Le Madelinot Cédric Landry a hâte de présenter ses contes dans la région, à la faveur d’un spectacle intitulé Sur la piste à Avila.

Première tournée dans la région: les Îles vues par Cédric Landry

Le père de Cédric Landry était en fin de vie lorsqu’il lui a transmis une part de son âme, à l’occasion d’entretiens tenus dans une maison de soins. «Il m’a appris des choses», a résumé le conteur originaire des Îles-de-la-Madeleine, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Ces confidences constituent le point de départ du spectacle Sur la piste à Avila, proposé pour la première fois au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le cadre de l’événement Les Mots Parleurs.

Puisqu’il a pour finalité de célébrer la langue française, il était approprié d’accueillir cette production qui a tourné au Québec, en Ontario, en France et dans les Maritimes au fil des deux dernières années. Elle sera à l’affiche le 29 janvier, à la Salle Lionel-Villeneuve de Roberval, puis à la Boîte à Bleuets d’Alma, le lendemain, avant de faire escale à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini, le 31 janvier.

Sans autre accessoire que sa guitare, avec laquelle il interprète quelques chansons, Cédric Landry évoque l’héritage du père avant d’emmener les spectateurs aux Îles. «Je commence en parlant de nos accents, qui varient d’une île à l’autre. Ça aide les gens à s’accoutumer, puis après, on décolle. On part en radeau, mais ça, c’est la partie inventée», note le conteur d’un ton enjoué.

Il signale que plusieurs légendes des Îles sont calquées sur celles de l’Acadie. Elles ont meublé bien des soirées d’hiver, jusqu’au moment où le traversier a desservi la communauté 12 mois par année. «C’est resté de même jusqu’à la fin des années 1990. Le monde sortait la guitare, le violon, et se racontait des histoires», fait observer le Madelinot.

Le spectacle comporte aussi des perles de sagesse, celles que son père avait l’habitude de répéter quand les circonstances s’y prêtaient. «L’une des choses qu’il disait, c’est que la vérité est comme un océan. Le monde aime mieux naviguer au-dessus que de plonger dedans, une manière d’affirmer qu’on refuse d’aller au fond des choses», énonce Cédric Landry.

Il reconnaît que ces interventions lui font du bien, en ce sens qu’elles gardent vivante la mémoire de l’auteur de ses jours. Suivant la même logique, des personnages comme Jean-Charles, le pêcheur de homard, ainsi que Marcel, propriétaire d’une auberge, ont droit à leurs 15 minutes de célébrité. Eux aussi font partie de son panthéon personnel.

Les premières représentations du spectacle ont eu lieu aux Îles, où la réaction de ses compatriotes s’est révélée positive. «Aujourd’hui, ils sont fiers de voir que leurs histoires voyagent partout. Même en France, je garde mon accent et je constate que le monde aime la différence, rapporte Cédric Landry. Il faut juste que je ralentisse le débit.»

Jamais il n’a présenté Sur la piste à Avila au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une perspective qui l’enthousiasme. Informé de la présence d’une forte communauté acadienne, le conteur a hâte de prendre contact avec ses membres et qui sait? Peut-être reviendra-t-il avec son deuxième spectacle, qui a pour titre La Light du Borgot. Lui aussi a été étrenné aux Îles. La tournée se déploiera d’ici à la fin de l’année.