La romancière Marjolaine Bouchard a décroché la première place chez les professionnels, dans le cadre de la 25e édition du Prix littéraire Damase-Potvin. Elle avait soumis une nouvelle intitulée <em>Diffraction</em>.
La romancière Marjolaine Bouchard a décroché la première place chez les professionnels, dans le cadre de la 25e édition du Prix littéraire Damase-Potvin. Elle avait soumis une nouvelle intitulée <em>Diffraction</em>.

Prix Damase-Potvin: hausse de la participation et de la qualité

La 25e édition du Prix littéraire Damase-Potvin aurait dû avoir pour thème le mot Pandémie, plutôt qu’Artifices. Pareille à aucune autre, comme l’a illustré le rendez-vous virtuel pendant lequel les lauréats ont été couronnés, elle s’est aussi démarquée pour les bonnes raisons. Le nombre de participants s’est apprécié, tout comme la qualité des nouvelles soumises à l’examen du jury.

C’est dans la catégorie Jeune adulte qu’on a relevé une mobilisation accrue. Alors que dans le passé, elle regroupait les auteurs âgés de 19 à 30 ans, on a élargi les cadres afin d’accepter ceux de 18 ans. Une demande en ce sens avait été exprimée par un enseignant de l’UQAC. Son cours de création littéraire étant fréquenté par plusieurs personnes de cet âge, il souhaitait les mettre sur le même pied que leurs camarades.

«Juste au sein de ce groupe, nous avons été chercher dix personnes sur un total de 20. Ça a fait une différence. Par ailleurs, nous avons reçu 24 textes relevant de la catégorie Adultes (31 ans et plus), tout en enregistrant une baisse chez les professionnels. Ils étaient six, mais il faut garder en mémoire que ceux qui ont déjà gagné ne sont plus éligibles», a souligné Céline Dion, coordonnatrice du concours, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien.

S’agissant de la qualité des propositions, elle y voit une retombée des ateliers de lecture et d’écriture donnés dans les bibliothèques publiques de la région. Se frotter à des écrivains comme Jean-Pierre Vidal, Marie-Christine Bernard et Paul Kawczak dans un contexte convivial permet d’assimiler un peu de leur couleur. Dans la même foulée, plusieurs ont réalisé l’importance de remettre cent fois sur le métier.

«Il y a le souci de bien faire. Cette année, nous avons remarqué que les textes étaient mieux travaillés. Il est arrivé, aussi, qu’on les laisse décanter», fait observer Céline Dion. Elle mentionne également que le thème a inspiré les participants. Certains l’ont abordé sous l’angle festif, alors que d’autres ont joué sur le paradoxe des artifices. À l’évidence, il offrait beaucoup d’espace à l’imagination.

Une exception

Si la crise sanitaire a empêché les candidats de se voir en personne et de rencontrer l’écrivaine Dany Tremblay, présidente d’honneur de l’édition 2020, elle a eu peu d’impact sur le concours à proprement parler. Il a été lancé en octobre et les gens ont eu jusqu’au 9 février pour remettre une oeuvre originale ne dépassant pas 1000 mots. Même les délibérations se sont déroulées normalement, deux fois sur trois. Pour l’autre, on a recouru aux bons offices de Zoom.

Signalons que chez les professionnels, la première place a été décrochée par la romancière Marjolaine Bouchard. Elle a mérité la plus haute bourse, un montant de 1000 $, grâce à une nouvelle intitulée Diffraction. D’ordinaire, un seul nom aurait dû ressortir, mais le jury a fait une exception en accordant une mention spéciale à Julie Boulianne. La qualité de son texte, Au naturel, était trop grande pour qu’on le passe sous silence.

Elle n’a pas reçu de bourse, mais sa nouvelle rejoindra celles des gagnants dans La Bonante, la revue de création littéraire de l’UQAC. «Cette initiative remonte à quatre ans et c’est important pour les participants. Ils peuvent mettre cette publication sur leur CV», note Céline Dion. En prime, les textes feront l’objet de capsules enregistrées par les comédiens Florence Boudreault et Patrick Simard. Dès juillet, elles seront accessibles sur le site du Prix littéraire Damase-Potvin.

Dans la catégorie Jeune adulte, par ailleurs, c’est Philippe Dufresne qui a été couronné grâce à Encre chaude. Les deuxième et troisième prix ont été remis à Jean-Michel Claveau (La triste histoire d’un séquestré) et Pier-Olivier Bouchard (Je suis un écrivain bipolaire). Chez les adultes, Mélanie Minier a hérité du premier rang avec Elle s’appelait Zaharah. Ont suivi Marie Lévesque (Qui suis-je?), de même que Jean-Pierre Deschênes (Enfirouapée pas à peu près!).