L’oeuvre Rainbow mountains (photo du bas) est composée de 60 000 attaches de type Ty-Rap et représente un relief qui rappelle les strates d’un canyon. Sur la photo du haut, on voit l’oeuvre Défragmentation, composée de 65 000 attaches.

Quand le Ty-Rap prend vie

Parfois, une idée créatrice surgie de nulle part en vient à définir la carrière d’un artiste. C’est un peu ce qui s’est passé il y a sept ans, quand Elisabeth Picard a découvert le Ty-Rap, cette attache à tête d’équerre qu’elle utilise désormais comme nul autre artiste afin de composer des oeuvres, actuellement exposées au centre Bang du Cégep de Chicoutimi.

La Montréalaise de 37 ans est l’une des deux artistes invitées par le centre d’art actuel de la rue Jacques-Cartier dans le cadre de sa rentrée automnale. Jusqu’au 21 décembre, les visiteurs pourront observer gratuitement une poignée des créations de Picard, dans le cadre de son exposition Conjonction : couleurs et résonance, dont deux imposantes structures composées respectivement de 60 000 Ty-Rap (Rainbow mountains, 2015) et 65 000 Ty-Rap (Défragmentation, 2014), lesquelles sont exposées à l’Espace Virtuel.

Éclairage

S’inspirant du biomorphisme et des nouvelles technologies utilisées dans les domaines du design et de l’ingénierie, Picard crée des structures dont les formes et la profondeur sont mises en valeur par un éclairage qui fait partie intégrante de l’oeuvre.

« L’éclairage doit être intégré le plus possible. C’est ce qui donne vie à mes oeuvres », confie Elisabeth Picard en entrevue téléphonique au Progrès.

Avec Défragmentation, Elisabeth Picard propose une pièce massive composée de 65 000 «Ty-Rap» qui s’imbriquent selon un patron bien défini.
–PHOTO LE QUOTIDIEN, ROCKET LAVOIE

Profitant de la malléabilité des attaches de type Ty-Rap, l’artiste qui travaille avec ce matériau depuis sept ans déjà, a découvert en 2013 que ces petites attaches faites de nylon pouvaient aussi être teintes à la main. Elle peut passer plusieurs mois à la conception d’une seule oeuvre.

« Quand je me suis rendu compte que ça se teignait, mes créations ont pris une nouvelle tournure », explique celle qui n’utilisait que des attaches blanches auparavant.

Inspiration

Forte d’une carrière de 12 ans, Elisabeth Picard s’est inspirée, en 2011, d’une oeuvre représentant la modélisation d’une vague, ce qui lui a donné l’idée d’utiliser le Ty-Rap pour reproduire physiquement ce type de mouvance en trois dimensions.

« Avant, j’utilisais plutôt des matériaux non nobles, comme du carton mouillé ou de la résine. Le Ty-Rap me donne une plus grande liberté de travail », indique Mme Picard, qui s’est rapidement rendu compte qu’elle était l’une des seules artistes a utilisé ce matériau de cette manière.

Chaque «Ty-Rap» est teint à la main par l’artiste Elisabeth Picard.

« Elle s’inspire beaucoup des formes de la nature, du minéral, de l’animal et du végétal. Chacune des oeuvres est faite à partir de techniques qui rappellent la vannerie et les noeuds qu’on retrouve dans la création de paniers en osier par exemple », explique la coordonnatrice artistique et responsable des communications du centre Bang, Anick Martel.

Représentée par la galerie ELLEPHANT, Elisabeth Picard a aussi exposé une partie de ses oeuvres (Lueurs et trajectoires) plus tôt cet automne, à la Maison de la culture Frontenac de Montréal.