Parmi les acrobaties exécutées par les artisans du Cirque Kalabanté, on remarque une pyramide, ainsi que des acrobaties de sol. Elles sont étroitement maillées aux compositions créées par le fondateur de la compagnie, Yamoussa Bangoura.

Quand cirque rime avec Afrique

« Dans la langue soussou, kalabanté désigne un enfant fonceur, toujours en avant, ce qui correspond à la philosophie de notre compagnie. Cirque Kalabanté a pour principe que si tu peux parler, tu peux chanter et que si tu peux marcher, tu peux danser », mentionne Yamoussa Bangoura à l'autre bout du téléphone.
Joint mercredi après-midi, alors qu'il supervisait un spectacle tenu au Parc Safari d'Hemmingford, l'artiste originaire de la Guinée a le sentiment que les efforts déployés depuis dix ans commencent à porter fruit. La réputation de l'organisation basée à Montréal s'étend désormais à l'ensemble du Canada, si bien que chaque saison, de nouvelles destinations s'ajoutent. Jeudi soir, justement, ce sera au tour du Saguenay-Lac-Saint-Jean de découvrir l'une de ses productions.
Celle qui sera présentée à Chicoutimi dès 19 h 30, à l'angle des rues Racine et Bégin, a pour titre Afrique en cirque. Elle mobilisera quatre musiciens et huit acrobates qui auront l'honneur d'ouvrir la 15e édition du Festival international des Rythmes du Monde. Pendant 90 minutes, ils montreront à quoi ressemble un cirque aux racines africaines.
« Il y a toujours eu des acrobates sur notre continent, même s'il ne possède pas de tradition dans le domaine du cirque. Ce qui distingue nos numéros, c'est la présence de la musique, le fait qu'elle se moule étroitement aux mouvements. Il y a du rythme, des danses, des tambours. Tout va ensemble », note celui qui cumule les rôles de directeur artistique, compositeur, musicien et acrobate.
Lui-même est originaire de la Guinée, comme la plupart des membres de la compagnie. On retrouve donc des traits de la culture locale dans le spectacle, notamment à travers les musiques où, parallèlement au son du djembé, émergent de jolies notes émises par la kora. Elles rendent hommage aux ancêtres et favorisent la participation du public.
« Nous nous adaptons au lieu. Dans une salle, la mise en scène est plus élaborée, tandis qu'à l'extérieur, nous amenons les gens à être attentifs à ce que nous faisons et à participer de toutes sortes de façons. Il y a des moments où ils dansent, d'autres où ils rient ou se concentrent en même temps que nous », fait observer Yamoussa Bangoura.
À l'extérieur
Dehors, bien sûr, il faut tenir compte des caprices du climat. Cette réalité ne constitue pas un obstacle insurmontable pour les artisans du spectacle, cependant. Il suffit de donner un coup de balai afin d'éliminer le trop-plein d'eau. « Le spectacle a lieu pareil, mais c'est plus difficile pour le public », résume le patron du Cirque Kalabanté, dont ce sera la première incursion au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Rappelons que l'accès est gratuit et que le programme comprend deux autres spectacles donnés par des artistes qui vivront leur baptême du festival. Sur la même scène, à compter de 21 h 30, on retrouvera l'électro-pop de Champion et ses G-Strings, tandis que la formation latino Chico Band se produira à 20 h 30, à l'angle des rues Racine et Labrecque.