Voici une partie du groupe Bob et les Macalous, à l’occasion du spectacle d’ouverture des Grandes Veillées de La Baie. Il a fait fi du temps chagrin pour créer beaucoup d’atmosphère sur le site du festival.

Première soirée des Grandes Veillées: la pluie n’est pas venue à bout des festivaliers

La première soirée des Grandes Veillées a fait la preuve que même sous un ciel nuageux, même quand une pluie fine tombe sur La Baie, les vrais amateurs de musique sont au rendez-vous. Certes, il y aura plus de monde samedi, surtout qu’il devrait faire beau et que Mes Aïeux se pointeront à 21 h, juste après Les Frères Lemay. Néanmoins, ceux qui ont bravé le temps chagrin pour voir le spectacle de Bob et les Macalous, vendredi soir, ne l’ont pas regretté.

Avant même que le groupe de bluegrass n’entonne un premier air, le public a eu droit à une belle surprise. À l’aube de sa retraite, le metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume Louis Wauthier est apparu sur la scène. C’est lui qui assume la fonction d’animateur, ce qui a ramené à l’avant-plan son intérêt de longue date pour la danse folklorique.

Après avoir invité les gens à se rapprocher, ce qu’ils ont fait, il a donné une démonstration de podorythmie et chanté « Madame, elle a un grand chapeau », pendant que quelques spectateurs battaient la mesure. L’homme a ensuite salué la Laiterie La Baie, une entreprise aux racines profondes, puis le petit cousin du Progrès. « Je reste à Falardeau et je suis abonné au Quotidien. Pas de journal dans notre région, on meurt », a affirmé Louis Wauthier.

Il a pas mal d’énergie, le futur retraité. C’est ce qu’a démontré Louis Wauthier, metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, au moment d’animer la première soirée des Grandes Veillées de La Baie.

Bob et les Macalous l’avaient rejoint sur la scène et sous un ciel gris, ils ont offert une belle interprétation de Blue Moon Of Kentucky. Banjo, contrebasse et planche à laver ont dominé cette version aux accents plus champêtres que celle d’Elvis. Très vite, on a senti que le public était séduit. Plus de gens sont arrivés sur le site au moment où le groupe a attaqué un autre classique, Mountain Dew.

Porté par le banjo, le rythme était plus serré, tellement qu’un homme âgé, les mains fermement agrippées à sa marchette, s’est mis à danser, puis à sauter, le visage barré d’un large sourire. Ça donnait le goût de crier au miracle, mais ce qui s’est mis à tomber du ciel n’était pas de l’eau bénite. Il a plu, tout bêtement. « J’aime votre attitude », a lancé Bob après avoir constaté que personne n’avait battu en retraite.

La persistance des spectateurs a été récompensée grâce à des reels endiablés, ainsi qu’une charmante relecture de la pièce Will The Circle Be Unbroken. Les cinq musiciens jouaient avec tant d’allant qu’on n’avait pas le goût de croire Bob lorsqu’il a fait allusion une nouvelle fois au climat. « L’humidité, c’est ben difficile pour nos instruments. On passe la moitié du temps à les accorder et l’autre moitié à jouer faux », a-t-il énoncé avec humour.

Pluie ou pas, la cause était entendue. Les gens ont adopté le groupe, une douzaine de personnes profitant des dernières interprétations pour s’adonner à la danse en ligne. Il y a eu d’autres reels et une curiosité, Bang bang Lucky Luke, ainsi qu’une version relax de l’immortelle de Johnny Cash, Folsom Prison Blues. Le moment était venu de célébrer la Saint-Patrick en retard – ou avant le temps – par le biais de Whiskey In The Jar.

La voix graveleuse de Bob, jumelée aux sons du banjo et de l’harmonica, se moulait bien à cet hymne exécuté si rapidement qu’il ne pouvait plus constituer une chanson à boire. Il aurait été impossible de porter un toast à l’Irlande avant d’enfiler une lampée de Guinness en fût versée dans les règles de l’art, mais qu’importe. Le simple fait d’y penser a représenté une source de contentement pour l’auteur de ces lignes.