Les spectateurs ont pu découvrir le travail de Geneviève Girard (photo), Jade Henrichon, Roxanne Gagnon et Sarah Vaillancourt-Tremblay, les quatre récipiendaires.

Pour créer en toute liberté

Rares sont les occasions de créer en toute liberté tout en disposant d'un budget. Pour une sixième fois, le Laboratoire en danse du groupe de compétence « Danse » de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean a permis à quatre artistes du milieu de la danse de la région d'obtenir une bourse visant à mettre sur pied un numéro.
Geneviève Girard, une des récipiendaires de la sixième édition du Laboratoire en danse, et Roselle Simard, porte-parole du Laboratoire en danse et membre de la table de compétence en danse, soulignent l'importance de l'activité qui permet de créer des liens entre les différents intervenants du milieu de la danse de la région.
Sélectionnées parmi plusieurs candidatures, les récipiendaires viennent tout juste de présenter le fruit de leur labeur dans le cadre d'une soirée où les différents styles et aptitudes se sont côtoyés. 
Le Laboratoire en danse, qui se tient deux fois par année depuis trois ans, a été mis sur pied dans le but de développer des liens entre les créateurs en danse, d'augmenter le rayonnement de la discipline dans la région et de démocratiser la danse. 
« On sentait le besoin. Pour un chorégraphe, c'est bien de créer dans un cadre scolaire, mais c'est aussi bien de pouvoir laisser aller sa créativité, être libre », explique Roselle Simard, porte-parole du Laboratoire en danse et membre de la table de compétence en danse. « Il y a un besoin aussi au niveau du public. Il n'y a pas beaucoup de spectacles de danse. Le laboratoire, c'est l'idéal pour s'initier, notamment grâce au mélange des styles. »
Un appel de projets lancé en janvier dernier a permis de recevoir nombre de candidatures. Un comité formé de cinq à six personnes a ensuite procédé à la sélection de quatre projets d'univers différents. Chacun a bénéficié d'une bourse de 1000 $.
Le 21 avril dernier, plus de 100 personnes réunies au Studio de démonstration de l'École Florence Fourcaudot ont pu découvrir le travail des quatre artistes dans le cadre d'un spectacle diversifié de deux heures. 
« C'est un spectacle qui sort de l'ordinaire. Le public est sollicité. En début de soirée, il y a un réchauffement collectif sur scène dirigé par un intervenant en danse. Ça se fait en toute simplicité », témoigne Roselle Simard. 
Les spectateurs ont pu découvrir le travail de Geneviève Girard, Jade Henrichon, Roxanne Gagnon et Sarah Vaillancourt-Tremblay, les quatre récipiendaires.
Geneviève Girard, qui en était à son troisième laboratoire, a choisi de vivre le rôle d'interprète en travaillant avec la chorégraphe Marie-Joëlle Hadd. Elle a présenté Seule, un solo de danse contemporaine. 
« J'avais envie de vivre le rôle d'interprète. Cette expérience fraîche me sert dans mon rôle de professeure de danse contemporaine, c'est très enrichissant », souligne celle qui enseigne la danse depuis plus de 15 ans. 
Jade Henrichon a proposé un trio de ballet contemporain intitulé Intemporel explorant l'univers du temps. « Jade est une jeune fille de 17 ans qui a beaucoup d'avenir. La pièce qu'elle a présentée était très difficile au niveau technique », assure Roselle Simard. 
Pour une première fois, deux chorégraphies hip-hop ont été sélectionnées. 
D'abord, Roxanne Gagnon a présenté Quand c'est. « Elle s'est lancé le défi de traiter du cancer et de la mort en représentant les cinq étapes du deuil grâce à un trio hip-hop. Elle avait envie de traiter d'un sujet plus lourd », affirme Roselle Simard.
« Sarah Vaillancourt-Tremblay est pour sa part retournée aux bases du style. Elle est retournée aux fondements de la danse urbaine, elle a exploré tous les courants. »
Chaque prestation a été suivie d'un échange entre les spectateurs et les créateurs. « Les chorégraphes apprécient de montrer leur travail et d'avoir un "feedback" du public. Une discussion après chaque numéro, c'est super enrichissant », assure Roselle Simard.
Le laboratoire permet aux récipiendaires de créer dans des conditions optimales. « C'est rare qu'on soit payé pour créer. Ça permet aussi de payer les costumes, la location d'un studio et les interprètes », souligne Geneviève Girard. 
Il apporte aussi beaucoup au milieu. « Ça permet une synergie entre les différents acteurs de la danse régionale. Il y a des retombées au niveau des liens, du réseautage », souligne Roselle Simard. 
Le prochain laboratoire aura lieu l'automne prochain. Toutes les informations concernant le dépôt des candidatures seront disponibles via la page Facebook Babillard danse Saguenay-Lac-Saint-Jean dès septembre.