Directrice artistique des concerts tenus à la chapelle Saint-Cyriac, Laura Andriani a rassemblé un groupe de musiciens qui comprend un mélange de jeunes et de vétérans. Ils interpréteront des oeuvres de Telemann et de Scarlatti, samedi et dimanche.

Pour le plaisir d’entendre le son des cordes

Laura Andriani n’est pas devenue violoniste par hasard. Elle aime le son de cet instrument, le frottement de l’archet sur les cordes, et c’est encore plus agréable lorsque de nombreux musiciens participent à l’exercice. C’est donc avec une certaine fébrilité, mêlée au plaisir que génère l’anticipation, que l’interprète aborde les concerts qui seront proposés samedi et dimanche, à la chapelle Saint-Cyriac.

Ils mobiliseront quatre de ses élèves à l’Université McGill : Guillaume Villeneuve, Diane Bayard, Benjamin Rota et François Leclerc. Membres du Quatuor Cobalt, ils exploreront le répertoire de Scarlatti et Telemann en compagnie de Jessy Dubé, William Foy, Lysiane Boulva, Alexis Basque, Marie-Claude Tardif et le flûtiste Vincent Lauzer, un groupe auquel se joindra évidemment leur professeur, qui assume la direction artistique des concerts tenus à la chapelle Saint-Cyriac.

« Nous voulions célébrer les dix ans de cette série avec beaucoup d’énergie. C’est pourquoi j’ai convoqué des gens plus jeunes que moi et conçu un programme comportant un bon noyau de cordes. Nous commencerons d’ailleurs avec un concerto de Telemann où on entend quatre ou cinq violons. Ce n’est pas une oeuvre qui éveille la spiritualité, à la manière de Bach. On la fait pour le plaisir de jouer du violon sur des harmonies célestes », a raconté Laura Andriani au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

L’autre maître du baroque qui sera mis en évidence est Scarlatti. Le nom est familier des mélomanes, mais ses oeuvres n’ont pas acquis la même notoriété que celles de Vivaldi. « Son répertoire est fantastique. C’est une école en soi, et j’en fais la promotion depuis mon arrivée à McGill. Dans l’une des pièces que nous présenterons à la chapelle, on verra une polyphonie magistrale par le biais des instruments », affirme la violoniste.

Elle croit même que le groupe qui se produira pour la première fois à Lac-Kénogami, en fin de semaine, pourrait se revoir au cours de l’année afin de pousser plus loin ses fréquentations avec Scarlatti. C’est dire à quel point cette série de concerts est importante. Ce pourrait être le début d’une belle aventure musicale, l’équivalent d’une pierre d’assise.

Une formule différente

Ce qui est tout aussi intéressant, c’est la forme que prendront les deux moutures du programme baptisé Formule concertos. Le concert tenu dimanche, à 14 h, sera livré dans les règles de l’art, quoique dans une ambiance décontractée. Pour ceux qui ne sont pas abonnés à la série, des billets seront disponibles à la porte, au coût de 25 $ l’unité. On peut également réserver en téléphonant au 418 542-0186 ou au 418 695-5220.

L’élément de nouveauté découlera de l’événement présenté aujourd’hui (samedi), à 19 h. Cette fois, le public pourra entrer gratuitement, tout en étant invité à effectuer une contribution volontaire. Le programme sera à peu près identique, sauf que la façon de l’aborder se situera en marge des codes régissant l’interprétation de la musique classique en concert.

« Ça se passera dans une atmosphère privée, avec des musiciens pas habillés en noir », décrit Laura Andriani avec humour. Elle ajoute que le groupe aura répété la veille. Il aura donc apprivoisé les oeuvres, ce qui ne l’empêchera pas de réaliser quelques expériences, tout en ayant la capacité de les présenter dans leur intégralité. En somme, il s’agira d’un moment de grande liberté.

« L’un de nos objectifs consiste à créer un son de cordes et nous en profiterons pour aborder différents rôles, celui de soliste et les autres. Ce soir-là, les gens assisteront donc à la partie création, qui est très intéressante. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous l’avons ouverte aux curieux. Peut-être que nous jouerons tout le programme. Il se pourrait aussi que nous prenions des questions du public », laisse entrevoir la musicienne.