Cindy Dumais et Charlie Lescault, de même que Mathieu Valade et Julien Boily, procèdent aujourd’hui au vernissage de leur exposition présentée à la galerie Rosalux de Berlin. Une autre artiste, la Québécoise Amélie Laurence Fortin, est associée à ce projet.

Quatre artistes de la région à Berlin

Cinq artistes du Québec, dont quatre provenant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, procéderont au vernissage d’une exposition collective samedi, à Berlin. Elle a pour titre Blind Spot et sera présentée à la galerie Rosalux où Mathieu Valade, Cindy Dumais, Julien Boily et Charlie Lescault, ainsi que la Québécoise Amélie Laurence Fortin, sont à pied d’oeuvre depuis quelques jours.

C’est lors d’une rencontre internationale tenue à Athènes que des membres du groupe ont fait la connaissance du directeur Tiny Domingos. Un projet d’échange a émergé de leurs discussions, lequel mènera le Berlinois à présenter ses oeuvres en octobre, à la galerie L’Oeuvre de l’Autre de Chicoutimi. Trois de ses interlocuteurs, Mathieu Valade, Cindy Dumais et Julien Boily, sont membres d’AMV, un collectif ayant pour but de favoriser des collaborations de ce genre.

« Ce qui est le plus intéressant lorsqu’on monte une exposition à l’étranger, ce sont les contacts avec les artistes locaux. Nous amenons aussi des gens comme Charlie, dont la carrière a débuté récemment, afin qu’elle profite de cette expérience pour construire ses propres réseaux », a énoncé Mathieu Valade au cours d’une entrevue accordée au Progrès, quelque heures avant le grand départ.

Il s’agit de la première incursion d’AMV dans la capitale de l’Allemagne et elle tombe à pic, puisque le vernissage s’inscrit dans le cadre d’un rendez-vous majeur, le Berlin Art Week. « Berlin est l’une des capitales de l’art contemporain en Europe. Nous ferons sans doute de la prospection. Nous assisterons à plusieurs vernissages avec Tiny », anticipait Julien Boily.

« Ce sera ma première expérience internationale et elle fait suite à mon exposition solo, La vie sauvage, présentée à Montréal et Victoriaville dans les derniers mois. À Berlin, je montrerai deux dessins et deux sculptures qui s’inscrivent dans la continuité de cet événement. J’ai travaillé avec du vinyle et des pelages pour voir comment ses matériaux se répondent », a signalé Charlie Lescault, qui a complété un baccalauréat en arts il y a deux ans, à l’Université du Québec à Chicoutimi.

De son côté, Cindy Dumais évoquera le titre de l’exposition, qui signifie angle mort, par l’entremise d’une installation faite sur mesure pour l’espace qui lui est imparti. « Je veux investir une fenêtre qui se trouvera dans mon coin, donne-t-elle en exemple. Mon objectif consiste à réaliser une expérience visuelle, davantage que de transmettre un message. »

Des dessins animés

Julien Boily n’a pas eu besoin de chercher loin pour dénicher des oeuvres collant au thème. Cinq sérigraphies crées en 2016 ont été sélectionnées par ses soins, lesquelles émanent de la série Paradigme objet. « Chacune d’elles comporte deux sphères qui reflètent des choses se trouvant à l’extérieur du cadre. Elles fonctionnent suivant le principe du hors-champ », explique-t-il.

En revanche, ceux qui sont familiers avec le travail de Mathieu Valade noteront l’amorce d’une série prometteuse, alors qu’il présentera ses premiers dessins animés. Deux seront projetés en boucle chez Rosalux, un diptyque réunissant l’artiste Marcel Duchamp et Gertrude Stein, grande mécène du siècle dernier. « Ça s’appelle Naturellement sophistiqués et par le biais de cette série, je présente des personnages importants de l’histoire de l’art moderne. On les voit rire, chacun de son côté », note le Chicoutimien.

Ces oeuvres ont été montrées pour la toute première fois à la Galerie 3 de Québec, où on peut les voir jusqu’au 3 octobre. Les prochaines mettront en vedette Peggy Guggenheim, autre mécène de renom, ainsi que le marchand d’art Leo Castelli, célèbre notamment pour l’appui qu’il a accordé aux artistes associés au Pop Art, de même qu’aux expressionnistes abstraits qui ont émergé dans les années 1950, aux États-Unis.

Lorsque l’entrevue a été réalisée, le groupe du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne savait pas à quoi ressemblerait la contribution d’Amélie Laurence Fortin. Ils étaient toutefois enthousiastes à l’idée de collaborer avec cette artiste multidisciplinaire doublée d’une voyageuse au long cours. « Nous aimons beaucoup son travail », souligne ainsi Julien Boily.