La première oeuvre publique de l’Almatois Luca Fortin, Entre les lignes, a été inauguré au parc Chauveau de Québec, à la mi-juin.

Premier projet d’art public pour Luca Fortin

L’artiste almatois Luca Fortin a inauguré sa toute première oeuvre artistique publique, Entre les lignes, au parc Chauveau, à Québec, le mois dernier. L’architecte stagiaire de 27 ans a créé cet espace bien spécial qui sert de porte d’entrée vers la nature, ou inversement, d’un retour vers la routine.

Dans un entretien accordé au Progrès, le sculpteur a expliqué l’inspiration derrière le monument qui contient deux murs de quatre mètres de hauteur par huit mètres de longueur. Ce projet découle de la mesure Première ovation, qui est une initiative de la ville de Québec et du ministère de la Culture et des Communications, et qui permet à de jeunes artistes de réaliser un premier projet d’art public.

« C’est très difficile d’accéder à un premier projet d’art public, lorsqu’on n’en a jamais fait. Dans ce cas-ci, ça donne l’opportunité de le faire », a commenté l’artiste, qui est fier d’avoir été choisi pour réaliser un projet. Il a été sélectionné parmi deux autres artistes qui devaient proposer des projets autour d’un même thème.

Luca Fortin voulait créer une oeuvre en symbiose avec le site du parc Chauveau. Pour ce faire, il est tout d’abord allé très souvent se promener dans le parc, afin de l’analyser et aussi bien comprendre les gens qui le fréquentent, ce qui l’a mené à l’élaboration de son espace.

Son oeuvre a plusieurs facettes. « Je trouvais ça fascinant à quel point, lorsqu’on arrive dans ce genre de parc, on se retrouve automatiquement ailleurs. On oublie l’urbanité dans laquelle on vit et on reconnecte avec la nature », a-t-il poursuivi.

Les gens font souvent l’aller-retour du parc et reviennent au point de départ à la fin de leur marche. Il n’aimait pas que ce qu’ils voient lors de leur retour, ce sont les voitures qui descendent la rue Chauvain, ce qui, selon lui, brisait l’expérience. « Je trouvais que ce serait intéressant de travailler une oeuvre qui venait faire la transition entre l’espace profane de nos villes et l’espace sacré de la nature », a-t-il révélé.

Il a donc installé deux pans de béton, qui ne se touchent pas. L’un a une arche et les jeux de lumière que crée le soleil sur les murs donnent à l’espace, selon Fortin, quelque chose d’onirique. « Ça ressemble un peu à un livre ouvert. J’ai fait le parallèle entre le fait que lorsqu’on ouvre un livre, on reconnecte avec un monde qui n’est pas le notre. Le parc a cette même force de nous transporter ailleurs rapidement », a expliqué l’Almatois.

Il a aimé travailler avec le béton, un matériau qu’il a rarement l’occasion, lors de son travail, d’utiliser à des fins esthétiques. Il appréciait que le béton soit malléable, et qu’il puisse, avec le temps, écrire sa propre histoire, grâce à sa porosité.

Avec les traces des coffrages et celle de la nature, il croit que l’oeuvre gagnera en beauté avec le temps.

Luca Fortin espère qu’il aura d’autres occasions de faire des projets d’art publics. Au cours de sa carrière, il aimerait lier les deux domaines qui le passionnent, soit l’art et l’architecture, sans avoir une distinction à faire entre les deux.

« Je pense que ce projet aurait pu être autant un projet artistique qu’un projet d’architecture. C’est ce que j’aime, brouiller ces limites-là », a-t-il souligné.