Quand un orchestre dirige Nanette Workman

Le mariage entre la voix rauque de Nanette Workman et les musiciens de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a prouvé que le jazz et le classique pouvaient donner lieu à une heureuse et plus que prometteuse union. Pendant que l’orchestre baissait le rideau sur sa saison de grands concerts de la saison de belle et douce manière, le Festival Jazz et blues mettait, lui aussi, la note finale à sa 23e édition.

Nanette Workman était l’invitée de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui, lui, était l'invité du Festival Jazz et blues de Saguenay. Les amateurs de jazz, de classique, de blues, de même que les admirateurs de la chanteuse, ont donc été plus que servis, samedi soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Les spectateurs, qui n’avaient laissé vacants que de rares sièges, sont tombés sous le charme de cette grande dame qui soufflera ses 73 bougies en novembre prochain. Et le temps ne semble ni avoir d’emprise sur l’instrument vocal de Nanette Workman ni sur son plaisir d’être sur scène. 

Toute de noir vêtue, la chanteuse à la blonde chevelure n’a pas hésité à échanger avec son public, en laissant toute la place que les musiciens méritaient. Celle qui prend en effet un réel plaisir à regarder les musiciens aller a offert quelques-uns de ses grands succès, interprétés et remaniés à la saveur symphonique. Mais ce sont surtout des grands succès du jazz qu’elle a proposé, tout en offrant au public un medley composé de pièces triées sur le volet et dont la signification prenait une touche sentimentale.  

«Je vais vous interpréter des chansons que ma mère chantait, il y a bien longtemps», a confié Nanette Workman, dont la mère, Beatryce Kreisman, a roulé sa bosse comme chanteuse de music-hall aux États-Unis et aussi comme choriste au New York City Opera Company.

Ce n’était pas la première fois que l’artiste, qu’on a d’ailleurs pu redécouvrir grâce à l’émission La Voix cette saison, partageait la scène avec un orchestre. Elle l’avait fait récemment à Trois-Rivières. D’ailleurs, dans une entrevue que la dame avait accordée au collègue Daniel Côté, il y a un peu plus d’une semaine, Nanette Workman affirmait que «jouer avec un orchestre était grandiose». 

«Ça change d’un band de quatre musiciens. J’aime les instruments, les arrangements », avait-elle confié. Et, visiblement, la dame n’avait pas menti. Elle a d’ailleurs pris la peine, à plus d’une reprise, de remercier le chef d’orchestre, Jean-Michel Malouf. 

Ce dernier en était à sa première collaboration avec une légende du monde de la chanson. Et, nul doute, diriger Nanette Workman faisait plus que plaisir à Jean-Michel Malouf. 


Nanette Workman était, d'une certaine manière, dirigée par le chef d'orchestre Jean-Michel Malouf.