Patrick Simard, Anne-Louise Imbeault et Martin Gagnon ont aidé L’Autre dans la cité à sortir du coffre où il-elle était enfermée(e) depuis 300 jours. Cette marionnette aux dimensions humaines a repris vie, jeudi midi, ce qui a coïncidé avec le déconfinement du Théâtre de la Tortue Noire.
Patrick Simard, Anne-Louise Imbeault et Martin Gagnon ont aidé L’Autre dans la cité à sortir du coffre où il-elle était enfermée(e) depuis 300 jours. Cette marionnette aux dimensions humaines a repris vie, jeudi midi, ce qui a coïncidé avec le déconfinement du Théâtre de la Tortue Noire.

Quand la mairesse renoue avec L’Autre dans la cité

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Il était midi 37, jeudi, lorsqu’une musique joyeuse, un peu fanfare, à enveloppé la Place du Citoyen, à Chicoutimi. Trois personnes transportant une caisse sont arrivées. En retirant le couvert, une fumée blanche est apparue, mais elle n’annonçait pas l’élection d’un pape. C’est plutôt L’Autre dans la cité, une marionnette créée par Mylène Leboeuf, pour le Théâtre de la Tortue Noire, qui a déployé ses bras, ses jambes, afin de prendre l’air pour la première fois depuis 300 jours.

Ce personnage aux dimensions humaines porte un nom étrange. Pour en comprendre le sens, il faut savoir qu’en 2018, on l’a intronisé à l’hôtel de ville en tant que marionnette citoyenne de Saguenay. Ainsi a-t-on reconnu que cette communauté était une ville amie de la marionnette, comme l’a rappelé la mairesse Josée Néron au moment de retrouver cet être énigmatique. Elle en a profité pour annoncer que l’association mondiale regroupant les villes amies pourrait tenir son assemblée générale annuelle à Saguenay, l’été prochain.

« Nous aurons également l’honneur d’accueillir le Festival international des arts de la marionnette de Saguenay. On se croise les doigts », a souligné Josée Néron en faisant allusion à la crise sanitaire. Après avoir salué l’Autre, tout en se demandant s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, elle a vanté les mérites du Théâtre de la Tortue Noire, la compagnie qui a donné naissance à cette marionnette. Le moment était bien choisi, puisque cette activité aux airs de conférence de presse marquait le début de son déconfinement, après cinq mois loin de l’oeil du public.

De retour d’un séjour fructueux à Paris, où ses artisans ont présenté plusieurs de leurs créations, dont Ogre, coproduite avec le Théâtre la Rubrique, la Tortue Noire a pris acte des perturbations causées par la pandémie. « Notre calendrier a été chamboulé. On a mis sur la glace des tournées en France, en Bulgarie et au Togo », a confirmé la directrice générale Sara Moisan. Pas du genre à pleurer sur le lait renversé, cependant, elle et ses camarades ont planché sur des activités qui se déploieront d’ici au printemps.

La mairesse de Saguenay a salué la reprise des activités du Théâtre de la Tortue Noire, jeudi midi, sous l’oeil de L’Autre dans la cité. En même temps, elle a annoncé que l’assemblée générale annuelle de l’association internationale regroupant les villes amies de la marionnette aura lieu dans sa ville, à l’été 2021.

La première concerne L’Autre dans la cité. On a appris, en effet, que plusieurs sorties figuraient à son agenda. Flanqué de ses indispensables partenaires, les marionnettistes Patrick Simard, Martin Gagnon et Anne-Louise Imbeault, il-elle se promènera sur la rue Racine le 21 août. Le lendemain, par ailleurs, on pourra lui serrer la pince à Jonquière, au parc de la Rivière-aux-Sables, de même que sur la rue Saint-Dominique. Suivront des incursions à Arvida le 26 août, au Carré Davis et au parc de la Cité, tandis que le 27, son élégante silhouette arpentera le Village portuaire de La Baie.

« Depuis sa première apparition, le travail des manipulateurs a évolué. Il y a plus de cohésion entre eux et le vocabulaire gestuel s’est élargi », fait observer le directeur artistique Dany Lefrançois. Il ajoute que L’Autre ne s’était pas montré en public depuis son séjour au Mexique, effectué à l’automne 2019. C’est en vertu de l’entente sur le développement culturel de Saguenay, conclue avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, que son retour en terre saguenéenne a pu se matérialiser.

Quant aux autres projets de la Tortue Noire, ils comprennent la tenue d’un événement auquel participeront dix compagnies de théâtre de la région, cet automne. Le public sera invité à emprunter un circuit donnant accès à différents spectacles ayant pour trait commun de ne pas dépasser trois minutes. La compagnie va également préparer un spectacle de forme brève consacré au père de Sara Moisan, Gatien, décédé récemment. Il avait touché à plusieurs disciplines artistiques, mais à cette occasion, son oeuvre picturale sera mise en évidence.