L’oeuvre d’art de Mathieu Valade intitulée Éphémères durables a permis à l’artiste saguenéen d’être récompensé dans le cadre des Mérites d’architectures de la Ville de Québec.

Prix prestigieux pour l'artiste Mathieu Valade

L’oeuvre d’art que Mathieu Valade a créée pour la Maison de la littérature de Québec lui a valu un prix prestigieux. Intitulée Éphémères durables, cette sculpture regroupant des pièces en bronze placées au bout de trois mâts en aluminium a été couronnée mercredi dernier, dans le cadre des Mérites d’architecture de la Ville de Québec.

Un jury formé d’architectes, d’un artiste et de spécialistes en matière d’architecture lui a décerné le premier prix dans la catégorie Oeuvres d’art, sur un pied d’égalité avec un projet émanant du Collectif Plux5. Les lauréats ont reçu un certificat pour leurs efforts et, même si ce document n’était pas accompagné d’un chèque, le sculpteur établi au Saguenay, où il enseigne les arts à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), a été touché par cette marque d’appréciation.

« J’étais déjà flatté que la Ville de Québec soumette ma candidature au concours, puis agréablement surpris de compter parmi les finalistes. Je ne m’attendais pas à gagner », a souligné Mathieu Valade, vendredi, à la faveur d’une entrevue accordée au Quotidien. Il avait obtenu ce contrat en vertu de la politique d’intégration des arts à l’architecture, ce qu’on appelle communément la politique du 1 %.

« Le jury apprécie grandement l’oeuvre poétique et parfaitement intégrée à la Maison de la littérature. Le sujet et la matérialité de l’oeuvre représentent le nouvel usage et la monumentalité du lieu, soit l’ancien temple Wesley », peut-on lire dans un communiqué émanant du comité organisateur. 

Rappelons que le maire de Québec, Régis Labeaume, avait participé au dévoilement d’Éphémères durables dans le Vieux-Québec, le 12 juin, au 40 rue Saint-Stanislas.

Mathieu Valade

Nature morte

Lorsqu’il a reçu le mandat de produire une oeuvre d’art pour la Maison de la littérature, Mathieu Valade a développé une réflexion s’appuyant sur les natures mortes. Il a souhaité transposer cette pratique ancienne dans le contexte actuel. « Cette forme d’art insistait sur le côté éphémère de la vie. Le message était de prendre soin de son âme, ce qui peut s’appliquer à un lieu de culture comme celui auquel ma sculpture était destinée », énonce-t-il.

Lui qui aime jouer sur les contrastes relève une autre dimension de l’oeuvre, soit l’utilisation du bronze, un matériau pratiquement éternel, afin de représenter des choses aussi fragiles qu’un régime de bananes et un ananas. Il avait aussi intégré un crâne, présent de toute éternité dans les natures mortes, de même qu’un chandelier, un trophée, une boule miroir, une télévision et des livres.

Revenant sur la genèse d’Éphémères durables, Mathieu Valade garde le souvenir d’une expérience agréable. Ses vis-à-vis lui avaient accordé une marge de manoeuvre appréciable, même si l’oeuvre possède un caractère fantaisiste, de son propre aveu. « Il s’agissait de mon premier 1 % à Québec et on m’a offert beaucoup de liberté », confirme le Saguenéen.

Une autre surprise fut la présence du maire à l’inauguration, puis la réaction des gens, qui fut éminemment positive. « Je suis content de ma sculpture, mais je ne pensais pas qu’elle susciterait autant de satisfaction au sein du public, de la ville et de la Maison de la littérature. J’y suis sensible parce que Québec, c’est mon berceau artistique, le lieu où j’ai amorcé ma carrière », confie Mathieu Valade.

Quant à l’impact qu’aura le prix, il est difficile à cerner, ce qui n’empêche pas l’artiste d’anticiper de belles choses. « Ça va m’aider à aller chercher d’autres contrats découlant du 1 %. En même temps, ça prouve qu’on peut vivre en région et avoir une carrière soutenue à l’échelle nationale et même internationale », avance-t-il.