Associé à plusieurs organisations ayant la musique classique en partage, David Ellis (à droite) est bien placé pour constater à quel point la crise du coronavirus complique la vie des artistes.
Associé à plusieurs organisations ayant la musique classique en partage, David Ellis (à droite) est bien placé pour constater à quel point la crise du coronavirus complique la vie des artistes.

Pour les musiciens, la saison de tous les dangers arrive

« Ces temps-ci, une bonne journée pour un artiste, c’est une journée sans annulation. Plein de pigistes perdent des contrats, alors qu’ils pensaient travailler l’été prochain. Pour tout le monde, c’est bouleversant », confie le violoncelliste David Ellis.

Lui-même ne se plaint pas de son sort, même si le Quatuor Saguenay, dont il fait partie, a dû renoncer à des tournées en Ontario et dans l’Est-du-Québec. Le pire, c’est qu’il ne peut pas jouer avec les autres membres de la formation en raison de la politique de distanciation. Ça embête l’interprète en lui.

« Depuis 30 ans, notre plus longue pause a duré trois semaines, ce qui correspond au congé des Fêtes et aux vacances estivales. C’est très étrange comme situation, surtout que pour être en forme, nous devons répéter souvent. Quand ça va revenir, nous aurons besoin de temps pour remettre tout le monde ensemble », analyse David Ellis.

Il garde un oeil sur le 1er septembre, la date où, peut-être, les normes imposées par les autorités se desserreront. Si tel est le cas, ça ouvrira la porte à l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont le violoncelliste fait évidemment partie. Il joue au sein de la formation tout en chapeautant, avec les membres du quatuor, le volet de la programmation consacré à la musique de chambre.

« L’orchestre prévoit la sortir en mai, comme d’habitude. Le plan, c’est de faire comme si les gouvernements allaient donner le OK. On continue, mais ce n’est pas évident pour tout le monde. Ailleurs sur le continent, les orchestres multiplient les mises à pied », note David Ellis.

L’horizon est également bouché du côté du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où on devrait faire l’impasse sur les activités estivales. C’est le violoncelliste qui assume la direction artistique des concerts, un rôle similaire à celui que lui a confié le conseil d’administration du Rendez-vous musical de Laterrière, il y a quelques années.

Là aussi, on est piégé par le coronavirus parce que le mois d’août, c’est dangereusement tôt en cette saison de tous les dangers. Quatre concerts étaient prévus, en plus d’un événement destiné au jeune public et d’une activité conviviale tenue sur la plage du Centre plein-air.

« Nous étions avancés dans le recrutement des artistes et la recherche de financement. Comme plein d’autres organisations culturelles, cependant, nous n’avons pas le choix de tout annuler. Au moins, nous n’avons pas perdu d’argent, vu que les frais arrivaient plus tard dans l’année. Nous serons de retour en 2021 », assure David Ellis.