Les membres du Studio Funky Star ont livré une performance énergique, truffée de jolies trouvailles, au cours de la soirée d'ouverture du festival Sidanse.

Quand la danse est synonyme de plaisir

Pendant que les participants venus de loin roulaient en direction de Chicoutimi, les chanceux qui s'y trouvaient déjà ont profité de la soirée d'ouverture du festival Sidanse, tenue hier soir à l'Aréna de l'UQAC, pour célébrer leur mode d'expression favori. Il n'y avait ni compétition, ni activité de formation, et les danseurs étoiles se sont montrés discrets, ce qui a laissé toute la place aux jeunes qui, pour le seul plaisir de la chose, ont montré de quoi ils étaient capables.
Les numéros n'étaient pas tous de la même eau. Certains étaient sages, alors que d'autres exploraient l'esthétique hip-hop avec bonheur, comme ce fut le cas pour les membres du Studio Funky Star. Plus âgés, plus matures physiquement, ils étaient au moins 25 à arpenter la scène avec confiance, ne s'accordant que de brèves pauses ponctuées par de spectaculaires rotations de la tête, tous cheveux dehors, ou de vigoureux mouvements du postérieur exécutés à l'unisson, ventre à terre.
Cette performance fut saluée par des cris provenant de la mezzanine, mais surtout du parterre où de jeunes spectateurs, assis sur le ciment, étaient à même d'apprécier le travail que commande ce genre de chorégraphie. Parfois, on les sentait plus enthousiastes, mais chaque interprète, sans égard au niveau atteint, a eu droit à sa part d'encouragements.
C'est ainsi que deux fillettes spécialisées dans la danse celtique, dont les coups de talons étaient peu audibles pour cause de musique forte, ont pu partager leur amour de cet art. Il y a aussi eu une douzaine de gamines dont les sauts, les vrilles négociées avec entrain, ont conféré un surcroît de fraîcheur à l'air de Lollypop qui guidait leurs pas. Leur joie était manifeste.
Sur un registre différent, mais tout aussi réjouissant, on a vu une adolescente vêtue comme une adepte du baladi s'offrir un solo sur l'hymne de Pitbull et Jennifer Lopez, On The Floor. Son numéro tout en souplesse, comprenant un jeu de mains complexe, était dans le ton. Or, cette participante affichait des rondeurs bien évidentes, à mille lieues du mythe de la danseuse filiforme. Sa présence sur scène, couronnée par des cris stridents, valait tous les discours sur l'acceptation de soi.
Après une douzaine de performances, les professionnels ont été présentés, le plus spectaculaire étant le Français Skorpion, auteur de jolies prouesses sur fond de breakdancing. Le moment que tous attendaient est ensuite arrivé: le début de concours Just Dance. Des chorégraphies ont été projetées sur un écran, tandis que les spectateurs essayaient de les imiter le plus fidèlement possible.
De les voir effectuer les mêmes mouvements, tout en affichant un étonnant synchronisme, avait quelque chose de réjouissant. Les jeunes, mais aussi plusieurs parents, affichaient un large sourire, du genre qu'on voit apparaître quand un party décolle. La plupart d'entre eux seront de retour aujourd'hui, à l'occasion des compétitions. On leur souhaite juste de retrouver l'esprit qui les animait hier soir. Ils vont voler sur la scène.