L’écrivain Dany Leclair a livré un poignant texte descriptif à propos de la destruction de la Consol.

Quand les mots se moulent au fjord

La littérature baieriveraine ne pouvait espérer plus belle activité que cette soirée de lectures qui en était à sa 2e édition, jeudi, sur le quai Laurier-Simard à La Baie. Quatre auteurs, liés à La Baie, ont livré leurs mots dans un décor époustouflant, accompagnés de la violoncelliste Marie-Pier Simard-Gagnon.

Même l’imposant vent d’est venant du fjord n’est pas parvenu à atteindre le quai situé à Grande-Baie, où un soleil couchant couplé à la marée baissante ont enveloppé la centaine de personnes présentes à l’activité organisée par le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean en collaboration avec le Musée du Fjord de La Baie. Les auteurs Marjolaine Bouchard, Dany Leclair, Marie-Rose Marcoux et Emmanuel Simard ont fait résonner prose et poésie dans les parois du Saguenay, tout en précisant à quel point leurs racines saguenéennes étaient importantes dans leur création. Sous la thématique L’eau, mystère de la mer, l’activité était tenue dans le cadre de la récente exposition itinérante L’univers des poissons, qu’il est possible de visiter depuis mercredi au Musée du Fjord. « Le mandat du Musée consiste aussi à élargir la portée de la culture, et cet événement en partenariat avec le Salon du livre en fait foi », a expliqué Guylaine Simard, directrice générale du musée du Fjord.

À la fois le regard et l’ouïe étaient charmés, d’une part par le panorama exceptionnel du lieu et d’autre part par les mots des créateurs et les notes de la violoncelliste qui s’est maintes fois vu remettre les honneurs au Festival de musique du Royaume. Le maître de cérémonie de la soirée, le poète et nageur François-Bernard Tremblay, a utilisé quelques jalons historiques pour soulever l’aspect unique des lectures. « Cartier cherchait l’abondance à son entrée dans le Saguenay; il n’avait pas tort puisque les richesses littéraires qu’on trouve ici ce soir sont toutes issues du sol saguenéen », a ricané l’enseignant en littérature au Collège d’Alma.

Les auteurs baieriverains Marjolaine Bouchard, Marie-Rose Marcoux, Emmanuel Simard et Dany Leclair en compagnie de la violoncelliste Marie-Pier Simard-Gagnon.

Unique en son genre
Les airs d’Aznavour et du large ont contribué à créer quelque chose d’unique et d’original. « C’est à croire que le fjord aime la littérature et la poésie, puisqu’il y a plus de gens que l’an dernier et que la météo est splendide », a confié Sylvie Marcoux, directrice générale du Salon du livre régional.

Le public a eu droit à différents registres, alors que Marjolaine Bouchard a livré avec humour un hommage aux poissons à travers un texte naïf qu’elle avait rédigé à l’âge de sept ans.

Dany Leclair, natif de La Baie, a fait revivre les émotions liées à la destruction de la Consol dans un texte descriptif poignant. Marie-Rose Marcoux, qui réside toujours à La Baie, a livré un extrait de son recueil Feu rouge. Ancrée dans le territoire, la poésie d’Emmanuel Simard était représentative des gens de la place qui l’écoutaient pantois.

Partenaire de l’événement, la Fondation pour l’élite baieriveraine a prouvé en cette occasion que l’arrondissement recèle de talents; et la réponse de la population laisse entrevoir que le bout du quai de Grande-Baie risque de devenir une fois de plus un agora littéraire l’été prochain.