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Kelly Depeault, qui tient le rôle principal dans <em>La déesse des mouches à feu</em>, a enlevé l'Iris de la révélation de l'année.
Kelly Depeault, qui tient le rôle principal dans <em>La déesse des mouches à feu</em>, a enlevé l'Iris de la révélation de l'année.

Prix Iris: La déesse des mouches à feu s’illustre

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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La déesse des mouches à feu, déjà validé par la critique et le public, ressort grand gagnant du Gala Québec cinéma. Le long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette a obtenu sept Iris au total, dont ceux du meilleur film et de la réalisation. C’est toutefois Sophie Dupuis qui a remporté la palme du scénario pour Souterrain, terminant la soirée avec quatre récompenses. Errance sans retour a complété son tour du chapeau avec l’Iris du long métrage documentaire.

Cette 22e édition du gala célébrant notre cinéma se déroulait évidemment dans le contexte particulier de la pandémie de COVID-19. Avec les salles fermées une grande partie de l’année, seulement 32 longs métrages ont pris l’affiche — et ont peu été vus, malheureusement. «La réalité a dépassé nos fictions», a lancé d’emblée Geneviève Schmidt, qui animait la soirée.

Qu’on savait placée sous le signe de nombreuses récompenses qu’obtiendrait La déesse des mouches à feu. Le récit initiatique lumineux et réaliste d’Anaïs Barbeau-Lavalette avait déjà récolté trois Iris jeudi au gala des artisans, donnant une bonne indication de ce qui allait se dérouler dimanche soir.

C’est Kelly Depeault qui a parti le bal avec l’Iris de la Révélation de l’année. Le retour de Caroline Néron au grand écran n’est pas passé inaperçu, elle qui a remporté la palme du rôle de soutien. La preuve qu’on «peut tomber, se relever et réaliser de grandes choses», a-t-elle lancé à sa fille Emmanuelle, présente dans la salle.

Anaïs Barbeau-Lavalette a gagné l'Iris de la réalisation.

En obtenant le prix de la réalisation, Anaïs Barbeau-Lavalette a tenu à souligner l’apparition à l’avant-plan de plusieurs cinéastes féminines.


« Nos voix ont pris du temps à émerger. Et enfin, elles arrivent. Ne nous transformons pas. Le cadre s’adaptera à nous et non l’inverse. Le monde n’en sera que plus beau et vaste. »
Anaïs Barbeau-Lavalette

La véritable surprise de la soirée : le public a choisi de décerner son Iris au film Les Rose. «Vous lancez un message fort à l’industrie, a déclaré le réalisateur Félix Rose. Le documentaire est populaire, donnons-lui une plus grande visibilité!»

Son long métrage très personnel revient sur ce qui a amené son père Paul et son oncle Jacques à s’engager dans le Front de libération du Québec. Il n’était même pas dans la liste initiale des œuvres soumises au vote parce qu’il ne s’agissait pas d’une fiction. Face au tollé, la direction de Québec cinéma a décidé d’ouvrir la catégorie à tous les films qui avaient pris l’affiche pendant la pandémie.

Autre surprise, mais aussi totalement justifiée : l’Iris de l’actrice remis à Émilie Bierre, bouleversante de justesse dans le percutant Les nôtres de Jeanne Leblanc.

À l’inverse, il était écrit dans le ciel que Sébastien Ricard gagnerait le prix de l’acteur pour son incarné frère Jean dans Le club Vinland. En saluant les enfants «devenus des jeunes hommes» entre le moment où le film fut tourné et sa sortie en salle, l’interprète a indirectement évoqué la difficile année de l’industrie cinématographique.

Un prix pour les mineurs

Dans ses remerciements pour le très mérité Iris du scénario, Sophie Dupuis a tenu à rendre hommage aux mineurs de Val-d’Or «qui m’ont ouvert leur porte et leur cœur» lorsqu’elle faisait de la recherche pour son film.

Theodore Pellerin, absolument renversant en aphasique dans Souterrain, a livré des remerciements sentis envers la réalisatrice et les défis presque impossibles que son «amie» lui propose. «Mes plus grands moments de bonheur dans le jeu ont presque tous été sous ta direction», a soutenu l’acteur, retenu en Italie pour un tournage.

Dans une catégorie très relevée, c’est finalement Errance sans retour qui a prévalu comme meilleur documentaire. Mélanie Carrier et Olivier Higgins avaient déjà en mains le prix Écran canadien, remporté récemment. Des prix avec une saveur particulière compte tenu des efforts investis par le duo de Québec dans ce film sur le camp de réfugiés le plus peuplé du monde.

Oliviers Higgins et Mélanie Carrier ont gagné la palme du meilleur documentaire pour <em>Errance sans retour</em>.

Olivier Higgins a tenu à saluer, avec émotion, le photographe Renaud Philippe dont le travail «a inspiré ce film». Le cinéaste a conclu ses remerciements en appelant les diffuseurs à oser programmer des documentaires en salle.

Originaire de la nation huronne wendat, Neegan Trudel a obtenu l’Iris du meilleur premier film pour Vacarme, devant Félix et le trésor de Morgäa de Nicolas Lemay et Jusqu’au déclin de Patrice Laliberté.

La liste complète des gagnants se retrouve sur le site du Gala Québec cinéma.