La pièce <em>Le gage</em>, présentée par FRASQC Productions, a été créée au printemps 2019, au Côté-Cour de Jonquière. Elle a valu à la troupe de la région un prix prestigieux, il y a quelques jours, au Gala des Arlequins. La distribution comprenait Frédéric L. Tremblay, Marie-Ève Montminy, Luc Cantin, Julie Tremblay-Cloutier, Vicky Bouchard, Sabrina Bergeron, Stéphane Rioux et Jonathan Bouchard.
La pièce <em>Le gage</em>, présentée par FRASQC Productions, a été créée au printemps 2019, au Côté-Cour de Jonquière. Elle a valu à la troupe de la région un prix prestigieux, il y a quelques jours, au Gala des Arlequins. La distribution comprenait Frédéric L. Tremblay, Marie-Ève Montminy, Luc Cantin, Julie Tremblay-Cloutier, Vicky Bouchard, Sabrina Bergeron, Stéphane Rioux et Jonathan Bouchard.

Prix prestigieux pour FRASQC Productions

Virtuel tant qu’on voudra, le 13e Gala des Arlequins occupera toujours une place de choix dans le coeur de Vicky Bouchard. Fondatrice de FRASQC Productions en 2012, une compagnie de théâtre amateur basée au Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle a vu sa plus récente création, la pièce Le gage, décrocher la récompense la plus convoitée. Il s’agit de l’Arlequin Distinction, décerné à la troupe vendredi dernier.

Déjà, de se voir catapultée dans cette catégorie avait constitué une surprise. C’était la première fois que le comité organisateur l’intégrait au gala, avec l’idée que chaque production serait évaluée dans sa globalité. « Je n’en reviens pas encore de voir que notre groupe non subventionné, qui a si peu de budget, se soit retrouvé là. Et en plus, nous avons gagné », s’est émerveillée Vicky Bouchard lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Deux compagnies étaient en lice et, selon le président du jury, Pierre Dionne, ce sont toutes les dimensions de la pièce qui lui ont permis de se démarquer. « Les juges ont été bluffés par cette montagne d’émotions. Je crois aussi que le décor a joué en notre faveur, tout comme notre humour qui s’appuie beaucoup sur des jeux de mots. C’est vraiment une belle reconnaissance », souligne la femme de théâtre.

C’est au Côté-Cour de Jonquière, le port d’attache de FRASQC depuis quatre ans, que Le gage a été créé en avril 2019. En plus de signer le texte, Vicky Bouchard avait pris sur ses épaules le rôle principal, ce qui l’a amenée à confier la mise en scène à Marilyn Tremblay et Christine Rivest-Hénault. Ainsi fut relatée l’histoire de Shirley, propriétaire d’un « pawn shop ». On fait sa connaissance au moment où sa vie part en vrille, à un point tel qu’elle envisage d’en finir.

« C’est une femme du Saguenay-Lac-Saint-Jean au langage coloré. On a tendance à rire d’elle, alors qu’il s’agit d’une personne en détresse. Elle joue. Elle boit beaucoup. Le toit de son commerce laisse passer l’eau. Bien qu’elle ait un bon fond, on la sent engagée dans une spirale marquée par des conflits. Elle est au bord de l’épuisement », rapporte celle qui l’a imaginée, en plus de lui prêter vie à Jonquière, puis dans un festival tenu à Victoriaville.

Par moments, on se dit que la comédienne a dû regarder l’auteure de travers, puisque son personnage, omniprésent, prononce près de 400 répliques. « Cette expérience m’a beaucoup appris au sujet de la vulnérabilité des comédiens », constate Vicky Bouchard. Elle rappelle d’ailleurs la contribution de ses partenaires, sur qui rejaillit une grande part du prix Distinction.

Retour avec Station Légaré

La pandémie qui a obligé le Gala des Arlequins à passer en mode virtuel, cette année, a aussi contrecarré les plans de FRASQC Productions. Sa nouvelle création, la pièce Station Légaré, devait être présentée du 25 au 28 mars, toujours au Côté-Cour. Or, la salle a dû cesser ses activités au moment où l’équipe mettait la touche finale au spectacle. « Nous étions découragés », confie Vicky Bouchard.

De nouvelles dates ont été retenues, en avril 2021, mais il se pourrait que cette création rencontre le public dès cette année. Un projet est en cours, en effet, lequel consiste à se doter d’équipements permettant de tenir des séances à peu près n’importe où, y compris dehors. Il reste des questions techniques à solutionner, mais il n’est pas impossible que la première de Station Légaré ait lieu aussi tôt qu’en septembre.

« C’est le fruit d’une réflexion engagée avant la pandémie. Comme il est de plus en plus difficile de réserver des dates dans une salle, nous voulons devenir autonomes. Si ça marche, il suffira d’une valise, d’une batterie et d’un système d’éclairage LED pour tenir des représentations en mode minimaliste. Je devrai toutefois adapter mon écriture pour tenir compte de cette réalité », indique la femme de théâtre.