Nicolas Lévesque, cinéaste, et Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques Intra-Québec, espèrent que le projet aidera le public à mieux comprendre les enjeux liés à la chasse aux phoques.

Pour mieux comprendre la chasse aux phoques

C’est dans un Théâtre Banque Nationale presque plein que Nicolas Lévesque a présenté son tout dernier film, Chasseurs de phoques. La soirée était organisée pour montrer les dessous de cette activité économique et pour bien faire comprendre au public ses enjeux.

Après un cocktail de bienvenue, les spectateurs étaient invités à goûter aux produits de cette chasse. Le chef de l’Auberge des Battures, Jonathan Grenon, avait préparé des tatakis de loup marin, avec un ketchup de framboises, ainsi que de la terrine à base de cette viande.

Il s’amuse avec cet aliment dans ses cuisines depuis plus d’un an. « La réponse des gens ce soir est très surprenante. Plusieurs personnes sont revenues deux fois. Je pensais que j’allais passer peut-être 100 bouchées de chaque préparation et j’en ai passé 150 », a commenté le cuisinier dans son entretien avec Le Quotidien.

Bilodeau Canada, dont le propriétaire était présent, présentait aussi ses produits faits en fourrure de loup marin.

Par la suite, le public a été invité à se déplacer dans la salle, où les spectateurs ont eu droit à la première projection du documentaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean. On y voit Nicolas Lévesque, cinéaste originaire de Roberval, suivre des Madelinois dans le long processus de la chasse aux phoques, de l’organisation à la vente des produits. Les personnages sont attachants et plusieurs informations sur leur mode de vie sont transmises. Malgré le sujet sérieux, la foule présente au TBN a ri à plusieurs reprises pendant la projection.

Le long métrage suit plusieurs chasseurs de tout âge, dont Mathieu, qui fait cette activité avec son père et son frère.

Finalement, Nicolas Lévesque, Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques Intra-Québec, et Mario Bilodeau, propriétaire de Bilodeau Canada, ont ouvert un panel de discussion pour entendre les questions du public.

Plusieurs s’intéressaient à la réalité des chasseurs, qui est loin de l’image présentée par les associations animalières. Le cinéaste a aussi pu expliquer comment il avait envisagé le film et les défis qu’il a eus en le réalisant.

Plus qu’un simple enjeu

Lors de leur entretien avec Le Quotidien, avant la présentation, les trois hommes ont pu échanger sur la réelle problématique de la chasse au phoque.

« J’étais content de voir Nicolas commencer ce projet, parce qu’il faut informer les gens. Il y a trop de désinformation. Plusieurs pensent qu’ils sont en voie d’extinction. C’est faux, ils ne l’ont jamais été, et il y en a même trop. Ça nuit à l’écosystème », a expliqué le taxidermiste Mario Bilodeau. Il croit que les images partagées par les groupes animaliers et les médias ont eu plusieurs conséquences sur la population et les chasseurs. Ces derniers ont même honte de leur activité.

Les conséquences se font aussi sentir à l’international. « Nicolas a utilisé un enjeu local pour démontrer une problématique internationale. Partout dans le monde, c’est le débat sur plusieurs animaux. Plusieurs pays veulent complètement protéger, alors qu’ils devraient mieux faire la gestion », a ajouté M. Thériault.

Il a continué en affirmant que ces dossiers prennent du temps à être expliqué et qu’il était fier de voir un long métrage sur un sujet aussi délicat. Ce genre de projet est ce qui combat le mieux les sources de désinformation. « Une photo d’un blanchon avec la tête éclatée, comme on voit sur une affiche sur le bord de l’autoroute, ça ne prend que quelques secondes, mais pour bien comprendre l’enjeu, ça prend du temps », a-t-il laissé tomber.