Dans ce numéro consacré à la lettre b, le Saguenéen Georges-Nicolas Tremblay a dirigé un ballon que ses camarades ont saisi au prix de valeureux efforts. C’est l’une des jolies séquences émanant du spectacle 26 lettres à danser, destiné aux enfants âgés de quatre à 11 ans. — photo le progrès, rocket lavoie

Quand l'alphabet devient une source de plaisir

Ils étaient bien petits, les enfants regroupés vendredi avant-midi, dans la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. La plupart avaient plus de doigts que d’années au compteur et on pouvait se demander comment ils réagiraient dans l’heure suivante, alors que les quatre danseurs de la compagnie Bouge de là exécuteraient des chorégraphies dans le cadre de la production 26 lettres à danser.

ls piaillaient avec une belle énergie lorsque Alexandre Parenteau et Ariane Boulet, deux des interprètes, sont apparus sur la scène. « Quand nous donnerons le signal pendant le spectacle, vous utiliserez vos mains pour former une fleur, puis un papillon en vol. Nous voudrions aussi voir un lion apparaître », a demandé le duo. 

Aussitôt, les jeunes ont interrompu leur babillage et 400 fleurs se sont matérialisées, pas toutes semblables, mais quand même belles. Elles ont cédé la place à une nuée de papillons, ainsi qu’à des lions accompagnés de grognements plus drôles que menaçants. « Je pense que vous êtres prêts », a lancé Ariane Boulet, dont les initiales ont donné la couleur des premiers numéros.

Rejoints par leurs camarades Joannie Douvile, ainsi que Georges-Nicolas Tremblay, qui est originaire de la région, elle et Alexandre Parenteau ont exécuté une chorégraphie amusante ponctuée de Ah ! . Ainsi fut évoquée la première lettre de l’alphabet, tandis que le b a donné lieu à des manifestations d’effroi, des cris et des convulsions qui ont beaucoup amusé les enfants.

Ils étaient vraiment engagés dans le spectacle, une impression confirmée à l’occasion du set carré annonciateur de la lettre c. Tous les danseurs portaient des chemises à carreaux, si bien qu’avec un minimum d’effort, on aurait pu s’imaginer au Carnaval-Souvenir de Chicoutimi (ce qui fait beaucoup de c dans la même phrase).

L’un des tableaux les plus réussis a fait la preuve qu’on pouvait aborder tous les sujets, même les plus difficiles, tout en s’adressant aux enfants. Les interprètes ont écrit le mot guerre pendant qu’un beat martial, très percussif, remplissait la salle. « Maintenant, on va prendre un moment pour penser à ceux qui vivent la guerre », a annoncé Ariane Boulet. Le miracle est que tout le monde a suivi la consigne, le temps que le quatuor efface les lettres du tableau.

Une autre trouvaille fut le numéro consacré à la lettre x, comme dans rayons x. Un corps squelettique s’est mis à danser dans le noir, ce qui a fait rire les jeunes, qui ont été étonnés de le voir perdre ses mains, de même que ses membres, sans douleur apparente. Ayant pris une vie propre, ils ont dessiné la lettre z, illustrée par trois zèbres engagés dans une séance de Zumba.

C’est ainsi que le spectacle a pris fin, sous un tonnerre d’applaudissements et de cris qui, n’en doutons pas, couronneront les deux autres représentations données en fin de semaine. La prochaine aura lieu samedi à 13 h 30, toujours à la Salle Pierrette-Gaudreault, tandis que la seconde se déroulera dimanche à 14 h, à la Salle Michel-Côté d’Alma.