Centre. Les prestations présentées devant public seront filmées à l’aide de plusieurs caméras et enregistrées pour être diffusées sur le Web. 

La résidence de Raphaël Arsenault, violoniste, compositeur, performeur et explorateur musical, est la première de la série. 

« Il a une approche sensible, il souhaite faire vivre quelque chose aux spectateurs », décrit le directeur général du CEM.

Un créateur canadien, un artiste québécois issu des diversités culturelles, un créateur de calibre international qui s’est démarqué au cours de la dernière année et un finissant en musique du Collège d’Alma auront aussi droit à une résidence.

Raphaël Arsenault a été sélectionné par l’organisme Tour de Bras de Rimouski qui accueillera à son tour un créateur de Saguenay. « C’est un échange de résidences. Tour de Bras va accueillir un de nos membres, Guillaume Tremblay, pour le même type de résidence », explique Guillaume Thibert.

Raphaël Arsenault a travaillé avec les musiciens Pascal Beaulieu, Antoine Simard, Guillaume Tremblay et Pierre-David Girard.  

« Je suis sorti de ma zone de confort. J’avais besoin de ça dans ma vie. C’est une bénédiction en fait », assure-t-il. « J’étais nerveux en arrivant ici. C’était beaucoup d’inconnu. Les musiciens, les limites de ma technique d’écriture, je ne savais pas à quel point il était possible de mettre en musique ce que j’avais en tête, explique-t-il. À Rimouski, la démarche artistique est plus proche de l’improvisation. Ici, c’est moins le cas. Cette espèce de rigueur me fait du bien. On est dans l’obligation de produire quelque chose. Ce qui au début m’effrayait permet aussi de créer dans la cohésion. Je vois jusqu’où ma façon d’écrire qui laisse place à l’interprétation des musiciens est efficace quand on veut amener quelque chose de fini. »

Le concert-captation des œuvres créées par Raphaël Arsenault sera présenté dans les locaux du CEM situés dans le Centre de production en art actuel TouTTouT de la rue Bossé à Chicoutimi, samedi, à 20 h 30. Six caméras seront braquées sur les musiciens et une vingtaine de micros permettront de capter la prestation et d’atteindre une qualité de studio.