Écrite par Christian Bégin, qui fait partie de la distribution, la pièce «Pourquoi tu pleures?» présente une famille à l’heure des grandes vérités.

«Pourquoi tu pleures?» en tournée dans la région

Une famille à l’aise, du moins financièrement. La mort du patriarche, et surtout l’expression de ses dernières volontés, jette une lumière crue sur le fossé qui s’est creusé entre les héritiers. Le père, un ratoureux, leur a en effet joué un sale tour. Il a décrété que plus de 5 millions $ devront être distribués « selon les besoins de chacun ».

Abordée sur le mode de la comédie dans la pièce Pourquoi tu pleures ?, cette histoire déploiera ses contours vénéneux vendredi à 20 h, à l’Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval, puis le lendemain à 20 h, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Écrite par Christian Bégin et mise en scène par Marie Charlebois, qui font partie de la distribution, elle provoque les rires, en même temps qu’un début de réflexion.

« À travers les volontés exprimées par le père, l’intime rejoint le social. C’est une allégorie qui décrit comment on accorde du pouvoir à des gens qui prétendent agir pour notre bien. Elle montre qu’on doit veiller à ses affaires, sous peine de se faire passer un sapin », rapporte la comédienne Isabelle Vincent, dont les autres partenaires sont Pier Paquette, Sophie Clément et Pierre Curzi.

Elle précise que deux moments sont explorés en alternance, au fil du spectacle. On voit le père (Pierre Curzi) accueillir son fils, un sous-ministre des Affaires étrangères qui brasse des affaires nauséabondes. « C’est la personne qui lui ressemble le plus », mentionne l’interprète qui, elle-même, campe une avocate à l’esprit instable, ce qui ne l’empêche pas de mener une carrière florissante.

L’autre moment, bien sûr, c’est la lecture du testament et ce qui en découle. La mère qui pratique le déni avec un zèle de croisé. L’avocate qui ne se sent pas écoutée. Un comptable timoré. Tous se retrouvent face à eux-mêmes et face aux autres, à la recherche d’un équilibre que seule la travailleuse sociale, un personnage campé par Marie Charlebois, semble avoir trouvé.

« Cette comédie dramatique nous amène à savourer nos travers, ceux de la famille et ceux de la société. Il faut dire que Christian est un grand scrutateur de vies. Il a un sens de l’humour incisif et jouissif », estime Isabelle Vincent, qui participe aux projets des Éternels associés, la compagnie à l’origine de cette pièce, depuis sa fondation en 1996.

Le mandat est toujours le même et la stabilité de l’équipe a favorisé la création d’œuvres faites quasiment sur mesure. « Nous sommes préoccupés par les enjeux de société et nous les abordons sous l’angle de la comédie, plutôt que du pamphlet. Et comme il y a une cohésion, une grande fraternité au sein du groupe, des choses s’expriment au-delà des mots », laisse entrevoir la comédienne.

Fait à signaler, il s’agira de sa première visite dans la région depuis sa participation à la pièce de Samuel Archibald, Saint-André-de-l’Épouvante, à l’invitation du Théâtre La Rubrique. « Ce fut un privilège que de travailler trois semaines au Saguenay-Lac-Saint-Jean et de jouer dans un thriller, ce qui nous arrive rarement au théâtre », fait remarquer Isabelle Vincent.

La pièce sera présentée les 9 et 10 février, à Roberval et Jonquière.